Appel Patrick Mennucci

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Texte de Patrick Mennucci, député des Bouches-du-Rhône. La décision de Manuel Valls clôture un cycle dans l'histoire du Parti Socialiste. Pas celui d'Epinay, car il était déjà fini depuis longtemps. Mais celui de l'entre deux, du refus de trancher, de se projeter, ce cycle qui dure depuis 2002 et qui nous a conduits à la situation actuelle.

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Ajouté le 03 avril 2017
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Langue Français
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Texte de Patrick Mennucci, député des Bouches-du-Rhône.
La décision de Manuel Valls clôture un cycle dans l'histoire du Parti Socialiste. Pas celui d'Epinay, car il était déjà fini depuis longtemps. Mais celui de l'entre deux, du refus de trancher, de se projeter, ce cycle qui dure depuis 2002 et qui nous a conduits à la situation actuelle. Il clôt cette période triste où notre parti n'est plus en phase avec sa base sociale, où nous sommes chaque jour un peu moins nombreux pour finalement être devenus plus proche d'un syndicat d’élus que d'un parti politique.
Benoît Hamon a su prendre les devants, commencer à retisser les liens entre le PS et la gauche. Dans sa campagne il projette un imaginaire puissant, il pose de nouvelles idées qui seront demain, majoritaires à gauche et dans le pays. La mutation idéologique qui aurait dû s'imposer depuis longtemps autour des questions liées au travail, à l'écologie, à notre modèle de développement, a commencé et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Indubitablement, nous assistons à un moment de recomposition politique et le Parti socialiste, au-delà des idées, ne doit pas rester étranger à ce mouvement.
L'union de la gauche n'a pas été possible dans cette élection présidentielle. Des divergences sur le fond persistent et il n'a pas été permis de les dépasser. Cependant après l’élection présidentielle, il y aura l’élection législative et nous devons, qu'un candidat de gauche l'emporte ou non, poser la question des alliances dans ce scrutin. Oui, car il faudra soit une majorité plurielle pour le soutenir soit une opposition nombreuse pour s'opposer au pouvoir libéral et/ou conservateur.
J'appelle donc aujourd'hui à une discussion entre le Parti socialiste fidèle au résultat de la primaire, EELV, le PCF, la France insoumise de Jean-Luc Melenchon ainsi que le PRG afin que les 577 circonscriptions de France ne comptent qu'un candidat de gauche au premier tour. Un tel acte serait le premier du grand chambardement à gauche. Le second est l'ouverture réelle du parti socialiste à la gauche politique et associative.
Un acte d'une importance fondamentale s'est déroulé dans cette campagne. Pour la première fois depuis 1974, l'écologie politique n'a pas eu de candidat au premier tour et a soutenu le candidat du Parti Socialiste. Nous devons en tirer les conclusions et prolonger cet accord en proposant une fusion du Parti Socialiste et EELV. Plus personne ne peut nier qu'aujourd'hui la question environnementale est liée à la question sociale. Partant de ce constat nos deux formations ne peuvent plus rester séparées. C'est le sens de l'histoire; à nous de ne pas nous tromper.
L'ouverture à la gauche associative, quant à elle, doit nous permettre de sortir de l'endogamie qui est la nôtre. Elle doit permettre la valorisation de la pluralité des parcours, élargir notre corps militant et nous mettre enfin en phase avec notre base sociale. Concrètement, le Parti socialiste de demain devra permettre la participation des hommes et des femmes engagés dans les associations et les syndicats qui partagent nos valeurs à nos votes d'investiture. Ce changement créerait un appel d'air sans précédent dans nos rangs et donnerait une légitimité forte à l'ensemble de nos candidats. Ce serait un signe important d'ouverture et j'ai la certitude que des milliers de personnes proches de nos valeurs prendraient ainsi la décision de s'engager politiquement.
Malgré la situation d’extrême difficulté dans laquelle nous nous trouvions, deux millions de personnes sont venus voter à nos primaires. C'est vers elles que nous devons nous tourner ; c'est elles qui feront la gauche de demain.
Une multitude d'autres actes devra être prise, mais je pense que ceux que je viens de décrire sont le préalable à une recomposition et aux succès de la gauche de demain.