24 pages
Français

LE MONDE ILLUSTRE N° 1787 du 27 juin 1891

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Faites un retour en arrière avec le journal intégral de l'édition du magazine "MONDE ILLUSTRE (LE) N° 1787" et lisez pour votre plus grand plaisir les titres de l'actualité du 27 juin 1891.
En exclusivité venez découvrir en une de ce journal datant de 1891, les sujets sérieux des grands titres de cette époque :
-OPERA-COMIQUE
-LE REVE DE A. BRUNEAU
-POEME DE L. GALLET
-D'APRES LE ROMAN D'EMILE ZOLA
-DESSIN DE ZIER.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 27 juin 1891
Nombre de lectures 26
EAN13 3607910053750
Langue Français
Poids de l'ouvrage 15 Mo

LE MONDE ILLUSTRÉ
JOURNA L HEBDOMADAIR E
DIRECTIO N E T ADMINISTRATION , 13 , QUA I VOLTAIR E eABONNEMEN T POU R PARI S E T LE S DEPARTEMENT S 35 Anné e — N ' 178 7 —2 7 Jui n 189 1 Tout e demand e d'abonnemen t no n accompagné e d'u n bo n su r Pan s
L'nan , 24 i"r. ; — Si s mois , 13 fr . ; — Troi s mois , 7 IV. ; — L'il numéro , 50c . o u su r la poste , tout e demand e de numér o à laquelle n e ser a pa s join t lo
montan t en timbres-poste , seron t considérée s comm e no n avenues. — L e volum e semestriel , 12 fr . broché . — 17 fr. rolié e t dor é su r tranche .
Directeur : M. ÉDOUAR D HUBER T On n e répon d pa s de s manuscrit s e t de s dessin s envoyés .
tTHANGER (Union postale) : tu n , 27 fr.; — Sis mois, 14 fc. ; — Trois lois, 7 fr. 50.
mm
ÉÊSStSÊÊÊ iïil;
JÊÊÊÊB
mmlÊ m
Si ;
m
m
L
H M i i S
s
m m
m
i !
1 v -
-•e.
• ! ;
:
l i
Félicie n (M . iùigel) . il ilio.-t M I :• M" ' .
V S ; M., : ,„V .. il " >1 " -• i- l ' ' ',:véc l
' OPÉRA-COMIQUE . - LE RÊVE, OPÉR A DF. M . A . BRUNEAU , POÈM E DE M . L . GALLET , D'APRÈ S LE ROMAN DE M . ÉMIL E ZOLA .
LK MIRACLE (7° tableau) . — (Dessin de M. E , ZIER.) 4go LE MOND E ILLUSTR É
D'u n côté, ceux qui disent : pointeron t les assassinats comm e à un certain SOMMAIRE
— Pou r moi . il n'y a-pas de plus belle mort . momen t on pointe le passage des fiacres sur les
TEXTE : Courrier d e Paris, par Pierre Véron . — C'est triste pou r la famille, mais pou r celui qu i s'en pont s de Paris. Si les crime s n'augmenten t pas,
Mondain s et Mondaines , par Etincelle . — Dans le va, comm a cela vaut mieux qu e les longs mar - c'est qu e le bourrea u est un luxe inutile, et nou s
passé mort, par Pierre Loti. — No s gravures . —
tyres subis afin d'en arriver au mêm e résultat ! économiseron s 6.000 francs sur le budget, qui Variété, par G. I.enôtre. — Théâtres , par Ilippolyte
De l'autre, ceux qui opinen t : en a bien besoin. Lemaire . — Chroniqu e musicale , par A. Boisard. —
Chroniqu e du Sport, par Archiduc . — Serge, par — Je ne sai s pas de cet avis-là. Ell e est Ainsi, peu à peu , nou s en arriveron s à
posAbel Hermant . — Echecs , par S. Rosenthal . — Ré - horrible , la mort subite qui ne vous permet ni séder un e législation exclusivement temporaire .
création s de la famille , par Lavaud. — Rébus .
de vous reconnaître , ni d'embrasse r les êtres Ce s agréables changement s empêcheron t l'ennui
GRAVURES : Opéra-Comiqu e : I.e Rêve. — i,a transfor- aimés . Qu'importen t quelque s souffrances de qui naît de l'uniformité . Le seul dange r à matio n des torpilleurs de 35 mètres . —Dan s le passe
plus ou de moin s ? craindre, c'est que les juges, ahuri s par ces mu -mort, par Reichan . — Le s vieille s coutumes . —
L'exposition de Moscou . — L e huitièm e centenaire de Oti l'on était d'accord, par exemple, l'autre Mtions perpétuelles, ne se metten t à patauger
saint Bernard, à Dijon. — M. Calman n Levy . — Serge, jour, c'était pou r rendr e justice à l'aménité cor- déplorablement , appliquan t des textes momen -
par Tofani . — Éche-s . — Rébus . diale, à l'intelligence professionnelle du dis- tanémen t suspendus , infligeant des pénalités
paru . Il y avait là, dans son bel appartemen t de hor s d'usage.
la rue Pierre-Charron , le tout Pari s célèbre. C e qui multipliera tellement la besogne de la
COURRIE R DE PARI S Des listes où l'on s'inscrivait, on ferait un véri- cou r de cassation, qu e ses membres , cassés
table Livre d'or où figureraient les plus haute s eux-mêmes , seront forcés de demande r du
ES chroniqueur s ne sont vraimen t pas notabilités de la littérature contemporain e don t renfort .
>> assez fia de siècle; sans quoi , il y a les œuvre s sont d'autre part inscrites au cata- C'est égal, la loi momentané e est une
invenbeau temp s que , grâce à l'interview, ils logue de la grand e maiso n d'édition. tion qu i fera honneu r à notr e époqu e
fantaiferaient faire leur besogne par autrui . Quelle belle fonction, en vérité, qu e d'être, siste. En somme , il est beaucou p plus intelligent,
Ce serait si simple de consulter, chaqu e se- en quelque sorte, le pasteur de ce troupeau,qu e humainemen t parlant, d'avoue r qu'o n ne sait
maine, un e douzain e ou un e demi-douzain e de d'avoir prononc é le fiai lux pou r tant de pages pas tro p à quo i s'en tenir, qu e de proclame r sans
notabilités sur l'actualité du jour, quan d il y a qui on t rayonn é su r un e époqu e ! cesse des principes immuable s auxquel s
l'expéun e actualité, — sinon su r un problèm e de poli - rience inflige de burlesque s démentis .
-V-VV A U n certain nombr e de ces pages étaient tique, de littérature ou d'art, voire mêm e sur la
O n sera forcé d'en venir également à personnalité d'u n défun t marquant ! mises aux enchère s cette semaine . O n vendait
l'apothéos e provisoire, pou r peu "que l'on con -Ca r c'est là un e lacune qu e je m'étonn e d e la propriété des roman s et des pièces d'Octave
tinu e à multiplier le nombr e des statues. Il est trouve r dan s l'œuvr e des imerviewiste s et qu e Feuillet.
vrai qu'il y a loin de la coup e aux lèvres, et
je me fais un plaisir de leur signaler. Commen t Encor e une épreuve qui porte avec elle son
qu'un e statue votée n'est pas, tant s'en faut, un e l'idée ne leur est-elle pas encor e venu e de res- tro p philosophiqu e enseignement , qu i fait
coustatue édifiée.
susciter, sous un e form e aussi naturelle qu'in - rir à la mémoir e de l'auteur des chance s bien
Voyez plutôt toutes les tribulations infligées génieuse, l'ancien jugemen t des mort s en hon - redoutables.
à ce pauvr e Balzac. O n le traîne depui s vingt
neu r chez les Egyptiens ? Je prend s Feuillet pou r exemple, puisque
an s et l'on ne peut pas en finir. Son piédestal a L'épreuve serait curieuse et suggestive, je vous c'est son no m qu e l'actuaiité fournit . O n avait
presque autan t de mal à abouti r qu'u n simple en réponds . E t quelle démonstratio n du néant mis à prix le tout à 60,000 francs : 3o,ooo
Funiculaire. L'autr e jour encore , on bataillait de la gloire, quan d on verrait la célébrité de la pou r les pièces, 3o,ooo pou r les romans . Per -
su r le choix de l'emplacement. Finalement , on
veille habillée ou déshabillée de belle façon par sonn e ne s'est présenté pou r surenchérir , et
s'est décidé pou r la place du Palais-Royal , où m cun grincheu x contemporai n ! c'est M Octave Feuillet qui, à ce prix, a con -
l'auteur de la Comédie humaine, planan t au mi -Edifiantes aussi seraient les contradiction s servé en toute propriété le répertoire de son
lieu d'une station de voitures, sera pris par les qu e provoqueraien t fatalement ces consultation s mari .
passants na'ifs pou r l'image de saint Fiacre en
posthumes . Le chroniqueu r poserait à un cer - Ces chiffres n'ont-ils pas une éloquence mé -
personne . tain nombr e de correspondant s cette question, lancolique? 60.000 francs ! C'est ce qu e rappor -
Assez mauvais choix, à notre avis. Dan s ce je suppos e : tait jadis d'u n seul cou p ou un e comédi e o u un
tohu-bohu , la gloire tiendra si peu de place! — Qu e pensez-vous du peintre X... , de ses simple volume . Encor e les ouvrages à gran d
Maintenant , un e autr e difficulté surgit. œuvres , de son caractère? succès ont-ils dû dépasser de beaucou p ce total.
Comm e on a à garni r un refuge de quatorze mè -
— U n homm e de génie, répondrai t un de ses Aujourd'hui , — et Feuillet n'est parti qu e
tres, il faut s'arranger pou r qu e l'objet soit disciples. d'hier, — les calculateurs spéciaux ont paru
suffisammen t meublant . D'o ù les perplexités
— U n vieux jeu, riposterait un novateur. estimer qu e la vente annuell e de tout ce qu'i l a
actuelles.
— 11 appartenait à la pléiade des maîtres. produi t n'était pas sûr e de donner , à cinq pou r
Ghapu , le regretté sculpteur , qui devait
exé— C'était un encroûté , qui ne comprenai t cent, un modeste revenu d e 3.000 francs.
cuter le monumen t primitif, en a laissé un e rien au progrès artistique. Quelle leçon de modestie, ô triomphateur s
maquette fort controversée à présent. Vou s — Et quelle noblesse, quelle générosité de d u jour ! Dire que peut-être u n momen t viendra
sa-ez qu e Balzac, — mani e qu e d'aucun s se sont
caractère! où tout le bagage de M. Zola, l'homm e au x
permi s de trouver un peu ridicule, et beaucou p
— U n tempéramen t à qu i toute supériorité cent mille exemplaires, ne donner a pas mêm e
tro p théâtrale, — endossait volontiers, pou r
portait ombrage . u n revenu de douze cents francs à ses héritiers!
travailler, un e robe de bur e à l'aspect monacal . — Toujour s accueillant pou r les jeunes. Memento quia pulvis es !
M. Chapu , ne voyant la chose qu'a u poin t de
— Jouan t hypocritemen t la comédi e de la
vue pittoresque, s'est dit qu e cetto bure bien -wsv» Un e expérience plu s gaie va être faite. bienveillance avec les jeunes pou r se faire de la
drapée donnerai t d e beaux plis, et il a enca -O n va abolir la censure, mai s simplemen t à réclame.. .
pucin é Balzac. Puis, comm e il était resté clas-litre de renseignemen t et pou r éclairer nos Et ainsi de suite. Vou s entendez quelle
inssique et allégorique surtout , leminen t statuaire législateurs qui, décidément , paraissent man -tructive cacophoni e ce serait. E t quel commod e
a naturellement pensé à symbolise r la Comédi e quer de lumières . procédé pou r rempli r les colonne s des jour -
humaine ; ce qu'il a fait, en représentant un e Ne sachant auque l croire après avoir écouté naux ! Car il ne se passe guère de semaines
femm e montran t à l'écrivain sa nudité ins-un tas de dépositions qui se démentaien t mu -sans qu e la nécrologie ait à fonctionner , hélas !
tructive. tuellement, ils ont pris le parti de la supprime r U n peu de patience ! Nou s y viendron s
peutMais voilà : on ne pense pas à tout. Ce faux pou r trois ans. O n verra ce que ça donnera . être, à ce fonctionnemen t de l'interview
univermoin e d'un côté, cette jeun e personn e se décou -Elle ne manqu e pas de jovialité dans sa can -selle C'est dan s le courant .
vrant de l'autre, c'est l'invariable programm e de deur, cette façon de reconnaître qu'o n légifère
toutes les Tentations qu i ont défilé sous nos •VVV A E n attendant , on s'en tient encor e aux à tâtons. Aussi est-il probabl e que le procédé
yeux depui s deux siècles. De sorte que Balzac, recevra des applications nombreuse s et que témoignage s spontané s donnés , selon
l'anmenac é d'être pris pou r saint Fiacre tout à nou s auron s bientôt tout un code provisoire. cienne méthode , à ceux qu i partent.
l'heure, sera sûremen t pris pou r saint Antoine , Ces témoignage s ont été très nombreu x et U n matin, tel honorabl e monter a à la tribun e
si l'on persiste dan s le projet. très sincères en ce qui concern e Calman n Lévy , pou r dire :
Commen t en sortira-t-o n ? Comm e toute va-— Messieurs et cher s collègues, vous avez enlevé d'un e façon foudroyante . Ces
catasriante nécessiterait un e nouvelle mise de fond s trophe s soudaines, encor e qu'elles soient tro p octroyé la liberté au théâtre. J e vou s propose
et qu'o n a eu toutes les peines du mond e à réu-souven t répétées, accroissent toujour s l'impres- de rendr e maintenan t la liberté à l'usure. Les
nir les 3o , 000 francs nécessaires après des sion ressentie par ceux qui apprennen t tou t usurier s n e sont pas ce qu'u n vain peupl e
appels désespérés, l'embarra s est grand . d'un coup la disparition de l'homm e à qui ils pense : ils renden t de très grand s services, sans
E t Balzac pourrai t bien, hélas ! être encor e on t serré la main la veille. Ces deuils brus- en avoir l'air. Essayons-e n seulemen t pendan t
ajourné . que s provoquen t aussi des controverses funè - un an , nou s verron s ensuite.
bres, que j'entendis chuchote r au moin s vv w Plu s fortun é est feu Florian . U n autre viendra :
pou r la dixième fois à l'enterrement de Cal- Il a pris possession définitive de son petit — Messieurs, on n'a pas encore pu se mettre
mann . coin, à Sceaux. Il y règne, ;an s qu'o n sache d'accord sur la questio n de la peine de mort .
Deu x camp s bien distincts, deux opinion s tro p pourquoi , au no m d u Félibrige, et, cha -J'ai un e idée. Abolissons provisoiremen t la
bien tranchées. qu e année , des hommage s chronique s lui son t guillotine. Pendan t ce temps-là, les statisticiens