Les atouts de la droite et du centre pour une reconquête des régions
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LE FIGARO mercredi 11 novembre 2015 13ÉTUDES POLITCIQUHESAMPS LIBRES PASCAL PERRINEAU Les atouts de la droite et du centre pour une reconquête des régions L’accroissement de leur force et de leur légitimité sur l’ensemble des territoires est un point d’appui pour reconstruire, au plan national, une alternative crédible à la gauche. es droites et le centre cherche une consécration avec les ré- cherche un destin à la suite de l’échec de bas. Ce dernier est là et le contrôle replongent leurs racines gionales. la stratégie de « l’hypercentre ». La pri- trouvé du terrain communal et du terrain dans les territoires depuis Un tel processus n’est pas nouveau. La maire à venir de la droite donne à voir départemental par la droite et le centre le parfois deux siècles. C’est gauche avait, dans les années 1970, initié une surabondance de prétendants. La prouve. Sur ces deux derniers terrains, la Professeur le cas dans les territoires une dynamique de ce type lors des can- nécessité pour la droite et le centre de droite et le centre bénéficient de majori-des universités L de l’Ouest intérieur, de la tonales de 1976, des municipales de 1977 s’appuyer plus que jamais sur la force et tés solides qui jouxtent les 60 % d’élus.à Sciences Po, bordure sud-est du Massif central ou en- et des cantonales de 1979 pour venir la légitimité du mouvement d’en bas en Les régionales confirmeront-elles cette chercheur au Cevipof core de l’Est alsacien.

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Publié le 13 novembre 2015
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Langue Français

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LE FIGARO mercredi 11 novembre 2015
13ÉTUDES POLITCIQUHESAMPS LIBRES
PASCAL
PERRINEAU Les atouts de la droite et du centre
pour une reconquête des régions
L’accroissement de leur force et de leur légitimité sur l’ensemble des territoires est un
point d’appui pour reconstruire, au plan national, une alternative crédible à la gauche.
es droites et le centre cherche une consécration avec les ré- cherche un destin à la suite de l’échec de bas. Ce dernier est là et le contrôle
replongent leurs racines gionales. la stratégie de « l’hypercentre ». La pri- trouvé du terrain communal et du terrain
dans les territoires depuis Un tel processus n’est pas nouveau. La maire à venir de la droite donne à voir départemental par la droite et le centre le
parfois deux siècles. C’est gauche avait, dans les années 1970, initié une surabondance de prétendants. La prouve. Sur ces deux derniers terrains, la Professeur
le cas dans les territoires une dynamique de ce type lors des can- nécessité pour la droite et le centre de droite et le centre bénéficient de majori-des universités L de l’Ouest intérieur, de la tonales de 1976, des municipales de 1977 s’appuyer plus que jamais sur la force et tés solides qui jouxtent les 60 % d’élus.à Sciences Po,
bordure sud-est du Massif central ou en- et des cantonales de 1979 pour venir la légitimité du mouvement d’en bas en Les régionales confirmeront-elles cette
chercheur au Cevipof core de l’Est alsacien. La droite et le cen- transformer l’essai local en victoire na- est d’autant plus renforcée. reconquête ? À moins que la logique
protre y sont puissamment implantés et n’y tionale en 1981. La droite avait fait de Les territoires et leurs représentants portionnaliste du mode de scrutin
diseLes élections régionales de dé- ont jamais été défaits sous la V Républi- même au début des années 1980 en rem- disposent encore aujourd’hui d’une perse la dynamique en favorisant un
cembre prochain sont au cœur que. Par exemple, la droite et le centre portant les municipales de 1983 et les confiance politique qui est déniée quand Front national qui n’a qu’une très faible
des espoirs de reconquête po- contrôlent aujourd’hui 26 des 32 sièges cantonales de 1985 pour gagner ensuite il s’agit des institutions de la représenta- légitimité territoriale et tente plutôt de
litique pour Les Républicains du conseil départemental de Mayenne, les législatives de 1986. tion nationale. Les seules institutions re- subvertir le système par le haut.
et les centristes qui ont en li- 32 des 34 sièges de celui de Vendée, 26 Cependant, en 2015, ce mouvement de présentatives qui bénéficient d’une La faiblesse des identités régionales,
gne de mire l’élection prési- des 35 sièges de Haute-Loire, 22 des confiance majori- l’apparition de grandes régions sans nom
dentielle de 2017. Après les 30 sièges du Cantal, 38 des 46 sièges du taire sont les insti- et sans identité, la difficulté à parler des Les seules institutions représentatives communes et les départe- Bas-Rhin ou encore 32 des 33 sièges du tutions locales : compétences régionales dans une
camqui bénéficient d’une confiance «ments, où elles ont installé de Haut-Rhin. conseils munici- pagne jusqu’à maintenant très
nationalisolides majorités, les forma- Cette domination prend sa source dans majoritaire sont les institutions locales : paux, conseils gé- sée ne rendent pas la tâche facile à une
tions de droite et du centre de longues traditions liées aux figures qui néraux (devenus droite et à un centre à la recherche d’un conseils municipaux, conseils généraux
peuvent mettre à mal la domi- les ont portées et aux aléas de l’histoire et départementaux) exutoire national qui tarde à se façonner.
(devenus départementaux) nation de la gauche. Le défi est des choix religieux. Ces terres résistent et conseils régio- Le rejet dans les territoires des forces de la
majeur, puisque, à l’exception même quand les vents sont favorables à naux. Toutes les majorité au pouvoir est utile à la droiteet conseils régionaux»de l’Alsace, la gauche étend la gauche. Elles constituent autant de pô- institutions de la locale, mais il n’est pas suffisant. Les
son hégémonie sur l’ensemble les à partir desquels la droite et le centre reconquête par les territoires est impor- représentation nationale sont très nette- élections régionales sont la dernière des
des régions. partent à la conquête de terres plus in- tant, car la droite connaît un malaise au ment en dessous de la barre des 50 %. élections intermédiaires où s’expriment
La droite et le centre bénéfi- certaines et parfois même de bastions de plan national. La situation était différen- D’ailleurs, le Sénat, qui représente les le vote sanction et la « désélection » de
cient d’un profond ancrage la gauche. Tel est l’enjeu des prochaines te pour la droite en 1986 ou la gauche en collectivités territoriales, est la seule ins- celles et ceux qui sont au pouvoir.
dans les territoires qui peut élections régionales des 6 et 13 décembre. 1981. Les appareils et le leadership des titution nationale à tirer le moins mal son S’ouvre l’ère du choix présidentiel et
utilement contribuer à para- Toutes les régions métropolitaines sor- grands partis nationaux étant alors en épingle du jeu. de la construction d’un choix positif,
chever la reconquête électora- tantes, à l’exception de l’Alsace, sont ordre de bataille, ils pouvaient aisément La droite et le centre ne peuvent re- d’une personnalité et d’un projet. La
le. Ces racines locales expli- contrôlées par la gauche, qui rassemble relayer au plan national un mouvement construire une alternative crédible moitié du chemin de reconquête a été
quent la pérennité politique de presque deux tiers des sièges de initié d’en bas, à partir des territoires. qu’en enracinant leur processus de re- franchie, reste la seconde, qui devra
alces courants dans des terres où conseillers sortants. Cette hégémonie Tel n’est pas le cas aujourd’hui. nouveau dans ces territoires légitimes. ler chercher sa cohérence et son
dynails président aux destinées des donne la mesure de l’ampleur de la re- Le lifting des Républicains n’a pas mis Cette légitimité d’en bas peut diffuser un misme dans les victoires locales de la
collectivités locales sur le long conquête électorale qui attend la droite et fin au malaise et aux divisions qui peu de cette manne trop rare qu’est la droite et du centre. Ces familles ont
cours. Notamment dans celles le centre dans les semaines à venir. s’étaient exprimées à l’occasion, fin confiance politique vers celles et ceux beaucoup cru au mouvement d’en haut
se réclamant de la démocratie La reconquête des territoires régio- 2012, de la lutte entre Jean-François (partis, leaders de la droite et du centre) et à l’homme providentiel. Les temps ont
chrétienne où le vote des ca- naux marque la troisième étape d’un Copé et François Fillon pour le lea- qui préparent l’alternance nationale. changé. Elles ont retrouvé un centre de
tholiques pourrait nettement processus qui a commencé en mars 2014 dership de l’UMP ; l’UDI ne s’est pas re- Le mouvement d’en haut qui s’organi- gravité territorial, mais n’ont pas encore
peser en cas de faible avec les municipales, s’est prolongé par mise de l’éloignement de son père fon- se péniblement n’a d’avenir que s’il ren- la tête susceptible de penser et de faire
participation. ■ J. A. les départementales de mars 2015 et qui dateur Jean-Louis Borloo ; le MoDem se contre et incarne le mouvement d’en vivre ce corps vigoureux. ■
La confiance dans La droite et le centre1 2 LE VOTE DES CATHOLIQUES AUX ÉLECTIONS DÉPARTEMENTALES DE MARS 2015
les institutions locales dans les territoires
erLa participation … … au 1 tour des élections … au second tour
*très, plutôt % CONFIANT* DANS … Extrême droite Droite et centre EN % départementales des départementales
Plus d’infos sur LEFIGARO.FRGauche Divers Votants Abstentionnistes Votants AbstentionnistesLe conseil municipal
66 % 50,4 % 49,6 % 49 % 51 %ENSEMBLE DES INSCRITS (22 mars 2015)Maires de communes de plus de 30 000 habitants
(260 maires élus en 2014 )Le conseil régional
54 % 54 % 46 % 52 % 48 %34,2 % 62,3 % ENSEMBLE DES CATHOLIQUES
Le conseil général
2,7 % 0,8 %53 % 73 % 27 % 80 % 20 %Catholiques pratiquants
Le Sénat Conseilllers départementaux
(4 108 conseillers départementaux élus en 2015) Catholiques pratiquants réguliers 80 % 20 % 78 % 22 %42 %
38,8 % 58,3 %L'Assemblée nationale
Catholiques pratiquants occasionnels 67 % 33 % 81 % 19 %
39 % 1,3 % 1,6 %
L'institution présidentielle
52 % 48 % 48 % 52 %Catholiques non pratiquants
29 % Conseilllers régionaux sortants
(1 842 conseillers régionaux)
Le gouvernement
46 % 54 % 46 % 54 %SANS RELIGION63,8 % 27,7 %23 %
Sondage réalisé par L’Ifop pour Atlantico.fr. Interviews effectuées en ligne les 22 et 29 mars 2015. Échantillon de 2 544 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait
2,2 % 6,3 % d’un échantillon de 5 489 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Au total, ont été interrogées 5 573 personnes se déclarant catholiques.Source : Baromètre de la confiance en politique, vague 6,
Représentativité par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge…décembre 2014, OpinionWay - CEVIPOF Sources : Luc Rouban (CEVIPOF), Ministère de l'Intérieur
Une faible participation donne du poids à l’électorat catholique
breux à voter que les « sans religion », ont révélé que le vote pour un parti de dont les idéaux n’ont pas réussi à se couler pour un candidat ad hominem mais insiste
JOSSELINE ABONNEAU leur mobilisation électorale s’accroissant gouvernement de droite (LR, MoDem, dans la morale des institutions politiques. sur les enjeux locaux, de vie et de la nécessité jabonneau@lefigaro.fr
dans les franges catholiques les plus UDI) allait de pair avec le niveau d’inté- Toutefois, les catholiques ne sont plus de l’hospitalité et de l’accueil des migrants.
grâgées. De façon quasi mathématique, plus gration au système catholique. Dans le vaccinés contre le Front national. Lors des Ainsi, en mars 2015, M Georges Pontier,
QUASI ABSENT des pronostics électo- la mobilisation des électeurs est faible vote catholique, qui englobe les prati- élections départementales, 26 % d’entre président de la Conférence des évêques de
raux, le vote des catholiques aux élec- plus le poids participatif des catholiques quants et les moins pratiquants (mais qui eux - soit deux points de moins que les France (CE), dans sa conférence
d’ouvertutions régionales pourrait être décisif si la pèse sur l’issu du scrutin, notamment se revendiquent tout de même de cette « sans religion » - ont voté pour un candi- re, exhortait les catholiques au civisme :
prophétie sondagière d’une abstention dans les territoires marqués par le catho- religion), ce sont les plus pratiquants qui dat frontiste au premier tour des élections “Voter est l’acte citoyen le plus élémentaire
record se réalisait dans les urnes les 6 et licisme. Cependant, c’est au second tour, votent le plus pour un parti de droite in- départementales ; ce taux chute à 9 % chez et le plus nécessaire. S’abstenir n’est pas
13 décembre. Tout y concourt, selon Yves qui se joue habituellement sur moins d’un tégré au système politique. Plus on se les pratiquants réguliers **. « Il y a quelque sans conséquence sur le résultat d’une
élecDeloye. Ce professeur à Sciences Po Bor- tiers de voix, que ces transferts de voix rapproche du groupe pratiquant, plus il chose de neuf dans le rapport des catholiques tion. En toute hypothèse, rien ne nous
dédeaux et secrétaire général de l’AFSP* s’avèrent le plus déterminants. vote à droite. au Front national », dit Yves Deloye. Il y douane de notre responsabilité individuelle
pointe l’atmosphère de défiance vis-à- L’enquête Ifop pour Atlantico.fr** voit « l’effet d’une prise en considération du de citoyens.” »
Le vote, un acte citoyen vis des politiques, le choix d’un calen- confirme ce « tropisme participationnis- mariage pour tous, du remboursement et L’institution est donc réticente au Front
pour l’Églisedrier singulier qui se télescope avec les te » des catholiques pratiquants (régu- raccourcissement des délais d’IVG ». De national, mais les derniers événements
fêtes de fin d’année et le redécoupage ré- liers et occasionnels) aux deux tours des Outre une stratégie d’alliance préfigurant plus, la blogosphère catholique tradition- montrent qu’« un débat intérieur s’est
gional dont les électeurs ne perçoivent élections départementales de mars 2015 : l’unité de la droite, la composition des lis- nelle s’interroge - peut-on voter FN ? – et amorcé depuis l’été dernier. La présence le
pas l’intérêt : « Dans ce contexte de forte 73 % ont accompli leur devoir électoral tes répond à des attentes locales de l’élec- argumente : sur la cellule familiale base de Marion Maréchal-Le Pen à l’université
abstention, l’électorat catholique offre des au premier tour et 80 % au second tour torat catholique : des places de choix et la société et sur la protection de la vie, Ma- d’été de l’évêque de Toulon a révélé au
opportunités non négligeables car il est quand la participation des « sans reli- des têtes de liste ont été données à des rine Le Pen dit tout haut ce que pensent grand jour qu’il n’y a pas de position
homoplus participationniste. » Les études me- gion » plafonnait à 46 %**. candidats « démocrates chrétiens » (UDI, certains catholiques. « Certes, souligne gène au sein même de l’appareil
institutionnées en 2012 par Claude Dargent et Guy Par ailleurs, les travaux de sociologie MoDem). Ainsi la droite « donne de l’air » Yves Deloye, les institutions de l’Église rap- nel de l’Église », conclue Yves Deloye. ■
Michelat, chercheurs au Cevipof, mon- électorale locale et nationale, sur les élec- à ses composantes partisanes sensibles pellent régulièrement les catholiques à leur *Association française de science politique.
trent que les catholiques sont plus nom- tions départementales et présidentielles, aux valeurs de la démocratie chrétienne devoir de citoyen. L’Église ne s’engage pas ** Se reporter à l’infographie.
A

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