Motion "Pour une seule santé en Nouvelle-Aquitaine"
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Motion Pour « Une seule santé » en Nouvelle-Aquitaine, une seule voie : l’écologie ! présentée par le groupe écologiste et citoyen EELV Séance plénière des 17 et 18 décembre 2020 du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine Le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lancé, le 2 décembre dernier, un avertissement solennel, en déclarant: «l'équilibre écologique de la planète est rompu, l’'humanité fait la guerre à la nature, c'est suicidaire », et il a appelé à la reconstruction d’un monde nouveau post-covid. Il serait temps en effet de reconstruire le monde post-covid mais on ne reconstruit pas un tel monde en reproduisant le même modèle qui a conduit l’ancien à la situation actuelle. Il s’agit de tirer les leçons de la pandémie actuelle et ne plus occulter un fait majeur : plus de 70 %des infections émergentes apparues au cours des quarante dernières années sont des zoonoses, autrement dit des maladies infectieuses animales transmises à l’être humain, parmi lesquelles le Sars-CoV-2, le virus à l’origine de la Covid-19, mais on peut citer aussi les virus Zika et Ebola, la grippe aviaire ou encore le Sida.

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Publié le 16 décembre 2020
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Langue Français

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Motion
Pour « Une seule santé » en Nouvelle-Aquitaine,
une seule voie : l’écologie !
présentée par le groupe écologiste et citoyen EELV
Séance plénière des 17 et 18 décembre 2020 du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
Le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lancé, le 2 décembre dernier, un avertissement solennel, en déclarant : « l'équilibre écologique de la planète est rompu, l’'humanité fait la guerre à la nature, c'est suicidaire », et il a appelé à la reconstruction d’un monde nouveau post-covid.
Il serait temps en effet de reconstruire le monde post-covid mais on ne reconstruit pas un tel monde en reproduisant le même modèle qui a conduit l’ancien à la situation actuelle.
Il s’agit de tirer les leçons de la pandémie actuelle et ne plus occulter un fait majeur : plus de 70 % des infections émergentes apparues au cours des quarante dernières années sont des zoonoses, autrement dit des maladies infectieuses animales transmises à l’être humain, parmi lesquelles le Sars-CoV-2, le virus à l’origine de la Covid-19, mais on peut citer aussi les virus Zika et Ebola, la grippe aviaire ou encore le Sida.
Le nombre de grandes épidémies au niveau mondial a ainsi augmenté depuis un siècle, à mesure de l’accroissement de la population mondiale, de l’intensification des transports et de l’agriculture, de la déforestation, de l’artificialisation et urbanisation galopantes, de la raréfaction des ressources en eau, de l’extractivisme, du dérèglement climatique…
Tout cela a entrainé une destruction massive des écosystèmes et des habitats naturels qui contribue à l’effondrement de la biodiversité et ainsi favorise la transmission des virus pathogènes de la faune sauvage et domestique vers les êtres humains par, notamment, la suppression des barrières naturelles et zones tampons entre les espèces animales et les êtres humains.
Mais le constat ne s’arrête pas là. La pandémie de Covid-19 a révélé la vulnérabilité particulière de celles et ceux qui souffraient d’affections sous-jacentes dites maladies chroniques : obésité, diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, etc. En France, les dernières données de Santé publique France montrent que 88 % des personnes hospitalisées (48 % sont des personnes atteintes d’obésité) et 94 % des personnes décédées du Covid-19 souffraient d’un ou plusieurs de ces facteurs de comorbidité.
Or ces maladies chroniques sont favorisées par un environnement de plus en plus dégradé : mauvaise qualité de l’air, bruit, dégradation de la qualité de l’eau, aliments ultra-transformés, pesticides, perturbateurs endocriniens, métaux lourds, produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), nanoparticules…
Dès lors, nous ne devons plus nous attaquer seulement aux conséquences, souvent dramatiques, des maladies, mais agir sur leurs causes profondes. C’est pour cette raison que des scientifiques et les mouvements écologistes prônent depuis longtemps l’adoption d’une vision globale de la santé : la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale
sont en effet interdépendantes. Cette vision globale est dénommée « Une seule santé » (One Health) et elle est devenue, il y a peu, une stratégie mondiale mais qui malheureusement peine à s’imposer dans les faits.
Cette stratégie mondiale promue par l’ONU, l’OMS et la FAO vise à développer les collaborations interdisciplinaires pour la santé humaine, animale et environnementale. Elle promeut une approche intégrée, systémique et unifiée de la santé aux échelles locale, nationale et mondiale, afin de mieux affronter les maladies émergentes à risque pandémique, mais aussi s'adapter aux impacts environnementaux présents et futurs.
Pensons global, agissons local !
En région Nouvelle-Aquitaine, nous devons faire notre part. Les alertes ne manquent pas.
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En Charente Maritime, dans la plaine d'Aunis, autour de Saint-Rogatien, petite commune entourée de grandes cultures céréalières, à proximité d’une usine de bitume, au moins huit enfants ont été affectés par des cancers pédiatriques depuis 2008, parfois mortels. L'association locale « Avenir Santé Environnement » œuvre sans relâche pour que le rôle des facteurs environnementaux soit établi dans le déclenchement de ces cancers pédiatriques.
En 2019-2020, les mesures de la qualité de l'air effectuées dans la commune voisine de Montroy montraient une quantité importante d’herbicides et de pesticides dans l’air. Lors des campagnes de prélèvements sur les cheveux des enfants, des métaux lourds ont été trouvés dans tous leurs cheveux (plomb, cadmium, uranium néodyme, mercure, étain, zinc, plomb...).
Au niveau régional, ATMO-NA a publié des résultats d'analyse des pesticides dans l'air en 2019 : les CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) et les perturbateurs endocriniens (PE) dominent largement dans le cocktail des molécules les plus quantifiées.
De nombreux sites industriels, dont les sites Seveso, implantés en région Nouvelle-Aquitaine sont également responsables de pollutions diffusées dans l'environnement. Depuis des années, le bassin de Lacq en est un triste exemple, il n'est pas le seul. Les riverains et l'environnement y subissent les conséquences de pollutions multiples.
La course effrénée au stockage de l’eau par des bassines ou des retenues, sans prendre en compte les impératifs du dérèglement climatique et le nécessaire changement des pratiques agricoles qui aggraveront encore davantage la raréfaction des ressources en eau mais aussi la qualité de l’eau.
Aujourd’hui, face à l’ampleur des conséquences d’une croissance économique dévastatrice, aussi bien pour la nature que pour les humains, cette stratégie « Une seule santé » doit devenir un fil de conducteur indispensable de nos politiques et la Région a un rôle majeur à jouer dans ce domaine. Il est encore temps de transformer nos modes de vie, nos modèles de production et de consommation, nos systèmes agricoles et alimentaires. De changer notre rapport à l’environnement et d'agir en amont, sur les sources entraînant ces pathologies croissantes.
Si l’on veut que NéoTerra structure l’évolution de nos politiques publiques en faveur de la santé, il faut abandonner sans regret et à tout jamais la politique du « en même temps » :
On ne peut en effet prétendre développer massivement l’agriculture biologique et en même temps, privilégier la certification HVE qui permet l’utilisation de pesticides à hauteur de 30 % du chiffre d'affaires et qui a été détournée de son objectif initial, celui d’être un palier vers la certification bio ; au contraire, la HVE va lourdement handicaper le développement de la bio.
On ne peut se féliciter et prendre à son compte les travaux d’Acclimaterra et d’Ecobiose et en même temps, soutenir financièrement des projets climaticides et/ou destructeurs de la biodiversité qui portent donc atteinte à la santé globale.
Le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, réuni en séance plénière les 17 et 18 décembre 2020,s'engage donc à intégrer dans ses politiques l’atteinte de l'objectif « Une seule santé » et prend les résolutions suivantes à cet effet :
faire de la prévention et du principe de précaution sa première priorité en matière de santé-environnement à commencer par la protection des milieux naturels, agricoles et forestiers ;
appliquer en conséquence des éco-socios conditionnalités exigeantes pour toutes les aides aux entreprises et aux projets des collectivités, afin d'en exclure les pratiques destructrices de la biodiversité, climaticides, polluantes et celles dont la non-toxicité reste à démontrer ;
augmenter massivement les soutiens au développement de l'agriculture biologique et parallèlementquiHVE », à réduire drastiquement ceux au développement du label « n'exclue pas les polluants toxiques (CMR, PE) ;
abandonner définitivement les financements au GPSO et ne pas s'engager dans le projet d'autoroute Poitiers-Limoges ;
soutenir de manière plus importante les associations de lanceurs d'alerte ;
exiger des mesures et des moyens conséquents dans le Plan Régional Santé Environnement n°4 qui déclinera le Plan National Environnement Santé Environnement n° 4 en cours d'élaboration ;
lancer un appel à la recherche sur la cancérogénicité des molécules de nature industrielle ou d’origine phytosanitaires et de leur cumul, observées dans les zones identifiées à excès de risque.