ARGU FLASH
RÉFORME PÉNALE
HALTE À L’IMPUNITÉ!
À RETENIR Un projet trop laxiste, à la légitimité fragile, et au délai de préparation bien trop bref… Ces quelques mots résument la critique faite de la réforme à Christiane Taubira par Manuel Valls lui-même, dans sa lettre du 25 juillet 2013 au président de la République. La droite a fait baisser la délinquance globale de 17 % en 10 ans. Deux ans ont suffi à la gauche pour la faire bondir de près de 3 %. Les Français sont choqués par cette hausse de l’insécurité et ils prennent conscience de la démission progressive de l’État dans l’exercice du maintien de l’ordre public. La sécurité est la première des libertés. Il est prioritaire de protéger la société des délinquants en faisant preuve de fermeté et en résolvant le problème de surpopulation carcérale par la construction de prisons.
Une réforme bâclée sans concertation
CHIFFRE CLÉ 7 000 C’est le nombre d’années en moins de prison qu’entraînerait la mise en place de la réforme.
La réforme pénale pose des questions éthiques, techniques et politiques fondamentales. Pourtant le projet de réforme a été bâclé dans sa préparation, faisant fi de toute concertation : Au sein même du gouvernement : 4 réunions interministérielles en moins d’une semaine (19 au 25 juillet 2013), pour une saisine du conseil d’État la semaine suivante. Un différend entre le ministre de l’Intérieur Manuel Valls et la garde des Sceaux Christiane Taubira suite à la brièveté des échanges et des débats alors que les avis divergent. Avec les acteurs de la Justice et de la Sécurité :  Laconférence de consensus de février2013 était censée réunir l’ensemble des acteurs de la entendre des experts chaîne pénale afin d’inspirer le projet de loi. En réalité, elle a permis d’ unanimement d’accord pour saluer les pistes de réforme de Christiane Taubira et condamner les mesures de la précédente majorité. syndicats de magistrats et les Bien qu’estimant le texte mal bâti, imprécis et incomplet, les associations de victimes n’ont été entendus qu’une fois les arbitrages faits,  n’ayant alors aucune marge de manœuvre. Les syndicats de policiers, quant à eux, n’ont pas été invités à émettre un avis.
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4 juillet 2014
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Pourtant la réforme impose aux magistrats, juges et policiers, des charges plus importantes avec une procédure pénale plus lourde. En conséquence de cette préparation à la hâte, certains magistrats alertent sur une possible inconstitutionnalité de la réforme. La contrainte pénale, dispositif à l’articulation diffi-cile avec l’existant, et la toute-puissance du juge d’application des peines sont des points qui risquent d’être particulièrement fragiles pour le Conseil constitutionnel.
Des mesures d’impunité pour désengorger les prisons surpeuplées
L’individualisation de la peine et la prévention de la récidive sont les objectifs affichés de la réforme. Mais les finalités gouvernementales de la réforme sont tout autres : vider les prisons surpeuplées,détricotant les réformes La gauche veutpar lesen portées gouvernements de droite, pour lutter contre la surpopulation carcérale. Toutes les mesures tendent vers une individualisation de la peine qui systématise les aménagements : L’examen automatique aux deux tiers de la peine assorti d’un «refus de sorties sèches» : C’est l’institution de l’automaticité des réductions de peine. Demain plus aucune peine de prison ne sera purgée dans son intégralité. La contrainte pénale (ou peine de probation en milieu ouvert) : peine principale pour une série de délits, Elle sera lay compris si les auteurs sont réci-divistes. Si une personne dégrade votre propriété et prend la fuite, elle sait qu’elle n’encourra nullement la prison. Les circuits juridiques vont être totalement engorgés:  il000 postesfaudrait créer 8 de conseillers d’insertion et de probation pour que chacun n’ait que 40 dossiers à traiter (comme annoncé par le gouvernement). Au mieux, le gouvernement en créera 1000. Ce qui risque de faire échouer la réinsertion des délinquants. La suppression des peines plancher, de la rétention de sûreté, et des tribunaux correctionnels pour mineurs : 5 % des délinquants sont responsables de 50 % des faits de délinquance.  Lespeines plancher visaient spécifiquement ces personnes. Les supprimer, c’est envoyer un message de laxisme aux récidivistes, sachant qu’aucun dispositif de sanction de la récidive n’a été prévu et qu’on supprime la rétention de sûreté. La construction de places de prison : 24 000places de prison pour absorber la surpopulation Alors qu’il faudrait construire carcérale, le gouvernement a prévu d’en construire uniquement 6500, et seulement 2 500ont été budgétées pour 2014-2016. La réforme ignore la promesse deFrançois Hollande de doubler le nombre de centres éducatifs fermés.
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4 juillet 2014
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La grande oubliée de ces mesures est la victime. Pourtant avec la mise en place de la réforme, le nombre de victimes risque d’augmenter. entre 3000 et 7000 détenus vont être libérés. D’une part, D’autre part, avec l’annonce de la réforme et la politique menée par le gouvernement, le sentimentd’impunité est de plus en plus présent chez les délinquants, et en conséquence le nombre de délits 1 021cambriolages par jour. explose. En 2013, il y a eu par exemple
Arrêtons d’envoyer ces signaux d’impunité à ceux qui transgressent la loi de la République
Comme l’a dit le juriste Beccaria,« la certitude d’une punition, même modérée, fera toujours plus d’impression que la crainte d’une peine terrible si à cette crainte se mêle l’espoir de l’impunité ». Alors oui il faut prendre en compte la personnalité de l’auteur de l’infraction dans le choix de la peine, oui il faut humaniser les conditions de détention, oui il faut penser les processus de réinsertion des il faut de toute urgence contrer le sentiment d’impunité, construire individus punis. Mais 24 000places de prison pour résoudre le problème de surpopulation carcérale, comme cela avait été voté par la précédente majorité, et prendre en compte la victime dans toute réforme.
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4 juillet 2014