Quelle transition vers quelle économie de marché pour les pays de l'Est? - article ; n°4 ; vol.5, pg 83-104

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Revue française d'économie - Année 1990 - Volume 5 - Numéro 4 - Pages 83-104
Les économies socialistes viennent de succomber à une crise d'adaptation, due à un manque de flexibilité systémique qui contraste avec celle qui a caractérisé les capita- lismes occidentaux. La transition où elles sont engagées ne doit pas être interprétée de manière finaliste, vu l'incertitude qui pèse sur les effets des déstructurations systémiques. Une approche complexe du capitalisme à l'occidentale et de ses variantes est préférable à la vision libérale de l'économie de marché pour penser la sortie de l'ancien système. Le processus nécessaire de désétatisation de l'économie ne doit pas être celui d'un désengagement libéral de l'Etat, il passe par une forte politique, macro-économique et sociale de la part du gouvernement. Un nouveau modèle d'économie mixte et sociale de marché pourra-t-il émerger à l'Est, favorisant une évolution positive de la construction européenne ?
Socialist economies have been the victims of an adaptation crisis caused by a lack of systemic flexibility, contrasting with the adaptative character of western capitalisms. The transition which has started should not be understood in a finalist way, as the results of systemic destructuring remain uncertain. A complex view of Western-type capitalism and of its various forms is more accurate than a neo-classical or simplified Austrian concept of a market economy to understand the shift away from the old system. The necessary de-statization of the economy should not correspond to a vanishing of state intervention, as a strong macro-economic and social policy of the government is needed. Will a new model of mixed and social market economy develop in the East, encouraging a beneficial evolution for the building of Europe?
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1990
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Bernard Chavance
Quelle transition vers quelle économie de marché pour les pays
de l'Est?
In: Revue française d'économie. Volume 5 N°4, 1990. pp. 83-104.
Résumé
Les économies socialistes viennent de succomber à une crise d'adaptation, due à un manque de flexibilité systémique qui
contraste avec celle qui a caractérisé les capita- lismes occidentaux. La transition où elles sont engagées ne doit pas être
interprétée de manière finaliste, vu l'incertitude qui pèse sur les effets des déstructurations systémiques. Une approche complexe
du capitalisme à l'occidentale et de ses variantes est préférable à la vision libérale de l'économie de marché pour penser la sortie
de l'ancien système. Le processus nécessaire de désétatisation de l'économie ne doit pas être celui d'un désengagement libéral
de l'Etat, il passe par une forte politique, macro-économique et sociale de la part du gouvernement. Un nouveau modèle
d'économie mixte et sociale de marché pourra-t-il émerger à l'Est, favorisant une évolution positive de la construction
européenne ?
Abstract
Socialist economies have been the victims of an adaptation crisis caused by a lack of systemic flexibility, contrasting with the
adaptative character of western capitalisms. The transition which has started should not be understood in a finalist way, as the
results of systemic destructuring remain uncertain. A complex view of Western-type capitalism and of its various forms is more
accurate than a neo-classical or simplified Austrian concept of a "market economy" to understand the shift away from the old
system. The necessary de-statization of the economy should not correspond to a vanishing of state intervention, as a strong
macro-economic and social policy of the government is needed. Will a new model of mixed and social market economy develop
in the East, encouraging a beneficial evolution for the building of Europe?
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Chavance Bernard. Quelle transition vers quelle économie de marché pour les pays de l'Est?. In: Revue française d'économie.
Volume 5 N°4, 1990. pp. 83-104.
doi : 10.3406/rfeco.1990.1265
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfeco_0769-0479_1990_num_5_4_1265Bernard
CHAVANCE
^ЯЯШШЕШШШШШ
Quelle transition vers
quelle économie de
marché pour les pays
de l'Est ?
uelle est la nature du proces
sus historique inouï qui s'est opéré en Europe de l'Est en
1989 et 1990? Il s'agit de l'effondrement politique des ré- 84 Bernard Chavance
gimes communistes, qui s'est produit dans un contexte
économique de crise structurelle, et qui a été rendu pos
sible (de façon imprévue) par la perestroïka soviétique.
Une cause majeure de cette dernière réside également dans
la stagnation économique que connaît l'U.R.S.S. depuis la
fin des années soixante-dix. Avec des nuances nationales,
la thématique du passage à l'économie de marché comme
issue à la crise générale des systèmes économiques de type
soviétique domine désormais à l'Est. Comment éclairer les
enjeux, les problèmes concrets et les implications théo
riques de cette grande transformation ?
La crise et l'échec des économies
de type soviétique
L'image de la banqueroute absolue d'un système, celle
d'économies dévastées, résulte d'une erreur de perspect
ive historique. Selon les critères productivistes partagés
par l'Est et par l'Ouest, les économies socialistes ont long
temps été créditées de succès indéniables en termes de
rythmes de croissance, d'industrialisation, même d'amélio
ration du niveau de vie, de la santé, etc. Quant à la crise
des années quatre-vingt, qui se traduisit par une faible
croissance, une montée des pénuries et des tensions infl
ationnistes, une stagnation ou un recul du revenu réel, un
durcissement de la contrainte extérieure, sa durée n'est
pas exceptionnelle au regard de l'histoire économique
mondiale depuis un siècle1. La baisse tendancielle de la
croissance les années cinquante, illustration ir
onique de la «courbe déclinante» stigmatisée par les éco
nomistes staliniens avant la guerre, n'est pas sans exemple
à l'Ouest non plus (Allemagne, Japon) et ne peut à elle
seule justifier qu'on parle de la débâcle totale d'un système. Bernard Chavance 85
La spécificité de la grande crise des années quatre-
vingt résulte de la combinaison de plusieurs facteurs : en
premier lieu, l'épuisement séculaire d'un modèle de dé
veloppement caractérisé par l'accumulation extensive et la
régulation pénurique, appuyé sur une base institutionnelle
et comportementale fondamentalement rigide (B. Cha
vance, [1991]) ; puis un cycle conjoncturel violent conséc
utif aux politiques volontaristes de croissance tirée par les
importations menées dans les années soixante-dix et à
l'ajustement tardif au durcissement de la contrainte exté
rieure pour les partenaires de l'U.R.S.S. dans le Comecon,
qui a débouché sur une stagnation durable. C'est dans ce
contexte que l'évolution soviétique à partir de 1985 a en
gendré un processus de déstabilisation politique cumulatif
qui a culminé à la fin de 19892.
A la crise bien connue de l'efficacité économique,
liée au caractère «gaspilleur» du modèle de croissance et
à la faiblesse des ressorts endogènes de la productivité et
de l'innovation, s'est ajouté un effritement accéléré de la
légitimité des régimes communistes, recherchée traditio
nnellement dans la course au progrès par rapport à l'Ouest
(«rattraper et dépasser»). Mais en définitive c'est à une
crise d'adaptation que succombent les économies social
istes, à leur manque de flexibilité systémique, conçue
comme faculté évolutive des grandes formes structurelles
ou capacité à l'innovation institutionnelle. C'est là
l'échec majeur de systèmes politico-économiques dont
l'auto-justification idéologique consistait dans la procla
mation d'une double supériorité : sur le plan de la sup
pression des conflits sociaux et dans le domaine de la
course à la croissance. Pour ce qui est de la destruction
créatrice chère à Schumpeter, et contrairement aux prévi
sions de ce dernier, la palme revient donc aujourd'hui au
capitalisme mixte occidental : le socialisme (qui n'est d'ail
leurs qu'un capitalisme étatique) a perdu la partie3. Mais 86 Bernard Chavance
l'analyse comparative des systèmes a suffisamment montré
la complexité de l'évaluation des performances de divers
types d'organisation économique (E. Neuberger, [1984]),
tant dans le domaine que pour ce qui touche
à des critères socio-politiques ou éthiques, pour que l'on
évite les clichés sur la débâcle d'un système ou les simpli
fications comparatives.
Le manque de flexibilité systémique, qui a beau
coup contribué à l'effondrement politique final, a été i
llustré par la longue et pénible expérience des réformes
économiques (B. Chavance, [1988]). Le système tradition
nel a fait preuve d'une forte inertie lorsqu'il s'est trouvé
soumis à des tentatives de perfectionnement plus ou moins
conséquentes ; quant aux réformes plus radicales, elles ont
soit conduit à un hybride peu satisfaisant (Hongrie), soit
engendré une déstabilisation cumulative et perverse (You
goslavie, Chine). D'où la radicalisation des économistes
réformateurs au cours des années quatre-vingt qui, à partir
d'une réflexion sur le marché des capitaux, en sont venus
à mettre en question la structure de la propriété, l'ultime
pilier institutionnel (avec le parti unique) du système, une
fois abandonné le principe de la planification centralisée4.
Les insuffisances ou les échecs des diverses versions du
socialisme de marché, dus non seulement aux obstacles
politiques rencontrés mais aussi à des carences théoriques
internes, n'ont pas peu contribué au ralliement presque
général au modèle de l'« économie de marché» stricto
sensu. Dans ce phénomène de balancier idéologique a joué
notamment un cycle de «déception» qui évoque les ana
lyses d'A. Hirschman [1983] 5. Sur le fond, la déstructura
tion systémique en cours est une bonne chose. Quel que
soit le bilan final que l'on tirera avec davantage de recul
historique de ces systèmes économiques, l'addition est
lourde en termes de coûts sociaux, d'efficacité productive,
de mode de vie, et à l'aune de normes éthiques de liberté Bernard Chavance 87
et même d'égalité et de solidarité6. L'obstacle majeur à des
réformes intra-systémiques résidait d'ailleurs dans l'inst
itution politique du parti unique qui constituait, dans sa
combinaison à la domination de la propriété d'Etat, le socle
institutionnel des systèmes économiques socialistes (B.
Chavance, [1990]). Le démantèlement de ces systèmes est
non seulement inévitable, il est désirable. Ceci posé
commencent les problèmes, et ils sont redoutables. Outre
la stabilisation d'institutions politiques démocratiques, la
plupart des pays de l'Est ont à affronter trois défis écono
miques conjoints : une stabilisation conjoncturelle, une
restructuration sectorielle considérable et des change
ments institutionnels majeurs.
La notion de transition
Dans les années soixante, une vaste littérature marxiste
cherchant à infléchir le schéma stalinien de l'histoire traita
longuement de la «transition», la seule alors concevable
dans ce cadre finaliste, à savoir la transition du capitalisme
au socialisme. Beaucoup font maintenant observer l'ironie
de l'inversion du sens historique de la transition à l'ordre
du jour : celle entre le socialisme et le capitalisme...7.
La notion de transition est à la fois indispensable
et ambiguë pour penser le changement systémique. Sa
pertinence est évidente pour s'interroger, sans biais téléo-
logique, sur le processus de déstructuration des cohé
rences économiques et sociales qu'implique la sortie de
l'ancien système et la recomposition de formes institution
nelles et systémiques nouvelles et viables. Les problèmes
essentiels de la séquence des changements, de l'effet de
sentier («path-dependency») relèvent d'une telle ap
proche. L'ambiguïté peut cependant se glisser dans un
emploi finaliste implicite de la notion, comme c'est parfois 88 Bernard Chavance
le cas lorsqu'il est question de « transition à l'économie de
marché». Car cela peut impliquer qu'on raisonne en termes
de passage d'un état stable connu à un nouvel état stable
connu, occultant ainsi certains problèmes décisifs : la forte
indétermination propre à un processus par essence
complexe (le changement systémique) ; l'incertitude por
tant sur la nature même de l'état final — il peut très bien
y avoir transition à un état imprévu, le cas échéant indési
rable — ; la possibilité d'un blocage de la transition ou de
l'absence de stabilisation du changement. Il faut donc un
concept ouvert de la transition, qui n'est d'ailleurs pas
incompatible avec une vision normative de l'état syst
émique désiré.
Quelle économie de marché ?
Dans les nouveaux la rhétorique économistes de la transition libéraux à l'économie à l'Est insistent de marché, sur le
fait que cette notion ne doit pas être qualifiée : « Notre
choix se porte sur une économie de marché sans qu'aucun
adjectif ne vienne compliquer ou obscurcir le sens de ce
mot» (V. Klaus, [1990]). Cette attitude est liée au rejet du
réformisme antérieur et à sa recherche considérée comme
illusoire d'une troisième voie, socialisme de marché, ou
économie planifiée avec un marché réglementé, etc. (Le
terme de «marché contrôlé» est employé aujourd'hui par
les économistes gorbatchéviens.) Une telle approche, fr
équente en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie, est
donc plus radicale que celle exprimée dans le traité d'uni
fication entre les deux Allemagnes, où la définition ouest-
allemande (il est vrai assez floue) de l'« économie sociale
de marché» a été prise comme référence du système
unique.
Pour le libéralisme économique à l'Est, l'économie Bernard Chavance 89
de marché sans adjectif est le concept adéquat, en ce qu'il
caractérise correctement les systèmes capitalistes occiden
taux que l'on prend pour modèle et parce qu'il résume la
rationalité profonde de l'état économique désiré. Deux
influences doctrinales, malgré leurs différences, sont ici
manifestes : le libéralisme d'inspiration néo-classique dans
la filiation de Smith et de Walras d'un côté, la tradition
autrichienne de Von Mises et Hayek de l'autre. Pour le
premier courant le marché constitue le mécanisme auto
régulateur central de l'économie, voire de la société,
l'échange l'acte fondamental, le mécanisme des prix le
mode d'allocation essentiel. Pour le second le marché est
avant tout un procédé de transmission de l'information
complexe et dispersée, et il possède la rationalité d'un
ordre spontané et non pas artificiellement «construit»8.
Mais de grands auteurs, en rupture avec l'ortho
doxie libérale il est vrai, n'ont-ils pas préféré le concept de
capitalisme à celui d'économie de marché pour caractériser
le système qu'ils étudiaient, en soulignant le côté problé
matique du rapport entre les deux? Ainsi pour Marx, le
capitalisme constitue une négation dialectique (VAufhebung
hégélienne) de la production marchande. Selon Schumpeter
le développement — essence du capitalisme — résulte
d'une rupture avec le circuit dont le modèle est donné par
l'équilibre de marché walrasien. Aux yeux de Keynes, dans
le capitalisme, le modèle du marché ne s'applique pas au
travail, la nature monétaire de l'économie que sous-estime
la tradition est source d'incertitude radicale, et le système
est structurellement instable (phénomène aggravé par les
marchés financiers). Ces approches différentes ont en
commun de souligner les conflits, les tensions ou les contra
dictions propres au capitalisme comme système, que néglige
le modèle standard de l'économie de marché(s), elles
s'interrogent sur la dynamique systémique d'un point de
vue théorique autant qu'historique et s'appuient sur une 90 Bernard Chavance
vision avant tout institutionnelle9. Chez des historiens du
capitalisme la différence ou l'opposition de ce dernier avec
l'« économie de marché» (réelle ou idéale) est également
soulignée, comme chez Polanyi ou Braudel.
Le biais libéral
Pourquoi dira-t-on cette discussion terminologique, si tout
le monde admet que l'objectif du changement est bien le
type d'organisation économique commun aux divers pays
occidentaux, qu'on l'appelle économie de marché, capita
lisme, ou tout simplement, «économie normale» comme le
veut un cliché réformateur (suggérant ici une «normalisa
tion» d'un nouveau genre)? Derrière les termes, souvent
vagues et généraux il est vrai, se distinguent des approches
divergentes. Le libéralisme favorable à l'économie de
marché, contrairement à ce que suggérerait une vision plus
complexe du capitalisme, manque de perspective institu
tionnelle ou sous-estime les alternatives dans ce domaine,
néglige les dilemmes systémiques10, minimise le caractère
conflictuel du système et par conséquent le fait que sa via
bilité repose sur des compromis entre des principes ou des
intérêts divergents. L'erreur de perspective la plus nette,
dans l'optique de la transition précisément, consiste à croire
qu'une déréglementation et une flexibilisation radicales et
brutales de l'ancien système supposé hétéro-régulé vont
permettre la constitution spontanée du marché autorégul
ateur, que les prix constitués par une libre confrontation
de l'offre et de la demande se chargeront de l'élimination
de la pénurie et des ajustements nécessaires (notamment
sur le marché du travail, dans le domaine des restructura
tions sectorielles, sur le plan des avantages comparatifs in
ternationaux...), enfin que les rééquilibrages après une pé
riode intermédiaire douloureuse seront plutôt rapides. Bernard Chavance 91
L'approche réformiste libérale s'inspire d'un « ca
pitalisme utopique»11 dont le manque de réalisme risque
d'orienter la transition dans des directions imprévues. Le
«capitalisme réellement existant» à l'Ouest représente un
genre systémique marqué par des grands caractères
communs qui le distinguent nettement du type prédomi
nant à l'Est12. Mais il n'a guère de parenté avec le capita
lisme libéral que recouvre souvent le concept d'économie
de marché. Il serait plus juste de le qualifier de « capitalisme
mixte» ou d'une caractérisation de ce genre. Il inclut en
outre des variétés passablement différenciées dans leurs
structures institutionnelles, les formes d'intervention éta
tique, les compromis sociaux, les modes de régulation,
l'organisation du salariat13. Comme le font observer J. Zys-
man et G. Eichler [1990] : «Le marché fonctionne dans
tous les pays industriels avancés du monde occidental, mais
il fonctionne à chaque fois différemment. Il n'existe pas de
système de marché à proprement parler, mais dans chaque
pays un ensemble d'institutions qui encadrent les rapports
marchands. Des organisations nationales différentes pro
duisent des logiques marchandes différentes avec des
conséquences distinctes concernant la stratégie des entre
prises, le développement technique et la concurrence in
ternationale. De plus, des dispositifs institutionnels en ap
parence semblables peuvent avoir des significations au
fond très différentes. C'est un fait qu'il faut bien
comprendre pour interpréter le cas du Japon, par exemple,
autant que éclairer les choix de l'Europe de l'Est. »
Le mimétisme institutionnel vis-à-vis de l'Ouest
pose un nombre relativement restreint de problèmes dans
le domaine politique, où il s'agit d'organiser un Etat de
droit — un système parlementaire basé sur le multiparti
sme — et de garantir les libertés civiles : les variantes
existent, certes, mais les choix sont dans ce domaine assez
délimités. Il en va différemment la sphère écono-