Le développement d'Amsterdam - article ; n°196 ; vol.35, pg 322-329

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Annales de Géographie - Année 1926 - Volume 35 - Numéro 196 - Pages 322-329
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1926
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J.F Hazewinkel
Le développement d'Amsterdam
In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°196. pp. 322-329.
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Hazewinkel J.F. Le développement d'Amsterdam. In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°196. pp. 322-329.
doi : 10.3406/geo.1926.8468
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1926_num_35_196_8468DÉVELOPPEMENT D'AMSTERDAM1 LE
Amsterdam est une des plus jeunes villes de la Hollande. Alors que,
vers 1200, Utrecht comptait 40000 hab. environ et que les villes occi
dentales, telles Haarlem, Leiden et Délit, étaient des centres industriels
et commerciaux déjà assez importants, la ville d'Amsterdam n'existait
pas encore. La cause de cette naissance (ardive de la grande cité com
merçante doit être cherchée dans la nature du sol sur lequel elle a été
construite.
Les vieilles villes médiévales d'Alkmaar et de Haarlem furent éta
blies sur les collines sableuses des dunes intérieures, il en fut de même
de La Haye. D'autre part, Utrecht, Leiden, Weesp et Muiden se déve
loppèrent sur les argiles alluviales du Vecht et du Vieux-Rhin ; ces
[erres se trouvaient en effet légèrement au-dessus du niveau de la mer.
Par conlre, les régions delà Hollande dépourvues de grandes rivières
éiaient constituées par des marais tourbeux coupés de lacs ; elles s'éten
daient entre les dunes à l'Ouest et les collines sableuses à l'Est.
Pendant le haut moyen âge, ces marais étaient totalement inhabi
tables; les communications entre les tourbières de l'Ouest et les villes
orientales n'étaient possibles que par les petites rivières qui évacuaient
l'eau des terres basses vers les grands cours d'eau et vers la mer. Les
abords de certaines rivières, comme l'Amstel, la Rotte et le Laan, qui
n'avaient pu édilier des rives alluviales élevées, restèrent longtemps
déserts. Cependant au débu! du xme siècle une digue construite sur la
rive méridionale de la baie de l'Ij, où allait naître Amsterdam, relia,
depuis Yelzen, les dunes intérieures à l'embouchure du Vecht à Muiden-.
Quoique cette digue ne puisse se comparer par ses dimensions aux
digues actuelles, elle constitua néanmoins, pour l'époque, une entre
prise considérable. La construction d'une digue sur un sol marécageux
est en effet un travail extrêmement onéreux. Les matières lourdes qu'on
entasse sur ces sols fuyants s'enfoncent progressivement, et il faut en
accumuler des quantités énormes pour atteindre un certain degré de
solidité. Pour que, dans ces conditions, les comtes de Hollande aient
entrepris l'endiguement d'une partie de l'Ij, il faut admettre qu'ils y
furent forcés par des circonstances exceptionnelles. Celles-ci furent le
développement progressif du Zuiderzee, formé en partie par le lac
Flevo3, et l'extension des lacs hollandais, notamment du Haarlemmer-
1. Consulter II. Buug>îans et C. Peters, Oud Nederlandsche steden en haar ont-
staan,groei en onlivikkeling. Leiden, Sythoff, 3 volumes.
2. A. Beekman, Sederland als Polderland, p. 151. — G.t'HooFT, Ilct oalsiaan
van Amsterdam, p. 17 et suiv.
3. A. Xoklind, Die geographische Enticickelung des Rheindeltas bis um dasJahr
1500. Bine kistorische Studie, 1912. LE DÉVELOPPEMENT D'AMSTERDAM 323
mcer. Si on n'opposait une entrave à l'envahissement de ces eaux, il
était à prévoir qu'avant peu tous les marais tourbeux de cette partie de
la Hollande disparaîtraient et que le Zuiderzee s'étendrait jusqu'à Haar
lem.
Les constructeurs des premières digues se trouvèrent en face d'une
grosse difficulté : que l'aire des petites rivières comme l'Amstel et la
Spaarne ? On ne pouvait songer à interrompre la digue au passage des
rivières; on ne pas non plus les enfermer entre des digues. On
se décida à construire, en travers des rivières, des digues-barrages (dam )
munies d'écluses, de manière à permettre, à marée basse, l'évacuation
des eaux des tourbières.
Le barrage (dam) jeté à travers l'Ainslel, au хш° siècle, constitua,
avec les digues ^lijkcn) et les quais bas, les plus anciennes rues du petit
village d'Amsterdam établi sur la rivière à cette époque ; ce sont : la
« Warmoestraat », le « Nieuwedijk », la « Kalverstraat » et le « Nes »
(fig. 1). La rive droite, la plus anciennement habitée esL encore appelée
« Oude zijde », la rive gauche, « Nieuwe zidje ». Ce village est le type des
villages de digues si nombreux en Hollande. Mais, tandis que la plupart,
comme Spaarndam et Alblasserdam, sont restés médiocres, Amsterdam
s'est développée et est devenue une cité importante. Quelles furent les
causes de ce développement?
Amsterdam est située au Sud-Ouest du Zuiderzee, à l'endroit où une
baie pénètre assez avant dans l'intérieur des terres. Au confluent de
l'Amstel et de l'ij, cette baie présente un étranglement, à l'amont
duquel un port naturel put se créer. Mais, indépendamment de cette con
figuration favorable, l'Amstel elle-même pouvait suffire à la création
d'un port. Amsterdam se trouvait donc à la pointe extrême Sud-Ouest
de la grande voie commerciale qui menait vers la mer Baltique par le
Zuiderzee et la mer du Nord. Longtemps avant, Stavoren, à la pointe
Sud-occidentale de la Frise actuelle, avait joué un rôle important
comme centre de commerce ; la formation du Zuiderzee contribua à la
décadence de ce port et au développement d'Amsterdam. Les produits
des ports de la Baltique à destination de la Hollande, de la Flandre et
du Rhin étaient transbordés sur de petits bateaux1. Pendant tout Je
moyen âge, la mer Baltique occupa la première place dans le mouve
ment des transactions commerciales d'Amsterdam.
Amsterdam est nommée pour la première fois en 1275 à propos d'un
privilège douanier s'étendant à toute la Hollande s; on peut en conclure
qu'à cette époque déjà une grande partie des habitants de cette localité
s'adonnaient au commerce. Pourtant le fait a été récemment mis en
1. Voir C. t'HooFT, iiuv. cite, p. 45 et suiv., et W. de Fremehy, De opkomst der
Amsterdamscliehaven , Jaarboek Genootschap Amstelodamum, 1925.
2. M. i>e Boer, Een wandeling door cen mul Ncderlandsche stad. Amsterdam,
ouvrage illustré de nombreux dessins. 324 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
doute. Le nombre des habitants vers l'an 1300 était évalué à un mill
ier environ4.
En 1342, on creusa los premiers fossés défensiîs : le « Nieuwzijds
Voorburgwnl » et le « Oudezijds Voorgburgwal и : au Sud ces fossés
communiquaient avec l'Amstel par le Spui et le Grimburgwal. La ville
s'étendait le long de sur environ 900 m. de long et. 450 m. de
large ; sa superficie était de 40 ha. En réalité les marais imprati
cables qui entouraient la ville de toutes parts ne rendaient pas d'autres
ouvrages de défense absolument nécessaires. Des travaux de maçonner
ie, s'appuyant sur les sols tourbeux, eussent d'ailleurs exigé des
dépenses très considérables. La construction de simples bâtisses pré
sentait même de sérieuses difficultés ; aussi la plupart des maisons
étaient en bois. Lorsqu'on construisait en pierres, il fallait bâtir sur
pilotis, sans quoi les maçonneries trop lourdes disparaissaient dans les
marécages. Le petit hôtel de ville fut construit sur le « dam » mémo.
Une première extension de la ville, relativement peu importante,
eut lieu en 1367 ; au delà des fossés on vit s'élever le Béguinage, qui est
resté comme un petit monde à part en plein centre d'Amsterdam 2.
Toutefois une quinzaine d'années plus tard, en 1383, le besoin d'une
extension plus considérable se tit sentir, preuve de la prospérité de la
ville au cours duxive siècle. On creusa une deuxième série de fossés à
environ 50 m. des fossés existants. Ainsi apparurent le « Oudezijds
achferburgwal » et le u Nieuwzijds achterburgwal ». Les quatre fossés
convergeaient au Sud de la ville. Vers le Nord les deux fossés du
« nieuwe zijde » aïve gauche) se réunissaient pour former un bassin ;
ils traversèrent ensuite la digue au moyen d'une écluse. Les eaux des
fossés de la rive droite furent évacuées de la môme manière; le petit
bassin de confluence, le « Kolkje», existe encore actuellement (fig. 1). Le
premier plan de la ville levé par Jacques van Deventer, en 1425, donne
une idée de l'importance que la ville avait déjà acquise à cette époque.
Toutefois au cours du xve siècle, la prospérité d'Amsterdam devint
telle qu'il fallut songera une nouvelle extension. En 1442 on creusa, à
l'Est et à l'Ouest, do nouveaux fossés beaucoup plus larges que les pré
cédents, tandis que, du côté Sud, un nouveau quartier fut annexé à la
ville. Le « Nieuwe zijde » fut doté du Singel, large fossé ; près du « Oude
zijde » on construisit le u Kloveniers burgwal » et le « fteldersche
Kade ». Sur ces vastes terrains, acquis à la ville, de grands espaces
devinrent disponibles pour la construction de couvents; de même les
champs de tir des arbalétriers, devenus une gène à l'intérieur des murs,
furent transférés sur ces terrains vagues. Pour la première fois, la ville
fut entourée d'une enceinte fortifiée ; le plan en était copié sur le modèle
1. H. Bhuomans, ouv. cit('\ t. I.
2. Sur le développement d'Amsterdam, consulter C. Petkks, ouv. cité, t. II. TIL
Zuider NteuwedijV ou de кеик
H1EUWEKEBK Stadszjjdsbu rgwalien HOTEL M Vt LLX
Kahferstraât Nieuwnjds-
Grimburgwai •-burgwalien
Begijnenhoje
Î342
1383 ûrtpfêcemvrt présumé de /а/згет)епе dýve
lelderschekade
Montetbaat
Oû'de Schans reesLraat
Singel
wandnburawal
N
15*4 1597 32Г) ANNALES DE GÉOGRAPHIE
des fortifications médiévales, suns bastions ni levées de terre. Amster
dam semblait en eiïet n'avoir pas à craindre une attaque d'artillerie
venant de l'intérieur du pays. Quelques grosses tours défendaient les
voies d'accès à la ville; les « Schreierstoren » et le « Waag» existent
toujours. Quelque? années plus tard, de nouveaux ouvrages de défense
furent élevés près du « Oude zijde ». 11 s'agissait de protéger les stocks
(Je bois, amassés en dehors des murs, contre les attaques des Gueldrois.
On vil ainsi s'élever le « Zwanenburgwal » et le « Oude schans ». Le
« Montelbaantoren », encore conservé de nos jours, date également de
cette époque. C'est sous cet aspect que nous apparaît la grande ville
commerciale sur le plan de Cornells Anthoniz, de l'armée loii (fig. i) '.
dans cet état également elle prit part à la longue guerre de quatre-
vingts ans contre l'Espagne. En 1о5Л. le nombre de ses habitants était
évalué 1140000'.
Tandis qu'Anvers tomba au pouvoir du due de Parme, les Pays-Bas
du Nord résistèrent vigoureusement et avec succès au despotisme de
l'Espagne; leur victoire l'ut cause d'un nouvel essor d'Amsterdam.
Après l'échec des tentatives pour découvrir la voie des Indes par le
Nord, les Hollandais réussirent, en 1596, à doubler le Cap. Cette
prouesse fut suivie bientôt de la création de la Compagnie des Indes
orientales ; quelques aimées plus lard était fondée la Compagnie des
Indes occidentales.
Ce fut l'aurore d'un siècle de progrès et de prospérité, qui contribua
particulièrement au développement de la ville. A celte époque, 50 p. 100
des bateaux de la flotte mondiale passaient par le grand port du
Zuiderzee. En 1593 la ville s'agrandit de nouveau. Mais, au lieu de
poursuivre son développement sur les rives de l'Amstel. elle s'étendit
de plus en plus, au cours du xvi" siècle, le long de l'ij, en forme de
demi-cercle. Le « Heerengracht » et le « llapenburgerstraat » limitèrent
la ville vers le « Nieuwe » et le « Oude zijde ». Cette fois, sur les indi
cations du Prince Maurice, elle fut entourée de formidables bastions
capables d'opposer une résistance vigoureuse à des attaques métho
diques venues de l'intérieur du pays. Du côté de la mer, un double
barrage dans l'Ij et la flotte de guerre protégeaient suffisamment la
Hotte marchande. On ne jugea pas opportun de fortifier les deux extré
mités du port, afin de ne pas entraver son développement par la cons
truction de murailles. Il y avait là, en effet, notamment vers le ce Oude
zijde », de grands espaces disponibles pour de nouvelles constructions.
Une nombreuse colonie juive vint s'y installer; elle se composait princ
ipalement de Portugais, d'Allemands et de Polonais, que l'intolérance
religieuse avait, chassés de leur pays. Ce quartier forme encore, avec la
synagogue des Israelites portugais, l'endroit le plus exotique d'Amster-
1. H. Bhugmvxs, oiiv. cité. t. I. LE DÉVELOPPEMENT D'AMSTERDAM 327
dam. Peter Bart a tracé en 1597 un plan de la ville rajeunie (fig. 1) ; on
y voit représentée la flotte de commerce mouillant dans l'Ij. Sa superficie
couvrait alors 185 ha.
Vingt ans à peine après l'extension de 1593, tous les terrains
vagues étaient bâtis, et, en 1610, pendant la guerre avec l'Espagne,
on forma le projet d'une extension qui devait rendre inutile tout
nouvel agrandissement de la ville durant 250 ans au moins. Ce projet
de développement fut peut-être un des plus vastes qui aient jamais été
exécutés. La superficie de la nouvelle ville devait égaler quatre fois
l'étendue qu'elle avait en 1593. Ville de l'Amstel jusqu'à ce moment,
Amsterdam, par suite de cette énorme extension, devint la ville de l'Ij.
La superficie totale fut portée à 725 ha. L'exécution de ce projet
grandiose se fit en deux étapes. A l'Ouest, l'extension fut achevée avant
la paix de Westphalie ; mais le grand arc, à peine amorcé, ne put
se poursuivre vers l'Est qu'après la paix de 1648, qui avait ranimé
l'esprit d'entreprise (fig. 1). Les bastions construits en 1593 furent
démolis; sur leur emplacement apparut le superbe « Ileerengracht »
dont l'arc, brisé par cinq angles obtus, encerclait la partie construite de
la ville. Deux autres fossés : le « Kaizersgracht » et le « Prinsengracht »,
furent creusés à égale distance du premier. Des routes, à circulation
intense, coupèrent perpendiculairement ces fossés, pour aboutir au
centre de la ville. Enfin on creusa des canaux de dérivation ; glissant
sous de beaux ponts élevés, ils facilitèrent le trafic à l'intérieur du
complexe du port du xvir* siècle. Sur les quais de ces nouveaux fossés,
les industriels d'Amsterdam construisirent de belles maisons ; sur
certaines d'entre elles on peut encore lire qu'elles furent élevées la
première, la deuxième ou la troisième année de la paix, qui fut le point
de départ d'une nouvelle période d'activité. A l'Ouest un large espace
avait été réservé pour une cité ouvrière : le Jordaan; il est resté un
quartier très populaire où les ruelles et impasses se multiplient et
s'entre-croisent. Le nom peut induire en erreur, car ce n'est pas le
quartier habité par les juifs1. Au Nord-Ouest et au Nord-Est quelques
îles de l'Ij, consolidées et aménagées, se peuplèrent à leur tour d'une
importante population ouvrière. A la suite de ces agrandissements
successifs, Amsterdam avait pris la forme originale d'une demi-lune,
ouverte sur i'Amstel et l'Ij : curieuse configuration décrite par le grand
poète Vondel.
Au cours du xviie siècle, une architecture très originale fit son appar
ition, dont on peut encore admirer de nombreux témoins: telles les
églises protestantes, la « Westerkerk » et la « Zuiderkerk », ainsi que
plusieurs maisons. Un incendie ayant détruit l'ancienne maison com-
i. J. Gimpel, Amsterdam ond en nieuw. Impressions et études, accompagnées de
nombreux dessins. 328 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
mimalc, en 1652, on construisit le nouvel hôtel de ville sur le dam; il
ne fallut pas moins de 13 000 pilotis pour le maintenir au-dessus du
marais. Ce monument témoigne mieux qu'aucun autre de l'éclat dont
les habitants d'Amsterdam voulurent entourer leur cité. Sur un plan
exécuté en 1607 (fig. Г), après la guerre victorieuse contre l'Angle
terre, on peut remarquer que toute la nouvelle partie emmurée est pour
ainsi dire complètement construite ; à l'Est seulement il reste encore
quelques terrains vagues. On y créa un parc, le Plantage, qui fut en
partie couvert d'habitations au _\ixe siècle. Sur le plan de 1667, on ne
compte pas moins de vingt-sept bastions complétant l'enceinte fortifiée.
La quatrième guerre contre l'Angleterre, en 1784, marqua une
régression du commerce ; la flotte marchande fut réduite, et un arrêt se
manifesta dans l'accroissement de la population. Malgré ces conditions
défavorables, Amsterdam était encore, en 1810, la troisième ville de
l'empire français, se classant immédiatement après Paris et Rome. Elle
comptait à ce moment 200000 hab. : ce chiffre avait toutefois été
atteint déjà en 1750.
Jusqu'en 1875 l'accroissement de la population fut très lent;
Amsterdam avait alors 280000 hab. La ville ancienne était complè
tement construite, mais, au delà des fortifications, de grands espaces
restaient déserts. Durant les cinquante dernières années, par contre, le
chiffre de la population a fait un bond formidable ; de 280000 il est
passé à 700 000 hab. Il faut en chercher la cause dans le creusement
du Noordzee Kanaal, ouvert en 1876, et reliant directement Amster
dam avec la nier du Nord. Ce canal fut une entreprise audacieuse qui
présenta de grosses difficultés ; il fallut commencer par assécher une
grande partie de l'ij ; le percement des dunes et la construction des
jetées en mer amenèrent d'autres complications. Les avantages que l'on
espérait tirer de l'aménagement du canal étaient toutefois de nature à
faire reculer les ingénieurs devant les obstacles. Non seulement Amster
dam réalisa une meilleure communication avec la mer, mais les rela
tions avec son arrière-pays s'améliorèrent beaucoup. L'ouverture du
canal de la Merwede en 1893 permit aux grands bateaux du Rhin
d'atteindre directement Amsterdam.
Il faut regretter que les administrations communales du xix" siècle
n'aient pas eu sur l'urbanisme des idées aussi claires et aussi larges que
les dirigeants du xvne siècle : on eût épargné à la ville la physionomie
banale des quartiers neufs qui l'enserrent. Celle-ci eut même à souffrir
de certaines incompétences : pour favoriser la circulation moderne,
on fit disparaître plusieurs fossés d'une note très originale, qui furent
remplacés par de larges rues. De vieilles maisons d'une réelle valeur
architecturale furent démolies, afin d'élever de grandes bâtisses
modernes sans caractère. Le choix de l'emplacement de la grande gare
centrale fut une faute dans le plan de la ville; construit sur une île VELOPPEMENT AMSTERDAM 329 LE
de Ij embouchure même de Amstel ce bâtiment masqué la
superbe vue qui étendait sur Ij et où on aimait suivre du regard
les évolutions des bateaux
autorité communale actuelle semble heureusement avoir compris
intérêt un plan extension nettement con un projet appelé
Plan Sud prévoit un espace pouvant recevoir 300000 habitants On voit
les nouvelles maisons après guerre adopter un style qui est pas
sans charme Grâce énergie de ses habitants Amsterdam de nos
jours semble aller au-devant une nouvelle ère de prospérité Le
long de ses nouveaux canaux des maisons originales surgissent Sur la
fa ade de une des plus grandes on peut lire comme sur certaines
maisons du xvne siècle cette inscription In het eerste vredes jaar
De la première année de la paix) tandis que des vitraux portent ces
mots Hic incipit vita nova est aurore une nouvelle qui
luit pour la grande cité commerciale comparable ère de prospérité
du xvne siècle alors Amsterdam se glorifiait être la reine des villes
Europe
HAZEWINKEL
Professeur au Lycée Amsterdam
traduit par Lefèvre)