La production de céramique gallo-romaine à Roanne (Loire) / Gallo-roman pottery production at Roanne (Loire)  - article ; n°1 ; vol.36, pg 79-97
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La production de céramique gallo-romaine à Roanne (Loire) / Gallo-roman pottery production at Roanne (Loire) - article ; n°1 ; vol.36, pg 79-97

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Description

Revue archéologique du Centre de la France - Année 1997 - Volume 36 - Numéro 1 - Pages 79-97
La production de céramique à l'époque gallo-romaine à Roanne est connue de longue date. L'étude en a été entreprise depuis 1990. Elle a permis de dégager un modèle de four simple, en ampoule, de petite taille, autorisant des cuissons directes, en usage au Ier comme au IIe siècle. Les ateliers ont livré les vestiges de 27 types de vases, répartis en céramiques fines, céramiques communes et amphores. Si la plupart sont réservés au marché local, d'autres font une carrière régionale certaine (bols peints) ou supposée (amphores). Il s'agit d'un petit échantillon de la production locale représenté par moins de dix ateliers, qui donne l'image d'un artisanat de petite envergure.
The existence of a Gallo-Roman ceramic industry at Roanne has been known for a long time. The current research dates back to 1990. It has revealed a simple type of pear-shaped kiln of small dimensions, allowing for direct firing, in use in both the Ist and 2nd century. The workshops have yielded remains of 27 vessel types, broadly categorised as fine wares, coarse wares and amphorae. Although the majority were reserved for the local market, some (certainly the painted bowls and possibly the amphorae) enjoyed a wider regional distribution. This is but a small sample of the local production represented by less than ten workshops, giving the impression of a small-scale industry.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1997
Nombre de lectures 89
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

François Dumoulin
La production de céramique gallo-romaine à Roanne (Loire) /
Gallo-roman pottery production at Roanne (Loire)
In: Revue archéologique du Centre de la France. Tome 36, 1997. pp. 79-97.
Résumé
La production de céramique à l'époque gallo-romaine à Roanne est connue de longue date. L'étude en a été entreprise depuis
1990. Elle a permis de dégager un modèle de four simple, en ampoule, de petite taille, autorisant des cuissons directes, en
usage au Ier comme au IIe siècle. Les ateliers ont livré les vestiges de 27 types de vases, répartis en céramiques fines,
céramiques communes et amphores. Si la plupart sont réservés au marché local, d'autres font une carrière régionale certaine
(bols peints) ou supposée (amphores). Il s'agit d'un petit échantillon de la production locale représenté par moins de dix ateliers,
qui donne l'image d'un artisanat de petite envergure.
Abstract
The existence of a Gallo-Roman ceramic industry at Roanne has been known for a long time. The current research dates back to
1990. It has revealed a simple type of pear-shaped kiln of small dimensions, allowing for direct firing, in use in both the Ist and
2nd century. The workshops have yielded remains of 27 vessel types, broadly categorised as fine wares, coarse wares and
amphorae. Although the majority were reserved for the local market, some (certainly the painted bowls and possibly the
amphorae) enjoyed a wider regional distribution. This is but a small sample of the local production represented by less than ten
workshops, giving the impression of a small-scale industry.
Citer ce document / Cite this document :
Dumoulin François. La production de céramique gallo-romaine à Roanne (Loire) / Gallo-roman pottery production at Roanne
(Loire) . In: Revue archéologique du Centre de la France. Tome 36, 1997. pp. 79-97.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0220-6617_1997_num_36_1_2761Revue Archéologique du Centre de la France, Tome 36, 1997 : 79-97.
François DUMOULIN*
La production de céramique
gallo-romaine à Roanne (Loire)
GALLO-ROMAN POTTERY PRO
DUCTION AT ROANNE (LOIRE)
Mots-dés : Ateliers de potiers, Céramique fine, Céramique commune, Amphores, Roanne, Gallo-romain.
Key-words : Pottery workshops, Fine wares, Coarse wares, Amphorae, Roanne, Gallo-Roman.
Résumé : La production de céramique à l'époque gallo-romaine à Roanne est connue de longue date. L'étude
en a été entreprise depuis 1990. Elle a permis de dégager un modèle de four simple, en ampoule, de
petite taille, autorisant des cuissons directes, en usage au Ier comme au IIe siècle. Les ateliers ont
livré les vestiges de 27 types de vases, répartis en céramiques fines, céramiques communes et
amphores. Si la plupart sont réservés au marché local, d'autres font une carrière régionale certaine
(bols peints) ou supposée (amphores). Il s'agit d'un petit échantillon de la production locale repré
senté par moins de dix ateliers, qui donne l'image d'un artisanat de petite envergure.
Abstract : The existence of a Gallo-Roman ceramic industry at Roanne has been known for a long time. The current
research dates back to 1990. It has revealed a simple type of pear-shaped kiln of small dimensions, allo
wing for direct firing, in use in both the Is' and 2nd century. The workshops have yielded remains of 27
vessel types, broadly categorised as fine wares, coarse wares and amphorae. Although the majority were
reserved for the local market, some (certainly the painted bowls and possibly the amphorae) enjoyed a
wider regional distribution. This is but a small sample of the local production represented by less than
ten workshops, giving the impression of a small-scale industry.
Centre de Documentation Archéologique de la Loire, 22 rue Anatole-France, 42300 ROANNE. 80 RACF 36, 1997.
l'axe de Lyon à Vichy que figure la carte de Peu-
tinger. L'antiquité du site est connue de longue date. INTRODUCTION
L'abondance de la céramique qu'y découvrit Joseph
1. GÉNÉRALITÉS Déchelette lui inspira son étude sur les vases ornés de
1.1. Cuissons et fours la Gaule romaine, qui fonde la céramologie moderne. 1.2. Datations
Plus tard, les travaux du Groupe Archéologique
2. LA PRODUCTION mirent au jour les premiers fours conservés in situ en
2.1. La céramique fine France (fouilles des années 1955 à 1969) dont Jean 2.2. La commune
Poncet publia la production en 1967 (poncet 1967). 2.3. Les amphores
Par la suite, de nombreuses observations permirent
CONCLUSION de reconnaître, lors de travaux d'urbanisme, des
fours de potiers, sans qu'aucune fouille ne soit poss■ BIBLIOGRAPHIE
ible. Seul le site d'une résidence de l'O.P.A.C. de
Roanne permit la fouille d'un four en 1990 (blin
1991). L'existence d'une importante documentation
céramique, en grande partie inexploitée, car issue de
ramassage sans fouille, nous a incité, en 1990, à INTRODUCTION
consacrer notre travail de recherche de Maîtrise à ce
sujet pour établir le bilan des découvertes. AujourdLe site de Roanne occupe, au cœur de la partie
nord de la cité ségusiave, une place de choix dans la 'hui, le site de Roanne fait l'objet d'importantes
géographie régionale. Zone de contact entre le nord- publications concernant les quartiers d'habitat. La
est du Massif Central et le sud de la Bourgogne mar publication de nos connaissances concernant la
production de la céramique est donc importante pour quée par la Loire, le Roannais est aussi traversé par
trois raisons : la première est qu'il fallait compléter
la publication sur l'habitat et ainsi permettre de
\ mieux connaître le site ; la deuxième est que
Roanne est le seul site de la cité ségusiave où l'on
connaisse la production si largement ; la dernière
O AUTUN est que Roanne se situe en lisière de trois séries de
sites producteurs (Fig. 1) : à l'est ceux des vallées du
Rhône et de la Saône, au nord, ceux du sud de la
Bourgogne, à l'ouest ceux des limagnes d'Auv
Q GUEUGNON ergne. Tous ces sites forment un réseau de " gros "
sites producteurs devant lesquels le modeste art
isanat roannais paraît un peu ridicule. C'est peut-
EDUENS être là son principal intérêt, car Roanne semble
avoir vécu des courants d'échanges engendrés par
ces centres et a cependant su maintenir une product
ion originale. L'étude des productions céramiques
dans un tel contexte peut donc contribuer à la
compréhension de l'organisation des échanges et
SÉGUSIAVES les limites des modes de commercialisation des
grandes officines. FEURS
C'est guidé par cet esprit que nous présenterons
notre travail. Notre première partie abordera les
lieux, périodes et modes de production. Les deux
ateliers fouillés ayant déjà fait l'objet de publications,
nous serons brefs quant à leurs descriptions. Notre
seconde partie décrira la production roannaise, réFig. 1 : localisation du site de Roanne. Tireté : limites supposées de partie en trois catégories : céramiques fines, céramila cité ségusiave; Souligner site où une production céramique
antique est attestée. ques communes et amphores. production de céramique gallo-romaine à Roanne (Loire). 81 La
diamètre de 1 m environ. Leur liaison, la sole, se 1. GÉNÉRALITÉS
concrétise par deux rangs de tegulae reposant sur une
pile centrale rectangulaire ou sur quatre pilettes. 1.1. Cuissons et fours
L'ensemble est enterré et construit en tuiles plates.
Ce type de fours correspond à un type courant que Pour les cuissons, nous nous référons aux modes
définis par M. Picon (1973). On constate que le mode l'on peut décrire selon la typologie de Duhamel (1973)
A domine et que l'attribution au mode B est incer comme un four à deux volumes avec système infé
taine du fait des accidents de cuisson (tableau 1). rieur à élément non rattaché, simple ou quadruples,
de forme circulaire. En revanche, il semble que les
N° datation datation datation diverses typologies en cours (dufay 1996) n'aient pas mode strati- du type de l'atelier du type de ateliers reconnu comme une spécificité la composition de la dans la graphique sur par les cuisson descrip. de l'atelier l'habitat product. sole en tegulœ. Cette carence est justifiée par la
CÉRAMIQUES FINES présence, somme toute assez rare, de la sole dans les
1. 1. A NON 20/230 30/ 70 A-F-G ateliers fouillés. Par ailleurs, les fours sont surtout
1. 2. A surf, NON 30/ 70 30/ 70 A-F-G orientés est-ouest (fosse d'accès/laboratoire)1. À un
sombre niveau plus général, il faut signaler que la situation 1. 3. A NON 30/150 30/ 70 B-A topographique des fours n'est généralement pas due - 10/ 70 1. 4. A NON 30/ 70 B au hasard. En effet, ceux-ci semblent toujours se situer - 10/ 70 1. 5. A NON 30/ 70 A
en bordure de l'agglomération. Cette localisation est 1. 6. A NON NON 30/ 70 A
courante dans de nombreux cas. Pour des raisons de 1. 7. A NON 15/110 30/ 70 A-G-F-B
sécurité d'une part, et de pollution d'autre part, les CÉRAMIQUES COMMUNES
ateliers sont souvent rejetés hors de la ville. C'est le cas 2. 1. A NON 150/180 150/180 C-E
par exemple à Sens (perrugot 1996), où les ateliers 2. 2. A NON NON NON D
2. 3. B? NON 150/180 150/180 C sont repoussés de l'autre côté de la rivière. Parfois,
- 10/230 2. 4. B? NON NON D comme à Autun (CREUZENET 1996) les ateliers sont
2. 5. A NON 30/ 70 30/ 70 B implantés sur une zone de glacis aménagé entre le
2. 6. B? NON NON NON D rempart et les habitations. Pour ce qui est des compar
2. 7. B? NON 30/ 70 30/ 70 B aisons, on notera surtout le décalage de nombre de
2. 8. A NON NON 30/ 70 B-A fours connus entre Roanne et la plupart des autres
2. 9. B? après 140 NON NON E centres connus. Sur un site de type agglomération
2.10. A NON NON 150/180 C secondaire comme Beaumont-sur-Oise (morize, 2.11. B NON 1 50/230 C vermeersch 1993), un atelier a livré plus d'une tren2.12. A NON NON 30/ 70 A-B taine de fours, et d'autres ateliers sont connus sur le 2.13. B? NON NON 150/180 C site. Sur des sites spécialisés dans la production de 2.14. B? NON NON C
céramique, tel que Lezoux, on compte les fours par 2.15. 150/180 A NON 150/180 C
centaines ! On constate aussi que tous les fours roanAMPHORES
nais sont du même type et utilisent la cuisson directe. 3.16. A 30/150 30/ 70 B NON
3.17. A NON 30/ 70 B
Pour plus de lisibilité, nous avons codifié chaque
atelier avec une lettre, qui renvoie à un chantier de
Sur les sept ateliers connus (Fig. 2), douze fours fouille figuré sur notre plan des découvertes (Fig. 2) :
ont été observés, mais très peu ont été dessinés - atelier A : 68 boulevard de Belgique, 1987 ;
(Fig. 3 et 4). Des caractères communs se dégagent de -B : 64 rue de Charlieu, 1976 ;
- atelier C : Place du Maréchal-de-Lattre-de-Tas- leur étude. Du point de vue technologique, tous sont
à peu près semblables. Le four roannais moyen obéit signy, 1959-1965 (4 fours) ;
à un schéma simple. Il a la forme d'une ampoule et se - atelier D : 12 avenue de Paris, 1973 ;
divise en deux ensembles distincts. La fosse d'accès, -E : 61 rue de Charlieu, 1991 ;
plutôt carrée, large et long d'environ 1 m, se prolonge - atelier F : rue des Aqueducs 1971 ;
-G : rue Albert Thomas, 1988. par un alandier long de 60 à 80 cm, ayant une hauteur
équivalente et une largeur de 40 à 60 cm. L'autre
ensemble est constitué du complexe chambre de 1. Le vent dominant est un vent d'ouest, dont se souciaient peu
chauffe-laboratoire, de forme circulaire et d'un semble-t-il les potiers qui installaient leurs fours contre le vent. RACF 36, 1997. 82
Fig. 2 : extension du bourg antique et situation des ateliers. Atelier A : 68
boulevard de Belgique, 1987 ; Atelier B : 64 rue de Charlieu, 1976 ; Atelier
C : place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, 1959-1965 (4 fours) ; Atelier
D : 1 2 avenue de Paris, 1 973 ; Atelier E : 61 rue de Charlieu, 1 991 ; Atelier F :
rue des aqueducs 1971 ; Atelier G : rue Albert Thomas, 1988. production de céramique gallo-romaine à Roanne (Loire). 83 La
A'
B
B B'
1 m
Fig. 3 : plans et coupes des fours des ateliers A et C. 1 : plan du four de l'atelier A ; 2 : coupe
A A' du four de l'atelier A ; 3 : plan du four de l'atelier C ; 4 : coupe B B' du four de l'atelier C. 84 RACF 36, 1997.
A'
A'
1 m
Fig. 4 : plan et coupe du four de l'atelier E. 1 : plan du four de l'atelier E ; 2 : coupe A A' du four de l'atelier E.
1.2. Datations aux calages chronologiques apportés par les horizons
antérieurs et postérieurs, permettent de dater nos
Pour les datations, aucun atelier n'est daté autr horizons des années 30 à 70 pour l'horizon 8, et des
ement que par ses productions. Cependant, seuls deux années 150 à 180 pour l'horizon 11.
Il nous a semblé plus commode de résumer les ichantiers, ateliers D et E, et quatre productions
nformations sous la forme d'un tableau. Celui-ci perrestent non datés. Les datations sont établies par
rapport à l'habitat étudié par M. Genin (genin, la- met de rattacher chaque type de production à l'atelier
vendhomme, à paraître). Les productions de nos fours dans lequel il a été découvert. Il indique aussi le
se retrouvent soit dans l'horizon 8, soit dans mode de cuisson, la datation du type par sa présence
dans les contextes d'habitats datés, et celle de l'atel'horizon 11 ; l'horizon 8 est caractérisé par un faciès
de sigillées dominé par les formes tibériennes de la lier.
Gaule du sud, principalement Dr. 24/25, Dr. 15/17,
Dr. 27 et Dr. 18, et l'absence des formes flaviennes. On discerne donc deux périodes d'activité mar
L'horizon 11, marqué par des monnaies de Trajan et quées par des spécificités. Pendant la première pé
d'Hadrien, est caractérisé par des sigillées de la Gaule riode, on constate une production contrastée (Fig. 5),
du Centre du milieu du IIe s., Dr. 38, Walt. 79/80 et c'est-à-dire que l'on distingue assez clairement les cé
Dech. 72, et par l'absence des céramiques à couverte ramiques fines (sept types), les céramiques plus gros
métallescente du centre Gaule. Ces faciès, associés sières (quatre types) et les amphores (deux types). De La production de céramique gallo-romaine à Roanne (Loire). 85
tous les types produits alors se dégagent des catégor largement reflétées par la consommation telle que l'a
ies : bols, gobelets, vases ovoïdes, vases à liquides, étudiée M. Genin.
vases à provision, amphores. On a donc une série de Par rapport au récent travail réalisé sur l'habitat,
vases aux formes et aux fonctions bien individuali on constate clairement l'absence de nombreux types
sées, où la fonction a pu dicter la forme. En revanche, dans les fosses étudiées par M. Genin. Il s'agit avant
au IIe siècle, les différences s'atténuent. La cér tout de l'ensemble des productions des ateliers D et
amique fine n'est plus produite sur place, la céramique E. De même les amphores locales, qui sont peut-être
grossière n'est plus représentée que par des formes présentes mais non repérées. Ce sont surtout les
hautes de cruches dont les volumes sont très varia productions de l'atelier C (École de Musique). Pour
bles. Mais les grandes formes de vases à provision ce dernier groupe dont on connaît sept productions
ont disparu de la production comme de l'habitat. Ces de façon précise, deux seulement se retrouvent sur
mutations de la structure de la production sont déjà l'habitat, à quelques détails près. Ceci veut donc dire
ATELIERS A, B, F ET G, ENTRE 30 ET 70 APRÈS J.-C.
m m
1.1. 1.2. 1-4. 1.5. 1.7.
( T
2.8. 2.5. 2.7.
3.1. .3.2.
ATELIER C, ENTRE 150 ET 180 APRÈS J.-C.
7
2.1. 7
2.10.
2.15.
2.11.
2.3.
2.14. ATELIER D ; NON DATÉ.
7 2.2. 2.4.
.2.6. o m ATELIER E ; NON DATÉ.
2.9.
Fig. 5 : synthèse des productions par périodes et par atelier ou groupe d'ateliers. 86 RACF 36, 1997.
que l'atelier du IIe siècle n'est daté que par deux peinte. Les pâtes de nos séries sont assez homog
types, ce qui est peu. On s'étonne surtout qu'une ènes. La texture est généralement très homogène,
telle discordance entre habitat et production appa avec un dégraissant très fin, composé de sable et de
raisse au IIe siècle et n'existe pas au Ier. D'autant que quelques morceaux de chamotte. La cuisson est tou
le groupe de fours de l'École de Musique semble imjours réductrice-oxydante à oxydation complète, ce
portant tant par la durée (succession stratigraphique qui donne une pâte assez claire, tirant souvent sur le
de fours) que par la quantité de la production. Le seul jaune, plus rarement orangé. Seul le petit ovoïde à
élément pouvant justifier cette discordance est la pâte sableuse (type 1.2.) a peut-être subi une légère
faible quantité des ensembles du IIe siècle connus et post-cuisson réductrice, mais l'état des fragments ne
étudiés à Roanne. permet pas de l'affirmer. Les conditions de fouilles
n'ont jamais permis de récolter de très grandes séries,
sauf dans le cas de l'atelier ayant produit la céra
mique peinte. Cependant, les céramiques fines sont 2. LA PRODUCTION
assez bien représentées avec, surtout, plus de 300 in
La production est présentée ici dans un ordre t dividus de céramique peinte, et souvent plus d'une
ypologique, plutôt que par atelier. L'ordre de présen dizaine pour les autres types.
tation par atelier, s'il offre l'avantage de présenter des
ensembles clos, chronologiquement cohérents, rend — Type 1.1. Bol peint de type Roanne (NMI : 302)
l'identification d'un produit plus difficile, et conduit Pour ce qui est de la forme, il s'agit d'un bol dit " Forme 16 " dans à des redites pour certains types produits par plu la typologie de R. Périchon (1974). Une étude des diamètres a permis
de montrer que trois modules se dégagent, autour de 9, 13 et 16 cm. sieurs ateliers. D'autre part, deux ateliers ont déjà fait
Quelques rares éléments atteignent 30 cm. C'est une forme basse, l'objet d'une monographie à la suite de leur fouille plutôt ouverte, dont la ligne globale est hémisphérique. Les dimens
(poncet 1967 et BON 1991). À l'inverse, l'ordre typolo ions sont diverses. Dans le détail, la forme est peu variable et assez
simple (Fig. 6, nc 1-2). La lèvre forme un léger bourrelet extérieur, gique, plus synthétique, offre une plus grande plus ou moins séparé de la panse. Elle s'accompagne parfois d'un commodité d'utilisation lorsqu'il s'agit d'identifier épaississement intérieur de la paroi. Le fond présente plusieurs
versions, soit concave, soit convexo-concave. La liaison panse/fond une production, mais il présente l'inconvénient de
peut être soit convexe sans inflexion, soit convexo-concave avec mélanger les périodes. Nous avons tenté de pallier inflexion. Les formes de lèvre et de fond peuvent s'associer librement,
ceci en présentant une planche de synthèse par pé par l'intermédiaire d'une panse qui est toujours de la même forme :
un segment de sphère. Le vase est toujours bien fini. L'intérieur est riodes pour illustrer le paragraphe consacré à la data soigneusement égalisé. La lèvre est lissée à l'intérieur et à l'extérieur. tion. La paroi externe de la panse et le fond subissent un lissage très
appuyé. La panse est peinte. Elle est couverte d'une large bande horiLa typologie utilisée est régie par les critères les
zontale d'argile blanche. Cette bande est ensuite encadrée par deux plus simples. Un premier niveau de tri est déterminé bandes brun-orangé, une en haut, l'autre en bas, qui recouvrent
parfois légèrement l'argile blanche et, pour la supérieure, empiète par l'appartenance à l'un des trois groupes technolosur la lèvre. D'après l'aspect de nombreux vases du four du giques, céramique fine, céramique commune et am boulevard de Belgique, on peut supposer que les subissaient
phore, sur la définition desquels nous reviendrons en alors une cuisson dont le rôle était à la fois de cuire le vase et de fixer
le fond blanc et son cadre brun-ocre. C'est après cette première tête de chaque groupe. À l'intérieur de chaque cuisson que le vase recevait le décor, en noir sur la bande blanche. Le groupe, les vases sont présentés dans un ordre stri catalogue de ces décors a été réalisé par R. Périchon. Ils sont toujours
géométriques, sans qu'aucun motif ne semble prédominer. L'étude ctement morphologique, de la forme la plus basse à la
récente de K. Grand a montré que ces décors répondent à une organiforme la plus haute, selon le classement du rapport sation spatiale en registre et reflètent une évolution stylistique
diamètre/hauteur du vase. (GRAND 1993). Ils sont réalisés au pinceau. Après cette phase, une
légère cuisson a peut-être lieu, mais cela reste incertain.
La diffusion est certaine mais reste difficile à établir, car Roanne
n'est pas le seul centre producteur. Ceci a été démontré par M. Vichy, 2.1. La céramique fine
R. Périchon et M. Picon en 1981 (Vichy, Périchon, Picon 1981), dans
le cadre d'une série d'analyses chimiques qui a reconnu Lezoux Cette catégorie regroupe l'ensemble des vases à (Puy-de-Dôme) et Vichy (Allier) comme centres producteurs. Depuis,
pâtes fines repérés dans les ateliers roannais. Elle d'autres ateliers ont été découverts, à Saint-Romain-en-Gal (Rhône)
et à Aoste (Isère), puis à Nevers (Nièvre) et à Maizière-en-Mauge renvoie à la notion de " commune claire " utilisée par (Maine-et-Loire). Enfin, une surprenante concentration de bols
de nombreux céramologues régionaux, en incluant peints est constatée à Brive (Corrèze), qui risque fort de trahir une
production locale. Dans ce contexte, il est très délicat de déterminer les productions spécifiques que sont les céramiques l'origine des bols peints de type Roanne découverts sur une grande peintes, souvent isolées hors de cette catégorie. Cette partie de la Gaule. Cette diffusion semble limitée au sud de le Loire,
comme l'ont indiqué les cartes de répartitions établies par Périchon isolement nous paraît ici abusif, puisque ces cérami
en 1974, puis par Grand en 1993. La production roannaise conserve ques sont réalisées dans les mêmes pâtes et avec les cependant deux spécificités. La première est sa durée, puisque les
mêmes techniques que la céramique commune non premiers bols apparaissent dès la fin de la période augustéenne et que 14
15
Fig. 6 : céramiques produites : céramique
fine (1 â 1 1) et céramique commune (12 à
17). 1 et2:type1.1.;3:type1.2. ;4et5:
type 1 .3. ; 6 : type 1 .4. ; 7 et 8 : type 1 .5. ;
9 : type 1 .6. ; 1 0 et 1 1 : type 1 .7. ; 12 et 13 :
5 cm 17 type 2.1. ; 14 et 15: type 2.2.; 16: type
2.3.; 17: type 2.4.

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