Buried - Fiche pédagogique

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Description

Titre original : Buried
Film long métrage Espagne2010
Réalisation : Rodrigo Cortés
Interprètes : Ryan Reynolds(Paul Conroy), Robert Pater-son, José Luis Garcia Pérez,Stephen Tobolowsky, Saman-tha Mathis, etc.
Scénario : Chris Sparling
Musique : Victor Reyes
"In the Lap of the Mountain"(de Victor Reyes et RodrigoCortés, interprété par GarrettWillis and the Breath-No-Breathers)
Version originale anglaise,sous-titrée français et alle-mand
Durée : 1h35
Distribution en Suisse : AscotElite Films

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 18 novembre 2011
Nombre de visites sur la page 260
Langue Français
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Fiche pédagogique
Buried
Sortie prévue en salles
3 novembre 2010
Résumé
Ce drame à huis clos se déroule
sous les sables d’Irak, en octo-
bre 2006. Le convoi de Paul
Conroy, citoyen américain tra-
vaillant pour une entreprise de
transport en Irak, est attaqué
(avec son chargement d'appa-
reils ménagers) par des Irakiens.
Conroy se réveille dans une
caisse ressemblant fortement à
un cercueil ... enterré! Ses ravis-
seurs que l’on ne verra pas lui
ont laissé un téléphone mobile,
un briquet Zippo, un stylo, un
couteau, une lampe de poche et
un bâton luminescent. Ils ont
vidé son portefeuille, mais laissé
ses comprimés anxiolytiques et
sa petite gourde d'alcool. Le
prisonnier ne sait pas très bien
comment il a abouti dans ce trou
ni pourquoi. Le malheureux de-
vra faire preuve d'ingéniosité, s'il
veut espérer sortir du caisson.
Chaque seconde, chaque appel,
chaque flamme du Zippo, tout le
rapproche d'une mort certaine.
Réfléchir posément, appeler des
numéros qu'il a en mémoire,
prouver sa crédibilité, rester en
ligne pour qu'on le localise, éclai-
rer sa prison pour y chercher une
possibilité d'échapper : tout cela
diminue ses ressources, en ré-
seau, en oxygène et en énergie.
Les ravisseurs exigent une ran-
çon de plusieurs millions de dol-
lars. Au captif de se débrouiller
pour convaincre quelqu'un, ses
employeurs, l'ambassade, n'im-
porte qui, de payer l'énorme
montant.
Titre original :
Buried
Film long métrage Espagne
2010
Réalisation :
Rodrigo Cortés
Interprètes :
Ryan Reynolds
(Paul Conroy), Robert Pater-
son, José Luis Garcia Pérez,
Stephen Tobolowsky, Saman-
tha Mathis, etc.
Scénario
: Chris Sparling
Musique
: Victor Reyes
"In the Lap of the Mountain"
(de Victor Reyes et Rodrigo
Cortés, interprété par Garrett
Willis
and
the
Breath-No-
Breathers)
Version
originale
anglaise,
sous-titrée français et alle-
mand
Durée :
1h35
Distribution en Suisse :
Ascot
Elite Films
Public concerné :
Âge légal : 16 ans
Âge suggéré :
16 ans
Conroy, en dépit de ses efforts,
ne peut s'en tirer seul. Le contact
avec le monde extérieur, normal,
n'est jamais coupé. Et pourtant,
ses appels se heurtent à l'indiffé-
rence, l'incrédulité, quand ce ne
sont pas des messages enregis-
trés.
Site de l'Organe cantonal (VD
et GE) de contrôle des films :
http://filmages.vd.ch/
___________________________________________________
Commentaires
Les trois unités (temps, lieu,
action) sont plus que respectées
dans ce film claustrophobe terri-
fiant : l'attention du spectateur ne
se disperse jamais, il est lui aussi
piégé et immobilisé par ce qui se
déroule sous ses yeux.
Les plus
grands maîtres de l'angoisse
pourraient tirer leur chapeau à M.
Cortés, qui reconnaît vouer une
admiration sans bornes à Alfred
Hitchcock, lequel le lui rendrait
bien, sans doute.
Le plan liminaire du film nous
plonge dans la psyché du per-
sonnage principal : un écran qui
reste noir, on entend une respira-
tion qui s'accélère jusqu'à hyper-
ventilation, des coups sourds. Le
plan d'immersion totale dans le
noir dure longtemps, jusqu'à ce
que la flamme d'un briquet révèle
partiellement
les
traits
d'un
homme jeune, blessé, bâillonné,
couché dans un habitacle si exi-
gu qu'il peut à peine relever la
tête. L'homme essaie de com-
prendre où il est, et comment il y
est arrivé. Il se souvient que son
convoi se trouvait dans la pro-
vince de Diyâlâ, près de Babou-
ka, et qu'il a été attaqué et mas-
sacré. Les constats terrifiants et
les tentatives vaines d'en sortir
se succèdent, l'homme essaie de
contrôler sa panique, ne trouvant
aucune issue. Une fois ses
mains libérées, il s'éclaire à la
flamme de son briquet. Une lu-
mière chétive qui consomme
aussi ses réserves d'oxygène.
Pour ne pas lui simplifier la tâche
(et pas par charité, mais parce
que l'homme doit pouvoir lire et
se servir du téléphone), "on" a
laissé près de ses pieds un tube
luminescent, une lampe de po-
che et un téléphone portable,
trois objets dont le halo bute sur
les traits crispés du prisonnier et
sur les parois du cercueil. Selon
les sources, l'éclairage est blanc,
jaune, bleu ou rouge. Conroy
peut tout juste redresser un peu
la tête, et se retourner au prix de
gros efforts.
Disciplines et thèmes concernés :
Histoire et Géopolitique :
L'adminis-
tration Bush, la Guerre au terrorisme
et les représailles dans les pays
musulmans; L'occupation américaine
en Irak depuis la guerre "éclair" de
2003; Les trois guerres qui ont dévas-
té l'Irak (1
ère
Guerre du Golfe, Irak-
Iran, de 1980 à 1988 / 2
ème
Guerre du
Golfe Irak-Koweit, de 1990 à 1991 /
3
ème
Guerre - "éclair" - de la coalition
menée par les USA contre Saddam
Hussein en 2003); Les années de
présidence de George W. Bush
(20.01.2001 au 20.01.2009) et la
"Guerre contre le terrorisme"; Ken-
neth O'Keefe et "The Human Shield
Action to Irak" en 2002-2003 (bou-
cliers
humains
volontaires);
Les
"Human Shields" (boucliers humains
non volontaires) de la 1
ère
Guerre du
Golfe (1990); enlèvement et rançon,
mine d'or et arme politique;
Éducation aux médias :
Comparer le travail de caméra (en
cercueil) de
Buried
à celui (en cham-
bre) de
Rope
(USA 1948), Alfred
Hitchcock
ou celui
(en canot de
sauvetage) de
Lifeboat
(USA 1944),
Alfred Hitchcock;
Comparer le montage du film et les
possibilités du téléphone "instrument
de salut" dans
Cellular
(USA 2004),
David R. Ellis et de
Buried
(Espagne
2010), Rodrigo Cortés;
Comparer les deux films de George
Sluizer qui traitent d'une victime
enterrée vivante,
Spoorloos
, 1988, et
The Vanishing
, 1993,.
L'après-11 septembre et les retom-
bées de l'intervention américaine en
Irak dans le cinéma de fiction améri-
cain :
Embedded. Jarhead, Home o
f
the Brave
,
Battle for Haditha
,
In the
Valley of Elah, Grace is Gone,
United 93, World Trade Center,
Body of Lies, Stop-Loss, Redacted
,
No End in Sight, Green Zone, The
Men who Stare at Goats, The Mes-
senger, Brothers, The Lucky Ones,
Conspiration, American Son,
etc.
Economie
:
"insourcing",
"contracting",
deux
panneaux
incontournables
du
nouveau
langage de la mondialisation;
Conroy essaie de garder un sem-
blant de calme avalant ses com-
primés anxiolytiques (qui n'ont
pas été confisqués!). À sa toux
sèche, à sa respiration saccadée,
on avait déjà deviné qu'il était
sujet aux crises d'angoisse et de
claustrophobie. L'angoisse provo-
quée par cette chape compacte et
étouffante est palpable. Le pri-
sonnier tangue constamment en-
tre panique et maîtrise de soi,
entre palpitations et respiration
presque normale.
Le portable, un Blackberry, qu'il
trouve à 6h14 p.m. (18h14) dans
sa tombe, n'est pas le sien, toutes
les indications à l'écran sont en
arabe ! Ce qui enclenche une
nouvelle poussée d'adrénaline. Il
lui faudra de longues et précieu-
ses minutes avant qu'il ne décou-
vre par hasard dans les paramè-
tres la possibilité de lire son télé-
phone en anglais.
Il appelle chez lui, mais seul le
répondeur s'enclenche, la voix de
Shane, son petit garçon. Sur le
portable de sa femme, c'est aussi
un enregistrement. Il tente les
renseignements (911), pour avoir
des numéros précis, et les mises
en attente, les vérifications, les
questions, l'incrédulité de ses
interlocuteurs
l'épouvantent.
Quand il réussit à atteindre une
personne au FBI, son interlocu-
teur
réplique
avec
méfiance
(pourquoi n'est-il pas mort ?) et
incrédulité (est-ce une plaisanterie
?). Même procédure de vérifica-
tion et d'interrogation au Ministère
des Affaires étrangères. Ces
communications stériles consom-
ment de précieuses minutes de
batterie, et nous voyons avec lui
ses réserves diminuer ....
Il comprend le "cadeau" du télé-
phone lorsqu'un Irakien l'appelle
et lui donne 2 heures pour délivrer
une rançon de 5 millions de dol-
lars. Qui donnera une somme
pareille pour un simple camion-
neur ? Le prisonnier supplie, in-
tercède, plaide, se débat dans son
2
carcan étroit, note des numéros,
rappelle des gens, est mis en
attente, dans un climat d'incom-
préhension et d'indifférence qui
est quotidien, on le sait, mais qui,
pour lui, signifie la mort à plus ou
moins brève échéance.
Il essaie en vain d'amadouer son
interlocuteur irakien, d'expliquer
qu'il est n'est pas un soldat, qu'il
n'a rien à voir avec Blackwater,
qu'il est un simple camionneur
civil. Pour l'autre, tout est un tissu
de mensonges : tout Américain
dans son pays est un envahis-
seur, un profiteur, soldat ou
"contractor", il est un indésirable
détesté. L'homme au bout du fil
veut de l'argent, peu lui importe le
sort de cet Américain. Il contrain-
dra Conroy, après lui avoir envoyé
la vidéo d'un otage exécuté de-
vant l'objectif, à se filmer et à en-
voyer la vidéo sur Internet : ce
téléphone, source possible de
salut, mais aussi instrument de
torture et de chantage.
Quand il peut enfin atteindre son
employeur, on lui passe le res-
ponsable du personnel. Lequel
met fin, après avoir annoncé que
la conversation était enregistrée,
à son engagement (au bout de
10 mois), pour une faute profes-
sionnelle (il aurait une liaison
avec une collègue)! (Ainsi la
firme CFT «
Cerstin, Roland and
Thomas »
est dégagée de toute
responsabilité financière envers
lui!). L'horreur provoquée par
l'enfermement dans un cercueil
n'a rien à envier à celle instillée
par l'indifférence des interlocu-
teurs.
Seules les paroles de Daniel
Brenner, le médiateur du "
Hos-
tage Working Group
", un service
spécialisé dans les enlèvements,
essaient de lui apporter un ré-
confort concret. Mais, après que
la préposée au Ministère des
Affaires Etrangères lui a déclaré
qu'on ne "négocie pas avec les
terroristes", et que Dan Brenner
l'a adjuré de "ne pas alerter les
médias", alors que son tortion-
naire exige le contraire, Conroy
comprend que son sort ne
compte guère et que les gens du
Hostage Working Group
cher-
cheront à la retrouver, et le dé-
terreront s'ils ont de la chance.
Mais rien d'autre ne sera entre-
pris.
Une affiche du film
Buried
,
qui ne manque pas de faire pen-
sé à celle créée pour
Vertigo
par
Saul Bass,
Affiche de
Vertigo (Sueurs Froi-
des)
d'Alfred Hitchcock,
USA 1958
Conroy n'entend que des voix
lointaines, indifférentes, de gens
qui ne réalisent pas, ou ne veu-
lent pas comprendre le tragique
de sa situation. Il devine qu'il
n'est pas loin d'une mosquée
quand il entend un muezzin.
Lorsqu'une
sorte
d'explosion
fend son cercueil, suffisamment
pour laisser passer le sable,
mais pas assez pour qu'il tente
de s'échapper, il comprend que
la ville a été attaquée. Daniel
Brenner, qu'il avait en ligne, lui
apprend que trois chasseurs
américains F-16 ont bombardé
Babouka. À la surface, les Amé-
ricains continuent à faire ce pour
quoi ils sont en Irak, sans égards
pour lui!
On vit en direct le drame d'un
camionneur civil qu'on fait payer
pour la présence américaine en
Irak dans une guerre sale. Qui va
mettre la main au porte-monnaie
pour un quidam ? Un film qui vous
donne largement à réfléchir, tout
en vous faisant froid dans le dos.
Si l'on tient compte de l'exiguïté
de l'espace, la performance très
physique de l'acteur est d'autant
plus étonnante ! De chacun de
ses mouvements, de chacune de
ses respirations émane une peur
vibrante. Rien ne manque à Bu-
ried :
construction de tragédie
classique, rebondissements, mu-
sique discrète, bruitages élo-
quents, mouvements de caméra
et angles de prises de vue inven-
tifs, variations de lumière, densité
psychologique des personnages
secondaires qui ne sont pourtant
que des voix au bout du fil. Pas de
retours en arrière, pas d'anticipa-
tion, on reste cloisonné avec
l'homme couché dans sa tombe.
La caméra ne quitte pas le cer-
3
cueil, et le film réussit cependant
à naviguer entre l'horreur, le thril-
ler psychologique, le thriller socio-
politique, l'action et le drame.
Toute l'intensité du suspense est
ici conditionnée par le manque
d'espace, lequel stimule l'inven-
tion du héros, mais aussi celle du
cinéaste.
Buried
comporte même
quelques pointes d'humour, très
noir. Pas assez pour nous faire
rire, suffisamment pour nous se-
couer.
Avec ce film, Cortés
a voulu ren-
dre hommage à Hitchcock, et
peut-être faire mieux.
Rope,
qu'Hitchcock a réalisé en 1948, se
déroulait en un lieu, et un unique
plan-séquence s'y déroulait en
temps réel.
Lifeboat
, (1944), du
même Hitchcock, se jouait entiè-
rement sur un canot de sauve-
tage, et exigeait des prouesses de
la part de la caméra, pour trouver
des angles nouveaux, progresser
sans se répéter.
Nous avons de notre côté pensé
aux deux mises en scène de
George
Sluizer,
Spoorloos
(1988) et
The Vanishing
(1993)
dans lesquels un personnage est
enterré vivant. La différence pri-
mordiale entre le Sluizer et le
Cortés, c'est que chez le premier,
on sort du caisson, on voyage
dans l'espace et dans le temps,
on voit d'autres lieux, d'autres
temps, d'autres visages. Chez
Cortés, on entend des voix, un
peu déformées parfois, dans le
téléphone, ou des sonneries dans
le vide, ou des enregistrements.
On ne peut qu'imaginer.
Clavier arabe d'un Blackberry
9105
Le rythme est soutenu, pas un
plan superflu. Cortés a choisi le
format scope sans doute parce
que son film se déroule à l'inté-
rieur d'un caisson qui fait 7 pieds
sur 3 pieds (les dimensions exac-
tes du cinémascope!). Le travail
de montage est précis, haletant, la
bande-son intensifie l'angoisse, le
tic-tac et les aiguilles d'une montre
étant remplacés par le l'heure
indiquée sur un écran de portable
et le bruissement du sable qui
s'infiltre, le son du sablier. On
ressent l'épuisement physique et
nerveux toujours plus intense du
prisonnier, la rage du désespoir,
l'épuisement, la résignation alter-
nant avec des regains d'espoir, et
ceci en temps presque réel : un
drame cauchemardesque qui se
joue entre un gisant et des interlo-
cuteurs invisibles. Une version
épouvante de
La Voix Humaine
(Jean Cocteau).
Condamnation de l'irresponsabili-
té et la dureté des firmes, du gou-
vernement américain, des pro-
messes mensongères de ne ja-
mais abandonner un homme, des
motifs financiers qui ont toujours
le pas sur l'humanitaire, de la
manipulation des médias, et sur-
tout de l'incapacité des décideurs
à aider les gens que l'on envoie
dans des pays en état de guerre.
___________________________________________________
Objectifs pédagogiques
Évolution de l'opinion publi-
que américaine sur la pré-
sence américaine en Irak
dans la première décennie du
XXIe siècle (présidence Bush
2001-2009).
Avantages et dangers d'un
poste civil ("contractor") ou
humanitaire dans un pays en
guerre.
Enlèvements
d'Occidentaux
et revendications en Irak et en
Afghanistan
dans les 18 der-
niers mois.
Evolution
des
motivations
(économiques, politiques, les
deux) et du nombre d'enlè-
vements de civils dans les
pays en état de guerre : très
grande discrétion des négo-
ciations, rôle-phare des négo-
ciateurs, etc.
Un contexte social, politique
et religieux explosif : l'Irak et
la "présence" américaine.
4
Identification très aléatoire
des 180'000 "contractors" dé-
nombrés en Irak en 2007.
Enquête sur la mission et les
moyens mis en oeuvre du très
secret
Hostage
Working
Group
, organe mis sur pied
en 2004 à Bagdad par le Dé-
partement d'Etat américain. Il
a été rebaptisé
Office of Hos-
tage Affairs
.
Le défi d'être devant et der-
rière la caméra en vase clos,
dans un espace unique et très
limité
(
Buried,
Lifeboat,
Rope
)
Prendre la mesure de l'in-
fluence des productions ci-
nématographiques sur l'opi-
nion publique et sur la mobili-
sation générale contre la pré-
sence américaine en Irak.
___________________________________________________
Pistes pédagogiques
1. Discuter des diverses
réactions
provoquées
par l'appel au secours de
Conroy chez ceux qu'il
contacte.
2. Pourrait-on imaginer la
même intrigue se dérou-
lant en 1980 ?
3. Expliciter l'escalade des
pressions exercées sur
le captif, la courbe des
montants de rançon, et
déterminer si, entre lutte
et résignation, il cède
parfois au désespoir.
4. Quels "obstacles", quel-
les étapes rencontrent
toute personne qui com-
pose un numéro de télé-
phone, avant de pouvoir
s'entretenir avec l'interlo-
cuteur souhaité ? Analy-
ser
l'impact
de
ces
atermoiements sur le pri-
sonnier.
5. Le prisonnier essaie-t-il,
physiquement ou avec
les objets à disposition,
de détruire sa prison ?
6. Expliciter les objectifs du
film et déterminer quels
publics il vise.
7. Tenter d'en savoir plus
sur
la
présence
de
"contractors"
(sous-
traitants civils) en Irak et
sur les tâches qu'ils
remplissent.
8. Analyser les éléments in-
formant sur le fonction-
nement des instances of-
ficielles américaines face
à leurs ressortissants en
Irak.
9. Il est 18h14 quand le pri-
sonnier fait son premier
appel. Quelle heure est-il
chez ses correspondants
de l'Est (Etats de Co-
lumbia, Michigan, Illinois,
etc.) des Etats-Unis ? Le
film se déroule-t-il en
temps réel ?
10. Le personnage est sujet
à des crises de panique.
Comment tente-t-il de les
juguler ?
11. Mieux comprendre la
claustrophobie (par op-
position à l'agoraphobie)
et ses symptômes.
12. Qu'apprend-on sur les
entourages privé et pro-
fessionnel de Conroy et
sur les réactions de
ceux-ci aux circonstan-
ces présentes. Montrer
les détails de mise en
scène qui permettent de
tracer le portrait de
Conroy et des siens.
13. Qui peut bien être cette
Donna Mitchell dont l'en-
registrement
jovial
et
l'accueil glacial font per-
dre à Conroy beaucoup
de temps précieux ?
5
14. Qu'apprend-on sur les
parents du prisonnier ?
15. Caractériser le représen-
tant de
l'Hostage Wor-
king Group
, Dan Bren-
ner. Conroy a-t-il raison
quand il l'accuse : "your
are baby-sitting on me!"
= vous voulez gagner du
temps.
16. Lister les forces et fai-
blesses du téléphone
cellulaire, le communica-
teur universel du XXIe
siècle.
17. Quelle est l'explication
du représentant de
l'Hos-
tage Working Group
de
leur incapacité à repérer
la position du portable de
Conroy ? (Il mentionne
EDS, Egypt Data Store).
18. Que savez-vous de la
Chaîne Al Jazeera, dont
parle
également
Dan
Brenner ?
19. Que répond-il aux ques-
tions de Conroy sur le
nombre
d'enlèvements
perpétrés en Irak et le
nombre d'otages sauvés
? La réponse qu'il finit
par donner est-elle sin-
cère ?
20. Conroy
perçoit-il
des
sons provenant directe-
ment du monde extérieur
au-dessus de lui ?
21. Comment expliquer que
les chasseurs américains
F-16 bombardent Ba-
bouka, alors qu'un com-
patriote y est quelque
part enterré vivant
?
22. Se demander si les ra-
visseurs (la voix au télé-
phone) ont véritablement
l'intention de libérer leur
prisonnier, en cas de
paiement ?
23. Quelles déclarations des
instances officielles amé-
ricaines (FBI, Ministère
des Affaires étrangères,
Hostage Working Group
)
indiquent que les recher-
ches ne se font que sur
le terrain, et sans bat-
tage médiatique ?
Scène de tournage
24. Expliciter le rôle primor-
dial joué par Jack White.
25. Conroy tourne 3 vidéos :
que contiennent-elles et
à qui s'adressent-elles ?
Éducation aux médias
:
26. Mettre en évidence l'im-
pression de réalisme que
procurent les bruitages,
la rare musique, les sons
naturels,
et
montrer
combien la bande-son
conditionne nos réac-
tions affectives.
27. Analyser et chronométrer
la première scène du film
(écran noir, bruits) jus-
qu'à ce l'oeil du captif
soit éclairé par la flamme
du briquet.
28. Caractériser la musique
du film : symphonique ?
mono-instrumentale
?
constante ou rare ? Dis-
crète ou envahissante ?
29. Dans les génériques de
début et de fin, les gros
titres sont en lettres
massives,
la
couleur
dominante est jaune do-
ré sur fond noir ? Que
suggère ce graphisme ?
30. Pourquoi
insérer
des
images de dollars et
tours de forage dans le
générique initial ?
31. Montrer les choix de
mise en scène pour dé-
crire le rapprochement
ultime entre Conroy et sa
famille.
6
32. Les voix off-screen pren-
nent-elles corps ? On
peut en dénombrer une
vingtaine dans le film.
33. Décrire l'effet produit par
les divers éclairages (4
couleurs). Y a-t-il triche-
rie (d'autres sources de
lumière) ?
34. Analyser l'effet obtenu
par les fondus au noir.
35. Imaginer les contraintes
de tournage.
36. Repérer quelques sé-
quences avec dialogues
et comparer le jeu d'ex-
pressions de Conroy à
celles qu'il a dans les
séquences
tout
contact est coupé.
37. Observer le langage cor-
porel de Ryan Reynolds,
qui ne peut guère se po-
sitionner autrement que
sur le dos, le côté ou le
ventre.
38. Repérer les plans les
plus fréquents (d'ensem-
ble, moyen, américain,
rapproché, gros plan).
39. Repérer les angles de
prise de vue (plongée,
contre-plongée,
angle
plat) et analyser leur im-
pact.
Le recours à la
caméra subjective est-il
fréquent ? La caméra
joue-t-elle avec la pro-
fondeur de champ ? Si
oui, pour quoi ?
40. Tout le film est marqué
par le compte à rebours
(sur l'écran du télé-
phone) et par l'effet sa-
blier. À quel moment ce
dernier effet devient-il lit-
téral ?
41. Repérer les mouvements
de caméra (travelling,
zoom,
panoramique).
Quel
effet
recherché
avec l'unique travelling
arrière ascendant ?
42. Etudier les sources de
lumière dans quelques
plans choisis.
43. Repérer à quelle fré-
quence on entend des
voix et sons hors champ.
Y a-t-il d'autres voix que
celles au bout du fil ?
44. En quoi le film flirte-t-il
parfois avec l'action ?
Dans quelle catégorie
rangeriez-vous ce film :
politique,
polit-thriller,
horreur ou autre ?
45. Quels
effets
audio-
visuels semblent annon-
cer le happy-end final ?
46. Comparer la première et
la dernière scène du film.
___________________________________________________
Pour en savoir plus :
Une page de DNA "Dernières nouvelles d'Algérie", témoignage sur des enlèvements
et rançons, un business qui rapporte des milliards :
http://www.dna-algerie.com/
Le site de Hiscox, Assureur spécialiste (Section : Kidnapping & Rançon) :
http://www.hiscox.fr/Default.aspx?tabid=692
L'Argus de l'assurance.com :
http://www.argusdelassurance.com/h
Un article pédagogique sur les
"contractors en Irak" après le retrait des troupes amé-
ricaines :
http://pedagogie.ac-montpellier.fr/hist_geo/defense/pdf/cercle/apres_irak.pdf
Un rapport (en anglais) sur le Contingency Contracting in Irak and Afghanistan (2009):
http://www.wartimecontracting.gov/docs/CWC_Interim_Report_At_What_Cost_0
6-10-09.pdf
Un article sur le nouveau langage de la mondialisation économique :
http://www.realiter.net/spip.php?article1723
7
___________________________________________________
Bibliographie sélective :
ARBOIT, Gérald, MATHIEN, Michel :
La Guerre en Irak : Les médias et les conflits
armés
, Ed. Emile Bruylant 2006, ISBN-10 : 2802722301
MENARD, Robert, CAZES Séverine, WEBER, Olivier :
La Guerre en Irak, Le livre
noir
, Ed. La Découverte 2004, ISBN-10 : 2707144533
DUHAMEL, Philippe
: La Guerre en Irak : Pourquoi ? Bis repetita
, ISBN 2-7481-
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Suzanne Déglon Scholer
enseignante au gymnase, chargée de communication de
Promo-Film EcoleS, fondatrice de la TRIBUne des Jeunes Cinéphiles, octobre 2010
Droits d’auteur :
licence Creative Commons
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