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L'homme invisible - The invisible man de James Whale

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Fiche technique du film " L'homme invisible "
Produite par le Centre de Documentation du Cinéma[s] Le France.
Site : abc-lefrance.com

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Langue Français
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L’homme invisible The invisible manF de James Whale FICHE FILM Fiche technique USA - 1933 - 1h10 N.B. Réalisateur : James Whale Scénario : R.C. Shérriff d’après Wells Effets spéciaux : John Fulton Interprètes : Claude Rains Claude Rains, l’homme invisible (Griffin) Résumé CritiqueGloria Stuart (Flora Cranley) Le Dr Griffin, assistant du Dr Cranley, a dis- Eblouissants trucages - pour l’époque - deHenry Travers paru. La fille de Cranley et le Dr Kemp, rival John Fulton. Quand Griffin défait les ban- (Dr. Cranley) amoureux de Griffin, s’inquiètent. A-t-il été delettes qui entourent sa tête et que ne victime de ses recherches ? Dans le même reste que le vide, nous prenons conscienceForrester Harvey temps un étrange personnage, dont la tête de l’invisibilité du héros. Whale demeure (M. Hall) est entourée de bandelettes, se présente dans l’ensemble fidèle à l’œuvre de Wells. dans une auberge. C’est Griffin, devenu Le film n’a guère vieilli et se revoit toujoursUna O’Connor invisible et qui va bientôt semer la terreur. avec plaisir. On ne saurait en dire autant (Mme Hall) Il oblige Kemp à devenir son complice. de ses suites : Le retour de l‘homme Celui-ci ayant cherché à le trahir, il le tue. invisible (1939) et Abbott et CostelloWilliam Harrigan Mais, traqué par la police, il est abattu et rencontrent I’homme invisible (1951). (Dr. Kemp) retrouve son opacité. On voit enfin son Jean Tulard visage. Dictionnaire du cinéma L E F R A N C E 1 D O C U M E N T S Le cinéma parlant, avec James Whale, était favorable, celui où s’épanouirent l’écueil du rire involontaire, sur lequel affirme sa spécificité, I’horreur n’est les plus beaux fleurons de ce qu’on a viennent se briser trop d’histoires fan- plus exactement celle du cinéma muet. appelé «l’Age d’Or du Fantastique», de tastiques. L’Homme invisible n’existerait pas, Dracula à King Kong, en passant par La description offerte du petit village certes, sans ses prodigieux trucages, Frankenstein, L’île du docteur dans lequel se déroule la majeure partie mais davantage encore sans la voix de Moreau, Les chasses du comte de l’action, avec ses habitants lourdaux, Claude Rains. Du jour au lendemain, un Zaroff et Freaks. est traitée sur un ton de comédie. Elle acteur sans visage ni contenance Cet environnement pouvait également accentue encore le sentiment de solitu- devient célèbre. Il poursuivra à lui nuire, la concurrence étant, on le de qui pèse sur Jack Griffin, et offre au Hollywood une carrière exceptionnelle voit, particulièrement rude. Mais le film dialoguiste la possibilité de jouer sur avec Frank Capra : Mr. Smith au bénéficiait de ce qui se faisait de mieux les écarts de vocabulaire, de diction, Sénat, 1939 et Alfred Hitchcock : dans le domaine des effets spéciaux. d’accent. Notorious, 1946, après avoir donné vie Et qu’il s’agisse d’une utilisation d’un C’est là qu’intervient la personnalité de par la seule phonétique à un fantasme personnage entièrement noir placé l’interprète de l’Homme invisible, dont la de maîtrise absolue du monde. Hitler devant un fond également noir, d’une voix, très «britannique», riche de n’est pas loin. H.G. Wells avait raison. double, triple, voire quadruple exposi- nuances étonnantes, confère au person- Louis Marcorelles tion, de détails ajoutés à la main sur la nage une épaisseur, une vie, tout à fait pellicule même, ou encore de fils «invi- extraordinaire. On choisit de donner la réalisation de ce sibles» (pour de la cigarette notam- Au point que grâce à ce film dans lequel projet délicat à James Whale, metteur ment), le procédé, quel qu’il soit, est on ne voit son visage que pendant en scène d’origine anglaise, qui venait, d’une absolue efficacité, saisissante quelques secondes, Claude Rains devint avec Frankenstein, de donner à la aujourd’hui encore. une star. Preuve que le public avait senti firme un de ses plus grands succès. On C’est d’ailleurs là ce que l’histoire du que la réussite de l’Homme invisible dit qu’il lui fut alors conseillé de ne pas cinéma a essentiellement retenu du ne tenait pas à la seule virtuosité des lire le roman de Wells qui risquait de film, se montrant en cela assez injuste responsables des effets spéciaux. l’influencer… envers lui. Car sa qualité technique ne Dans l’interprétation qu’il a donnée de Les producteurs eurent tout d’abord suffit pas à elle seule à expliquer le l’œuvre, le cinéma n’a pas respecté, ou l’idée de confier le rôle de «l’homme triomphe qu’il remporta. même suivi, I’esprit du roman de Wells, invisible» à Boris Karloff. Puis, ils durent Le drame que vit Jack Griffin se situe à dont la naïveté est compensée par une admettre que le film serait un film sans la croisée de plusieurs grands thèmes subtile ironie. Pour Universal, seules vedettes : le thème valait en lui-même fantastiques. Le film les associe en un compteront, en effet, I’angoisse et toutes les têtes d’affiche. même personnage et un même récit. l’épouvante. Le film où l’on appréhende Le choix du responsable des effets spé- Jack Griffin, c’est à la fois Frankenstein, le mieux cet homme invisible a été réali- ciaux était par contre déterminant. Un l’apprenti-sorcier, Docteur Jeckyll et Mr sé pour Universal par James Whale. nom s’imposait, celui de John P. Fulton, Hyde, le savant en avance sur son Dans cette production, Whale n’a pas qui allait devenir le spécialiste incontes- temps, blasphémateur, donc, et sa créa- fait preuve de cette tendresse dont il té des effets photographiques. ture. avait si bien imprégné ses autres Travaillant en étroite collaboration avec Et tandis que dans l’imagination popu- œuvres. Tous les monstres de Universal, lui, celui qui demeure sans doute le plus laire l’invisibilité est essentiellement ne l’oublions pas, étaient pathétiques, grand maquilleur de l’Histoire du perçue comme un don fabuleux, étroite- et le style de Whale s’accommodait Cinéma, Jack Pierce, et pour la lumière ment lié au voyeurisme, au sentiment mieux en effet du romantisme et du Arthur Edesson. Les meilleurs techni- d’invulnérabilité, dans le roman de baroque de Frankenstein. ciens de Universal donc, au service d’un Wells et dans le film de James Whale, Pourtant cette indifférence ne l’empêche film qui allait sidérer le public. elle conduit très vite à la tragédie. pas d’atteindre à une grande poésie De tous les films qui traitèrent de l’invi- Ce qui n’exclut pas dans le film son utili- dans certaines séquences, comme celle, sibilité, aucun, en effet, ne provoqua de sation à des fins presque purement par exemple, à la fin du film, de la pour- choc comparable à celui causé par comiques. James Whale a su, en effet, suite de l’homme invisible par la foule l’Homme invisible. ménager dans son récit de nombreuses qui le suit grâce aux traces de pas qu’il Les raisons de cet impact sur le public pauses, qui permettent à la tension de laisse sur la neige et au sang qui s’écou- sont nombreuses. Le film de James retomber, sans que le rythme en soit le de sa blessure... C’est cette blessure, Whale est sorti dans un contexte qui lui pour autant affecté, et qui évitent d’une certaine manière, qui, le rendant L E F R A N C E SALLE D'ART ET D'ESSAI CLASSÉE RECHERCHE 8, RUE DE LA VALSE 42100 SAINT-ETIENNE 77.32.76.96 2 RÉPONDEUR : 77.32.71.71 Fax : 77.25.11.83 D O C U M E N T S «visible», repérable, provoque sa mort du cinéma fantastique au même titre Filmographie et, exigence du «happy end» lui «procure que Browning. Si Old Dark House la paix». reste aux confins du film d’épouvante, L’homme invisible est un bon thème, La fiancée de Frankenstein marque The love doctor 1929 surtout pour les producteurs qui voient le sommet du genre. Quant à L’homme La légende du Grand Judo là un filon particulièrement riche. La invisible, inspiré de Wells, les tru- Journey’s end 1930recette est simple. Il suffit de donner un quages de Fulton n’ont jamais été fils au héros, ou bien, de le changer de dépassés et l’on n’oubliera pas de sitôt Hell’s angels sexe; après l’homme invisible, la femme la tête de Griffin enroulée de bande- Les anges de l’enfer invisible. Universal n’hésite pas. En lettes qui, défaites, ne laissaient voir Waterloo bridge 19311940, elle produit le Retour de que le vide. On ne saurait négliger le l’homme invisible (The invisible man reste de l’œuvre de Whale (son adapta- Frankenstein returns), de Joe May et la Femme invi- tion de la Fanny de Pagnol, ses films La légende du Grand Judo sible (The invisible woman), de Edward policiers, sa comédie musicale Show The old dark house 1932 Sutherland, tous deux écrits par le spé- Boat) mais il reste marqué par son La saison de la mort cialiste Kurt Siodmack. Œuvre médiocre, Frankenstein qui le fit entrer dans le au scénario souvent léger, le Retour de panthéon des maîtres de l’effroi. Ne Impatient maiden l’homme invisible, où le frère invisible mourut-il pas mystérieusement noyé The invisible man 1933 de Griffin libère un homme injustement dans la piscine de sa superbe villa ? L’homme invisible condamné, donne l’impression de n’être Beloved by candlelight qu’un étalage de magnifiques trucages «A tous ceux que j’aime. Ne soyez pas Court-circuitde Fulton ; en particulier, pour tout ce tristes. J’ai les nerfs à bout et depuis un qui concerne les différentes étapes du an, je vis nuit et jour dans The kiss before the mirror retour à la visibilité. l’agonie…sauf quand je prends des Le baiser devant le miroir Encyclopédie Alpha du Cinéma somnifères - les seuls moments de répit One more river 1934que j’ai dans la journée, je les dois aux médicaments. J’ai eu une vie mer- The bride of Frankenstein 1935 veilleuse, mais elle est finie. Mes nerfs La fiancée de Frankenstein n’en peuvent plus et il va bien falloir Le Remember last night ?qu’ils m’emportent…pardonnez-moi, Cocktails et homicides vous que j’aime, et que Dieu me pardon-réalisateur ne aussi…L’avenir n’est que vieillesse Show boat 1936 et souffrance…Au revoir vous tous et The road back 1937 merci de votre amour. Il me faut trouver Après la paix et c’est le seul moyen.» Dernière lettre écrite par James Whale The great GarrickIl est le créateur de l’un des mythes les David Garrickplus célèbres du cinéma : Frankenstein, le monstre fait de mor- The port of the seven seas 1938 ceaux de cadavres. Né en Grande- Fanny Bretagne, Whale a debuté comme dessi- Wives under suspicion nateur humoristique avant de se tourner Femmes délaissées vers le théâtre où il fut acteur, décora- teur et metteur en scène. Sinners in Paradise Sa réputation est telle que l’Amérique Man in the iron mask 1939 l’invite et qu’Hollyvood l’attire : il est L’homme au masque de fer assistant de Hughes pour Hell’s Green hell 1940Angels et s’impose avec L’enfer vertFrankenstein, d’après le roman de Mrs. Shelley, qui révèle dans le rôle du They dare not love 1941 monstre, Boris Karloff. Whale est désor- Hello out there 1942mais reconnu comme l’un des maîtres L E F R A N C E SALLE D'ART ET D'ESSAI CLASSÉE RECHERCHE 8, RUE DE LA VALSE 42100 SAINT-ETIENNE 77.32.76.96 3 RÉPONDEUR : 77.32.71.71 Fax : 77.25.11.83