Lettre de Mark Hamill à Carrie Fisher

Lettre de Mark Hamill à Carrie Fisher

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Lettre de Mark Hamill en hommage à Carrie Fisher, publiée dans le Hollywood Reporter et traduite par Première.

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Publié le 04 janvier 2017
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Lettre de Mark Hamillà Carrie Fisher, publiée dans leHollywood Reporteret traduiteparPremière. "Carrie et moi avons occupé uneplace unique dans nos vies respectives. C'est comme si nous avions monté ungroupe de rock dans notregaragequi,par hasard, avait cartonné. Nous n'avions aucune idée de l'impactque Star Wars aurait dans le monde.Je me souviensque nous étions en tournéepromo dufilm avant sa sortie. Quand nous sommes arrivés à Chicago, ilyavait un attroupement à l'aéroport. J'ai dit 'Hey, les mecs, vous avez vu, il doit y avoir quelqu'un de connu dans l'avion'. Je cherchais autour de moiqui çapouvait être. Etpuis dans lafoule,j'ai vu ungamin guisé avec le veston de Han Solo. Puisj'ai vu unefille habillée comme la Princesse Leia. J'ai dit 'Oh mon Dieu, regarde Carrie, il y a quelqu'un habillé exactement comme toi. Elle a la coiffure avec les macarons !'La première fois que j'ai rencontré Carrie, c'était à un dîner à Londres avant que nous ayons commencé à tourner des scènes ensemble. J'étais le premier à avoir été en Afrique avec Sir Alec Guinness et les robots, pour tourner tous les trucs sur la planète désertique, puis je suis rentré à Londres et Harrison Ford est arrivé. Carrie était la dernière pièce du puzzle à nous avoir rejoint à Londres. Alors j'ai dit à la production que j'aimerais la rencontrer avant de travailler avec elle. Ils ont organisé ce dîner. Vous savez, elle avait 19 ans à l'époque. J'avais 24 ans et l'impression de connaître le monde. Alors je me disais 'Mon Dieu, c'est comme bosser avec une lycéenne'. Mais j'ai été chamboulé. Elle était instantanément agréable et drôle, avec la langue bien pendue. Elle avait une façon à elle d'être brutalement candide. Je venais de la rencontrer mais c'était comme parler à quelqu'un que tu connais depuis dix ans. Elle me parlait de son beau-père, de sa mère, d'Eddie Fisher : c'étaitpoignant de détails. Etje n'arrêtaispas de me demander 'Est-cequeje suis censé savoir tout ça ?' Je n'auraispaspartagé ça avec quelqu'un queje connais depuis des années. Mais elle était tout le contraire. Elle vous aspirait dans son monde.J'étais vraiment un mec de la classe moyenne. Dans mon enfance, la chose laplus proche de la célébritéquej'ai connu a étéquand mon voisinqui était bagagiste a rendu sonportefeuille à JerryLewis car il était tombé sur le tarmac de San Diego. Mais Carrie était complètement différente. Elle avait arrêté le lycéepourfaire partie deschœursd'Irene à Broadway. J'étais admiratifd'elle.Elle consacrait son énergie à lajoie, aufun, àprofiter de la vie. Elle avait en elle les qualités de Ma Tante (comédie de Morton DaCosta sortie en 1958 NDLR). Je faisais des chosesfollespour l'amuser sur le tournage. Lafaire rire était toujours une marque d'honneur.Je me souviens de L'Empire contre-attaque, où on se sépare dans l'histoire ; c'était un tournage difficile et il y avait beaucoup de tensions. J'étais perdu dans les marécages avec les marionnettes et les robots, mais au moins Carrie et Harrison travaillaient avec des être humains. Un jour, pendant la pause déjeuner, elle m'a dit 'Tu devrais essayer ma combinaison'. 'Ta combinaison blanche ? Tu fais quoi, 1 mètre 57 ? Je ne rentrerai jamais dedans'. Elle a insisté 'Essaye juste'. J'ai enfilé cette combinaison zippée de la Princesse Leia et c'était si moulant que j'avais l'air
d'un crooner de salon de Las Vegas. Comme sije n'étais pas assez ridicule, elle m'afait enfiler un de ces masques chauves avec les cheveux de Bozo le clown, le nez et les lunettes, et elle m'apromené autour du bâtiment.Cequej'auraisfaitpour l'entendre rire n'avait aucune limite. Je l'aimais et j'aimais lafaire rire. Ellefaisait des choses dingues et elle mefaisaitfaire des choses dingues mais avec du recul,je ne croispasque c'étaitfou. C'était un mécanisme de défensepour elle. Elle était tellement en décalage, ellepouvait s'en servir comme d'uneprotection. Cequi la rendait sipoignante, c'était sa vulnérabilité, il y avait une lueur de petite fille en elle qui était si attachante que ça éveillait ma natureprotectrice.Je croisque ça la rassuraitqueje sois là, la mêmepersonne,qu'ellepuisse me faire confiance, aussi critiques que nous ayons pu l'être parfois l'un envers l'autre. Nous avons fait le tour des possibilités au fil des années, nous nous sommes aimés, nous nous sommes viscéralement détestés. 'Je ne te parle plus, tu n'es qu'un enfant gâté qui juge les autres!'”Nous avons tout vécu. Nous étions comme une famille.Quand vous étiez dans ses bonnes grâces, il n'y avait personne d'autre sur Terre avec qui vous auriez pu vous amuser autant. Elle était capable de vous faire sentir que vous étiez la chose la plus importante dans sa vie. Je crois que c'est une qualité très rare. Et puis vous pouviez faire un virage à 180 degrés, où vous étiez furieux l'un contre l'autre et vous ne vous parliez pas pendant des semaines. Mais c'est ce qui fait une relation complète. Ce n'est pas à sens unique. Comme je l'ai dit, elle était difficile. Elle demandait beaucoup d'attention. Mais ma vie aurait été tellement plus terne et moins intéressante si elle n'avait pas été l'amie qu'elle était."