Un Long Dimanche de Fiançailles, les répliques cultes
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Description

Retrouvez les répliques et dialogues du film "Un Long Dimanche de Fiançailles", sorti en 2004 et réalisé par Jean-Pierre JEUNET.
Synopsis :
En 1919, Mathilde a 19 ans. Deux ans plus tôt, son fiancé Manech est parti sur le front de la Somme. Comme des millions d'autres, il est "mort au champ d'honneur". C'est écrit noir sur blanc sur l'avis officiel. Pourtant, Mathilde refuse d'admettre cette évidence. Si Manech était mort, elle le saurait !
Elle se raccroche à son intuition comme au dernier fil ténu qui la relierait encore à son amant. Un ancien sergent a beau lui raconter que Manech est mort sur le no man's land d'une tranchée nommée Bingo Crépuscule, en compagnie de quatre autres condamnés à mort pour mutilation volontaire ; rien n'y fait. Mathilde refuse de lâcher le fil. Elle s'y cramponne avec la foi du charbonnier et se lance dans une véritable contre-enquête.
De faux espoirs en incertitudes, elle va démêler peu à peu la vérité sur le sort de Manech et de ses quatre camarades.

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Publié le 07 octobre 2011
Nombre de lectures 753
Langue Français

Exrait

Synopsis :
En 1919, Mathilde a 19 ans. Deux ans plus tôt, son fiancé Manech est parti sur le front de la Somme. Comme des millions d'autres, il est "mort au champ d'honneur". C'est écrit noir sur blanc sur l'avis officiel. Pourtant, Mathilde refuse d'admettre cette évidence. Si Manech était mort, elle le saurait !
Elle se raccroche à son intuition comme au dernier fil ténu qui la relierait encore à son amant. Un ancien sergent a beau lui raconter que Manech est mort sur le no man's land d'une tranchée nommée Bingo Crépuscule, en compagnie de quatre autres condamnés à mort pour mutilation volontaire ; rien n'y fait. Mathilde refuse de lâcher le fil. Elle s'y cramponne avec la foi du charbonnier et se lance dans une véritable contre-enquête.
De faux espoirs en incertitudes, elle va démêler peu à peu la vérité sur le sort de Manech et de ses quatre camarades.
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UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES
Narratrice
[à propos d'Ange]
: De l'avis de tous ceux qui avaient pu le connaître, jamais
prénom n'avait été plus mal porté. Il était menteur, tricheur, frimeur, cafardeur, embrouilleur.
[
Des soldats qui vont au front aperçoivent dans un champ des militaires qui creusent une
multitude de tombes]
Ange
: Eh ben ! On dirait qu'ça a chié des marmites, dans le secteur !
1er fossoyeur
: Euh... non ! C'est plutôt calme en ce moment.
Ange
: Ça, c'est pour qui ?
2ème fossoyeur
: Ben... c'est-à-dire que... en fait... vous attaquez demain !
1er fossoyeur
: Alors on... on anticipe, quoi !
Narratrice
[à propos du jeune soldat Manech]
: À présent, il avait peur de tout : des canons
français qui tirent trop court, du vent annonciateur des gaz, des nettoyeurs de tranchées, des
exécutions pour l'exemple. Pourtant, il n'était pas le même avant la tuerie. Il était tout le
contraire, bravant la tempête, quand il portait secours aux gardiens des phares de pleine mer.
Narratrice
: Si Manech était mort, Mathilde le saurait. Depuis l'avis de décès, elle se
raccroche obstinément à son intuition comme à un fil ténu. Jamais elle ne se décourage. Et
puis Mathilde est d'heureuse nature. Elle se dit que si le fil ne la ramène pas à son amant, tant
pis, c'est pas grave, elle pourra toujours se pendre avec.
Ange
: Moi, déjà, normalement, j'aurais pas dû être condamné. J'suis corse moi. Corse, pas
français.
Capitaine Favourier
: Bordel de merde ! Vous pouviez pas vous arranger pour larguer ces
types en route, quitte à leur botter le cul pour qu'ils déguerpissent plus vite ?
Sergent Esperanza
: Moi, mes ordres, c'est de vous livrer cinq condamnés. La suite, ça me
regarde pas.
Capitaine Favourier
: La suite, j'vais te la dire, moi, tête de lard. Mes ordres à moi, c'est de
balancer tes gars par-dessus le parapet et de les laisser crever, la gueule ouverte, entre la
tranchée boche et la nôtre. Les voilà, mes putains de saloperies d'ordres, Sergent !
Lieutenant Estrangin
: Tu comprends, Sergent, avec les boches d'en face, y'a comme qui
dirait un
status quo
.
Capitaine Favourier
: Le secteur s'endort un peu ? Un bon pétard dans le cul... pour que la
merde nous saute à la gueule !
[Dans la tranchée, les cinq condamnés discutent avec des soldats qui leur donnent à manger]
Manech
: On va se marier. Une chance qu'ils nous aient condamnés, sinon, on aurait dû
attendre la fin de la guerre. Ben, du coup, je vais pouvoir rentrer à la maison tout de suite
après l'exécution.
Sergent Esperanza
: Faut p't'être mieux que j'vous épargne la suite...
Mathilde
: J'suis boiteuse, pas idiote.
Un soldat
: Vous croyez qu'ils peuvent s'en sortir ?
Capitaine Favourier
: S'ils sont pas tous dégommés dans l'heure, ils ont toutes les chances de
crever de faim et de froid. Dans les deux cas, les boches vont bien se fendre la gueule !
Commandant Lavrouye
: Vous allez être promu sergent-chef. Vous partez demain matin
pour les Vosges.
Sergent Esperanza
: N'empêche, mon Commandant, cette petite expédition risque de me
rester longtemps en travers de la gorge.
Commandant Lavrouye
: Justement, ça tombe bien. Y'a pas que du gaz moutarde dans les
Vosges. Y'a aussi des bonbons pour la gorge. Des pastilles pour la gorge. Rompez !
[Esperanza retrouve dans une ambulance le caporal Chardolot, gravement blessé]
Sergent Esperanza
: Dis-moi, mes cinq gars dans le no man's land, ça s'est fini comment,
c't'histoire ?
Caporal Chardolot
: À ton avis ?
Sergent Esperanza
: Aucun des cinq s'en est tiré !
Caporal Chardolot
: Pourquoi ? Ta conscience te travaille, Esperanza, hein ? Tu aurais dû
rester avec moi à Bingo. T'aurais vu graver des M majuscules et puis t'aurais vu s'agiter un
caleçon et planer un albatros.
Caporal Chardolot
: J'ai plus les yeux pour voir, Sergent, mais j'imagine ta tête. Ça me plaît
bien.
Sylvain
: Mathilde, si t'arrives pas à pleurer, tu peux parler. Si tu peux pas parler, dis rien.
Mais tu sais, parfois, on commence par parler et c'est là qu'on se met à pleurer. Et en pleurant,
on dit c'qu'on aurait pas dit en parlant, si tu vois c'que j'veux dire.
Mathilde
[off]
: Si Pois-Chiche entre dans la chambre avant qu'on m'appelle à dîner, Manech
est vivant.
Narratrice
: Mathilde est née le 1er janvier 1900. C'est très commode pour calculer son âge.
En 1903, ses parents périssent tous deux dans l'accident de l'autobus 44. Depuis, Mathilde a
pris l'habitude de dire...
Mathilde
: Feu mes parents, feu mes parents, feu mes parents, feu mes parents, feu mes
parents, feu mes parents, feu mes parents, feu mes parents, feu mes parents, feu mes parents,
feu mes parents, feu mes parents, feu mes parents, feu !
Narratrice
: Pois-Chiche le chien dort en faisant des pets. Chaque fois qu'elle l'entend,
Bénédicte ne manque pas de dire...
Bénédicte
: Chien qui pète, joie sur ma tête.
Bénédicte
: Ah oui, s'il était vivant, pourquoi il aurait donné aucun signe de vie, hein ?
Mathilde
: Parce que, il a été fait prisonnier. Et qu'il est resté avec une allemande avec deux
tresses blondes et les gros lolos.
Bénédicte
: Un breton, manger de la choucroute chaque jour que le Seigneur fait ?
Impossible.
Mathilde
: Mais t'es sûre que tu veux pas qu'je t'aide ?
Bénédicte
: Ah non. J'préfère que tu gardes les pieds sur terre.
Mathilde
: Ah, ça va, j'tiens quand même sur mes jambes, hein ?
Sylvain
: Qu'est-ce que tu dis ?
Mathilde
: Rien.
Sylvain
: Oui, ben j'ai bien entendu. C'est c'que tu dis qui tient pas debout.
Germain Pire
: Les familles des victimes n'ont plus qu'un seul recours pour retrouver
l'officier : Germain Pire.
Mathilde
: "Pire que la fouine."
Mathilde
: Et pour vos tarifs, Monsieur Pire-que-la-fouine ?
Germain Pire
: Oh, Mademoiselle, la fouine ne saigne que les pigeons et les dindons.
Maître Rouvières
: Bingo-Crépuscule ! Pourquoi pas Youpi Tralala !
Germain Pire
: Mais votre Tina Lombardi, elle tapine aux abonnés absents !
Germain Pire
: Et alors, à l'Armistice, la fille de joie a joué la fille de l'air.
Germain Pire
: Pire ne s'avoue jamais vaincu. Pire est obstiné. Et pire que Pire, ça n'existe
pas, Mademoiselle.
P'tit Louis
: Fait soif tout d'un coup. Un bon verre de vin...
Prostituée
: C'est toujours ça d'moins dans la poche du médecin !
Prostituée
[à propos de P'tit Louis]
: Il a beau avoir une main en bois, il a un coeur en or !
Mathilde
[off]
: Si le temps de compter jusqu'à 7, le train n'est pas entré dans un tunnel, ou le
contrôleur n'est pas venu, Manech est mort.
Mathilde
: 1. 2. 3. 4. 5. 6.
Un homme
: Billets s'il vous plaît. Poisson d'avril !
Bénédicte
: Tu bois du vin, maintenant ?
Mathilde
: "Un bon verre de vin, c'est toujours ça de moins dans la poche du médecin."
Sylvain
: Ça vient d'où, ça ?
Mathilde
: Du Passage de la Main d'Or où le patron de La Main Morte qui a une main en bois
avait une vieille tante qui disait souvent ça avant de mourir presque centenaire à Besançon en
1911.
Bénédicte
: Tu peux répéter ?
Mathilde
: À Besançon, en 1911, y'avait une vieille dame de 99 ans qui est morte en laissant
un p'tit neveu qui a une main en bois, et puis il est patron de La Main morte, un estaminet
dans le Passage de la Main d'Or, à qui elle disait souvent c'que Sylvain m'a demandé de dire
d'où je le tenais..
Bénédicte
: Ça y est, elle est déjà saoule.
Manech
: Regarde. C'est têtu, un albatros. Il sait que le vent va faiblir avant lui.
Sylvain
: Avec des si, on peut mettre un cachalot dans une boîte d'allumettes.
Mathilde
: Peut-être, mais sans si, reste plus qu'une corde pour se pendre.
[Le facteur, en freinant sec sur son vélo, envoie voler les graviers de la cour]
Sylvain
: T'es un malin, toi, hein ? Chaque fois, je suis obligé de récupérer le gravier dans le
gazon.
Le facteur
: Moi, quand j'vois du gravier, c'est pas qu'un principe, c'est une question de style.
[Mathilde lit le courrier d'un ancien poilu, Nergeton]
Nergeton
[off]
: Célestin Poux, c'était la providence du Poilu. On l'appelait "la terreur des
cantines" ou "rab de rab". Il falsifiait les états de pertes, histoire de multiplier les effectifs
pour que les gars aient double ravitaillement. Si vous le rencontrez un jour, dites-lui que les
anciens de Fontenoy ne sont pas près de l'oublier.
Germain Pire
: Côté Poux, que des sauts de puce depuis l'Armistice. Alors, un coup il est 2
jours à Dreux, 3 à Troyes, puis 4 à Castres ou 5 à Sète, quoi !
Germain Pire
: Bingo-Crépuscule, là où tout finit.
Mathilde
: Non, où tout commence, Monsieur Pire. Où tout commence...
[Mathilde épluche une pomme]
Mathilde
[off]
: Si j'arrive au bout sans la casser, Gordes a trouvé un moyen de sauver
Bastoche, et Manech avec.
[Sylvain propose le journal à Mathilde qui refuse]
Sylvain
: T'as tort. On y apprend des choses très intéressantes.
Mathilde
: Ah oui ? Le président de la République ouvre une enquête sur les condamnés de
Bingo-Crépuscule ?
Sylvain
: Justement, il l'aurait peut-être fait s'il était pas tombé d'un train de nuit en pyjama.
Bénédicte
: Ça prouve que lui, au moins, il dort en pyjama.
[Mathilde se réveille en sursaut, la lampe à pétrole est tombée et le tapis commence à brûler]
Mathilde
[au chat]
: Voleur, ça on savait. Mais maintenant, pyromane !
[Sylvain a remplacé les graviers de la cour par des pavés. Le facteur tombe de velo]
Sylvain
: Pour une fois, c'est pas le gravier que je ramasse, c'est l'facteur.
Le facteur
: Plus de gravier. C'est de bonne guerre.
Mathilde
: Y'a pas de bonne guerre.
Bastoche
: C'est drôle, quand tu souris, ça ouvre une parenthèse.
Élodie Gordes
: Je la refermerai le plus tard possible.
[Avant la guerre, Manech et Mathilde sont face à la mer. Manech a gravé 3 grands M dans la
roche tandis qu'un albatros vole au-dessus d'eux]
Manech
[hurlant]
: Manech aime Mathilde ! Mathilde aime Manech ! Manech aime Mathilde,
Mathilde aime Manech ! Manech aime Mathilde !!!
Mathilde
[off]
: Si j'arrive au virage avant la voiture, Manech reviendra vivant !
Célestin Poux
[qui arrive en moto]
: Célestin Poux, la terreur des bitûmes.
Mathilde
: Mais alors, la dernière fois que vous avez vu Manech, il était toujours vivant ?
Célestin Poux
: Ben, pour ce qui était de le voir, on risquait pas de le rater, hein ? Au lieu de
se planquer, il s'échinait à graver un M sur un tronc calciné, debout au milieu de la terre de
personne. Paraît qu'il a eu le temps d'en graver trois, des M, avant de se faire dégommer par
l'Albatros.
Mathilde
: L'albatros...
Célestin Poux
[déclamant]
: "Albatros, vastes oiseaux des mers qui suivent, indolents
compagnons de voyage, les navires glissant le long des gouffres amers". C'est du Charles
Baudelaire, Mademoiselle. Mais, en 1915, l'Albatros, c'était surtout un avion boche, avec la
mitrailleuse placée à l'arrière, parce qu'à l'époque, on tirait pas encore à travers l'hélice.
[Dans le no man's land, Ange tient un drapeau blanc, confectionné avec son caleçon, face à
la tranchée allemande]
Ange
: J'me rends, j'me rends. Tirez pas ! Pitié ! J'me rends, j'me rends. Ouvrez-moi un
passage ! J'suis comme vous, j'suis avec vous ! Gut, allemands, gut ! Ich nicht tirer ! Pitié !
J'suis pas français ! J'suis corse ! J'ai rien contre les allemands ! J'ai rien contre les allemands !
Tirez pas ! Pitié ! J'suis pas français !
Célestin Poux
: Pauvre type...
Caporal Thouvenel
[dans la tranchée]
: Ah, il est pas français !
[Il arme son fusil]
Ben, on
va annuler son extrait de naissance !
Célestin Poux
[off]
: Ç'ui-là, c'est un caporal de chez nous qui lui a réglé son compte.
Thouvenel. Un teigneux à la gachette facile. Une pierre à la place du coeur, mais alors, le
compas dans l'oeil.
Six-Sous
[qui se met à découvert en hurlant]
: Camarades ! Avant de mourir, j'ai une dernière
volonté. J'voudrais pisser debout comme un homme ! Après, allez-y, camarades, feu à
volonté !
Adieu la vie,
Adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes,
C'est bien fini,
C'est pour toujours,
De cette guerre infâme,
C'est à Craonne,
Sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés,
Nous sommes les sacrifiés.
Célestin Poux
: Putain ! Ceux qu'on pas connu ça peuvent pas savoir c'que c'est. Les jambes
molles qui répondent plus, le cœur qui cogne comme une bête affolée prise au piège !
Capitaine Favourier
: Faut attaquer avant de se faire saigner.
Célestin Poux
[off]
: Ça faisait déjà un moment qu'on avait dépassé les cadavres des
prisonniers, quand les mitrailleuses de chez Maxim se sont mises à cracher. On s'est fait
laminer.
Célestin Poux
[off]
: Le soir, y'avait triple ration de soupe pour tout le monde, vu que j'y
avais prévu pour un régiment.
Célestin Poux
[off]
: Favart et Chardolot étaient justement en train de dresser l'état des pertes.
Favart
: Ben comment ça se fait que les cinq condamnés apparaissent comme des soldats du
bataillon ?
Caporal Chardolot
: On a reçu des ordres.
Un soldat
: Ça sent la magouille, ça.
Favart
: "Magouille", ça rime avec Lavrouye.
Célestin Poux
[en ouvrant le récipient contenant le repas]
: Ça rime aussi avec "tambouille".
Allez, les gars, à la soupe. Ça va refroidir.
Sylvain
[qui conduit la moto de Poux]
: Monte, facteur. J'te dépose à la prochaine boîte à
lettres.
Le facteur
: Et mon vélo ?
Célestin Poux
: J'm'en occupe ! J'ai fait la guerre, moi, j'suis pas un planqué de la poste !
Le facteur
: Planqué, planqué ! C'est pas d'ma faute, hein ? J'suis asthmatique !
Célestin Poux
: Ben, pour un asthmatique, vous en faites, du vélo !
Le facteur
: Oui, mais en bord de mer !
Célestin Poux
: Oh, il a bon dos, le bord de mer !
Bénédicte
: Ah, les hommes, hein ? Un rien et les voilà redevenus des gosses.
Mathilde
: Tant qu'ils se mettent pas à jouer aux petits soldats.
Bénédicte
: Ça fait trois ans que tu sais que Manech est mort.
Sylvain
: Ça s'appelle de l'obstination.
Mathilde
: Non. Ça s'appelle de l'espoir. Monsieur Poux vient de le tuer.
[Poux emmène Mathilde et Sylvain à l'endroit où se trouvait la tranchée et où la végétation a
repoussé. Elle est montée sur les épaules de Poux]
Sylvain
: On dirait une princesse indienne sur son éléphant !
Mathilde
: Avec ses rabatteurs, le jour de la grande chasse au chagrin.
Célestin Poux
: On dirait que j'l'ai pas complétement tué.
Mathilde
: Qui ça ?
Célestin Poux
: Eh ben, l'espoir !
Tina Lombardi
: J'ai pas peur et je regrette rien, à part mes cheveux. Je vais avoir droit à la
coupe au bol avant de passer sur la bascule. Je dois dire que l'idée de ressembler à Jeanne
d'Arc quand je vais retrouver mon Ange...
Mathilde
: Mais le maréchal Pétain, pourquoi s'en prendre à lui ?
Tina Lombardi
: La brillante idée de passer les mutilés par-dessus le parapet, c'est lui.
Mathilde
: Et pourquoi pas Poincaré ? Il a bien refusé de les gracier.
Tina Lombardi
: Mais vous savez pas ? Il les avait graciés, tous les cinq !
[Tina lit une lettre que lui a écrite Ange avant de mourir]
Tina Lombardi
: "La vengeance est inutile, essaie d'être heureuse, ne gâche pas ta vie pour
moi. Ton ange de l'enfer..."
Mathilde
: Quand la panthère est en colère, la fouine se débine.
Germain Pire
: Ah non, non. La fouine fouine, mais à distance.
[De bonne heure, le facteur, particulièrement pressé, apporte un télégramme]
Le facteur
: Pour Mademoiselle Mathilde.
Bénédicte
: Très bien, je lui donnerai tout à l'heure.
Le facteur
: Si j'étais vous, je la réveillerais.
Mathilde
: C'est drôle. Vous avez fait un trou en plein sur la ligne de vie.
Benoît Notre-Dame
: C'est normal. J'suis mort. À Bingo-Crépuscule, comme ton fiancé.
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