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Géopolitique du Pacifique

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Géopolitique du Pacifique

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Géopolitique du Pacifique
Article publié dans le N° 14 de la revue Questions internationales
de La Documentation Française
À la fin du XIX
ème
s. et dans la première moitié du XX
ème
s., la configuration géopolitique du
Pacifique apparaissait simple : un Pacifique Nord contrôlé par les Américains grâce à leur
« réseau insulaire » afin de développer leur commerce avec l’Asie orientale, une rive
occidentale colonisée par les Français et les Néerlandais, les îles du Pacifique Sud émiettées
entre les mains des Français et des Britanniques, quelques îles étant contrôlées par
l’Allemagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Après les syndromes successifs de Pearl
Harbor et de la guerre froide et l’accession à l’indépendance des pays de la frange
occidentale, la donne a changé même si les principaux acteurs n’en ont pas immédiatement
pris la mesure.
Un enjeu de sécurité américain
Certes, pour les Américains, la sécurité de la zone repose toujours sur la présence de leurs
forces armées dans le Pacifique Nord et sur sa frange occidentale. L’enjeu n’est d’ailleurs pas
seulement la stabilité de la région mais la capacité de déploiement des forces américaines sur
les rives de l’Océan indien et jusqu’au Golfe. Pourtant, on s’accorde à parler d’un
désengagement militaire américain dans la région. C’est que l’ennemi potentiel n’est plus le
même et l’urgence de la riposte non plus. C’est aussi que les moyens matériels dont disposent
les forces américaines ont qualitativement changé du tout au tout.
Le tournant est apparu après la première guerre du Golfe, lorsque le Sénat philippin a rejeté le
traité permettant aux États-Unis de maintenir leurs forces sur la base navale de Subic Bay, le
Pentagone ayant déjà renoncé à la base aérienne de Clark Field ravagée par l’éruption du
Pinatubo. Plusieurs pays de la région ont offert d’abriter des bases de remplacement mais
l’état-major n’y a pas donné suite : dans l’optique de la réforme des forces armées alors en
cours, ces relais de projection n’apparaissaient plus nécessaires. L’objectif d’assurer une
capacité de projection en Asie orientale et au Moyen-Orient n’était pas abandonné pour
autant, comme l’indique le redéploiement des organes de commandement annoncé à l’été
2004 : le quartier général du premier corps d’armée quitte la côte ouest des États-Unis pour
s’installer près de Tokyo, tandis que celui de la 5
ème
division aérienne basé au Japon est
intégré à celui de la 13
ème
division aérienne de Guam.
C’est que, pour les États-Unis, la région continue à présenter un risque d’embrasement :
poursuite par la Corée du Nord de son programme nucléaire menaçant la Corée du Sud, non
règlement de la question des deux Chines, montée de l’islamisme en Indonésie, instabilité
politique des Philippines, piraterie et brigandage en mer de Chine méridionale et dans le
détroit de Malacca (dans lequel sont impliquées l’Indonésie, les Philippines et la Chine)… Le
problème de Taiwan pouvait paraître en voie de règlement jusqu’à l’adoption par Pékin, en
mars 2005, d’une loi autorisant le recours à la force au cas où le gouvernement nationaliste
proclamerait l’indépendance de l’île.
Pour autant, Washington privilégie la diplomatie : implication du Japon dans la politique
régionale, pourparlers quadripartites à propos de la Corée du Nord, encouragement d’un
rapprochement sino-japonais, recherche d’un processus d’intégration de la Chine dans un
processus de sécurité régionale.
Une rive occidentale instable
Cette rive occidentale du Pacifique intéresse également l’Australie qui a des intérêts
principalement en Mélanésie, zone la plus instable du Pacifique insulaire : indépendance
tumultueuse de Vanuatu écartelée entre les zones d’influence australienne et française, coups
d’État dans les îles Fidji où les autochtones n’ont pas su partager le pouvoir avec les
descendants d’immigrés asiatiques et les métis, crises graves en Papouasie-Nouvelle-Guinée