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Le développement de la chasse en Meuse

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Le développement de la chasse en Meuse

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Langue Français
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Institut National Agronomique Paris-Grignon  Département AGER Agronomie Environnement  16, rue Claude Bernard 75231 Paris Cedex 05    
  Initiation à lingénierie de projet « Enjeux et stratégies pour les productions végétales : perspectives au plan régional »    LE DÉVELOPPEMENT DE LA CHASSE EN MEUSE: une opportunité pour les agriculteurs?   
    Etude réalisée par les étudiants de 2èmeannée de lINA P-G : Alice BELOT Magali JOUVEN Marie LOUVRADOUX Cécilia MAYO Eric ORIOL     
*Février  Mars 2001 *
 AVERTISSEMENT  Ce rapport, rédigé par les étudiants de deuxième année de lINA-PG, conclut une séquence denseignement de 2 mois axée sur linitiation à lingénierie de projet (INIP), intitulée « Enjeux et stratégies pour les productions végétales : perspectives au plan régional ».  En 2001, cette INIP sest déroulée dans leBarrois de la Meuse. La démarche adoptée pour mener à bien cette étude comprend deux étapes. Tout dabord, la réalisation dundiagnostic de lagriculture dans le Barrois, à partir de lanalyse du milieu physique et du contexte économique, denquêtes auprès dexploitants agricoles et dentretiens avec les partenaires institutionnels de lagriculture. Ce diagnostic débouche sur des constats sur lesquels nous nous sommes appuyés pour envisager différents scénarios dévolution des exploitations agricoles, des productions végétales ou de leur transformation, de laménagement de lespace. Parmi ceux-ci, nous en avons retenu six, constituant desavant-projets, menés par petits groupes détudiants, dans lobjectif de contribuer à faire évoluer lagriculture du Barrois en fonction des atouts, des contraintes et des enjeux de lagriculture dans cette petite région. Ce rapport est le document de restitution dun des six projets.  Nous tenons à attirer lattention du lecteur sur le fait quil sagit là duneinitiation au projet dingénieur, dont lobjectif est avant tout pédagogique. Ce document ne présente donc pas les conclusions définitives dun projet, mais ébauche des solutions et des perspectives selon le point de vue des étudiants. Dautre part, certaines hypothèses de travail nont pas été discutées en profondeur par manque de temps. Cependant, il nous semble que par la méthodologie développée, lanalyse des productions végétales sur la petite région détude et les perspectives proposées, ce documentintégralement conçu par les étudiantspeut intéresser les acteurs du développement local.  Léquipe enseignante Stéphane de Tourdonnet Thierry Doré Jean Roger-Estrade     Remerciements Les enseignants du Département AGER (Agronomie et Environnement) de lINA-PG ainsi que les étudiants qui ont réalisé cette étude tiennent à remercier toutes les personnes qui les ont aidé dans leur démarche en acceptant de répondre à leurs questions. Ils tiennent également à remercier les membres du GVA de la Vallée de la Saulx et son Président, Jean-Pierre Arnould, qui ont largement contribué au succès de cette opération. 
Sommaire
  Introduction page. 1  I - La chasse en Meuse et dans le Barrois p. 2  1) Le territoire p. 2 2) Les acteurs de la chasse en Meuse p. 3 3) Les problèmes et limites de la chasse en Meuse et dans le Barrois p. 5  II L'organisation de la chasse p. 7 - 1) La chasse en Meuse, un problème de partialisation des territoires p. 7 2) LONF et Actéon en pays dArgonne, la chasse dans un programme de développement touristique p. 8 3) Une réponse à ce quil serait possible de faire dans le Barrois p. 9 4) Différentes formules "week-end chasse" possibles p. 10  III - Aménagements pour la chasse p. 12  A) Aménagements cynégétiques de la plaine 1) Les enjeux p. 12 2) Les aménagements réalisables p. 12 3) Les contrats qui encouragent ces aménagements p. 18 4) Le coût et les subventions engendrés par ces aménagements p. 18 5) Conclusion p. 20 B) Lélevage de petit gibier 1) Pourquoi de telles structures ?  p. 20 2) Choix du gibier délevage p. 21 3) Un exemple d'élevage produisant 500 faisans adultes par an p. 22 4) Bilan pour latelier « élevage de petit gibier » p. 24 C) Mise en place d'un gîte rural 1) Développement des gîtes ruraux et de chasse dans le Barrois p. 25 2) Les étapes de létablissement dun gîte p. 26 3) Etude de rentabilité daménagement dun gîte p. 27 4) Conclusion p. 29  Conclusion p. 30  Bibliographie p. 31  Annexes p. 32    
 Introduction   La France compte plus de 1 500 000 chasseurs. Même si cette activité est en constante diminution et concerne des personnes de plus en plus âgées, elle est tout de même importante si on la compare au nombre de chasseurs en Europe (plus de 6,1 millions). De plus, chaque chasseur dépense en moyenne 6 500 francs par an ce qui représente un total au niveau national de 6.4 milliards de francs par an, et la chasse génère environ 6 500 emplois à temps plein. Loisir mal considéré depuis quelques années, la chasse a un rôle primordial dans la gestion cynégétique et la protection de la forêt. Elle est aussi très diversifiée en fonction de la végétation, du milieu et donc des régions (chasse à courre, au canard et autre gibier d'eau, chasse au sanglier, au cerf...).  La Meuse a un grand potentiel en terme de chasse mais qui est actuellement sous exploité. Les chasseurs extérieurs au département sont attirés par la chasse en Meuse mais ils ne restent en général quune journée car il nexiste ni les structures daccueil ni la diversité de gibier nécessaire. De plus la chasse est parfois mal connue ou mal perçue par les agriculteurs, qui pourraient pourtant en tirer profit. Cest dans cette optique que nous abordons ce projet : informer les gens sur les potentiels de chasse et de développement local en Meuse, quils soient chasseurs, agriculteurs ou autre et décrire toutes les possibilités qui sont offertes, en particulier en matière daménagements.  Dans un premier temps, nous analyserons la situation actuelle de la chasse en Meuse, ses particularités et ses contraintes afin de réaliser un diagnostic de la chasse en Meuse. Dans une deuxième partie nous nous attacherons à définir comment sorganise la chasse en Meuse, quelles sont les organisations existantes qui peuvent sappliquer dans la Meuse ; le but de cette partie est délaborer des formules de chasse envisageables dans la Meuse. Enfin dans une dernière partie, nous décrirons les aménagements permettant un développement de la chasse. Nous envisagerons différentes possibilités: aménagements cynégétiques dans la plaine, atelier d'élevage de petit gibier, création d'un gîte rural ou d'autres formes de prestations hôtelières.  
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I) La chasse en Meuse et dans le Barrois  1) Le territoire  a) Un territoire boisé riche en gros gibier  227 597 ha soit près de 37% de la Meuse sont des forêts. 45% d'entre elles sont communales, 20% domaniales et 35% privées. Les zones les plus boisées sont les Côtes de Meuse (93 555 ha), suivies du Barrois (59 968 ha), de la Woëvre (32 405 ha) puis de l'Argonne (22 323 ha). En Côtes de Meuse et en Woëvre les forêts sont majoritairement communales, alors qu'elles sont plutôt privées dans le Barrois et l'Argonne(Annexe I/1 et I/2).  Le hêtre et le chêne représentent à eux deux 50% des essences forestières; viennent ensuite le sapin pectiné et l'épicéa. Le mélange futaie feuillue - taillis est la structure prédominante des forêts meusiennes. On trouve également des futaies feuillues ou résineuses. Ces structures forestières sont largement favorables au grand gibier, qui abonde(Annexe I/3).  Les forêts meusiennes abritent dans lensemble environ 30 000 chevreuils, 25 000 sangliers, et 500 à 1000 cerfs. Elles constituent par conséquent un patrimoine cynégétique considérable. Pour bien gérer celui-ci, le territoire meusien a été divisé en massifs, qui sont en fait des régions définies en fonction des espèces et telles que les mouvements de population dune zone à lautre sont négligeables. On compte dans le département 56 massifs chevreuil et 14 massifs sanglier (le sanglier se déplace plus, et lunité de gestion cynégétique est dong plus vaste pour lui).  b) Les zones cultivées, pauvres en gibier  Les zones en culture représentent environ 60% du territoire meusien, soit 370 000 ha. Les cultures dominantes sont le blé, lorge, le colza et le maïs. Elles abritent du petit gibier en très faible nombre : labsence de haies, la grande taille des parcelles, combinée au manque de variété des assolements sont autant de caractéristiques défavorables à faisans, cailles, perdrix et lièvres. Une forte prédation de la part des renards, des rapaces et des mustélidés freine par ailleurs le développement du petit gibier. Des aménagements simples peuvent aider à rétablir un équilibre faunique dans les plaines, et à réintroduire avec succès des espèces de petite taille (voir chapitre III). Etant donnée la pénurie de petit gibier, des lâchers de reproducteurs au printemps ou danimaux de tir 2 jours avant louverture de la chasse sont parfois pratiqués.  Enfin, on peut signaler la présence de gibier deau, essentiellement des colverts, au Nord et à lEst de la Meuse.  
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c) Quelle chasse en Meuse ?  La chasse en Meuse est essentiellement une chasse au gros gibier. Le plan de chasse établi par le « comité départemental de la faune sauvage » était pour la saison 2000/2001 :  12 234 chevreuils 12 059 sangliers  292 cerfs  Ces chiffres sont censés représenter 30% environ des populations totales, dont on évalue approximativement le nombre par comptage partiel puis extrapolation à lensemble du territoire. Juste avant la saison de chasse, des bracelets sont attribués aux détenteurs de permis de chasse ; ces bracelets seront posés sur lanimal tué ; ils constituent une forme de « taxe à la chasse », mais surtout un outil de suivi.  Les dates douverture pour la chasse au gros gibier étaient, pour la saison 2000/2001 : chevreuil du 1er juin 8h au 4 février 17h sanglier du 15 août 8h au 4 février 17h  1er septembre 8h au 4 février 17hcerf du  Le tir dété se fait à lapproche ou à laffût, et dès fin septembre (ouverture générale de la chasse) on peut choisir de chasser à laffût, à lapproche ou en battue. On chasse au maximum 2 jours par semaine ; lidéal pour le retour du gibier serait un temps de retour de 15 jours sur le même massif.  Il nexiste pas de plan de chasse pour le petit gibier en Meuse. Les périodes de chasse au petit gibier sont courtes, ce qui constitue une contrainte pour les éventuels lâcher de gibier. Les dates pour la saison 2000/2001 étaient :  8 septembre au 15 octobre (5 semaines)lièvre du 24 septembre au 15 octobre (3 semaines)perdrix grise  du faisan, caille, lapin du 24 septembre au 24 décembre (3 mois)    2) Les acteurs de la chasse en Meuse  a) LONC (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage)  LONC a pour mission de réaliser des études, des recherches et des expérimentations pour la conservation, la restauration et la gestion de la faune sauvage et de ses habitats. Elle agit aussi dans le but de valoriser ce patrimoine naturel par la chasse. Dans cette optique, elle fait respecter la réglementation relative à la chasse et collabore avec la FDC pour les questions relatives à son domaine.  b) La FDC (Fédération Départementale des Chasseurs)  La FDC collabore avec lONC pour la gestion du patrimoine cynégétique ; elle a aussi pour rôle de conduire des actions dinformation, déducation et dappui technique aux
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