@mnis Revue de Civilisation Contemporaine de l’Université de Bretagne Occidentale EUROPES / AMÉRIQUES http://www.univ-brest.fr/amnis/   La chanson française, un art de métèques ? [ Première partie : Vision panoramique ]  Yves Borowice Institut d'esthétique des arts et technologies / UMR 8153 Observatoire Musical Français / EA 206 France borola@wanadoo.fr   Elle est à toi, cette chanson Toi l’étranger qui, sans façon, D’un air malheureux m’a souri Lorsque les gendarmes m’ont pris. »  Georges Brassens, Chanson pour l’Auvergnat , 1954.  Paris se retrouve partout, Et les gens de partout Se retrouvent à Paris.   Francis Lemarque, Paris se regarde , 1956
  Nos deux épigraphistes de circonstance appartiennent depuis longtemps au panthéon de la chanson. Labellisés auteurs-compositeurs-interprètes « à textes », ils sont de ceux qu’une âme bien née peut se permettre d’écouter et d’apprécier sans avoir l’impression de déroger… Tous deux ont franchi les barrières de con finement de la chanson de variétés pour entrer dans les recueils de poésie et les manuels scolaires. Le premier a porté au sommet un art réputé mineur, devenant une référence absolue et consensuelle, des carnets de chants catholiques des années 1960 aux fougueux MC  de la scène rap contemporaine. Le second, d’inspiration plus plébéienne, fut pendant deux décennies — entre autres thématiques — le chantre émerveillé de Paris, offra nt à la capitale ses plus beaux refrains, repris par les plus grands interprètes des années d’après-guerre. Qui ne connaît, au minimum, son A Paris [1948] ? Bref, deux maîtres de ce mode d’expression perçu à
 
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