Autisme et psychanalyse par Eva Talineau / La psychanalyse peu à peu écartée de la prise en charge de l’autisme ?

Autisme et psychanalyse par Eva Talineau / La psychanalyse peu à peu écartée de la prise en charge de l’autisme ?

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La psychanalyse n'a pas à se mêler de pallier à un dysfonctionnement cérébral, avec ça, je suis d'accord. Encore faut-il poser correctement le diagnostic, et ne pas appeler "autisme" toute situation où un enfant dit "non».
Des psychiatres s'insurgent contre une offensive s'opposant à la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme. Ils soulignent notamment la "croisade" d'un député qui se fait le "relais du puissant lobby de quelques associations" pour écarter ces professionnels.
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Eva Taline
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UTISME
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La psychanalyse n'a pas à se mêler de pallier à un dysfonctionnement cérébral, avec ça, je suis d'accord. Encore faut-il poser correctement le diagnostic, et ne pas appeler "autisme" toute situation où un enfant dit "non». A quelque chose d'indicible, qu'il sent autour de lui (traces des camps de concentration dans la psychè de sa mère, ancienne déportée qui la font vivre dans une sorte de sidérât...on...d'elle-même issue, par exemple) - ou se tait. En attendant d'avoir réglé un certain nombre de choses dans sa tête qui l'embrouillent (quelle langue parler, lorsque plusieurs circulent autour de lui, et qu'il y a un enjeu fort quant à ce que seront les premiers mots)... La clinique des adultes, notamment psychotiques, nous enseigne que cette situation-là peut avoir existé dans l'enfance, ça a l'air d'être de l'autisme, ce n'est pas de l'autisme, plutôt comme une position phobique généralisée, extrêmement invalidante tant qu'elle dure. Mais plaçons-nous dans le cas du syndrome autistique pur, dûment diagnostiqué, et traité par les meilleures méthodes que permettent les neurosciences. Le lien avec le monde est établi, dans une certaine mesure. L'appareil à langage fonctionne. Des apprentissages sont possibles, donnent des résultats. L'autiste -et sa famille - sont sortis de l'enfer. Il reste la question, indécidable, de l'avenir de quelqu'un qui a vécu "uncommunicated" pendant les premiers temps de sa vie, au moment où pour les autres se forment les liens primaires, la sensibilité à l'autre, tout ce qui n'est pas du cognitif, mais est indissociable de notre "être au monde". C'est sans doute l'absence de ce socle primaire qui, outre la forme spéciîque de leur intelligence, laisse les autistes "guéris" quelque peu étranges et étrangers au monde "des autres". Y a -t-il possibilité de quelque manière, de revenir sur cela aussi, d'acquérir des traces de ces liens primaires qui, pré consciemment et inconsciemment, nous lient les uns aux autres au-delà des mots ? C’est une question.
Marlow Philippe"on ne peut imaginer que le langage verbal se développe sans un ensemble de compétences innés chez l'infans; il faut donc tout un appareillage neurologique pour qu'il puisse apparaïtre; mais il faut aussi qu'entre l'enfant et l'environnement un langage non verbal se soit développé"
Marlow Philippela question clinique centrale est donc celle des expériences subjectives précoces qui n'ont pu être secondairement susamment ressaisies dans l'appareil de langage verbal ?
Marlow PhilippeVous êtes d'accord Eva avec cette formulation?
Eva Talineau@père Castor - il faut beaucoup travailler, et longtemps, pour que du magma des faits cliniques et des théories qui les "modélisent", des questions simples et claires puissent être formulées, et travaillées. Contrairement à ce que certaines des personnes ici croient, la psychanalyse n'est pas une espèce de bouillie où on peut dire tout et son contraire, une idéologie qui fonctionne avec ses croyants (même si certaines personnes peuvent avoir avec elle un rapport religieux), c'est une discipline de pensée, et une éthique de la rencontre, rigoureuse et exigeante, où on ne tient jamais rien pour acquis.
Louise BrunMais dans ce cas, cela rejoint bien d'autres pathologies...ce qui me fait me demander jusqu'à quel point il est pertinent de traiter de manière uniquement spéciîque la question de l'autisme. Bien sûr, il est important d'en saisir les particularités, mais en faire une pathologie (ou pas) totalement "à part"... ?
Josiane BonadonnaLes "liens" s'établissent d'une autre façon, qui prouve qu'il n'y en a pas ?
Marlow Philippe"Les "liens" s'établissent d'une autre façon, «Je crois aussi
Pere CastorIl est intéressant de noter qu'un enfant sourd de naissance, ou même juste malentendant, manifestera très tôt les mêmes troubles de comportement qu'un autiste. Le diagnostic d'autisme comporte pour cette raison comme première étape obligatoire un bilan ORL.
Eva Talineau@philippe Marlow - je ne sais pas si oui ou non je suis d'accord, cela demande à coup sûr d' y rééchir. Car ce que vous dites suppose que ces expériences subjectives précoces ont bien eu lieu. Et ont laissé des traces, genre "pictogramme" (Aulagnier, l'originaire), qui ne se seraient même pas traduites en primaire. Peut-être oui, peut-être non. Et sans doute que cela dépend des cas. Je préfère ne pas entrer dans ce débat pour le moment.
Pere CastorIl est tout aussi intéressant de se souvenir qu'il y a quelques décennies, les sourds étaient pris pour des "fous" comme encore les autistes aujourd'hui ("psychotiques") et envoyés en HP.
Marlow PhilippeBon ok pour mettre ce débat entre ( ) pour l’instant, c’est une question celui des signiîants primordiaux ou archaques importantes, il y a forcément des diFérences entre les expériences précoces précédant l'apparition
du langage verbal et celles qui surviennent plus tard...les modalités de symbolisation ne peuvent pas être semblable ...
Josiane BonadonnaEvaC'est vous qui avez lancé ce débat en parlant de «l’absence de ce socle primaire"... Je dirai qu'il s’agit d'un socle généralement acquis, par le plus grands nombre des individus. Mais pour tous ceux (eFectivement il ne s'agit pas que des cas d’autisme) qui ont un développement "atypique" D'autre choses se construisent. Que savons-nous au juste de nos propres constructions ?...
Eva Talineau@père castor - en eFet (les sourds), et je crois qu'on est dans la même problématique. MAIS il ne faudrait pas que le nécessaire rééquilibrage (dont il est dommage qu'il ne puisse pas se faire sans tout ce tapage ! ) en vienne à fabriquer des faux autistes, parce que ça, on saurait quoi y faire. Malheureusement, c'est fréquent en psychiatrie, dès qu'il y a une avancée dans un sens, du coup, on voit cette pathologie partout. Et il y a bien des désillusions...
Iaqov Demarquetotalement d'accord avec vous, Eva... Ceci dit, méîez-vous de "Père Castor" : il débloque très largement !
Iaqov Demarquece pourquoi, personnellement, je l'ai "boqué" d'ailleurs...
Josiane BonadonnaIaqovPouvez-vous argumenter de tels propos ? C'est insultant, je trouve.
Eva Talineau@josiane Bonadonna - ce que c'est que ce "socle primaire", qui est bien loin d'être acquis par tous, est loin de faire consensus parmi les analystes, il y a de nombreuses manières de conceptualiser la chose - - pour les lacaniens, enîn certains, c'est une hérésie de parler de ça, et l'excommunication majeure en est le châtiment (sous forme de réciter, en mantra tous les séminaires de Lacan, puis les Ecrits pour faire bonne mesure) - pour les analystes anglo-saxons, kleiniens, Bioniens, autres, il s'agit d'un certain nombre d'évènements psychiques entre la mère et l'enfant, qui par une suite de projections et d'introjections "créent" la psyché de l'enfant, la psyché comme organe de la rencontre avec l'autre - selon ce qui se passe dans cette aire d'interaction primaire, certaines voies seront ouvertes, d'autres non - enîn, pour les analystes qui reprenant Binswanger, mais le portant au-delà, se réclament de la psychanalyse existentielle, comme Benedetti, et qui travaillent dans le champ des psychoses, il s'agit de la formation, dans l'infans, d'un symbole de soi, qui le soutient inconsciemment dans le fait d'exister, et faute de quoi il est obligé de s'aliéner aux appels inconscients qui lui viennent de l'autre. Vous voyez donc que la question est...complexe'..
Josiane BonadonnaUn certain nombre d'évènements psychiques entre la mère et l'enfant" et on a des preuve de ça ? Je veux dire des preuves concrètes. et d'ailleurs pourquoi la mère ? Et le père dans tout ça ?
Eva TalineauIaqov - c'est vous que je vais bloquez, si vous vous permettez de porter sur les gens de tels jugements à l'emporte-pièce
Iaqov Demarqueeh ben... non, pas de jugements à l'emporte-pièce, mais... sur pièces... à vous de voir...
Eva Talineau@Josiane Bonadonna - lorsqu'on dit "la mère", c'est souvent, chez les analystes, un raccourci pour "premier autre" - qui peut très bien être le père, en eFet. Pour ce qui est des "preuves" - je ne traite pas votre question par le mépris, et je ne la trouve pas mal venue - simplement, pour y répondre sérieusement, il faudrait que je prenne beaucoup de temps. Que là, tout de suite je n'ai pas; Mais je la garde pour plus tard.
Iaqov Demarqueil n'est pas très gentil, "Père Castor", et il a en lui une terrible haine de la psychanalyse. une haine gratuite, et je n'aime pas ça... Voila tout...
Josiane BonadonnaComment ça à nous de voir ?Iaqov DemarquePouvez vous être plus précis au sujet dePere Castor?
Brady BarOui,Eva Talineau, on l'espère votre réponse et l'attendons avec impatience
Hwi Noreeen ce qui concerne le diagnostic Eva, vous avez raison, on m'a rapporté le cas d'une personne diagnostiquée psychotique et soignée comme tel alors qu'elle souFrait d'un état de stress post-traumatique, un changement de praticien a permis de le découvrir...
Hwi Noreec'est juste une parenthèse !
Iaqov Demarquececi dit, vous faites ce que vous voulez... mais au moins, j'ai dit ce que je pense...
Eva TalineauIaqov, vous pensez ce que vous voulez, mais je vous demanderai de ne pas encombrer cette discussion avec vos antipathies qui ne m'intéressent pas, ni les autres non plus. Sinon, je vous bloque vraiment.
Iaqov Demarqueben allez-y, Eva : je n'en mourrai pas ! Au moins, j'aurai donné mon avis, par rapport à ce guignol...
Iaqov Demarquec'est si facile, dans ce lobby de parents anti-psychanalyse, de démolir tout ce que nous pouvons faire ! vous discutez avec eux ? Moi pas !
Coralie Roy Montignyet bien sortez Jean Marie, sortez !
Hille DeGardeoui merci Eva, elle est très intéressante cette discussion... je ne sais pas encore ce que je vais en faire mais j'apprécie votre avant-propos.
Iaqov Demarquepas de compromis avec l'ennemi ! Jamais ! On a appris ça en 33, en 42, et après, non ? Shabbat shalom !
Iaqov Demarquealors, ok, virez-moi ! mùais, quelque part, c'est vous-même que vous trahirez...
Iaqov Demarquececi dit, j'apprécie beaucoup votre texte...
Marlow PhilippeIaqov vous avez donné votre avis, maintenant nous voudrions poursuivre cette discussion
Coralie Roy MontignyOH mais je vous ai connu plus agréable ! Vous êtes pénible là et vos comparaisons historiques sont douteuses
Josiane BonadonnaAHwi NoreeeFectivement le diagnostic est très important On m'a rapporté pour ma part des cas d'autisme diagnostiqués à tort comme étant psychotiques. Un désastre !
Iaqov Demarquepas si douteuses, Coralie, non... Mais vous connaissez mes antécédents avec "Père Castor", non ?
Iaqov Demarquebon, oki, je sors... ;-)
Coralie Roy Montignyje me rappelle aussi que vous m'avez "éjectée" ...!!
Iaqov Demarquevous, Coralie ? mais non...
Coralie Roy Montignyvous ne vous en souvenez plus ... pas grave, je ne vous en veux pas ... notre divergence d'opinion à propos de "Le Mur" vous a mis en rage et vous m'avez blacklistée de vos contacts !
Marlow PhilippeCoralie si vous pouviez poursuivre avec Iaqov ailleurs et permettre que la discussion ici continue....merci
Coralie Roy MontignyOui ! désolée ...
Iaqov Demarqueok, je sors... et je quitte ce groupe...
Eva Talineau@josiane Bonadonna - si on commence là-dessus, on n'en înira jamais (les erreurs de diagnostic) , moi c'est surtout en psychiatrie adulte que j'en vois les dégâts - des vies gâchées parce qu’un diagnostic précoce de schizophrénie a littéralement privé d'avenir des jeunes gens qui ont développé une bouFée délirante - ou de mélancolie venant sanctionner la douleur de pertes qui du coup ne pouvaient plus être reconnues comme telles, ni élaborées, ni dépassées - mais en psychiatrie infantile aussi, je ne doute pas que les conséquences puissent en être gravissimes.
Marlow PhilippeJe peux faire malheureusement parfois, le même constat ...
Josiane BonadonnaEFectivement mais les enfants sont de futurs adultes. J'ai lu à diverses reprises que près de 60% de la population des HP étaient autiste. Que font-ils en HP ?
La psychanalyse peu à peu écartée de la prise en charge de l’autisme ?
Émeline erard, publiée le 14 février 2012
Des psychiatres s'insurgent contre une ofensive s'opposant à la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme. Ils soulignent notamment la "croisade" d'un député qui se Fait le "relais du puissant lobby de quelques associations" pour écarter ces proFessionnels.
Le Collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire s'insurge de l'oFensive du député UMP Daniel asquelle qui, accuse-t-il, continue sa croisade visant à "mettre déinItIvement in à l'approche psychanalytIque de l'autIsme". En eFet, après avoir déposé une proposition de loi dans ce sens, ce député veut désormais saisir le Conseil national des universités pour interdire toute référence à lapsychanalysedans l'enseignement et la recherche sur l'autisme.
Le quotidienLIbératIonindiquait hier que les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle pourraient ainsi être écartées des recommandations du rapport de la Haute autorité de santé (HAS) et de l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) en ce qui concerne la prise en charge autistique. Intitulé "ïnterventIons globales non recommandées ou non consensuelles", le rapport cité parLIbératIonindique en particulier que "l'absence de données sur
leur eîcacIté et la dIvergence des avIs exprImés ne permettent pas de conclure à la pertInence des InterventIons fondées sur les approches psychanalytIques, nI sur la psychothérapIe InstItutIonnelle".
Néanmoins, la HAS a tempéré en soulignant que le quotidien s'appuyait sur une "version provisoire". "Ce travail est en cours de înalisation", ajoutent l'Anesm et la HAS dans un communiqué. Cette version est pourtant tout à fait plausible dans la mesure où la fédération française des Dys (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie), par exemple, a critiqué la "persIstance de pratIques psychanalytIques totalement dépassées (...) dans la prIse en charge des enfants autIstes". De son côté, la CGT-Santé a apporté son soutien à deux médecins "convoqués devant les Instances ordInales de leurs départements" suite à la plainte d'une association de parents d'enfants autistes contre la pratique du packing (enveloppement dans un drap humide).
D’ailleurs, le rapport qui sera rendu public le 6 mars devrait également se prononcer sur le packing. L’association Vaincre l'autisme demande son interdiction, tout comme la HAS, selon Libération. "Que ce soIt au sujet de la psychanalyse ou des packs, la prIse en charge des enfants autIstes sert de prétexte fort démagogIque pour justIier l’Ingérence de poInts de vue polItIques et IdéologIques dans les soIns, au détrIment de l’Indépendance des pratIques et d’un réel débat scIentIique", juge encore la CGT-Santé cité par l'AP.