Bac de français 2014 : corrigé d

Bac de français 2014 : corrigé d'un sujet probable (commentaire littéraire sur le théâtre) - séries générales

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Extrait à commenter : Acte I (Cadmos) scène 3 (Peine) et scène 4 (Sépultures) I,3 Fenêtre ouverte vers la mer. Les corps des fils pourrissent au soleil. PÈRE. Le temps fuit et pas d’oubli possible.

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Ajouté le 11 février 2014
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Langue Français
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Extrait à commenter :
Acte I (Cadmos) scène 3 (Peine) et scène 4 (Sépultures)
I,3
Fenêtre ouverte vers la mer. Les corps des fils pourrissent au soleil.
PÈRE. Le temps fuit et pas d’oubli possible. Non plus de fenêtres ouvertes vers la mer. Comme si quelqu’un avait éteint la lumière. Plus de regard vers la plage Plus de plage Plus de sourire Plus de rire Qu’un grand corps qui existe là. Des vagues silencieuses qui roulent Comme des pleurs sur la ville sans sanglots sans rien. Un corps un espace Monotone monotone. Une neige triste et grise Mêlée emmêlée Même quand il fait beau. Un soleil de poudre Farineux Sans le jus de la vie qui chauffe. Europe Ma fille Notre reine Europe Ils l’ont enlevée Europe Visage phosphore S’en est allée. Catastrophe catastrophe ! Fils rejetés par les vagues Décapités Atrophiés Je ressens un malheur Qu’aucun de mes ancêtres n’a ressenti avant moi Dans mon corps le déclin de ma civilisation. Barrage qui cède. Énorme paroi s’écroulant en silence Dans l’océan noir de l’histoire. Goût amer d’encre sur la langue Le foie du soleil me remonte à la gorge Étranglant tout espoir.
Le père se défenestre.
I, 4
Hauteur. Ciel et mer. Des aigles, des corbeaux et autres oiseaux. Quatre sépultures. Cadmos enterre ses frères et son père.
CADMOS. Père et frères Je dresse sur votre tombe la stèle de pierre. Vos corps ne seront pas la proie des chiens et de tous les oiseaux Mais temples fracturés Retournant Mystère des mystères Dans la chaude terre.
Père et frères Morts Je dresse la stèle en équilibre Entre vous et moi Moi vivant Vous absents. Moi dans la flèche du temps Vous dans son néant.
Père et frères Morts Je dresse la stèle affûtée. Elle tracera dans l’air salin La ligne et son tranchant Pour dire que là En ce lieu-là Flottera à jamais L’oriflamme de douleur.
Père et frères Morts Je recouvre vos corps de corps d’oiseaux. Ils donneront à votre repos légèreté et air Vous feront voir la mort de plus haut Seront vos compagnons de tristesse et de joie.
Cognez les pierres contre les pierres Faites résonner le chant des hommes.
Chant. Cognement de pierres. Enterrement.