La Contribution de la France au progrès des pays en développement

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L'aggravation des inégalités entre le Nord et le Sud malgré un demi siècle d'aide au développement et de croissance sans précédent représente le défi le plus sérieux auquel est confrontée la planète au seuil du troisième millénaire.
Pour le Conseil économique et social, ce constat conduit à repenser notre politique de coopération. Seule la mobilisation de tous les acteurs - publics et privés, du Nord comme du Sud - autour d'une politique globale et à long terme, conjuguant efficacité écologique, efficacité économique et progrès social permettra de répondre aux enjeux du développement. Source : Conseil économique et social

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Publié le 01 mars 2001
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L
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III
SOMMAIRE
Pages
AVIS adopté par le Conseil économique et social au cours de sa séance du 28 février 2001 ...................... I - 1
I - LE CONSTAT : LA NÉCESSITÉ DUNE NOUVELLE APPROCHE DU DÉVELOPPEMENT............................................4 II MOBILISER TOUS LES ACTEURS POUR UNE -POLITIQUE GLOBALE DU DÉVELOPPEMENT.......................9 A - ADAPTER LA POLITIQUE PUBLIQUE À LÉVOLUTION DES BESOINS.....................................................................................9 1. La réforme des institutions et des instruments : des clarifications nécessaires .......................................................................................9 2. Une nécessaire réévaluation des moyens........................................11 3. Laide projet, associée à une culture de partenariat, doit être lun des principaux vecteurs de la coopération française ......................12 4. La France doit jouer un rôle moteur au sein de la communauté internationale en faveur de lannulation de la dette des pays les plus pauvres ...................................................................................13 B - VALORISER LA COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE ET LA COOPÉRATION NON GOUVERNEMENTALE ............................14 1. La coopération décentralisée ..........................................................15 2. La coopération non gouvernementale dinitiative privée ...............16 C - METTRE EN UVRE DES POLITIQUES MULTIDIMENSIONNELLES ET INTERACTIVES .......................20 1. Dans un monde que népargnent ni les catastrophes naturelles, ni les conflits ouverts, laide humanitaire et laide durgence prennent une place grandissante. ...................................................21 2. La consolidation de létat de droit et lenracinement de la démocratie sont une condition essentielle du développement durable ...........................................................................................21 3. Léducation et la culture constituent un enjeu majeur ....................23 4. Rendre plus lisible la coopération scientifique et technique...........25 5. Se fixer des objectifs plus ambitieux pour la politique de santé .....26 6. Le développement économique : faciliter lémergence déconomies équilibrées plus diversifiées et moins vulnérables ....27 III - PRÉSERVER LORIGINALITÉ DU MODÈLE EUROPÉEN DANS LA COOPÉRATION INTERNATIONALE ......................30 IV - PRENDRE EN COMPTE LES PRÉOCCUPATIONS DES PAYS EN DÉVELOPPEMENT DANS LA RÉGULATION DES RELATIONS INTERNATIONALES ....................................32
IV
A - MIEUX INTÉGRER LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT DANS LES ÉCHANGES MONDIAUX........................................................33
B - PRENDRE EN COMPTE LA DIMENSION SOCIALE...................34
C - STABILISER LA SPHÈRE FINANCIÈRE ......................................36
V - CONFORTER ET PROMOUVOIR LES PROPOSITIONS DE LA FRANCE POUR LA COOPÉRATION INTERNATIONALE .......................................................................37
A - LÉVALUATION DES POLITIQUES CONDUITES EST INDISPENSABLE À LEUR APPRÉCIATION PAR TOUS LES ACTEURS CONCERNÉS .................................................................37
B - AMÉLIORER LE DÉBAT PUBLIC .................................................37
ANNEXE A LAVIS..........................................................................................41 SCRUTIN............................................................................................................41DÉCLARATIONS DES GROUPES...................................................................43
RAPPORT présenté au nom de la section des relations extérieures par M. François Coursin, rapporteur ................................................................. II - 1
INTRODUCTION ...............................................................................................5
CHAPITRE I - LE SOUS-DÉVELOPPEMENT : DES SYMPTÔMES AUX CAUSES MULTIPLES, DES RÉPONSES INADAPTÉES ..........................................................................9
I
- DES SYMPTÔMES COMMUNS QUI SE MANIFESTENT À DES DEGRÉS DIVERS...................................................................11
A LA PAUVRETÉ ET LAGGRAVATION DES INÉGALITÉS........11 -1. Les données de la Banque mondiale...............................................11 2. L indicateur de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) .............................14
B - LA MALNUTRITION.......................................................................18 1. Le constat : une insécurité alimentaire encore trop répandue, malgré quelques progrès récents ....................................................18 2. La lutte contre la faim.....................................................................19
C - LÉTAT SANITAIRE........................................................................20 1. La révolution sanitaire du XXe siècle ............................................20 2. Un legs incomplet en ce qui concerne les pays en voie de développement ...............................................................................22 3. Une stratégie pour les vingt prochaines années ..............................24
D - LA NOUVELLE DONNE DÉMOGRAPHIQUE .............................26 1. Lexplosion démographique remise en question ............................26 2. De nouveaux déséquilibres .............................................................27
V
3. Les défis de la croissance démographique......................................29 4. Les flux migratoires........................................................................30 5. Une urbanisation galopante ............................................................32
E - LANALPHABÉTISME ....................................................................36 1. Un bilan mitigé qui recouvre des lacunes persistantes ...................36 2. Des causes multiples à ces insuffisances ........................................39 3. Des remèdes qui ne sont pas hors de portée ...................................41
F - UN ENVIRONNEMENT MENACÉ .................................................41
G - LABSENCE DUN ETAT DE DROIT, DES RÉGIMES NON DÉMOCRATIQUES, LA CORRUPTION ....................................45 1. LEtat de droit : un idéal difficile à atteindre..................................45 2. Des droits de lHomme trop souvent malmenés .............................47 3. La corruption : qui dit corruption dit corrompus et corrupteurs .49
H - LINSÉCURITÉ, LA VIOLENCE, VOIRE LES CONFLITS ..........51 1. De plus en plus de guerres civiles ..................................................52 2. Des conflits identitaires cachant la faiblesse de lEtat, la pauvreté et les frustrations du non développement ........................54
I - LA DESTRUCTURATION DES SOCIÉTÉS ....................................56
II - DES RÉPONSES INADAPTÉES ....................................................59
A - LES ILLUSIONS DES APPROCHES VOLONTARISTES .............60 1. Le sous-développement : retard de développement........................60 2. Dépasser les dépendances du Sud...................................................61
B - LES DÉFIS DE LA MONDIALISATION ........................................62 1. Baisse des aides et respect des grands équilibres ...........................62 2. Lajustement structurel ...................................................................63 3. Lintégration au marché mondial ...................................................64 4. Prendre en compte les réalités ........................................................65 5. Les remises en cause ......................................................................67
C - LES CONDITIONS DUN DÉVELOPPEMENT DURABLE..........68 1. La participation de tous au cur du développement durable..........69 2. Le développement humain, pilier du développement durable ........74
CHAPITRE II - LA POLITIQUE FRANÇAISE : DE LAIDE AU PARTENARIAT.....................................................................81
I - QUELQUES RAPPELS HISTORIQUES : DE LA DÉCOLONISATION À LA RÉFORME DE 1998........................81
A - LES ORIENTATIONS ET LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE FRANÇAISE DE COOPÉRATION ..................................................81 1. Deux grands axes : solidarité et promotion des intérêts français ....81 2. Une forte concentration sur les pays francophones ........................83
B - UNE GRANDE CONTINUITÉ, QUELQUES RUPTURES.............86 1. Les mutations de lenvironnement international ............................86
II
VI
2. Vers une multilatéralisation des relations économiques ? ..............87 3. Immigration et co-développement ..................................................88
- LA COOPÉRATION FRANÇAISE AU DÉVELOPPEMENT....90
A - LE DISPOSITIF ACTUEL................................................................90 1. Le nouveau dispositif public : réforme ou transition ? ...................90 2. La coopération décentralisée et la coopération non gouvernementale dinitiative privée : lengagement dune société civile envers une autre société civile................................108
B - LES POLITIQUES SUIVIES ..........................................................145 1. Au plan bilatéral ...........................................................................148 2. Comparaisons avec les politiques suivies par dautres Etats ........237 3. Politique européenne ....................................................................245 4. Les institutions internationales .....................................................264 5. Atouts et devenir : zone franc et francophonie .............................288
CHAPITRE III - PROBLÈMES, ENJEUX ET PERSPECTIVES............295
I
II
- QUEL RÔLE POUR LES ÉTATS ? .............................................299
A - LES CONDITIONNALITÉS...........................................................301
B - SERVICE PUBLIC ET DÉSENGAGEMENT DE LETAT ...........303
C - AU SERVICE DE LA POPULATION : LEXEMPLE DE PARTENARIATS ONG/ENTREPRISES .......................................307 1. Laccès aux services décentralisés pour tous : comment ? ...........309 2. Lentreprise : forces et faiblesses .................................................310 3. LONG : forces et faiblesses ........................................................310 4. Les conditions préliminaires indispensables au partenariat ..........311 5. Partenariat entreprise/ONG : quelles limites ? .............................311
- RÔLE ET PLACE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE : LAIDE AUX POPULATIONS .............................................................................312
A LE FINANCEMENT DES MICRO-PROJETS ...............................313 -1. Le micro-crédit comme outil de développement ..........................316
B - UN EXEMPLE DAIDE À LA POPULATION : LE COMMERCE ÉQUITABLE ............................................................320 1. Des actions concrètes sur des produits artisanaux et des matières premières......................................................................................3212. Définir un label social pour les produits de grande consommation ..............................................................................321
C - UNE DES CLEFS DU DÉVELOPPEMENT : LA PROMOTION DE LA FEMME ...............................................................................322
III - LES MOYENS DE LAIDE FRANÇAISE AU DÉVELOPPEMENT......................................................................332
A - LÉVOLUTION BUDGÉTAIRE ....................................................332
VII
B - LA LANCINANTE QUESTION DE LA DETTE...........................335 1. Lhétérogénéité des pays en développement ................................335 2. Du rééchelonnement à la réduction de la dette .............................336 3. Une mesure exceptionnelle : linitiative PPTE.............................339 4. le traitement de la dette : concrétiser rapidement les engagements.................................................................................3405. La stratégie de la France ...............................................................343
IV - LA QUESTION SOCIALE ............................................................345 1. Progrès social, développement économique, avancées démocratiques : une interaction certaine mais inégalement répandue et souvent déséquilibrée ...............................................345 2. Affichée comme universelle la volonté daméliorer le sort de lhumanité exige des Etats comme des organisations internationales compétentes la volonté politique de sen donner les moyens....................................................................................347
V
- DÉMOCRATISATION ET TRANSPARENCE ..........................350
A - LÉVALUATION............................................................................352
B - POLITIQUE EUROPÉENNE DE DÉVELOPPEMENT : QUEL DÉBAT AU PARLEMENT ET AU CONSEIL ? ............................354
C - RENFORCER ET DÉMOCRATISER LE FONCTIONNEMENT DES NATIONS UNIES ET LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES .....................................................................355
VI - PROMOTION DES POSITIONS FRANCAISES .......................357
A - STIMULER LA RECHERCHE SUR LE DÉVELOPPEMENT : UN COURANT DE PENSÉE ET DE RÉFLEXION QUI DOIT CONJUGUER LES APPORTS DE LA FRANCE ET DES PVD ...357
B - RENFORCER LA PLACE ET LE RÔLE DE LA FRANCE DANS LES INSTITUTIONS ET DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT........................................................................359
C - INFORMATION ET COMMUNICATION ....................................362
CONCLUSION................................................................................................365Liste des personnalités rencontrées........3...76....................................................
ANNEXES........................................................................................................369Annexe 1 : Index des perceptions de la corruption 1998 de transparency international ..................................................................................371 Annexe 2 : Déclaration sur le droit au développement ...................................373 Annexe 3 : la loi du 11 mai 1998, entre assouplissement et recherche defficacité ....................................................................................378 Annexe 4 : Vingt-deux ans « daides au retour »............................................380 Annexe 5 : Education et culture : limagination au rendez-vous de la coopération ...................................................................................382 Annexe 6 : Laide liée.....................................................................................387
VIII
Annexe 7 : Le système bancaire dans les pays en développement..................392 Annexe 8 : La répartition actuelle des droits de vote au sein du conseil dadministration du FMI (au 2 août 1999) ...................................397 Annexe 9 : La Banque Mondiale et lenvironnement .....................................398 Annexe 10 : Facilités de crédit du FMI.............................................................400 Annexe 11 : Quelques exemples de partenariat ONG-Entreprises ...................407 Annexe 12 : Le rôle des femmes dans le développement .................................423 Annexe 13 : Rapports et études du Conseil économique et social ayant trait à la coopération internationale ............................................................425
TABLE DES SIGLES .....................................................................................427
I - 1
AVIS adopté par le Conseil économique et social au cours de sa séance du 28 février 2001
I - 2
I 3 -
Le Bureau du Conseil économique et social a confié le 7 juillet 1998 à la section des relations extérieures la préparation dun rapport et dun avis sur« La contribution de la France au progrès des pays en développement »1. La section a désigné M. François Coursin comme rapporteur. *
* *
Sinscrivant dans lensemble des travaux que le Conseil économique et social a consacrés aux relations de la France avec des pays ou groupes de pays en développement, le présent avis et le rapport qui laccompagne répondent à une saisine dordre général. Après quarante ans daide au développement, lanalyse des besoins dans le monde conduit à sinterroger sur lefficacité des politiques conduites. En quoi ont-elles soutenu les démarches des pays en voie de développement vers lautonomie, en quoi ont-elles contribué à leur progrès, en quoi ont-elles tenté de résoudre les inégalités entre pays, comme entre groupes de populations à lintérieur de chaque pays ? Concevoirla France au progrès des pays en« la contribution de développement», cest dévidence sinterroger sur ce que peut et doit être le progrès dun pays. Les indicateurs de développement humain, avancés par le PNUD nous semblent une bonne voie. Le progrès dun pays sappuie évidemment sur une croissance économique, soutenue et durable, pour laquelle, aux côtés de laide publique, lintervention du secteur privé est essentielle. Mais le progrès dun pays ne sarrête pas là. Il repose sur une juste et efficace répartition de ses résultats, qui elle-même favorise la croissance et lui donne tout son sens, en permettant la promotion de lensemble de la population, dans le respect des droits fondamentaux individuels et collectifs, laccès à la santé, à léducation, à lautonomie par lemploi, à lépanouissement social et culturel ce qui conduit à une approche globale du développement où limpératif de lutte contre la pauvreté se situe au cur des stratégies économiques, sociales et culturelles. Une telle démarche exige la mobilisation et la conjugaison de toutes les compétences et savoir-faire, en articulant beaucoup mieux, dans un plan densemble, les interventions des différents acteurs publics et privés : Etat et Institutions multilatérales, coopération décentralisée, coopération non gouvernementale dinitiative privée. Elle demande surtout dasseoir le développement sur la valorisation des atouts et des compétences locales, dans la responsabilité affirmée de chaque pays sur son propre développement. Dans cet esprit, la section des Relations extérieures a souhaité que ce travail puisse être lexpression, non seulement des acteurs français, mais aussi des représentants de pays partenaires. Cest pourquoi nous avons consulté, notamment par audition, des représentants des Conseils économiques et sociaux de PED, par lintermédiaire de lAssociation Internationale dont le Conseil économique et social français assure le secrétariat général. Nous espérons que le rapport et le présent avis sont un reflet fidèle de leur pensée. 1 Lensemble du projet davis a été adopté au scrutin public par 175 voix pour et 2 abstentions (Voir résultat du scrutin en annexe).
I - 4
Enfin, la coopération internationale doit être laffaire de lensemble de la nation, pas seulement des acteurs privés et publics qui y interviennent. On peut constater une évolution positive de lintérêt pour la solidarité internationale, surtout chez les jeunes. Il faut soutenir létat de lopinion en ce sens, notamment par lanimation éducative et par la communication, en valorisant limage des pays en développement et les progrès accomplis, mais aussi en soulignant limpact des politiques de coopération internationale sur la situation économique, sociale et culturelle en France.
I - LE CONSTAT : LA NÉCESSITÉ DUNE NOUVELLE APPROCHE DU DÉVELOPPEMENT « La vieille division du monde en deux blocs, lEst et lOuest, sest estompée. A présent, le défi, la menace véritable, cest le fossé en termes de richesse et de santé qui sépare les riches des pauvres Cest là le grand problème et le danger le plus sérieux auxquels sera confrontée la planète au cours du troisième millénaire. Le seul autre sujet dinquiétude comparable est la détérioration de lenvironnement, mais ces deux questions sont intimement liées au point, il est vrai, de nen faire quune. » ainsi que dans son ouvrage Cest « Richesse et pauvreté des Nations », David S. Landes souligne lenjeu crucial du sous-développement qui affecte encore plus de la moitié de lhumanité. En effet, bien que le monde ait connu une croissance sans précédent et que la pauvreté ait régressé davantage au cours des cinquante dernières années quà nimporte quelle autre époque, elle nen continue pas moins de toucher une large part de la population mondiale : près de 1,5 milliards dindividus ont moins de un dollar par jour pour vivre et 3 milliards moins de deux dollars. Malgré dindéniables progrès, laccès au minimum vital de nourriture, à leau potable, à la santé, à léducation, au respect de la dignité humaine, de même que le droit à la sécurité individuelle et collective, à la liberté dans la démocratie, par létablissement de lEtat de droit, demeurent des problèmes majeurs dans le monde. Et ce dautant plus que les besoins nont fait que croître en raison notamment de la pression démographique et de lurbanisation, des changements géopolitiques consécutifs à leffondrement du bloc communiste, ainsi que des besoins nouveaux apparus dans les pays en transition et dans les pays en développement afin de permettre et de réussir leur intégration dans léconomie mondiale. Non seulement, les objectifs fixés lors des grandes conférences internationales : réduire de moitié la proportion de la population vivant en extrême pauvreté entre 1990 et 2015 (Sommet de Copenhague 1995), scolariser tous les enfants dans lenseignement primaire dici à 2015 (Pékin 1995), réduire des deux tiers le taux de mortalité infantile entre 1990 et 2015 (Le Caire 1994), mettre en place avant 2005 une politique de développement durable (Rio 1992), donner un logement convenable pour tous (Istanbul 1996), progresser vers légalité des sexes et lautonomisation des femmes (Pékin 1995), ratifier les traités et protocoles internationaux relatifs aux droits de lhomme (Vienne 1993) ne seront probablement pas atteints, mais, de plus, les inégalités se sont profondément aggravées, entre pays comme à lintérieur des pays. Selon le PNUD, les 20 % les plus riches de la population disposaient en 1960 dun revenu