La diversité des emplois créatifs : une richesse pour l'Ile-de-France

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Avec 45 % des emplois nationaux, les industries créatives constituent un secteur stratégique et emblématique de l’lle-de-France et contribuent fortement à son attractivité internationale. Organisées autour d’un marché du travail atypique (contrats précaires, intermittence), ces activités sont concentrées au coeur de l’agglomération parisienne. Introduction Les industries créatives au croisement de l'économie et de la culture Un secteur pourvoyeur d'emplois Un emploi sur deux dans les industries créatives est occupé par un « créatif » Des actifs plus jeunes, plus diplômés qu'en moyenne Un secteur qui exige un marché du travail plus flexible Une forte dualité précaires/qualifiés Des actifs qui vivent à proximité de leur lieu de travail... ... et qui travaillent essentiellement au coeur de l'agglomération parisienne Des territoires créatifs très typés : Les territoires très créatifs Les territoires à dominante « high-tech » Les territoires à dominante « publicité » Les territoires à dominante « spectacle vivant »

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ILE-DE-FRANCE à la page
N° 371 - Septembre 2011
La diversité des emplois créatifs :
une richesse pour l'Ile-de-France
Avec 45 % des emplois nationaux, les industries créatives constituent un secteur
stratégique et emblématique de l’lle-de-France et contribuent fortement à son attractivité
internationale. Organisées autour d’un marché du travail atypique (contrats précaires,
intermittence), ces activités sont concentrées au cœur de l’agglomération parisienne.
Carine Camors et Odile Soulard, IAU Ile-de-France
Laure Omont, Insee Ile-de-France
la frontière de l’économie et l’emploi francilien contre seulementUn secteur
de la culture, les industries créa- 1,9 % en province. C’est autant que le
pourvoyeur d’emploisA tives sont considérées comme secteur de la construction ou de l’hôtel-
un moteur de l’économie de la connais- lerie restauration. Les secteurs « cinéma,Avec 309 000 emplois en 2007, les
sance. Le concept s’est largement répan- industries créatives franciliennes sont audiovisuel, photographie, musique »
du dans les politiques de soutien des prépondérantes en France : la région et « spectacle vivant » offrent plus de
métropoles internationales et ces indus- quatre emplois sur dix des industriesconcentre 45 % des emplois des indus-
tries sont aujourd’hui identifiées comme créatives franciliennes✎❶.tries créatives. Ils représentent 5,5 % de
une filière prioritaire par la Région lle-
L'Ile-de-France accueille près de la moitié des emplois des industries créativesde-France.
Répartition des emplois des industries créatives par sous-secteurs
309 000 en Ile-de-France 376 600 en province
6%Les industries créatives 12 % 12 %
23 %au croisement de l’économie
15 %
et de la culture
13 %
Deux approches complémentaires per-
mettent de définir les industries créatives
(➩■ Définitions). Ces dernières regrou-
pent les secteurs d’activité qui trouvent 34 %
16 %leur origine dans la créativité individuelle,
16 %la compétence et le talent : architecture ;
22 %
cinéma, audiovisuel, photographie, mu-
sique ; édition de jeux vidéo et logiciels ;
18 % 13 %
édition de livre et presse ; publicité ;
Cinéma, audiovisuel, photographie, musique Spectacle vivant Edition (livre, presse)
spectacle vivant ; art/antiquités, mode, Publicité Edition de jeux vidéo, logiciels Architecture
artisanat d’art, design. Source : Insee, recensement de la population 2007, exploitation complémentaire au lieu de travail, traitement IAU îdF
EmploiDans les industries créatives, dramatiques, cadres de la publicité, ar- Un secteur qui exige
les actifs ne sont pas tous créatifs chitectes, artistes plasticiens, musiciens,
un marché du travailTrident des professions et des secteurs photographes, écrivains... Lorsqu’ils
créatifs plus flexibleexercent un métier non créatif (47 %), il
Secteurs s’agit surtout d’ingénieurs et de cadres
Les industries créatives fonctionnent
d’étude, recherche et développement enIC Hors IC
souvent dans une logique de projet : un
informatique, d’employés administratifs,
réseau se constitue pour la réalisation
de secrétaires. Par ailleurs, 144 000
d’un film, d’un jeu vidéo, d’une pièce de
+ actifs créatifs exercent leur activité en164 200 144 200 = 308 400
théâtre puis se défait pour se reformerprofessions dehors des industries créatives (exemple :
créatives ensuite. En conséquence, la part des in-
un designer dans l’automobile). Au total,+
dépendants dans les industries créatives
plus de 453 000 actifs créatifs exercent
est trois fois plus élevée qu’en moyenne
une profession créative et/ou travaillent144 800
dans les autres secteurs. Les emplois sont
dans le secteur des industries créatives
de ce fait plus précaires, la flexibilité de
en Ile-de-France.
= l’emploi étant une caractéristique forte
309 000
du secteur des industries créatives : seu-emplois dans les Industries Créatives (IC)
Des actifs plus jeunes, lement 62 % des actifs ont un contrat à
Lecture : au sein des 309 000 emplois dans les
durée indéterminée, contre 80 % desplus diplômés qu’en moyenneindustries créatives, 164 200 sont créatifs (exemple :
journaliste à la télévision) et 144 800 sont non créatifs emplois en moyenne dans la région.
(exemple : comptable dans une maison d'édition). En
dehors des industries créatives, 144 200 sont créatifs Les emplois des industries créatives sont
(exemple : designer dans l'automobile).
occupés par des actifs, créatifs ou non, Une forte dualité
plus jeunes qu’en moyenne tous sec-Source : Insee, recensement de la population 2007, précaires/qualifiésméthode et traitement IAU îdF teurs confondus. C’est particulièrement
le cas dans le secteur de l’édition de jeux
Le champ des industries créatives est hé-
vidéo-logiciels où plus de la moitié a
térogène et les situations individuelles
moins de 35 ans✎❸. Ils sont égalementUn emploi sur deux des actifs demeurent très diversifiées.
plus diplômés : 44 % ont obtenu un di-
Les contrats à durée déterminée sontdans les industries créatives e e
plôme de 2 ou 3 cycle contre 27 % en
particulièrement répandus dans le spec-est occupé par un « créatif » moyenne. Les plus diplômés travaillent
tacle vivant (28 %) et dans l’audiovisuel
dans l’architecture (71 % des actifs). En
(23 %). Ce sont aussi les secteurs où les
Parmi les actifs travaillant dans les indus- revanche, un actif sur quatre n’a pas le intermittents, une des spécificités fran-
tries créatives, 53 % sont des « créatifs » : baccalauréat dans le spectacle vivant et
çaises du secteur culturel, sont les plus
ils exercent une profession créative spé- la publicité. Cette part demeure large-
présents (➩■ Une spécificité française,
cifique à leur domaine ✎❷. Cette part ment inférieure à la moyenne franci-
les intermittents). Les CDD sont en re-
varie fortement d’un sous-secteur à lienne (39 %). Comme dans l’ensemble
vanche moins fréquents dans l’édition
l’autre : de 6 % dans l’édition de jeux vi- des secteurs, les femmes sont moins
déo et logiciels à 68 % dans l’architec- représentées que les hommes dans les
ture et 69 % dans le spectacle vivant. Les industries créatives ; elles sont très pré- Une spécificité française,
actifs créatifs sont le plus souvent jour- sentes dans l’édition de livre et presse les intermittents
nalistes, graphistes, stylistes, assistants (56 %) et dans la publicité (51 %) mais
L’intermittence est le régime d’assurancetechniques de la réalisation des specta- ne sont que 28 % dans l’édition de jeux
chômage des salariés entrant dans le cadrecles vivants et audiovisuels, artistes vidéo-logiciels.
des annexes 8 et 10 de la convention Unedic.
Elle concerne les emplois en « CDD d’usage »
accordés aux artistes et techniciens du spec-
Les actifs des industries créatives : un profil singulier
tacle vivant et enregistré et permet à cesCaractéristiques des actifs en Ile-de-France (en %)
derniers d’alterner des périodes travaillées et
des périodes de non-activité pour lesquellesTous secteurs
Industries créatives d'activité confondus ils touchent des prestations de chômage. Elle
constitue une exception alors que prédomi-Nombre d'emplois 309 000 5 570 300
nent, dans les autres pays, des formes plusPart des créatifs (professions créatives) 53,1 5,5
classiques de marché du travail. Selon AudiensPart des femmes 44,3 47,9
et la Commission du film d’Ile-de-France, laPart des moins de 35 ans 41,4 36,7
e e région compte 117 400 intermittents en 2009
Part des plus diplômés (2 et 3 cycles universitaires) 43,9 27,2
dans la production audiovisuelle et cinémato-Part des indépendants 20,5 7,7
graphique. La plupart ont des revenus qui les
Part des CDI 62,5 80,3
apparentent à des travailleurs occasionnels
Part du temps partiel 19,6 14,1
ou à des figurants : 66 % d’entre eux ont un re-
Part de l’emploi stable* 33,7 26,1
venu annuel inférieur à 3 500 euros. En 2009,
*actifs résidant et travaillant dans la même commune - Paris = 20 communes. seuls 14 % perçoivent plus de 18 500 euros.
Source : Insee, recensement de la population 2007, exploitation complémentaire au lieu de travail, traitement IAU îdF
Professions
non créatives créativesParis concentre plus de la moitié des emplois des industries créativesde jeux vidéo-logiciels (3 %) et dans la
Répartition des emplois par département et sous-secteur des industries créativespublicité (7 %). Plus souvent à temps
(en effectifs et en %)partiel (20 % contre 14 % en moyenne),
157 602 Spectacle vivantles emplois des industries créatives sont 51,0 %
plus précaires que les autres, notamment Publicité
dans le spectacle vivant où près d’un ac- Architecture
tif sur trois est non salarié ; ils cumulent
Edition de jeux vidéo, logiciels
souventCDD (28%)ettemps partiel
Edition (livre, presse)
(35 %). En moyenne, la précarisation des
Cinéma, audiovisuel, photographie, musiqueemplois créatifs s’est accentuée ces der-
nières années par le recours croissant à
l’externalisation des activités.
75 785
24,5 %
Des actifs qui vivent à proximité
6 859
de leur lieu de travail... 2,2 %
20 693
Val-d’Oise 6,7 %L’une des caractéristiques des actifs du
secteur est qu’ils résident souvent à
proximité de leur lieu de travail : 34 %
13 596 Seine-Saint-Denishabitent et travaillent dans la même
4,4 %
commune, contre 26 % tous secteurs Paris 16 787
Hauts-de-Seine 5,4 %d’activité confondus. Cette proximité
Yvelines
entre domicile et espace de travail rend
Val-de-Marne 8 692
plus facile l’accès aux partenaires, aux 2,8 %
donneurs d’ordre. La frontière entre vie
9 014 Seine-et-Marneprofessionnelle et vie personnelle de ces
2,9 %
actifs est souvent poreuse et cette proxi-
mité est à l’origine de véritables lieux de
Essonne
gravitation artistique. En effet, la ville est
une véritable ressource pour l’économie
© IAU îdF 2011
créative qui tend à se territorialiser, à
élire des espaces propices dans les mé-
tropoles où elle va disposer de réseaux
et de centralité.
Source : Insee, recensement de la population 2007, exploitation complémentaire au lieu de travail, traitement IAU îdF... et qui travaillent
essentiellement au cœur
emplois, la Seine-Saint-Denis bénéficiede l’agglomération parisienne Des territoires créatifs très typés
d’une forte dynamique depuis quelques
Plus des trois quarts des emplois des in- années, stimulée par une volonté poli- Une analyse typologique des territoires
dustries créatives sont concentrés à Paris tique et une offre foncière attractive aux créatifs permet de mettre en évidence
et dans les Hauts-de-Seine. Avec 7 % des portes de Paris✎❹. une certaine cohérence dans cet en-
semble hétérogène. En effet, il existe des
caractéristiques communes au sein des
Méthodologie territoires créatifs en fonction des em-
plois occupés ✎❺. Quatre familles deLa typologie des territoires créatifs : l’analyse porte sur les communes d’Ile-de-France offrant au
territoires se dégagent.minimum 500 emplois au lieu de travail dont au moins 25 emplois dans les industries créatives.
L’objectif de la typologie, réalisée à l’aide d’une « classification ascendante hiérarchique », est de
former des groupes homogènes de communes au regard des actifs créatifs qui y travaillent et des Les territoires très créatifs
secteurs créatifs présents au sein de ces territoires. Cette méthode s’effectue par agrégation
successive des communes. Les communes qui se ressemblent le plus sont regroupées, tout en Cette classe regroupe les vingt arrondisse-
préservant un maximum de différences entre les groupes. ments parisiens, ainsi que leurs commu-
nes limitrophes et quelques communes
La « classification ascendante hiérarchique » a été réalisée en prenant comme variables actives
plus isolées, dont certaines accueillent des
les indicateurs suivants : part des secteurs des industries créatives au lieu de travail, part des
pôles d’activités créatives emblématiquesprofessions créatives au lieu de travail, part de chaque sous-secteur (architecture ; cinéma,
(exemple : Disneyland à Chessy). Dansaudiovisuel, photographie, musique ; édition de jeux vidéo et logiciels ; édition de livre et presse ;
cette classe, les emplois des industriespublicité ; spectacle vivant) dans les industries créatives.
créatives représentent 9 % de l’emploiLes territoires créatifs en Ile-de-France : une centralité avéréetotal et 57 % des actifs y occupent une pro-
Typologie des territoires créatifs en Ile-de-Francefession créative. Si tous les secteurs des
industries créatives sont très représentés,
l’édition (livre, presse) et le cinéma, l’au-
diovisuel et la musique y sont particuliè-
rement implantés. Le cœur du cluster
PontoiseCergycréatif francilien se retrouve dans cette
Montmorencyclasse, avec des territoires caractérisés
Mantes-la-Jolie MeauxArgenteuil
Saint-Germain- Saint-Denispar leurs héritages historiques : l’édition
en-Laye Bobigny
e Nanterrede livre dans le 6 arrondissement, la pro- Le Raincy
Paris
Boulogne- Nogent-duction cinématographique à Boulogne, Torcy
Billancourt sur-Marne
les industries techniques du cinéma à L’Haÿ-les-RosesVersailles
Créteil
Bry-sur-Marne mais aussi des implanta-
Antony
Palaiseautions plus récentes liées à des politiques
Rambouillet Evryou à des effets d’aubaine comme le prix
Corbeil-Essonnesdu foncier en proximité de Paris : les mé-
Provins
Melundias à Issy-les-Moulineaux, la publicité à
Levallois-Perret, les studios d’enregistre-
ment à la Plaine Saint-Denis.
Etampes
Fontainebleau
© IAU îdF 2011Cette classe reflète les contradictions des
industries créatives et cristallise l’en-
semble des problématiques du secteur,
notamment les dualités très diplômés/
faiblement diplômés, permanents/
Territoires très créatifsintermittents, indépendants/salariés. Le
fonctionnement du marché du travail Hydrographie principale
Territoires à dominante high-tech
des industries créatives est spécifique :
Limites communales
Territoires à dominante publicitérecours à une main-d’œuvre hautement
Limites départementales
Territoires à dominante spectacle vivantqualifiée et motivée, flexibilité, impor-
Cergy Préfecture
tance des réseaux sociaux, marchés
Hors champs* Pontoise Sous-préfecture
locaux de travail, coexistence grands
groupes/très petites entreprises. Ces mar- *champs : communes de plus de 500 emplois dont plus de 25 dans les industries créatives.
chés complexes permettent la diversité Sources : Insee, recensement de la population 2007, IAU îdF
des qualifications et des compétences,
que les formes de travail non conven-
Les trois autres classes sont composées tes, y est très représenté. Dans ces terri-tionnelles accompagnent : freelance,
de communes où les industries créatives toires, les actifs des industries créativesintermittents, indépendants.
sont peu présentes, mais où certaines ac- sont en majorité des hommes, très di-
tivités prédominent. plômés, salariés, en CDI et à tempsA Paris, la proximité entre lieux de tra-
complet.vail et de résidence est encore plus forte.
Ainsi, 42 % des actifs des industries créa- Les territoires à dominante « high-tech »
tives travaillent et habitent dans le même Les territoires à dominante « publicité »
Cette classe est constituée de communesarrondissement, contre 28 % tous sec-
teurs confondus. Dans les communes li- majoritairement situées dans l’ouest de Cette famille regroupe des communes
mitrophes, les activités créatives sont la région et dans les ex-villes nouvelles : de la région sans continuité géogra-
également présentes, mais dans une pro- Evry, Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en- phique. Les secteurs créatifs et les actifs
Yvelines. Sa cartographie rejoint les lo- exerçant des professions créatives sontportion moindre, et la part des actifs des
calisations préférentielles des emplois moins présents qu’en moyenne dans laindustries créatives travaillant et résidant
dans la même commune est beaucoup des cadres des fonctions métropolitaines, région. Cependant, le secteur de la pu-
plus faible qu’en moyenne en Ile-de- notamment les fonctions conception- blicité est très représenté dans cette
France. La capitale est riche en lieux recherche, gestion et prestations intel- classe. En revanche, le cinéma, l’audio-
lectuelles. Dans cette famille de com- visuel et l’édition sont quasi absents. Lesd’opportunité de rencontres et de travail
munes, la représentativité des industries actifs des industries créatives sont majo-(services culturels, bars, restaurants...).
La polarisation autour de Paris est donc créatives est proche de la moyenne ritairement des hommes, en CDI, sous-
très forte. Pour ces raisons, le cœur de régionale mais les professions créatives diplômés par rapport à la moyenne dans
l’agglomération est très attractif pour les sont moins présentes. Le secteur de l’édi- les industries créatives (33 % contre 19 %
tion de logiciels et jeux vidéo, qui n’ont pas le baccalauréat) ; les plus di-acteurs des industries créatives : 44 %
emploie peu d’actifs créatifs mais avec plômés ne représentent que 28 % desdes Franciliens exerçant une profession
créative habitent Paris. des compétences technologiques for- actifs (contre 44 % dans la région).Définitions
L’économie de la connaissance s’articule autour du savoir, de l’innova- « les secteurs industriels qui trouvent leur origine dans la créativité indi-
tion et de la créativité. Volonté politique de l’Union européenne, la viduelle, la compétence et le talent et qui offrent des potentialités de
stratégie de Lisbonne adoptée en 2000 affirme l’économie de la connais- création de richesses et d’emplois à travers le soutien et l’exploitation de
sance comme une priorité de développement pour les Etats membres. la propriété intellectuelle ».
La nouvelle stratégie Europe 2020 s’inscrit dans sa continuité en favori-
L’IAU Ile-de-France s’est appuyé sur cette définition pour la transposer
sant une croissance « intelligente, durable et inclusive ».
au niveau francilien. Les industries créatives sont composées de plusieurs
secteurs d’activité économique (NAF rev.2) : architecture ; cinéma,Les industries créatives
audiovisuel, photographie, musique ; édition de jeux vidéo et logiciels ;
Deux approches complémentaires permettent de définir les industries
édition de livre et presse ; publicité ; spectacle vivant. Cette définition
créatives. Le concept de classe créative, développé par Richard Florida,
des industries créatives est cependant restrictive. Elle ne prend pas
est très large et souvent controversé. Il met en évidence la coprésence
en compte les secteurs art/antiquités, mode, artisanat d’art et
d’entreprises innovantes et d’une forte communauté créative, la classe
design,imparfaitement appréhendés dans les statistiques.
créative, qui inclut scientifiques, ingénieurs et artistes, dans les villes
nord-américaines les plus dynamiques et sous-entend un lien direct
Professions créatives : la définition des professions créatives s’appuie
entre leur présence et la croissance économique. Une autre approche,
sur une méthode de sélection comprenant une mesure de la créativité
dans laquelle cette étude s’inscrit, s’intéresse au fonctionnement de la
occupationnelle (PCS 2003), afin de distinguer les professions créatives
métropole créative, à son écosystème, à travers l’étude des emplois, des
de celles qui ne le sont que peu ou pas.
secteurs d’activité, des logiques d’implantation, des clusters créatifs...
Les industries créatives ont été définies pour la première fois en 1998 par Cluster créatif : concentration d’entreprises et d’actifs du secteur créatif
le ministère anglais de la Culture, des médias et des sports et concernent géographiquement proches.
Les territoires à dominante actifs sont plus souvent indépendants et Pour en savoir plus
cumulent CDD et temps partiel. Cette« spectacle vivant »
flexibilité s’accompagne souvent de Camors C., Soulard O. : « Créativité et
Dans cette classe, il y a peu d’emplois pluriactivité : il est fréquent dans le développement économique : une synergie
dans les secteurs des industries créati- spectacle vivant de travailler pour plu- prometteuse », Note rapide Economie,
ves et peu de professions créatives. Ce- sieurs employeurs. Les actifs sont en n° 523, IAU Ile-de-France, novembre 2010.
moyenne plus âgés et moins souventpendant, la part des secteurs créatifs est
célibataires. Dans cette famille, les ac- Calzada C. : « Les territoires de la créativité »,relativement importante dans les activi-
Insee Lorraine, n° 231-232, août 2010.tés du spectacle vivant. Ces communes tifs sont nombreux à travailler et résider
accueillent des théâtres, des salles de dans la même commune (38 % contre
Camors C., Soulard O. : « Les industriesspectacles, pourvoyeurs d’emplois dans 27 % tous secteurs confondus). C’est
créatives en Ile-de-France, un nouveauparticulièrement vrai le long des bordsces métiers. Les actifs du secteur sont
regard sur la métropole », IAU Ile-de-France,de Marne. Ainsi, à Alfortville, parmoins diplômés qu’en moyenne : 31 %
mars 2010.n’ont pas le baccalauréat. Les emplois exemple, un actif résident de cette classe
proposés sont aussi plus précaires : les sur deux travaille sur place.
INSTITUT NATIONAL Directrice de la publication : Sylvie Marchand
Comité de rédaction : Patrick PétourDE LA STATISTIQUE Chef de projet : Marielle Dhune
Publication téléchargeable à partir du site Internet : www.insee.fr/ile-de-franceET DES ETUDES ECONOMIQUES Cartographie : Pascale Guery (IAU îdF)
Rédactrice en chef : Christel Collin
Direction régionale d’Ile-de-France Conception graphique : PAO Insee Ile-de-France ISSN 0984-4724
7, rue Stephenson - Montigny-le-Bretonneux Maquette : Nathalie Droux - Nicolas Renaud Commission paritaire n° 2133 AD
e© Insee 2011 Impression : Jouve78188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex Dépôt légal : 2 semestre 2011 Code Sage I1137152
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