Le logement de tous au service de l'urbanité : loger tout le monde dignement

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Comment associer la dimension architecturale au développement de l'offre de construction de logements sociaux ? Roland Castro, architecte, a été chargé par la ministre du logement et de la ville d'avancer des propositions sur la qualité architecturale du logement social en France. Selon la lettre de mission, ces propositions doivent concerner d'une part les logements réalisés dans le cadre de la loi DALO (droit au logement opposable) intégrant des procédés de constructions industrialisés et d'autre part, des maisons individuelles destinées à l'acquisition sociale.

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Publié le 01 juillet 2008
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Langue Français
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LE LOGEMENT DE TOUS AU SERVICE DE L’URBANITE
Loger tout le monde dignement












Roland Castro, architecte
Rapport au Ministre du logement et de la ville
Juin 2008









Roland Castro

Rapport au MinistreL odgu ement et de la V■ n02J iu80 le il
AVEC LA COLLABORATION DE LAETITIDA AVLI DE L’ATELIER CASTRO DENISSOF CASI

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Nous remercions les personnes qui onét ptceac suon edriovecer dans le cadre d eectt e
mission. Leurs participations ne’entn gpaer selle’uq sesi ntteenésprituti snl sesrepr ents outiong
et elles n’adhèrent pas forcément àn otso urtecsommandations. Cependant, leurs analyses
ont contribué à enrichir nos propositions.

Patrick Bouchain - Architecte
Alain-Bernard Boulanger - Maire de Villeneuve la Garenne
la f de Cheau -ruit eoCeirrnaP-Jede ertcoi nà l aiDntcoueinatrmn iol edof assim noi
l’architecture et du patrimoine.
Alain Dinin Président de Nexity

Patrick Doutreligne Délégué Général de la Fondation Abbé Pierre
Christian Dupuy - Maire de Suresnes

Marc Everbecq - Maire de Bagnolet
Gérard Klein Directeur général de la Sacvl
Yves Laffoucrière Directeur général d’Immobilière 3F
sirtîam al ed ruteecir D strefone tppmeevol uédet dage ouvre d’HO’d ASnaeu laLM
(Office de l’Habitat Social d’Alfortville)
Alain Lampson - Directeur de Lorient Habitat
Jean-Yves Mano - Adjoint au Maire de Paris, chargé du Logement
uctrontie smnsCo programmrice de nrUabin euaP alal VleièanDtceriD - eugèrba
Architecture (PUCA) Direction Généralbea ndies lm’uer, de l’habeitocsnrtcuitno ata lde
(DGUHC) - Ministère de l’écologdieé,v deluo ppement et de l’aménagement durables
ed énérale ection G tnriD anémemegdes ’a lmés erti eedrtciricesud Sonce s ViAgnè
l’urbanisme, de l’habeiteigoud , re distèécole l’GDHUno( M ni)C coa ldetiuctrns ta
développement et de l’aménagement durables

Ainsi que ceux que nous avons cités ou donot nns oilulsu satrvé notre propos par référence à
leur œuvre.
En annexe, nous avons reletrick Bore de Paisgnluèiréeicn eess’t ecit, te ,iuhcraahcuq nipx’l év
investi comme maître d’ouvrage.

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I- La beauté réside dans la dignité
I-1. La question du beau
I-2. Contexte des projetst éegt riantion au sitlae nad sog lenemsot alcibnalasitaoi nud:
la ville
I-3. La qualité de l’habitat : let , cloa nsfuorface, la capacité appropriative
I-4. S’adapter aux différenpteulsa tpio modes de vie sns eteàurl
I-5. Pérenniser le bâti
I-6. Innover in situ

II- La question du logement c’esto lna dqeu leas tiville : la question urbaine est
première
II-1. Densifier le tissu urbain existant
II-2. Inventorier les territoires
II-3. Des villes durables :q uéacrot iers en Frcaen et en Europe

III- L’exigence de mixité
III-1. La mixité sociale
III-2. La mixité fonctionnelle etg itqyupeo l:o la bonnlel ev iest complexe
III-3. La mixité générationenset lluen objectif civilisationnel
III-4. Développer la qualité du parc issotcainalt , eravclxeiliter, : réhab,rd séneeromedel
densifier, mixer


IV Les freins à la qualité sconcnojerutiam ua si ss sdeuctrretu ted
IV-1. Le poids des normes
IV-2. Délais de consttirounc et marché public

V- Distinguer la loi de la règle et de la norme
V-1. Transformer une politiqlau en odre me en politique du projet
V-2. Loger des poptiuolnas spécifiques

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V-3. Le financement publne normainduit ud sel goilasitnoicu dcos laiegotnem stneme
V-4. Le politique doit isseir sdau débat sur les normes

VI- Placer la qualité arucrhailte uac uœ rud débat public ct

ANNEXE :
Patrick Bou

chain : un architecte devient maître d’ouvrage

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Préambule

Madame le Ministre,
Vous m’avez demandé un rapport, cem qauni qnueer crendrerpsun à sniat d e’p saar
qui je conseille le poème d’Aragon surq u«i cit au ciel cleiu orayeltui qui n’y croyait
pas »…J’ai donc tée ndte vous répondre.


Ce rapport a pour objecdt’iafsv ancer de premières pistes relatives à la qualité

architecturale du logemeanlt d naef,tc no snue detextte p for noisser nfe.eE arcnneF isoc
immobilière, d’un nomburjoe utros croissant de demasn deurlogements sociaux et
dans le cadre de la loi sur le drlot du ngagementia ospp ontmegeu e’l ,)OLAD( elba
Ministère du logement et de la podliet ilqau ev ille d’enclencher un processus de
construction massive pose la questioqnu adliet él ad es logement sosés à q iureno trppo

des populations fragileso émcioqnuement et sociale ment.
Si la finalité de la loi sur le DALO rpe ecuot mêtparée à une sécurité sociale autour du
logement, sa mise en place resseétmrablneg ement à une sécurité sociale qui

s’appuierait sur des médecins certesa, nsm amisé dsicaments.l ’oSin n’y prend garde,
cela pourrait créer un climat de tenllce uqrug’elle légitimerait après coup beaucoup
d’erreurs.
Ce rapport est celui d’un architecte, h oprmojmeet, ds’eil soulèdvees questions relatives
à d’autres acteurs, ilp an’s ap rétention à y répondre.
La vocation de ce rapport oeusvt ridr’ un débat p ueblni cvue de libérer les initiatives,
mobiliser les acteurs et de donnioeritléa .urtcrusep uarpsts ler sut jero

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Méfions nous de l’urgence


Notre pays a déjà connu de grandes pdéeri opdéensurie de logements dont l’après
seconde guerre mondiale ecshté lt’yarpe. Dans l’urgencter,e elens années 50 et 70, de

nombreux quartiers d’habitat social is edt oetns orlupooita snn de loger des ptera if
issues des bidonvilles, des rapatripéasy ds eds écolonisés et imx auvetsangrmi.u onsed
S’ils ont représenté d’abord un mieux edne t ecromnfeosrt d’habitat, le départ progressif
des classes moyennes a entlraa îgnhée ttoïsation de ces eqrusa reti leur stigmatisation
au sein de la société. Si les princciphietse catruraux et urbains qui ont guidé leur
construction s’appuyaient sur des indéuees s :seg ér’e ll,eiol sLe« -non al ,ecaps
densité, la ville verte pour tous »n.’ eEnll eosn t pas moins été meer ten ortsaac seuqihp
urbain.L e Grand ensemble figurant l’antithèse de la ville.

La spécificité française adnu dG Ernsemble s’enracine qui torique sih tnemenévé nusand

voit, dans les années 1930, la pensée ra tpiroennadlirset ele pouvEoinrt.r e la Cité Jardin
de Suresnes et les 3000 d’Aulnay-souoB-s,ise ngrrésiesnos e’tse ffceutée : le Grand
Ensemble. L’idéologie tifonilancalorine imagste tsirniud e’l suqmelir vae ub s
l’architecture moderne et critique l’raer cbhiotuercgtueoise de lna dfiu XIXème et du
début du XXème sièCcl’e :leil vlat e tnemegol el er entport rapt dumeneevsrr ne tnu. s
jusque-là, les fonctions d’habiter eat ildleaté tneibus odrotr avrnod asit es à nnéeganil’or
la ville ; avec le mouvement moderfnoen, ctcieosn s vont dev leen irmoteur de la
fabrication de la ville. Cette façon de pveillnes esre lralargemreapun’s rèorsqe, lprist

la seconde Guerre Mondliea lbe,e soin massif de loges msetnep r Ca.erosrép ette edoi
deReconstructi onnarp eesoripsap r uravoiun sn d’tooirpmol aecà a lden oitcnof al ,niab
ville comme lieu de mémoiprerd défi sedue ra g mLeèlodi tn .icitinemevnsemnd eble
issu de la Charte d’Ath1èdnevsient dominant.


1 par l’architecte Le Corbusier (1887-1965) en 1933 (publiée en 1942), cette Rédigé
charte énonce les moyens d'améliorer les conditions d'existence dans la ville moderne,
afin de permettre l'épanouissement harmonieux de quatre grandes fonctions humaines:
habiter, travailler, se divertir et circuler.

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Ce petit rappel historique doit cinteoru sà ine pas reproduire les erreurs
urbaines du passé, si la quantité seasirt en séocen spendant qualitatif ne peut être
négocié.

Cette inquiétude est partagée par rdees pusnnesersoreori tn ,iaégsei nsaiAln-bmon
Bernard Boulanger, maire de Villeneaurve l--aGnn e -ivlleuqal snad elldee èlodem rone
manière significative lesd sg rean e’slic e’tsd rionnait seltnodbmesllve ce,a lraCa

l’étendue de la catastrophe produite dans l’ enrgvèuler e ce -
« Quand l’ampleur de l’urgence sera priset ee, no cn orimsqpue de prendre des mesures dérogatoires,
et pas seulement sur les noertm peos,u r répondre s le’oqunsni oel tpo starériafed eon va reacrise àl
les a connus dans le passé. Il est nécessaire de trouver les moyens d’apporter une répo
différente . »

Alors comment faire pourt rcuoirnes, en nombre, des logedmee nqtusa lité et de surcroit
peu couteux dans un cadre atdramtius sinter fmentégle dairee t ?rtiangnaplus conpln

Il y a des exemples de fabrication meta srsaipviede de logeentms dont témoigne la
ceinture de H2is. La principalq iue tnuoerP raenemMot rnden’e re eruer ud vuoMse tMB
pas liée à une mise en œupvirdee r, amais à l’ « inurb a» nditeé la pensée architecturale
et urbaine des ratliso-tsep tsoan. nsrbcoéeus
Si nous devons penser aujhouui rld’’urgence, il est nécesn iasses ed rr neon dyemos le
de mobiliser la somme des excpeésr ieet ndes savso idrisponibles.


2 Habitation Bon M a:r cchréél ,9881 ne eé tete igyhsinéruoc tnaar pe lspinéeirBH Mse tsi eed sé françaa sociét
paternaliste de la bourgeoisie moderniste du sec.o nEdll eE rmépuirneit une tendance protestante, une tendance du
catholicisme social et une tendance conservatriceet, sed tne sessalcs an ditemog lletn res pauvamme(notlasinatuq iovmor
sous forme de maison individuelle en propriété) ulne sm doéyteonu rdner des luttes révolutionnaires. Au début, basées sur
l'initiative privée philanthropique, trois sortes daep psaorcaiiéstséesnt : les sociétés anonymes, les coopératives et les
fondations. L'aide de l'Etat est rendue possible par une loi de 1912 qui crée les offices publics d'HBM, et par la loi L
de 1928. L'office public de la Seine, animé par Herénaril iSsae ll1ie5r ,c ités-jardins en banlieue (qui ne constit uèrent qu'un
cinquième des logements sociaux construits pendeauntx -lg'eunetrre-sd), et surtout les fameux HBM en brique. Au
lendemain de 1914, la ceinture des HBM en briques rouges fut édifiéen odna nase ldaif iczoanndedeis anciennes
fortifications, alors occupée de bidonvilles, pour aoctc dueacetunruof ruel te xudu éread cun "ir elfril illnciarovis pro'dree t d
de propreté". Le logement, la famille, la morale persmsi etdt'aoibetnetn iar ula "paix dans les ateliers". Les exigences de
qualité s'accrurent dans les années 1920 et 1930, le'énl aliregni sasveemc ent de la clientèle aux classes moyennes.
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