Le Nord : les atouts d'un chef-lieu sur un territoire restreint

-

Documents
6 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

La microrégion Nord dispose des atouts d'une capitale régionale. Les dynamiques démographiques et économiques ont porté le Nord avant les autres microrégions.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 32
Langue Français
Signaler un problème

Le Nord :
les atouts d’un chef-lieu
sur un territoire restreint
La microrégion Nord dispose Densité de logements à l’hectare à l’îlot dans la microrégion Nord
des atouts d’une capitale
régionale. Les dynamiques
démographiques et
économiques ont porté le Nord
avant les autres microrégions.
On y trouve un réseau
économique diversifié porté
par le secteur des services aux
entreprises. Les services
publics, les sièges
Saint-Denis
d’entreprises, l’université Densité de logements
à l’hectareSainte-Marieattirent vers le Nord une
[30 ou plus]population diplômée et active.
[10 - 30[
© IGN - Insee 2006
[5 - 10[Ces dynamiques encore
Source : RP 1999 [2 - 5[
présentes sont actuellement ]0 - 2[
ralenties par les limites
physiques du territoire et la Au Nord, 455 hectares ont une densité de plus de 30 logements à l’hectare,
sur les 838 que compte l’ensemble du départementpression foncière plus
prégnante qu’ailleurs.
L’intercommunalité ouvre de Les chiffres-clés
nouvelles possibilités aux trois
2
Superficie (km ) ................................................. 289 Populat. active, occupée ou non, 1999 ..... 77 920communes du Nord pour
Population mi-2004 ..................................... 184 000 dont % de chômeurs déclarés ....................... 32,7
mettre en valeur ce territoire Nombre de logements, mi-2004 ................. 68 700 Taux d’emploi, 1999 (%) .................................. 43,9
commun.
Emplois salariés en 2003 ............................. 73 646 % de ménages fiscaux non imposés ............ 61,4
dont % emplois salariés sphère publique ... 31,2 Nombre de RMIstes fin 2004 ...................... 15 478
Éts employeurs ICS (1 salarié ou plus) ....... 3 675 % de personnes concernées par le RMI ..... 20,2
ééconomieconomie 17
dede La Réunion N°127
Sainte-Suzanneplus faible. Cela s’explique essentiellement parLe poids de Saint-Denis
un solde migratoire systématiquement négatif. Évolution de la fécondité
Alors que son mouvement naturel (naissancesLa microrégion Nord, formée de trois commu-
2 moins décès) est très proche de celui denes, s’étend sur une surface de 289 km , la plus
l’ensemble de La Réunion. Cette croissance,petite des quatre microrégions. Nombre d’enfants par femme
faible à l’échelle de La Réunion, est tout de 3,0
La ville de Saint-Denis accueille les trois quarts même de 1,3 % par an. NORD La Réunion
2,8de la population du Nord et recouvre la moitié
La zone Nord a une fécondité plus faible que lade sa surface. Par conséquent, les caractéristi-
2,6moyenne départementale due exclusivement àques générales de la microrégion Nord sont for-
la commune de Saint-Denis où le nombretement influencées par les spécificités diony- 2,4
d’enfants par femme est de 2,15 en 2004. Cettesiennes. Or, sous toutes sortes d’aspects, la
dernière est en particulier une des communes 2,2commune de Saint-Denis, chef-lieu du départe-
de l’île avec la part de fécondité aux jeunesment, se singularise par rapport aux deux autres
2,0âges la plus faible.communes de la zone. 1990 1995 2000
Années
Le Nord est la seule microrégion à perdre desC’est le cas de la densité moyenne de la zone :
habitants, suite aux échanges migratoires. La612 hab./km². Cette moyenne résulte d’une den-
situation est contrastée à l’intérieur même dusité très forte sur Saint-Denis (920 hab./km²) Les femmes du Nord ont moins d’enfants
territoire, Saint-Denis étant la seule (mais laalors que les deux autres communes sont que la moyenne départementale.
plus grosse) commune présentant un soldeconformes à la moyenne départementale avec
négatif. Sainte-Marie, à l’inverse, enregistre un305 et 314 hab./km². C’est aussi le cas de la
taux très positif. Les mobilités à l’intérieur de laplupart des autres indicateurs socioéconomi-
microrégion Nord sont d’ailleurs très nombreu-ques.
ses, puisque Sainte-Marie a accueilli 4 200 per-
sonnes en provenance de Saint-Denis durant la
Une croissance démographique
décennie 90.
de la voie rapide “Saint-Denis/Saint-Benoît”.plus faible qu’ailleurs
Depuis, ce déficit orienté vers l’Est s’est accen-Le Nord enregistre un déficit migratoire avec
En 2004, la population de la zone Nord atteint chacune des trois autres parties de l’île. C’est tué, cette liaison améliorée facilitant l’accès à
des zones où la pression foncière est moindre.184 000 personnes. Durant les vingt dernières avec l’Est qu’il était déjà le plus fort avant 1999,
années, c’est au Nord que la croissance a été la c’est-à-dire avant la mise en service complète
Le Nord attire les étudiants,
éloigne les chômeurs et les
retraités
Les facteurs de croissance démographique
Alors que le Nord enregistre globalement un
déficit migratoire, il affiche un excédent au0,15 %
1999- regard de la population étudiante. L’université1,41 %
mi-2004
1,6 % de Saint-Denis attire des jeunes des trois autres
microrégions.0,29 %
1990-1999 1,58 %
Le déficit migratoire s’explique essentiellement1,9 %
Solde migratoire par les chômeurs, les retraités et les inactifs qui
0,07 %
quittent le Nord, avec un impact plus ou moins1,79 %1982-1990
1,9 % Solde naturel important (- 5 % pour les retraités). Quant aux
actifs occupés, les arrivées de métropole com-- 0,64 %
1999- 1,43 % pensent tout juste les départs vers les autres
Variation annuelle totalemi-2004 0,8 % parties de l’île.
- 0,25 %
L’impact des migrations par âge est atypique.1990-1999 1,57 %
1,3 % Les jeunes arrivent en nombre des autres
microrégions mais partent également vers la- 0,32 %
1,79 % métropole. L’impact migratoire total est positif1982-1990
1,5 % de 18 à 23 ans et négatif ensuite. Au-delà de 30
ans, l’impact est positif avec la métropole et-1,0 % -0,5 % 0,0 % 0,5 % 1,0 % 1,5 % 2,0 %
négatif avec le reste de l’île. Après 60 ans, les
Taux de variation annuels
retraités quittent le Nord, aussi bien vers la
métropole que vers les autres zones de l’île.
Le Nord connaît un déficit migratoire depuis plusieurs décennies.
ééconomieconomie18
dede La RéunionLa Réunion N°12N°1277
Source : Insee, recensement de population, Enquêtes annuelles
de recensement (2004, 2005) et fichiers d’état civil
La Réunion
NORD
Source : Insee, état civilImpact des migrations selon l’âge entre 1990 et 1999
20
ensemble avec les autres microrégions avec la métropole15
10
5
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80
-5
âge
-10
-15
Présentant un solde migratoire globalement déficitaire, le Nord attire de jeunes adultes en provenance des autres
microrégions, et en envoie d’autres en métropole. L’impact des migrations sur les générations de 30 à 55 ans est
quasiment nul : les arrivées de métropole sont compensées par les départs vers les autres microrégions.
Impact des migrations par type d’activité entre 1990 et 1999
12
10
ensemble des migrations avec la métropoleavec les autres microrégions8
6
4
2
0
-2
-4
chômeurs anciens actifs autres inactifs-6 actifs occupés
-8 élèves, étudiants
type d'activité
-10
Le déficit migratoire constaté dans le Nord contribue à diminuer le nombre de chômeurs et d’anciens actifs
de la microrégion.
Malgré la surreprésentation du secteur dit “admi-Le plus gros bassin d’emploi
nistration publique”, l’ensemble de la sphèreÀ quand le seuil de 200 000
publique est plutôt faible dans le Nord, comparéePlus du tiers des salariés de l’île exercent leurhabitants ?
à l’ensemble de La Réunion. La position de capi-activité dans le Nord, soit 56 500 salariés. C’est
tale régionale engendre à Saint-Denis de trèsla microrégion qui emploie le plus de salariés.La population du Nord dépassera-t-elle les
nombreux emplois “d’administration publique”.Néanmoins, la croissance de l’emploi offert y est200 000 habitants en 2020 ? Le seul mouvement
Parmi les principaux employeurs figurent les troismoins rapide que dans les autres parties de l’île.naturel pourrait porter le nombre d’habitants à
communes, accompagnées du département et deDurant la décennie 90, le rythme de croissance de218 000. Mais les migrations constatées au cours
la région, mais aussi la Caf, la CGSS et la DDE.l’emploi, de 1,15 % par an, est bien inférieur auxde ces deux dernières décennies tendent à limiter
Mais les autres activités de la sphère publique,1,93 % enregistrés sur l’ensemble du départe-la croissance démographique de cette zone. La
l’éducation, la santé et l’action sociale, sont,ment.prolongation des tendances migratoires des
quant à elles, moins dominantes que dans les
années 90-99 amènerait la population à 207 000. Cette microrégion est plus tertiaire de La Réu- autres microrégions.Mais qu’en sera-t-il si le déficit migratoire de la
nion : 87 % des emplois du Nord relèvent des
zone s’accentue ? activités de commerce et de services.
économie 19
de La Réunion N°127
Source : Insee, recensement de la population de 1999.
% des migrants
% des migrantsEn 2004, les créations d’établissements ont été
Les spécificités sectorielles de la microrégion Nord
moins dynamiques dans le Nord que dans
l’Ouest ou le Sud. Le taux de création, qui rap-
porte le nombre de créations au nombre totalEdition, imprimerie, reproduction
Activités financières d’établissements, est de 17 %, à comparer aux
Postes et télécommunications près de 20 % observés dans les autres zones.
Conseils et assistance Ce moindre dynamisme s’observe sur l’ensemble
Activités immobilières des activités : l’industrie, la construction, le
Eau, gaz, électricité commerce et les services.
Services opérationnels
Administration publique De plus, le taux de survie des établissements
Transports créés dans le Nord est plus bas que partout ail-
Activités associatives et extra-territoriales leurs.
Commerce et réparation automobile
% de l'effectif total
Activités récréatives, culturelles et sportives
plus de 6 % Des transferts d’établissementsCommerce de gros, intermédiaires
moins de 6 %Santé, action sociale vers l’Ouest
Commerces de détail, réparations
Education Les transferts d’établissements marchands
Hôtels et restaurants entre microrégions sont peu nombreux : 800
Agriculture, sylviculture, pêche pendant les années 2001 à 2004, dont 338 au
Construction
départ du Nord.
Industries agricoles et alimentaires
00,51 1,52 2,5
L’ensemble des mouvements d’établissements
(transferts internes, départs, arrivées) concerne
Lecture : L’indice de spécificité d’un secteur économique est le rapport entre : à peu près 6 % des salariés. La zone Nord est à
- la part des effectifs du secteur dans l’emploi total de la zone d’emploi l’origine de 44 % du nombre de transferts de
- et cette même part dans la région. salariés de l’île.
Un indice supérieur à 1 signifie que l’activité est surreprésentée dans la zone d’emploi
Quel que soit le secteur (industrie, construction,et, inversement, un indice inférieur à 1 signifie que l’activité est sous-représentée.
commerce et services), ces transferts sont défa-
vorables pour le Nord. Ils se font principalement
au bénéfice de la zone Ouest : cette dernière a
accueilli plus de 80 % des salariés transférés enLa vigueur des activités privées marchandes de pouvoir décisionnel, emplois de haut niveau
provenance du Nord (services opérationnels,réduisent le poids de l’ensemble des activités qui, par leur fort contenu intellectuel ou tech-
construction et commerce essentiellement).publiques. nique, ou par leur pouvoir décisionnel, jouent un
rôle important dans le développement des vil-
les, sont très souvent localisés à Saint-Denis :Des activités porteuses d’avenir
près de 3 000 salariés sur les 5 000 identifiés
dans l’ensemble du département. Par les rela-Le Nord a développé des créneaux économiques La croissance de l’offre d’emploitions intersectorielles et l’interpénétration des“porteurs”, en plus des activités traditionnelle-
de 1982 à 1999activités, ces emplois de cadres supérieurs,ment orientées vers la satisfaction des besoins
d’ingénieurs, de chercheurs ou d’enseignants dudes populations.
Taux annuel de croissancesupérieur sont un élément favorable à la crois-
3,0 %Les services aux entreprises sont fortement sance économique.
Nord La Réunionimplantés et offrent une palette d’activités
2,5 %
variées : postes et télécommunications, conseil
2,56 %Entreprises : moindreet assistance, services opérationnels emploient 2,0 %
11 % des salariés de la zone. Les activités dynamisme des créations et
1,5 %financières et immobilières sont également sur- difficultés de survie
représentées dans le Nord avec 5,5 %. 1,0 %
1,15 %
Le tissu économique marchand, constitué deComme dans beaucoup de capitales régionales, 0,5 %er
2,80 %9 900 établissements au 1 janvier 2004, a une 1,93 %l’édition, l’imprimerie, la reproduction occupent
0,0 %taille équivalente à celui des zones Ouest etune place importante et emploient un millier de 82-90 90-99
Sud. Comme pour les autres microrégions, lespersonnes.
grandes entreprises sont absentes, mais 96
Depuis 1982, l’offre d’emploi augmenteCes secteurs économiques spécifiques du Nord PME (petites et moyennes entreprises) structu-
moins vite dans le Nord que pouremploient une main-d’œuvre qualifiée. Les fonc- rent le Nord.
l’ensemble du département.tions “stratégiques” porteuses de dynamisme et
ééconomieconomie20
dede La RéunionLa Réunion N°12N°1277
Source : Insee, CLAP (Connaissance locale de l’appareil productif), 2003.
Source : Insee, recensements de populationTaux d’activité par sexe et âge des 15-64 ansTransferts d’établissements
en 1990 et 1999à La Réunion entre 2001 et 2004
NORD
100
90
(163)
(95) 80 70(126) (Sud 80) (69)OUEST
EST 60

50(14)
(23)
40
30
(89) (21)(Nord 34) Hommes 99Hommes 9020
(10) Femmes 90 Femmes 9910
0
(76)
15 à 19 20 à 24 25 à 29 30 à 54 55 à 59 60 à 64
ans ans ans ans ans ans
© IGN - Insee 2006
SUD
caractérise par une baisse des taux d’activité desFéminisation accrue de l’activité Un taux de chômage moins élevé
jeunes. Cette diminution est forte dans le Nord où
un jeune sur deux est inactif (un tiers dans lesAvec tout de même plus de 50 % de hausse entre Entre 1982 et 1999, la population active ayant un
autres microrégions). Cela s’explique par la con-1982 et 1999, la population active du Nord a aug- emploi a crû de 35,9 % et le nombre de chômeurs
centration des populations étudiantes à Saint-Denis.menté moins vite que celle des autres micro- a quasiment doublé.
régions. Dans la même période, l’emploi au lieu
C’est dans le Nord que le taux d’activité des fem- Le taux de chômage au sens du recensementde travail a augmenté de 35,7 % et la population
mes est le plus élevé. Mais entre 1990 et 1999, il mesuré dans la microrégion Nord (32,7 %) esten âge de travailler de 35,3 %.
augmente moins vite qu’ailleurs. En 1990, il était inférieur à ceux des autres zones (41,7 % en 1999
de 54,4 % (49,1 % pour La Réunion) et de 59 %Les taux d’activité des hommes par âge ont peu sur l’ensemble de La Réunion). Ceci est vrai quel
en 1999 (56,4 % pour l’ensemble). Il demeurevarié entre 1990 et 1999. Les différences entre que soit l’âge et le sexe.
moins élevé qu’en métropole (63 %).microrégions sont très faibles. La période se
Au final, un peu moins d’un actif occupé sur trois
(30 %) et un chômeur sur cinq habitent le Nord.
La variation de population active entre 1990 et 1999 ; ses effets
Une zone d’emploi attractive
Évolution 1990-1999
Effectifs Effectifs Le Nord est une zone d’emploi attractive : 20 %Zone d’emploi NORD
1990 1999 des emplois (11 600 salariés) sont occupés paren nombre en %
des personnes venant d’autres zones. Parmi eux,
près de la moitié provient de l’Ouest et près de
Population active domiliée dans la zone
quatre sur dix, de l’Est.
TOTAL 65 900 77 900 12 100 18,3 En revanche, 5,5 % des 52 500 actifs occupés
habitant la zone Nord, travaillent dans l’Ouest.
Actifs occupés 47 600 52 500 4 800 10,1 Les flux de sortants ont augmenté plus fortement
- dont travaillant en dehors du Nord 3 700 5 100 1 400 37,8 que les flux d’entrants au cours des années 90.
Chômeurs 18 200 25 500 7 200 39,7
Les échanges domicile-travail entre les trois com-
Emplois offerts dans la zone munes du Nord sont importants et se sont ampli-
fiés depuis 1990. En 1999, 3 700 sainte-mariens
et 1 400 sainte-suzanniens travaillent à Saint-TOTAL 53 300 59 000 5 700 10,8
Denis. Le flux inverse, de Saint-Denis à Sainte-
Marie, s’élève à 1 500.- dont occupés par des non-résidents 9 300 11 600 2 300 24,7
économie 21
de La Réunion N°127
Source : Insee, Sirene - champ ICS
Source : Insee,recensement de population (1990, 1999)
%Plus de ménages aux revenus
Indicateurs de fiscalité
élevés Les collectivités locales (communes,
organismes à fiscalité propre,
coefficient de
Le Nord est la microrégion où les ménages richesse fiscale département, région) ont la possibilité
mobilisation
Zone par habitantsont plus souvent imposés (39 %) et le reve- de prélever quatre taxes auprès dede la richesse
(en euros)nu médian par unité de consommation le fiscale leurs administrés (ménages et
plus élevé (9 685€). Avec 38,6 % de foyers sociétés) afin de financer leur action
imposables, Saint-Denis possède la part des Est 299 1,34 publique :
foyers imposés la plus élevée de l’île.
- la taxe d’habitation,
Nord 455 0,96Un habitant sur dix dispose de revenus fis- - la taxe sur le foncier bâti,
caux aussi élevés que les ménages aisés de - la taxe sur le foncier non bâti,Ouest 355 1,03métropole, au moins 33 370€ par an et par - la taxe professionnelle.
unité de consommation.
Sud 274 1,13
La richesse fiscale est le produitLes familles modestes ne sont pas pour
théorique que recevrait la collectivitéLa Réunion 343 1,08autant absentes du Nord. Un habitant sur dix
si elle appliquait les taux moyensdéclare moins de 725€ par an et par unité
Métropole 630 0,93 nationaux de chacune des quatrede consommation. Même avec les revenus
taxes à ses propres bases. Il permetde distribution, 18 600 personnes vivent en
dessous du seuil de pauvreté relative. les comparaisons entre collectivités,La richesse fiscale de La Réunion est de
au-delà de leur politique fiscale.moitié inférieure à celle de la métropole,
Surtout des petits ménages même si la microrégion Nord s’en sort un En rapportant le montant des impôts
peu mieux. Par conséquent, certaines votés à la richesse fiscale, on obtient
Le Nord abrite les ménages les plus petits (3,08
collectivités utilisent plus que d’autres les un coefficient de mobilisation de la
personnes/ménage). Ceci est dû exclusivement
taxes locales pour soutenir leur action richesse fiscale. Un ratio supérieur àà Saint-Denis, seule commune réunionnaise où
publique. 1 indique une pression fiscalele nombre moyen est en dessous de 3 (2,94), du
relativement plus élevée que surfait de la part plus élevée d’étudiants et de per-
l’ensemble du territoire national.sonnes seules.
Dans le Nord, la part des familles nombreuses
enfants ou plus a nettement diminué entre 1990est peu importante. La part des familles de 3 social de La Réunion). Le parc locatif social
et 1999. On y trouve le plus de per- couvre 30 % des résidences principales du
sonnes vivant seules (20 % des Nord.
Revenus fiscaux des ménages (*) ménages).
À l’horizon 2020, si l’effet des migrations était
neutre sur la population du Nord, c’est un parc41 % des logementsNORD La Réunion de 93 300 logements qui serait nécessaire.
sociaux
Mais la prolongation du déficit migratoire
observé dans les années 90, limiterait le parc àLes ménages fiscaux On estime à la mi-2004 que le quart
90 400, soit une augmentation de 45 % en 21
du parc de logements réunionnais se
ans. Les besoins en logements augmentent plus
situe dans le Nord. Entre 1982 et laNb de ménages fiscaux (1) 55 179 211 148 vite que la population, tout spécialement dans
Part de ménages imposés 38,6 % 30,2 % mi-2004, l’ensemble du parc a aug-
le Nord qui accueille des petits ménages dans
menté de 81 %. Durant la même
ses immeubles collectifs.
période, la population a crû de 32 %.
Dispersion des revenus
Cet accroissement du parc, bien Le défi en est d’autant plus délicat que le fon-
supérieur à celui de la population, cier devient de plus en plus difficile à mobiliser
Revenu médian par UC (2) 9 685 7 547 s’explique par la réduction du nombre dans le Nord. Comment faire coexister la pré-
er
1 décile par UC 725 0 de personnes par ménages. servation de la sole cannière, le développement
e
9 33 372 28 000 d’activités économiques et l’augmentation du
Une grande partie des locataires
parc de logements ? Le rôle de l’intercommuna-
habitent le Nord où les
(*) Le revenu déclaré aux services fiscaux est un revenu “avant lité prend toute sa signification.
sont majoritaires. Le parc locatif
redistribution”, qui exclut, par exemple, la plupart des revenus
social est fortement représenté danssociaux. Nelly ACTIF
le Nord, principalement à Saint- FAGNOT(1) Les ménages fiscaux sont constitués par le regroupement des
Denis (près de 20 000 logementsfoyers fiscaux répertoriés dans un même logement. chef du service “études et statistiques”
sociaux, soit près de 41 % du parc Insee Réunion(2) UC = Unité de consommation.
économie22
de La Réunion N°127
Source : Insee - DGI - Revenus des foyers fiscaux - 2002
Source : Insee - DGI - reccensement des éléments d’imposition 2004