Le tourisme des années 2020 - Des clés pour agir

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Cette étude prospective a pour objet d'identifier les moyens d'intervention pour optimiser les ressources et maximiser la rentabilité du secteur du tourisme dans les années à venir. L'ouvrage présente 18 axes stratégiques visant principalement à lever les freins et les blocages de la croissance de l'économie touristique. Chaque axe stratégique donne lieu à des propositions donnant des pistes et des réponses concrètes aux questions de fonds qui se posent dans les grands secteurs d'activité du tourisme, mais aussi des questions à venir. Afin de dresser ce constat, plusieurs paramètres ont été pris en compte, notamment l'environnement économique et social, les transports, l'écologie, les situations de crises (sanitaires, terroristes, climatiques, environnementales...), l'Internet et aussi les prestations des services touristiques.

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Publié le 01 octobre 2009
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Langue Français
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Secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme, des Services et de la Consommation
Conseil national du tourisme
Le tourisme des années 2020
Des clés pour agir
Secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme, des Services et de la Consommation
Conseil national du tourisme
Le tourisme des années 2020
Des clés pour agir
Remerciements
Les rapporteurs tiennent à remercier tous ceux qui leur ont apporté leur soutien, et ont accepté de leur consacrer un peu de leur précieux temps :
– Régis BULOT, président de la section économie touristique.
– Michel MESSAGER, président délégué de la section économie touristique.
– Chantal LAMBERT, secrétaire générale du Conseil national du tourisme.
– Jocelyne KAMARA, chargée de mission, Conseil national du tourisme.
–Jean-François TASSIN, qui a bien voulu rédiger deux chapitres de ce rapport sur le financement du tourisme et sur l’hôtellerie.
Les responsables d’entreprises et d’organisations qui ont accepté de les rece-voir et d’échanger avec eux, et ceux qui ont participé à l’atelier de prospective organisé le 21 février 2008.
Les membres du Conseil national du tourisme pour leurs avis et suggestions et notamment :
– Jean-Michel BLANC, directeur de SPOT Auvergne.
– Jean-Claude NERISSON, directeur de VACANCIEL.
–J ürgen BACHMANN, CETO.
–J ean-Charles SIMIAND, SNTF.
Les membres de l’Association française des experts scientifiques du tourisme, et de l’Académie européenne en Tourisme.
Remerciements Introduction
Sommaire
Première partie Évolution des marchés et de leur environnement : les variables externes
Les marchés touristiques et leur évolution Les marchés touristiques dans le monde
Les marchés touristiques de 2020 en France Le cadre démographique L’environnement économique et social La pression écologique Les crises Les transports Transport routier Transport aérien
Transport ferroviaire E-tourisme/technologies de l’information et de la communication Le financement des investissements touristiques et hôteliers Ressources humaines et formation La marche vers la qualité
Deuxième partie Évolutions des filières de produits et des espaces de destination : les variables internes
Les évolutions des filières et secteurs d’hébergements L’hôtellerie L’hébergement non hôtelier
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91 93 93 96
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LE touRismE dEs annÉEs 2020
Les évolutions des espaces de destination Les villes La campagne et la moyenne montagne La montagne d’hiver Le littoral Les évolutions des filières de produits Les manifestations et événements professionnels Le tourisme de santé Les croisières maritimes Les parcs de loisirs Les casinos L’univers de la culture et du patrimoine Le tourisme solidaire L’organisation de voyages La distribution de voyages Le shopping touristique Les produits de niche
Troisième partie Les impacts de l’activité touristique sur les autres secteurs socio-économiques
La situation
Quatrième partie Conclusions et recommandations
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Cartographie des produits de demain Pistes de recommandations Développement
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Introduction
En guise de préambule Mes vacances en 2020, Paris, le 6 août 2020
Nicolas, Marianne, et leurs deux enfants, ont décidé cette année de partir en vacances dans un nouveauResortécologique sur le littoral Nord de la France, recyclage de l’eau et de l’énergie garantis.
En cette année 2020, avec le réchauffement climatique (la température moyenne a progressé de 1,5° depuis le début des années 2000 alors qu’elle avait progressé de 0,6° au cours du XXesiècle), les différences de température, et les avantages climatiques du Sud ne sont plus déterminants. Du coup, le sud semble avoir perdu le monopole des vacances estivales.
Depuis la réduction drastique des vols courts et moyens courriers, les annonces répétées du déclin des réserves de pétrole, et les incitations à limiter les déplacements en voiture avec la mise en place de la Carte Carbone, la famille ne se déplace plus qu’avec des Renault H2 qui fonctionnent uniquement à l’hydrogène ou en TGV, pour participer, affirme Marianne, à la réduction des émanations de CO2. Et d’ailleurs, elle a vendu, il y a trois ans, sa voiture personnelle au profit d’un abonnement à un service de voitures propres en temps partagé. Elle a aussi l’intention d’être plus vigilante que l’année dernière afin de ne plus dépasser son capital de points de pollution.
Avec la réorganisation progressive de la carte des vacances scolaires, finis les embou-teillages des juilletistes et des aoûtiens que Nicolas et Marianne avaient trop souvent subis avec leurs parents dans les années 2000.
Sur la route, Marianne propose à ses enfants un livre électronique que ceux-ci peuvent écouter sur leur baladeur numérique. Plus question de les laisser passer tout leur temps devant un écran de lecteur DVD ou à jouer avec leur PSP ! Elle leur a d’ailleurs concocté un programme en covision de jeux éducatifs pour tout le séjour.
Elle a préparé son séjour sur internet: rien d’extraordinaire dans la mesure où la quasi-totalité des touristes utilisent désormais ce média pour préparer leur séjour. Après avoir consulté les offres de différents voyagistes, grâce à un nouveau servicepeer to peerque lui a conseillé son amie Ingrid, elle s’est inventé un séjour personnalisé pour elle, et pour les siens.
Elle a opté pour une semaine de vacances dans une résidence répondant aux critères qui lui sont chers : – d’une part, les performances environnementales : ossature bois, toiture végétale, pompe à chaleur, utilisation d’énergies renouvelables/énergie solaire, poêle à bois, récupérateur des eaux de pluie et recyclage de l’eau, à bois, traitement des déchets... ; – et d’autre part, les performances numériques : liaisons très haut débit, stages d’activités numériques, encadrement...
En effet, depuis quelques années déjà, les labels environnementaux et numériques sont devenus déterminants dans le choix d’une résidence de vacances.
À leur arrivée à proximité de la station, la famille reçoit un message de bienvenue, et toutes les informations nécessaires pour rejoindre leur résidence de vacances et leur appartement
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LE touRismE dEs annÉEs 2020
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dans les meilleures conditions. Arrivée sur place, elle est alors identifiée en passant devant une borne d’accueil grâce à son mobile doté d’une puce RFID. Elle reçoit également la clé de son appartement directement sur son mobile grâce à la technologie NFC, puis se connecte au portail de services InfoOpale.
Au programme : loisirs nautiques, randonnées écologiques, et culture numérique. Dès leur arrivée, les enfants se connectent en réseau pour jouer avec leurs copains restés à Paris, et les nouveaux copains potentiels en vacances dans la station.
Mais attention, depuis que la valeur travail est revenue à la mode, si les fondamentaux des vacances restent les mêmes : détente, repos, famille/amis, désormais les vacances doivent aussi être « intelligentes », et permettre de s’éduquer et de s’enrichir. Marianne, qui a choisi sa résidence de vacances, en raison des services high tech proposés, inscrit ses enfants à un « stage d’activités numériques ». Le stage est animé par une équipe de septuagénaires férus de découverte numérique. Il est vrai que depuis le relèvement de l’âge de la retraite à 68 ans, ils sont de plus en plus nombreux à travailler tardivement.
Finies les vacances farniente au bord de la piscine, car même la piscine est devenue éducative avec le simulateur de plongée permettant de découvrir les fonds marins de la Manche et de l’Atlantique : faune, flore, patrimoine sous-marin. Marianne se souvient du temps où elle passait une grande partie de ses vacances à la plage ou au bord de la piscine, cette période est désormais révolue, car avec la hausse de la température de nombreuses études ont été publiées sur les méfaits du soleil.
Elle décide de personnaliser son carnet de séjour sur le thème des loisirs écologiques, en y ajoutant une sélection d’items répondant aux attentes de sa famille : char à voile, randonnées maritimes, sélection de tables du terroir et cuisine moléculaire pour tester de nouvelles saveurs...
De son côté, Nicolas décide de réserver un départ de golf électroniquement, puis d’aller rejoindre une partie de chasse au chevreuil, devenue nécessaire en raison de la prolifération de ces animaux depuis les restrictions européennes des années 1990-2000.
Le matin suivant, autour du petit-déjeuner, les membres de la famille discutent des diffé-rentes excursions possibles pour la journée en consultant sur leurs smartphones les diffé-rentes fiches proposées dans le carnet de séjour.
Marianne étudie alors les différentes options grâce au module de calcul d’itinéraires, puis la famille se met en route pour la première étape d’un périple à travers la Côte d’Opale.
Tout au long de leur pérégrination sur les routes opaliennes, la famille reçoit des commen-taires audio sur les lieux traversés en fonction de la position calculée par le GPS de bord.
Arrivés au Musée des Sculptures de Sable, les enfants téléchargent sur leurs baladeurs numériques, les commentaires audio de découverte de l’exposition, visite guidée dont ils bénéficieront directement en utilisant la version 3.0 de leur baladeur numérique, et les envoient à leurs grands-parents qui pourront ainsi profiter de la visite à distance.
Les enfants décident d’aller à la piscine, et d’utiliser le simulateur de plongée leur permet-tant de découvrir les richesses naturelles, faunistiques et patrimoniales, de la Manche, et font une partie de chasse au trésor.
À l’heure du déjeuner, Marianne consulte son carnet de séjour sur son i-phone et sélectionne les différents restaurants se trouvant à proximité et se laisse guider, par son logiciel de navigation, vers celui qui a fait l’unanimité au sein de la famille.
INTRODUCTION
Pendant le déjeuner, un MMS l’informe d’une opération spéciale dans les boutiques de produits du terroir avec des remises importantes sur différents produits. Marianne qui ne souhaite pas manquer une telle opportunité, convainc sa famille de la suivre pour une après-midi shopping, et, après déjeuner, la famille se met en route pour la boutique de produits du terroir toujours guidé par le logiciel de navigation du baladeur numérique. Le soir, de retour à la résidence, exténué par une après-midi shopping, elle prend connais-sance du MMS « la suggestion du jour » reçue dans l’après midi, et se connecte au portail InfoOpale avec son baladeur numérique pour regarder en détail l’excursion proposée le lendemain ; une journée au vert après une telle frénésie marchande fera du bien à toute la famille !
À l’issue de leur séjour, le carnet de séjour sera effacé de la base de données du portail, mais desnewslettersnomades leur seront adressées régulièrement pour les inciter à revenir sur la Côte d’Opale.
Après cette tranche de vie sur nos vacances en 2020, on peut aussi prolonger l’exercice dans un cadre plus général avec la liste de quelques points forts à venir du tourisme, déjà pressentis quinze ans avant :
● Dans cinq ans, en 2025, le tunnel reliant Gibraltar à Tanger sera inauguré.
● Depuis dix ans s’est ouvert le Village écotouristique de Pierre & Vacances à 6 km de Disney (520 ha pour un investissement de 1,5 Md d’euros).
● La Camargue commence à être engloutie par la mer, comme les Maldives et la ville d’Alexandrie.
● L’île de La Réunion s’est encore agrandie de sa dernière coulée de lave.
● Conformément aux prévisions de l’OTCP/office de tourisme et des congrès de Paris, 2 M de touristes Chinois visitent Paris cette année.
● Depuis une dizaine d’années, le Kilimandjaro n’est plus coiffé de neige.  
L’avenir est ainsi composé de phénomènes parfaitement perceptibles une ou deux décennies avant, et d’autres plus difficiles à concevoir. L’analyse de la relation entre les premiers et les seconds facilite la connaissance des seconds.
L’ardente nécessité de prévoir Entre le facilement prévisible et le peu prévisible, une nécessité s’impose en tout cas : celle de faire de la prospective. En effet, comme le note Joël de Rosnay1, le savoir double tous les sept ans, et impose donc une réflexion sur l’avenir. Selon lui, trois facteurs seront déterminants :
1 J. de Rosnay,2020 les scénarios du futur, Des Idées et des Hommes, 2007.
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LE touRismE dEs annÉEs 2020
1) l’énergie, plus rare ; 2) l’information, surabondante ; 3) le temps, de plus en plus rare : la « civilisation des loisirs » aurait donc été une prévision erronée, en tout cas pour les actifs.
Le caractère transversal de ces trois mutations rend difficile une prévision appli-quée à un seul secteur, celui du tourisme, alors que celui-ci est étroitement dépen-dant d’une quantité de facteurs extérieurs, – sociétaux, économiques, géopoli-tiques... – affectant simultanément l’offre et la demande. Il ne peut ainsi y avoir de prévisions touristiques internes, sans une prospective plus globale, englobant tous les paramètres à l’œuvre dans le développement de l’activité touristique. La prospective, faut-il le préciser, ne se confond pas avec de la voyance ; elle relève davantage d’une anticipation nécessaire pour finaliser une décision présente, surtout les décisions à amortissement long, tels que les investissements dans les hébergements touristiques en dur ou les grands équipements récréatifs.
La prospective peut ainsi se résumer à «une vision globale pour une action locale» ou par l’idée » l’action présente à la lumière des futurs possibles« d’éclairer (M. Godet, 19912) : il s’agit donc de dresser le cadre dans lequel le tourisme va évoluer et de tester quelques conséquences sur cette évolution.
À cet égard, un horizon de dix à quinze ans facilite l’exercice car on sait que, en temps normal, toutes les innovations structurantes –ou changements de para-digme – mettent au moins vingt ans avant de produire leurs effets. (C’est bien plus rapide en temps de crise ou de guerre). Ainsi, la révolution informatique et internet, commencée au début des années 1990, s’est répandue avec une certaine précipitation dans le tourisme, mais avec son lot d’erreurs (les centrales de réservation incompatibles entre elles par exemple, ou les sites internet peu ergonomiques) ; celle-ci nécessite de longs ajustements qui vont confirmer ce délai d’application de vingt ans. Vingt ans, c’est aussi le délai d’amortissement classique des grands investissements précités, ce qui signifie que ceux réalisés aujourd’hui feront partie des principales composantes de l’offre en 2020.
Entre hier et aujourd’hui, la prévision en tourisme
Lorsque fut rédigé l’ouvrage surLe tourisme des années 2010, la mise en futur de l’offre 3, un tour d’horizon des grandes entreprises et des organismes profession-nels fut effectué pour identifier ceux qui procédaient à des analyses prospectives:
2 Cité par P. Callot,Tourisme en 2020, une vérité qui dérange, actes du Forum du tourisme en 2020, AFEST, 2006. 3 C. Origet du Cluzeau et P. Vicériat,des années 2010, la mise en futur de l’offreLe tourisme , Paris, La Documentation française, 2000.
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INTRODUCTION
le résultat fut bien mince, sinon quasi inexistant. Depuis 2005 par contre, on note une série d’initiatives en matière de prospective, initiatives conduites par l’APS (Association professionnelle de solidarité du tourisme), le CETO (Association des tours opérateurs), le secrétariat d’État chargé du Tourisme, ODIT France, ainsi que celles conduites au sein des entreprises, – de manière plus confiden-tielle –, le tout relayé par un nombre important de colloques, conférences et publications.
Il faut préciser que, en dehors du tourisme aussi, la littérature de la prévision a fleuri : la prospective est devenue soudainement un réel sujet de préoccupa-tion. Le fait que la « révolution informatique » soit en partie « digérée » n’y est sans doute pas étranger, mais on décèle aussi le besoin d’éclairer les décisions d’aujourd’hui par une mise en perspective dans laquelle une vision du futur doit prendre place. Mais cette prospective peut être fragile, car dès qu’une crise majeure se déclare, comme celle d’octobre 2008, avec la crise financière et son cortège de conséquences économiques et sociales, les préoccupations du quotidien et du court terme prévalent. Même s’il est trop tôt pour en analyser de manière sérieuse les impacts prévisionnels, il est évident que cette crise devrait avoir des incidences très fortes sur la consommation touristique, le niveau des dépenses, et les séjours à l’étranger. Le tourisme de proximité devrait néanmoins mieux tirer son épingle du jeu.
Où sont les visionnaires ?
Va-t-on voir resurgir une race précieuse qui fut celle des visionnaires ? On entend ici par visionnaire non pas une compétence proche de la voyance, mais, comme l’entend le Larousse, une capacité d’anticipation, une intuition de l’avenir, qui peut être teintée de volontarisme pour façonner ce futur selon des finalités défi-nies. Le rôle du visionnaire a été quelque peu battu en brèche depuis trente ans par la modélisation mathématique, opposant ainsi les « anciens » – les chefs d’entreprises et certains politiques dotés d’une réelle intuition qui éclaire leurs décisions – et les « jeunes modernes » – capables de faire rentrer dans une fonction mathématique une pluralité de facteurs et d’en tirer des scénarios d’avenir – . Or l’avenir n’est plus ce qu’il était et la prospective intuitive rencontre ses limites dans un monde qui se globalise, et où des facteurs lointains, inopérants aupara-vant, se mettent à influencer les situations. C’est une manifestation de « l’effet papillon ». Comment aurait-on pu prévoir, en 1980, le rôle qu’allait jouer dans le tourisme le terrorisme, les ouragans, les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’environnement ? Cela amène même certains auteurs comme Nassim Taleb, auteur duCygne Noir, à déclarer que l’avenir est un pur hasard, et que l’on perd son temps à le prédire !
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