Les comptes des transports en 2008 : 46ème rapport à la Commission des comptes des transports de la Nation
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Les comptes des transports en 2008 : 46ème rapport à la Commission des comptes des transports de la Nation

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Description

Ce rapport dresse un panorama socio-économique des transports en 2008. Le tome 1 présente notamment un bilan de la mobilité des marchandises et des voyageurs, un bilan de la circulation, l'évolution de l'emploi du marché du travail durant l'année et récapitule l'ensemble des dépenses d'investissement en infrastructure de transports ainsi que l'ensemble des contributions publiques. Le tome 2 regroupe trois dossiers visant à « mettre en valeur les résultats obtenus par rapport aux moyens engagés », portant sur : l'évaluation du dispositif d'écopastille (bonus/malus et prime à la casse automobiles) ; l'évaluation des vélos en libre service ; l'évaluation du programme TGV-LGV.

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Publié le 01 février 2010
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Langue Français
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Exrait

COMMISSARIAT
GÉNÉRAL AULes comptes des transports en 2008
DÉVELOPPEMENT
Ce rapport est publié à l’issue de la réunion plénière de juin de la Commission des comptes des transports de la DURABLE RéférenceSNation dont les débats sont retracés en fi n d’ouvrage. Conformément aux objectifs fi xés à la Commission, le tome 1
vise à dresser un panorama socio-économique des transports en 2008, mode par mode et en distinguant marchandises
et voyageurs. Il dresse un bilan de la mobilité des marchandises et des voyageurs en termes physiques (transports
mesurés en tonnes-kilomètres et voyageurs-kilomètres), ainsi que de la circulation routière (véhicules-km) et des autres
impacts réels des transports (accidentologie, pollution de l’air). Il présente la production monétaire du secteur et, selon
la disponibilité des données, les résultats comptables et fi nanciers des acteurs du transport (entreprises de transport,
gestionnaires d’infrastructures) et l’évolution de l’emploi et du marché du travail durant l’année. Il récapitule l’ensemble Juindes dépenses d’investissement en infrastructures de transports ainsi que l’ensemble des contributions publiques (État,
AFITF, collectivités territoriales…) aux activités de transport. Le tome 2 est composé des analyses économiques des 2009politiques publiques de transport portant, cette année, sur trois sujets : le bonus-malus automobile, le programme LGV-
TGV et les vélos en libre service.
Les comptes
des transports
en 2008
Tome 1
e46 rapport à
la Commission
des comptes des transports
de la Nation
CGDD - SOeS
Bureau des synthèses
économiques et sociales sur les transports
Rapporteur de la Commission des comptes
des transports de la Nation
Tour Voltaire
92055 La Défense cedex
www .de v eloppemen t - dur able .gouv .fr Service de l’observation et des statistiques
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
2009 Les comptes des transports en 2008 - Tome 1
© MEEDDM-Photothèque/Laurent MIGNAUX




Les comptes des transports en 2008

(tome 1)








e46 rapport
à la Commission des comptes
des transports de la Nation











Juin 2009 La Commission des comptes des transports de la Nation
La Commission des comptes des transports de la Nation

Missions et composition de la Commission
La Commission des comptes des transports de la Nation est instituée dès 1951. Placée auprès du
ministre en charge des transports, elle a pour mission « d’assurer le rassemblement, l'analyse et la
diffusion des données décrivant les activités de production de services de transports, ainsi que
l'utilisation de ces services par les différents agents économiques et leur impact sur l’environnement ».
Dans sa forme actuelle, la Commission est désormais régie par le décret n°2009-531 du 12 mai 2009.
Celui-ci a modifié les missions de la Commission pour assurer celles qui lui étaient dévolues par
l’article 12 de la loi de finances rectificative n° 2002-1050 du 6 août 2002 qui stipule que « la
Commission des comptes des transports de la Nation remet un rapport annuel au Gouvernement et
au Parlement retraçant et analysant l'ensemble des flux économiques, budgétaires et financiers
attachés au secteur des transports. Ce rapport annuel :
- récapitule les résultats socio-économiques du secteur des transports en France, en termes
notamment de production de richesse et d'emplois ;
- retrace l'ensemble des contributions financières, fiscales et budgétaires versées aux
collectivités publiques par les opérateurs et usagers des transports ;
- retrace l'ensemble des financements publics en faveur des opérateurs et usagers des
transports en distinguant clairement les dépenses consacrées au fonctionnement du secteur
des transports de celles consacrées à l'investissement ;
- met en valeur les résultats obtenus par rapport aux moyens financiers publics engagés ;
- récapitule la valeur patrimoniale des infrastructures publiques de transport en France. »
Le décret du 12 mai 2009 a également modifié la composition de la Commission, qui regroupe
désormais sous la présidence du Ministre chargé des transports 60 membres issus du monde des
transports répartis en quatre collèges : représentants de l’administration ; membres de droit
compétents en matière de transports ; acteurs économiques et sociaux du transport, ce collège
comprend des représentants des établissements publics, des collectivités territoriales, des grandes
entreprises, des organisations professionnelles, des syndicats de salariés et des associations ;
personnalités qualifiées issues du monde de la recherche, celles-ci assurent la qualité scientifique des
travaux de la Commission. Elle intègre, à travers ses membres, les problématiques
environnementales liées aux transports
Monsieur Jean-Paul Ourliac, Ingénieur général des Ponts et Chaussées, a été nommé vice-président
tandis que le Service de l’observation et des statistiques (SOeS), service statistique du Ministère de
l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), en assure le secrétariat et
en est le rapporteur conjointement avec le Service des études, de l’évaluation et de l’intégration du
développement durable (SEEIDD) du MEEDDM et l’Institut national de la statistique et des études
économiques (Insee). La Commission se réunit deux fois par an, généralement fin mars et fin juin.
ième
Le 46 rapport de la Commission
Le rapport ci-après a été examiné par les membres de la Commission lors de la plénière du 30 juin
2009. Le tome 1 répond aux trois premiers alinéas de l’ex-article 12 de la loi de finances rectificative
n° 2002-1050 tandis que le tome 2 regroupe les doss iers visant à « mettre en valeur les résultats
obtenus par rapport aux moyens engagés », conformément à l’alinéa 4 de ce même article 12. Ce
dernier contient, cette année, trois dossiers portant sur :
- l’évaluation du dispositif d’écopastille (bonus/malus et prime à la casse automobiles)
- l’évaluation des vélos en libre service
- l’évaluation du programme TGV-LGV
Ont participé à la réalisation du tome 1 Mesdames Véronique Coutant et Karine Gormon et Messieurs
Frédéric Barruel, Frédéric Boccara (rapporteur), Emmanuel Caicedo (secrétaire), Carlo Colussi et
Franz Kohler du SOeS ainsi que M. Alain Nolin de l’Insee. La réalisation des dossiers du tome 2 a été
assurée par Madame Isabelle Cabanne et Messieurs Jean-Jacques Becker, Emmanuel Favre-Bulle,
Laurent Meunier, Didier Rouchaud, Olivier Teissier.
SOeS – Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 3 Table des matières
Table des matières

Synthèse 7

Fiches

A – Les données macro-économiques 13
A1 – Le contexte économique de l’année 2008 14
A2 – Les activités sectorielles en France 16
A3 – L’activité marchande de transports 18
A4 – Les ménages et les transports 20
A5 – Les échanges extérieurs de services de transports 22
A6 – La consommation d’énergie dans les transports 24

M – Les transports de marchandises 27
M1 – Le transport intérieur terrestre de marchandises 28
M2 – Le traneur routier de marchandises 30
M3 – Le traneur ferroviaire de marchandises 32
M4 – Le transport intérieur fluvial de marchandises 34
M5 – Le transport maritime de marchandises 36

V – Les transports de voyageurs 39
V1 – Les transports intérieurs de voyageurs 40
V2 – Le transport aérien de voyageurs 42
V3 – Le transport ferroviaire de voyageurs 44
V4 – Les transports collectifs urbains 46
V5 – Les liaisons trans-Manche et avec la Corse 48

C – Le bilan de la circulation 51
C1 – Le bilan de la circulation 52
C2 – Le parc de véhicules 54
C3 – Les carburants 56

S – Les entreprises et l’emploi 59
S1a – La démographie des entreprises 60
S1b – L’emploi dans le secteur des transports 62
S1c – Les conditions de travail 64
S1d – Le marché du travail transport et logistique 66
S1e – Les comptes des entreprises de transports en 2007 68
S2a – Les entreprises de TRM 70
S2b – L’emploi et les salaires dans les entreprises de TRM 72
S2c – Les entreprises de TRM en Europe en 2006 74
S3 – Les entreprises de la messagerie 76
S4 – Les entreprises de transport collectif urbain 78
S5 – Les entreprises ferroviaires 80
S6 – Les entreprises de transport fluvial 82
S7 – Les entreprisesnsport maritime 84
S8 – Les compagnies aériennes françaises 86
S9 – Aéroports de Paris 88

SOeS– Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 5 Table des matières
I – Les infrastructures de transports 91
I1 – La gestion des infrastructures de transports 92
I2 – Les investissements en infrastructures de transport 94
I3 – L’agence de financement des infrastructures de transports (AFITF) 96

E – Les transferts de l’État et des collectivités locales 99
E1 – Recettes publiques diverses liées aux transports 100
E2 – Les dépenses des administrations publiques centrales 102
E3 – Les dépes administrations publiques locales 104
E4 – Les transferts publics à la SNCF 106
E5 – Les transfertcs aux transports collectifs urbains 108
E6 – Les transferts publics aux gestionnaires d’infrastructures 110

D – Transports et développement durable 113
D1 – L’accidentologie routière 114
D2 – L’accidentologie poids lourds en 2007 116
D3 – L’accidentologie ferroviaire, aérienne et maritime 118
D4 – La pollution locale liée aux transports 120
D5 –Les émissions de GES des transports 122


Annexes 125
Révision des tonnes-kilomètres réalisées par le pavillon routier étranger depuis 1993 126
Liste des annexes dématérialisées 130
Sites Internet 134
Sigles et abréviations 136

Réunion plénière de la Commission du 30 juin 2008
Liste des participants 140
Remarques des membres de la Commission 141

6 SOeS – Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 Synthèse
Synthèse

2008 est l’année de la récession économique la plus importante depuis 1949. Elle survient au
cours du deuxième trimestre et se poursuit durant l’année suivante. Cette année voit de ce fait un
brusque et fort retournement à la baisse de la demande de transports intérieurs de marchandises en
France (- 4 ,2 %), ainsi qu’en Europe (- 7,9 % en Espagne, par exemple, et - 4,5 % pour le pavillon
étranger en France, y compris transit) ; tandis que la mobilité globale des voyageurs se stabilise
(- 0,1 %) reprenant la tendance amorcée depuis 2005, contrariée seulement en 2007. Celle-ci,
renforcée par le recul de l’emploi et une montée des contraintes budgétaires des ménages, recouvre
deux évolutions opposées : une poursuite de la croissance des transports collectifs (+ 4,3 %), qui ne
commence à ralentir qu’en fin d’année, et une reprise de la baisse pour les voitures particulières
(- 1,1 %). Au total avec la récession et un prix des carburants très élevé jusqu’à la rentrée, la circulation
routière recule (- 1,4 %). Pour les marchandises, la part modale de la route recule d’un quart de point
mais la part du fer n’augmente pas en lien avec une forte baisse du transit ferroviaire, tandis que pour
les voyageurs les reports modaux continuent (+ 0,5 point en faveur du ferroviaire).
Dans ces conditions, on devrait à nouveau observer une diminution des émissions de gaz à
effet de serre liées aux transports (- 3,6 %, pour le CO , selon les premières estimations publiées dans 2
le Bilan de l’Energie 2008 du SOeS). La hausse du taux d’incorporation de biocarburants dans les
carburants pétroliers a des effets à la baisse sur la comptabilisation des émissions nettes de CO , 2
tandis que la diésélisation accrue du parc automobile a des effets contrastés selon les substances
émises.
Dans le double contexte d’un cycle d’investissements en infrastructures supportés par la
puissance publique au sens large, dont le financement se repositionne vers les collectivités locales, et
d’une récession historique qui se poursuivrait en 2009 la production s’est cependant accrue, mais
faiblement et avec des disparités notables.
Les entreprises ont, elles, ressenti une augmentation des coûts avec, notamment, un prix du
carburant élevé au moment où leur activité est encore dynamique et une montée des charges
financières issues du niveau élevé de leurs investissements (matériel, bâtiments) observé ces
dernières années et maintenu en 2008 (en moyenne annuelle). Leurs marges s’en ressentent,
notamment pour les petites entreprises du TRM, après 2 années successives d’amélioration, ou dans
la messagerie ou encore pour le transport aérien. Toutefois même si le nombre de défaillances s’est
accru, le nombre d’entreprises en activité a continué d’augmenter.
L’emploi dans les transports ne recule pas encore sur l’année 2008, du moins en moyenne
annuelle et hors intérim, et gagne 11.000 postes (+ 1,0 %). Le début de l’année a de fait nécessité un
surcroît de main d’œuvre dont certaines entreprises peuvent hésiter à se séparer immédiatement,
attendant de voir la conjoncture de 2009. En outre le transport de voyageurs ne subissant le recul qu’en
seconde partie d’année il a pu continuer à contribuer aux créations d’emplois. Cependant les emplois
intérimaires ont été touchés et le nombre d’emploi intérimaires (équivalents temps plein) utilisés dans
les transports diminue de 8.000, ce qui donne une évolution légèrement positive en comptant dans les
transports l’intérim qui y est utilisé (+ 0,3 %).

SOeS – Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 7 Synthèse
les plus utilisatrices de transports de
pondéreux qui pèse massivement sur cette

demande. La baisse de la production
automobile s’accélère tout au long de l’année
et entraîne successivement les différents
L’année 2008 est marquée par un
secteurs industriels, fortement liés à cette
retournement conjoncturel exceptionnel et par
filière. La branche de la construction est elle en
l’entrée en récession de la plupart des pays
baisse à partir du second trimestre ; elle se
industrialisés, conséquence de la crise
répercute d’autant plus sur les transports de
financière qui avait débuté aux Etats-Unis.
matériaux de construction qu’elle se concentre
Alors que le début de l’année marque des
sur le secteur du neuf et des travaux publics
signes évidents de surchauffe au niveau
qui, sous l’effet notamment de la crise
mondial, y compris par l’envolée des prix du
financière qui a limité l’accès au crédit,
pétrole, la deuxième partie de l’année connaît,
connaissent un ralentissement de la
entre autres, un effondrement de la production
commande privée et publique. Enfin, le
industrielle, un recul du Pib dès le deuxième
commerce semble en relative stagnation
trimestre, un resserrement du crédit bancaire,
durant les trois premiers trimestres, avant
une chute des prix du pétrole et des matières
d’enregistrer une baisse plus importante au
premières et un freinage du commerce
quatrième trimestre malgré une légère reprise
mondial.
de la consommation des ménages.
Ces indicateurs macroéconomiques infra-
Le retournement se produit ainsi au cours de
annuels mettent en évidence un ensemble de
l’année et la chute de la demande de
retournements qui ont eu lieu en cours
transports s’accélère pour l’ensemble des
d’année. Ceux-ci se sont étalés dans le
produits au fur et à mesure, tant en entrée des
temps : la production automobile française ou
systèmes productifs (matières premières
la messagerie express connaissent une baisse
industrielles, matériaux de construction) que
de l’activité dès la fin de 2007 tandis que la
sur les produits finis (produits alimentaires,
demande des pays en développement ne
produits manufacturés). À l’international, le
s’effondre qu’au quatrième trimestre, six mois
ralentissement économique de la plupart des
après celle en provenance de l’Union
pays européens et, incidemment, des
européenne. Pour autant, compte tenu de
échanges de marchandises avec la France,
l’acquis en début d’année 2008, les indicateurs
pèse également sur les transports intérieurs
économiques d’activité ressortent en
terrestres, et ce dès le deuxième trimestre. Il
croissance en rythme annuel. De ce fait,
pèse également sur l’activité des ports
l’analyse en rythme annuel des transports en
métropolitains et européens pour ce qui est
France se doit également d’intégrer ces
des entrées de pondéreux (matières
différents retournements et leur profil infra-
premières). Enfin, à partir du quatrième
annuel car susceptibles de modifier la
trimestre, le ralentissement des échanges avec
demande de façon différenciée.
les pays en développement dont la croissance
s’effondre et tire à la baisse les entrées et
sorties de conteneurs.

Les transports intérieurs de marchandises
La baisse de la demande de transports Niveau 2008/
intérieurs de marchandises s’accélère tout Structure (%) 2008 2007
au long de l’année 2000 2008 (Gv-km) (%)
Transport ferroviaire (*) 15,1 10,9 37,1 -1,9L’année 2008 marque une forte chute des
Transport routier (*) 75,8 80,8 276,2 -4,3transports intérieurs de marchandises (- 4,8 %
dont PL français (*) 57,5 57,1 195,3 -5,5en rythme annuel), après deux années
dont PL étrangers (*) (**) 12,5 17,2 58,9 -1,1consécutives de croissance. Le ralentissement
Transport fluvial 2,3 2,2 7,5 -0,5
économique de la France, particulièrement
Oléoducs 6,8 6,1 20,9 -1,1
marqué au quatrième trimestre, pèse sur la
Ensemble hors transit 100,0 100,0 341,8 -3,7
demande globale en transports. La
Transit ferroviaire - - - -26,8
messagerie, reflet de l’activité économique de
Transit routier (**) - - - -7,7
l’ensemble des branches, connaît une baisse
Ensemble - - - -4,6
des tonnages dès le troisième trimestre qui
Sources: SOeS, VNF, Eurostat, DGEC
s’accélère au quatrième.
(*) hors transit
(**) séries révisées pour le pavillon étrangerException faite de l’agriculture qui connaît une
hausse de la production céréalière, c’est le
ralentissement de la production des branches
8 SOeS – Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 Synthèse
Les transports ferroviaires et fluviaux - 1,5 % pour 2008. La hausse des
résistent mieux que la route consommations intermédiaires liée aux prix
des carburants mais également aux péages ou
L’évolution des transports intérieurs routiers
à l’entretien des véhicules et la hausse des
ressort à – 4,9 % (en tonnes-kilomètres et en
frais financiers liés à la conjugaison entre la
moyenne annuelle, y compris pavillon
crise financière et le niveau élevé des
étranger), contre – 1,9 % pour le ferroviaire
investissements des dernières années
(hors transit) et – 0,5 % pour le fluvial,
viennent s’ajouter pour tendre fortement la
impliquant une réduction d’un quart de point de
situation économique des entreprises du
la part modale de la route. Les modes
secteur. Outre le probable effondrement du
ferroviaire et fluvial sont en outre caractérisés
taux de marge moyen du secteur, cela se
par le dynamisme de leur activité nationale
traduit par une hausse des défaillances
(respectivement + 4,0 % et + 2,3 %).
d’entreprises et par un retournement de
l’emploi à la baisse au second semestre (hors Ces différences d’évolution s’expliquent tout
d’abord par la structure de la demande en intérim : - 0,7 % au second semestre, soit
- 4 700 emplois, après + 1,4 % au premier, soit transports par types de marchandises : outre le
fait que les oléoducs semblent avoir capté une perte limitée à 1 400 emplois sur l’année)
ainsi qu’une diminution du prix des prestations l’essentiel de la croissance de la demande en
produits pétroliers, la production agricole de pratiquées.
céréales qui bénéficie aux modes fluvial et
Notamment sur le secteur des conteneurs
ferroviaire est en forte hausse alors que celle
maritimes, les transporteurs routiers auraient
de betteraves et de pommes de terre,
pratiqué de fortes baisses de prix afin de
acheminée par route, est en recul par rapport à
récupérer des marchés qui semblaient
2007.
bénéficier aux transports fluviaux et
Elles s’expliquent également par la croissance ferroviaires en 2007, faisant basculer au moins
temporairement les chaînes multimodales des entrées et sorties de vracs dans les ports,
plutôt bien orientée : le reflux des prix des d’acheminement vers du tout routier.
matières premières en deuxième moitié

d’année a pu maintenir les importations de
vracs, bénéficiant à ces deux modes
particulièrement présents sur les hinterland
La part modale de la voiture particulière
maritimes.
diminue également au profit des transports
Ces différences modales s’expliquent par la collectifs
plus grande stabilité des marchés fluvial et
Après le rebond observé en 2007, le transport
ferroviaire par rapport aux marchés routiers,
intérieur de voyageurs n’augmente pas en
plus réactifs à la hausse comme à la baisse.
2008 (- 0,1 % en voyageurs-kilomètres),
D’autres facteurs ont aussi pu jouer sur cette confirmant l’inflexion observée depuis le début
évolution modale, notamment la libéralisation des années 2000. Cette évolution recouvre un
du fret ferroviaire qui induit une modification nouveau recul de la circulation des voitures
profonde de la production dans le secteur et de particulières qui contraste avec la poursuite de
sa configuration, favorisant un retour de la la hausse des transports collectifs. La voiture
demande auprès des nouvelles entreprises perdrait donc 0,8 point de part modale par
ferroviaires. rapport à 2007 ; celle-ci s’établirait à 81,8 %,
son point le plus bas depuis vingt ans.
Au total, les transports de conteneurs sont
stables pour le mode routier et progressent À l’exception du transport aérien dont la
d’environ 2 % pour le mode ferroviaire. La croissance a assez nettement ralenti par
baisse de 11 % pour le mode fluvial s’explique rapport à 2007 et pour lequel les transports
en partie par les mouvements sociaux liés à la nationaux sont en légère décroissance (- 1,0 %
réforme portuaire, les opérations fluviales étant en voyageurs-kilomètres), les transports
assurées par les grutiers alors que le fer et la collectifs continuent de croître à un rythme
route ont recours à des personnels ne relevant soutenu (+ 4,3 % en moyenne annuelle, tous
pas des mêmes statuts. modes confondus). Dans ce contexte de crise
économique, ni les transports sur longue
La situation des entreprises de TRM se
distance ni les transports urbains ne semblent,
dégrade
pour l’instant, enregistrer une diminution de la
De ce fait, les entreprises de transport routier fréquentation susceptible de remettre en cause
les reports modaux observés ces dernières de marchandises connaissent une baisse
historique de leur chiffre d’affaires, estimée à années. Seule la fin de l’année semble
SOeS – Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 9 Synthèse
marquer un très léger ralentissement de leur cours de la dernière décennie malgré le recul
croissance qui peut s’expliquer par la baisse sur les autres réseaux.
de l’emploi salarié ; celui-ci connaît une baisse
Une plus forte contrainte budgétaire des
de 0,6 % sur l’année qui a touché en premier
ménages et l’amélioration de l’offre
lieu les intérimaires (dès le deuxième
bénéficient aux transports collectifs
trimestre) puis l’ensemble des salariés avec
une disparition de 100 000 emplois au La progression des transports collectifs de
quatrième trimestre. voyageurs fait écho à un accroissement
quantitatif de l’offre : programmes
Les transports intérieurs de voyageurs
d’améliorations décidés par le Stif sur les bus
Niveau 2008/
de banlieue opérés par la RATP, ouverture de
Structure (%) 2008 2007
nouvelles lignes TER suite à la mise en service 2000 2008 (Gv-km) (%)
du TGV Est et de bus urbains suite à
Voitures particulières 83,4 81,8 720,2 -1,1
l’ouverture de lignes de transports en Transports urbains (*) 3,7 4,3 37,7 4,3
communs en site propre, mise en service de Transports ferroviaire (*) 7,2 8,4 73,6 6,4
rames duplex supplémentaires sur les lignes TGV 4,1 5,8 50,6 8,7
TGV, augmentation des fréquences des trains TER 1,0 1,4 12,7 9,3
(Eurostar, Thalys, TGV inter-secteurs) mais Autres SNCF (*) 2,0 1,2 10,3 -6,0
aussi des liaisons aériennes transversales (sur Transport collectif routier 3,9 4,0 35,6 2,4
Biarritz et Lyon notamment). Parallèlement Transport aérien (**) 1,8 1,5 13,1 -1,0
l’offre gagne en qualité, à travers la rénovation Total voyageurs 100,0 100,0 880,1 -0,1
du matériel qui se poursuit en 2008 mais aussi Sources: SNCF, SOeS, Enquête TCUP, DGAC, CCTN-
à travers le cadencement des TER ou les Bilan de la circulation
(*) le Transilien est compté en transports urbains abonnements multi-réseaux (TER et urbain).
(**) transport métropolitain uniquement Cette croissance de l’offre permet à l’ensemble
des segments des transports collectifs de La croissance reste forte sur les réseaux
progresser, au détriment de l’utilisation de la urbains d’Ile-de-France (+ 2,4 % environ après
voiture, y compris sur des déplacements correction des grèves de l’automne 2007) et
longue distance de province à province sur surtout en province (+ 5,5 %) qui bénéficient,
lesquels on observe, pour la deuxième année en année pleine, des ouvertures de lignes en
consécutive, une forte croissance des site propre de 2007 dans de nombreuses
transports ferroviaires et aériens. métropoles. Elle se double d’une croissance
de 9,3 % sur les réseaux TER (en partie liée Plus précisément, l’année 2008 est marquée
au retour au niveau antérieur aux grèves de par une évolution des prix relatifs favorable
2007) dont la fréquentation s’assoit de plus en aux transports collectifs. Partant d’un point
plus sur les migrations alternantes. Sur longue haut en début d’année, les prix des carburants
distance les transports ferroviaires poursuivent progressent fortement jusqu’au cœur de l’été,
également leur croissance : outre la montée en période des vacances, avant la forte
puissance de la LGV Est, les autres liaisons désinflation à la rentrée ; après une année
TGV enregistrent également des hausses de 2007 où les prix avaient stagné en moyenne
fréquentation, en lien avec l’accroissement par rapport à 2006, la hausse annuelle
quantitatif et qualitatif de l’offre. moyenne est de 12,1 % en 2008 (indice
Insee). Elle contraste avec celle des prix des À l’inverse, la circulation routière des voitures
transports collectifs urbains (+ 1,3 % en 2008 particulières reculerait de 1,1 % : malgré une
d’après l’Insee, pour une inflation de 2,8 %). légère hausse du parc de voitures
particulières, les kilométrages annuels moyens Par ailleurs, l’entrée en récession a renforcé la
réalisés par les véhicules continuent de diminution de la propension à consommer du
décroître assez fortement (- 2,0 %), retrouvant carburant. Celle-ci a été d’autant plus faible
la tendance des dernières années. Il est à que l’emploi salarié a diminué dès le troisième
noter que la contribution des voitures trimestre et que certaines dépenses
particulières (- 0,7 %) est, en 2008, contraintes comme les dépenses de chauffage
comparable à celle des véhicules utilitaires ont connu une forte reprise cette année.
(- 0,5 %, poids lourds tous pavillons et
utilitaires légers pavillon français). Fait
nouveau, l’année 2008 est marquée par un

recul sur tous les réseaux, y compris sur les
Le repositionnement de l’Etat se poursuit autoroutes concédées (- 1,4 % à réseau
constant) sur lesquelles la circulation des
Elément structurant l’année, l’Etat poursuit le
voitures particulières n’avait pas décru au
repositionnement de son intervention avec une
10 SOeS – Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 Synthèse
dépense qui continue à reculer (- 7,5 %) tandis les effets de la crise financière sur leurs
que celle des collectivités territoriales comptes (montée des charges financières liées
augmente tout en ralentissant (+ 4,0 % après aux investissements passés et effet d’aversion
+ 7,7 %). En neutralisant l’effet de ce pour l’endettement). Il est à noter que le
repositionnement la dépense de l’Etat suit à financement public à Dexia (ancien Crédit local
peu près l’inflation (+ 2,0%, hors transferts de de France), dans le cadre du plan de soutien
personnel de l’équipement aux départements des banques contribue à empêcher un
et subventions de désendettement à RFF et à retournement des anticipations des dépenses
la SNCF). Dans ce total, sa dépense de des collectivités, nonobstant des charges
fonctionnement diminue avec la poursuite du financières accrues, ainsi qu’un creusement de
transfert vers les collectivités territoriales de la leur endettement et de celui de l’Etat.
responsabilité de la dépense et de son
L’investissement en infrastructures se
arbitrage (- 1,8 %). Dans le même temps, l’Etat
maintient à un niveau élevé
repositionne aussi son engagement financier
concernant l’endettement passé en n’isolant En correspondance avec ces dépenses
plus ses dépenses liées à la dette passée de publiques qui ralentissent, un certain recours
la SNCF. Hors dépenses de désendettement accru à l’endettement et l’utilisation des
(SNCF et RFF), les investissements publics produits de l’activité des opérateurs publics
tous modes augmentent de 8,3 %, ce qui, financent les investissements en
après la baisse de 2007, leur permet de infrastructures qui se poursuivent ainsi au
retrouver le niveau de 2006. La part du rail même rythme qu’en 2007 (+ 1,7 % en euros
dans les investissements d’État augmente de 5 constants), l’année 2008 voyant pour une part
points. l’achèvement d’un certain nombre de projets
après des années 2005 et 2006 très
Au total, les dépenses publiques, en
dynamiques. La prépondérance de la route
ralentissement, se maintiennent en hausse en
dans ces investissements en infrastructures
grande partie grâce aux collectivités
tend à diminuer (66,8 % après 67,9 %) par
territoriales (+ 4,0 %), mais ces dernières
rapport aux infrastructures de transports
auraient tendance à ralentir leurs
collectifs, avec une contribution financière
investissements (+ 2,0 % après +11,4 %), sans
importante des collectivités territoriales à ce
que l’on puisse, à ce stade, faire la part entre
report.
l’attentisme normal d’une année post-
électorale (départements et municipalités) et

SOeS – Les comptes des transports en 2008 (tome 1) – juin 2009 11

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