Rapport d information fait au nom de la Délégation du Sénat pour la planification sur les problèmes liés au développement économique du football professionnel
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Rapport d'information fait au nom de la Délégation du Sénat pour la planification sur les problèmes liés au développement économique du football professionnel

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Description

Sur la base du développement économique spectaculaire du football professionnel et à l'explosion de son chiffre d'affaires (estimé à 15 milliards d'euros en Europe) depuis les années 1990, le rapporteur fait l'état des lieux des recettes du football professionnel (croissance des droits de télévision...), celui des charges des clubs (notamment la croissance des charges d'exploitation). Il tente d'expliquer les raisons du déséquilibre financier de ce secteur. Il remarque que le football européen a peu de caractéristiques communes et montre de forts particularismes locaux ; il étudie l'exception française et se demande quel pourrait être le régulateur du football international. Il émet des recommandations pour mieux institutionnaliser la gouvernance du football, mettre en place des règles destinées à préserver les équilibres financiers, économiques et sportifs du football au niveau européen et défendre le football français.

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Publié le 01 juin 2004
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Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

N° 336 ____________ S É N A T SESSION ORDINAIRE DE 2003-2004
Annexe au procès-verbal de la séance du 8 juin 2004
RAPPORT DINFORMATION FAIT
au nom de la délégation du Sénat pour la planification (1) sur les problèmes au liésdéveloppement économique dufootball professionnel, Par M. Yvon COLLIN,
Sénateur. (1) Cette délégation est composée de: M. Joël Bourdin,président ;Mme Évelyne Didier, MM. Marcel Lesbros, Jean-Pierre Plancade,vice-présidents ;MM. Pierre André, Yvon Collin, secrétaires; MM. Gérard Bailly, Yves Fréville, Joseph Kerguéris, Philippe Leroy, Jean-Luc Miraux, Daniel Percheron, Roger Rinchet, Gérard Roujas, Bruno Sido.Sports.
PREMIÈRE PARTIE UNE INDUSTRIE DU FOOTBALL EN QUÊTE DE MATURITÉ
Au cours de ces dernières années, le football professionnel a connu un développement économique spectaculaire. Sonchiffre daffaires aexploséet on estime quil sélève aujourdhui à 15 milliards deuros en Europe (98 milliards de francs). Les marchés celui des joueurs, celui des impliqués, produits liés plus ou moins directement au spectacle sportifont enregistré une forte croissance;de véritables entreprises sont nées.
Ces processus témoignent sans doute du formidable attrait du football. Cest du moins lexplication la plus confortable. Elle peut se soutenir, mais il serait naïf de sen remettre entièrement à elle. Ce serait faire limpasse sur des déterminants au moins aussi fondamentaux qui dessinentlhistoire récente dun développement aux équilibres fragiles.
CHAPITRE I LES RECETTES DU FOOTBALL PROFESSIONNEL, ÉTAT DES LIEUX
Les années 90 ont vu le chiffre daffaires du « football européen » augmenter considérablement. Selon certaines estimations,le chiffre daffaires des seuls clubs de lélite en Europesélevait à deuros en6,6 milliards 2000-2001et sétait hissé à en 2001-027,1 milliards, pour lesdont 80 % cinq plus grands championnats(Angleterre, Italie, Espagne, Allemagne, France).
Ce processus trouve sa principale explication dans le très fort accroissement des recettes issues de la commercialisation des droits de retransmission télévisuelle des compétitions. Ce phénomène essentiel doit être décrit en détail. Il ne sest pas déroulé partout de la même manière et les différents espaces nationaux subsistent malgré la globalisation que connaît léconomie du football. Limportance prise par les droits TV dans les recettes du football professionnel conduit à sinterroger sur la pérennité dune dynamique à la base dun « boom économique » sans précédent mais dont lavenir est incertain.
I.UNE FORTE AUGMENTATION DU CHIFFRE DAFFAIRES DU FOOTBALL
AVERTISSEMENT DE MÉTHODE
Les données financières mentionnées proviennent de différentes sources directes ou, le plus souvent, quand il sagit des situations observées à létranger, indirectes. Dans le cas de la France, les présentations régulières de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) sont utilisées, ainsi que les informations financières disponibles auprès des autorités de tutelle du football national. Ces informations présentent des lacunes, en particulier du fait de leur degré élevé dagrégation. En outre, la capacité des organismes mentionnés à vérifier complètement lexactitude des données transmises est à mettre en doute. Mais, ces difficultés apparaissent secondaires par rapport à celles qui concernent les situations financières du football professionnel à létranger. Les obligations de publication de résultats y sont fréquemment inexistantes ou contournées. Souvent, il nexiste pas dorganisme de surveillance financière.
Il faut donc garder à lesprit que lanalyse économique et financière du football professionnel est loin de disposer des indicateurs fiables qui lui seraient nécessaires. Cette caractéristique est en soi significative dun état de développement économique manquant de normalisation. Elle conduit souvent à formuler des hypothèses. Celles-ci ne sont pas pour autant arbitraires. Elles résultent danalyses quon veut rationnelles.
A.APERÇU GÉNÉRAL
Au cours de la fin des années 90, lechiffre daffairesdes championnats européens sestconsidérablement accru. Par exemple, les taux de croissance annuels ont atteint en Angleterre25 % eten Espagne et 17 % en ItalieLe chiffre daffaires du championnat anglais a atteint. 1,7 milliard deuros, celui du championnat italien 1,1 milliard deuros et celui du championnat allemand 1 milliard.
En France, lesrecettes de la L1 ont augmenté en moyenne de 17 %par anentre 1995 et 2000, soit un peu plus quun doublement, pour un nombre de participants en baisse1le nombre des clubs admis en L1 en 2000-2001 étant, passé à 17 contre 20 au départ. Lesrecettes dexploitation pour 2000-2001sélevaient à près de4 milliards de francs contre de francs en1,8 milliard 1995-1996.
Les recettes dexploitation des clubs de la Ligue 1 (Evolution 1995-2000) (en milliers de francs)
 Saison %Saison % Saison % Saison % Saison % Saison % 2000-2001 1999-2000 1998-1999 1997-1998 1996-1997 1995-1996 PRODUITS clubs clubs 20 clubs 18 clubs 20 clubs 20 1817 clubs Matches championnat à 518 115 13 522 616 13 430 518 17 322 209 15 333 281 17 298 364 16 domicile dMaEtchescoupe7695828660128485036413535958331112546 urope Autres matches 39 839 1 32 173 1 41 394 2 33 987 2 28 176 1 23 128 1 Spupbolniscoitréss9381863540016522033204338472050 736 4 631 26 399 562 22 SCuobllveecntitivoitnéss1625564165757424709410250328122832631530792817territorialesS&ubLvNeFntionsTV202195851224709356107690442899033426211853256313931Autres produits 434 639 11 293 293 2 176 321 7 113 326 5 89 409 5 111 247 6 TOTAL : 3 991 002 100 3 982 933 100 2 579 114 100 2 116 865 100 1 919 528 100 1 814 622 100
Source : Ligue de Football professionnel (LFP)  Statistiques saison 2000-2001.
Laugmentation du chiffre daffaires du football connaîttoutefois un réel ralentissement dont témoignent, à titre dexemple, les tableaux ci-dessous qui concerne, lun, le chiffre daffaires moyen (hors transferts) par club en Ligue 1 française, lautre, le total des produits dexploitation pour les saisons 2001-2002 et 2002-2003.
1 championnat de L1, qui regroupe lélite du football national, compte actuellement Le vingt équipes. Mais, il est à nouveau question de réduire ce nombre.
Chiffre daffaires hors transferts club moyen de Ligue 1 Evolution 1995-2001(en M)
Chiffre daffaires hors transferts
Evolution ( %)
1995-1996 13 1996-1997 14,6 5,8 1997-1998 17,9 22,5 1998-1999 21,8 21,8 1999-2000 33,7 54,4 2000-2001 35,7 6,1 2001-2002 35,7 - 0,2 Source :Ligue de Football professionnel (LFP)(aux arrondis près) Pour lasaison 2001-2002, les produits dexploitation sélèvent à 643,1 millions deuros. Laprogression par rapport à la saison précédenteressort à5,7 %.Cependant, il faut tenir compte de laugmentation dune unité du nombre des clubs participants, si bien que le niveau des ressources ainsi corrigé est stable.
Pour lasaison 2002-2003, le montant des produits progresse encore à 689 millions deuros (+ 7,1 %) mais avecdeux clubs de plus. Corrigée de cette variation, lévolution des recettes unitaires est ainsi marquée par une réduction.
Les recettes dexploitation des clubs de Ligue 1 au cours des deux dernières saisons (en millions deuros)
Saison 2001-2002 18 clubs
%Saison 2002-2003 20 clubs
%
Matches championnat à domicile 79 583 12 89 301 13 Matches coupe dEurope 13 079 2 8 221 1 Autres matches 5 890 1 8 167 1 Sponsors publicités 126 541 20 139 557 20 Subv. Collectivités territoriales 21 090 3 24 812 4 Droits TV 332 810 52 356 935 52 Autres produits 65 096 10 62 056 9
TOTAL :
643 090 100
689 048 100
Source :Ligue de Football professionnel (LFP)- Statistiques saison 2002-2003.
B.LE BOOM DES RECETTES PROVENANT DE LA COMMERCIALISATION DU FOOTBALL AUPRÈS DES TÉLÉVISIONS
Cetteforte croissance largement estattribuable à laugmentation des recettes issues de la commercialisation des droits de retransmission télévisée. Ce processus global a également concerné la France.
Sur la décennie 1991-2001, lesrecettes à la commercialisation liées desdroits de retransmission audiovisuelle connu un ontboom sans précédent. Les progressions les plus spectaculaires sont intervenues au Royaume-Uni et pour deux compétitions internationales : la Ligue des Champions qui concerne, chaque année, les clubs européens et la Coupe du Monde, compétition mettant aux prises les équipes nationales tous les quatre ans.
1.Les recettes de commercialisation des « un droits-télé », panorama européen très contrasté
On y reviendra mais il faut, dès ce stade,relever que lapport financier des chaînesde télévisionaux clubs varie fortement selon les pays. Siles écarts observés en ce domainene rendent pas entièrement compte à eux seuls de la hiérarchie des chiffres daffaires des footballs professionnels en Europe, ilssont suffisamment manifestes pour constituer un des éléments structurants de léconomie du football en Europe.
Sous cet angle,sur la base des contrats connus au moment de la rédaction de ce rapport1,trois groupesde pays pouvaient être distingués. Le premier niveau l réunitEspagne de francs), l (1,9 milliardAllemagne1(2 milliards de francs) et laFrance de francs), qui sont au bas milliards (2,1 de léchelle, loin derrière lItalie (deuxième niveau milliards) (3 de francs), distancée elle-même par lAngleterre (troisième niveau) (5,9 milliards de francs).Ainsi, en attribuant à la France, pour les « lindice », télé droits 100, lEspagne se trouvait à 91,6, lAllemagne à 93,6, lItalie à 139,5 et lAngleterre à 274.
1 Les ventes aux télévisions des championnats couvrent des durées pluriannuelles et sont négociées à des dates différentes selon les pays. Ces décalages affectent lhomogénéité des données financières qui ne prennent pas systématiquement en compte les nouvelles générations de contrats.
1000
800
600
400
200
0
L'explosion des droits TV du football en Europe (entre 1991 et 2001)
1991 2001
France
Angleterre**
* 1990-2002 ** Premier League uniquement
Italie
Espagne
Source : Centre de droit et d'économie du sport.
Allemagne
Ligue des Champions
Coupe du Monde*
Malgré un certain retarden France, lévolution des « droits-TV » sur longue période a été spectaculaire.
Les droits des retransmissions en France (1977-1996) Années Football France(1)(millions F) 1977-78 1,5 1982-83 5 1983-84 10 1984-85 25 1985-86 35 1986-87 60 1987-88 200 1988-89 220 1991-92 300 1995-96 450
1. Total Championnat, Coupes dEurope, de France, équipe de France, Téléfoot, etc.
Mais, lapériode récente a enregistréune véritable explosionpuisque lecontrat en cours atteintde lordre de 380 deuros millions(2,5 milliards de francs) lan pour la période 1999-2004, et quuneoffre de 480 millions deuros (3,1 milliards de francs) lan (période 2004-2007) a pu être recueillie lors de la dernière négociation des droits par la Ligue de football professionnel.
Une évolution analogue sest produite partout en Europe. A titre dexemple, le graphique ci-après décrit ce phénomène pour lItalie.
550
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
LÉVOLUTION DES DROITS-TVENITALIE
Recettes au titre des droits sur les compétitions nationales (en millions d'euros)
Droits individuels
Source : Deloitte et Touche « Calcio »
Droits payés à la Ligue
2.Une dépendance accrue aux « droits-télé »
La européens »structure des chiffres daffaires des « footballs a considérablementévolué. La part des recettes issues desdroits de retransmission télévisée, qui natteignait pas letiers du total en1995, dépasse désormais lamoitiédes produits.
Lerythme daugmentation des « droits-télé »a éténettement plus rapide que celui des autres recettes, prises globalement. On sattache dans la suite du présent rapport à avancer une explication à un phénomène qui a accru la dépendance économique du football à des recettes qui en ont bouleversé léconomie.
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