BAC-ES-2017-PHILOSOPHIE-SUJET-2-CORRIGE
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avec Corrigés bac 2017 Bac 2017 PHILOSOPHIE Série ES SUJET 2 Sujet de dissertation : « Une œuvre d’art est‐elle nécessairement belle ?

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Publié le 15 juin 2017
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Langue Français
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Corrigés bac 2017
Bac 2017 PHILOSOPHIE Série ES SUJET 2Sujet de dissertation : « Une œuvre d’art est‐elle nécessairement belle ? »Analyse du sujet : Le sujet ne demande pas ce qu’est le beau, ni si tout le monde est d’accord ou pas sur la beauté d’une œuvre d’art. Il faudra éviter de s’égarer dans des considérations sur le caractère relatif du jugement esthétique. Le problème est bien de savoir si la beauté est absolument nécessaire en art. En d’autres termes : l’art a‐t‐il d’autres exigences par lesquelles il pourrait être considéré comme accompli, quand bien même il ne nous présenterait rien qui puisse être considéré comme « beau » ? 1. Nous avons spontanément tendance à considérer que l’art doit être beau. C’est ce qu’exprime en général le jugement esthétique : avoir du goût, c’est savoir distinguer ce qui est beau de ce qui ne l’est pas, et ainsi pouvoir ne s’entourer que de belles choses. Ce point de vue s’enracine dans une conception antique de l’art comme imitation, à une époque où l’on considérait le monde lui‐même comme un « Cosmos », c’est‐à‐dire un ordre harmonieux et beau. Aristote écrivait ainsi dans sa Physique: « L’art imite la Nature ». Cettemimesisétait donc d’autant plus réussie que l’œuvre était belle. 2. Cependant le beau n’est pas la seule vocation de l’art. Si on prend l’art grec lui‐même, certes la sculpture rivalisait dans la représentation des plus beaux corps possible, mais cette beauté imitait plus un idéal que la réalité. Représentant les dieux et les héros, ou des hommes beaux comme des dieux, l’art ne recherchait pas seulement le beau mais communiquait des mythes avec une vision du monde et des valeurs propres à cette époque. Si Platon a voulu chasser les poètes de la Cité dansLa République, c’est qu’il considérait que l’art mentait et ne permettait pas de se rapprocher du vrai Beau, pas plus que du vrai Bien. Le beau de l’œuvre d’art n’est, pour Platon, que la copie d’une copie, comme il l’explique avec les « trois lits » (La République, VII). 3. L’art, même classique, peut représenter la laideur. On peut remarquer que, dès l’Antiquité, l’art ne présente pas que de beaux sujets et de belles choses. La tête de la Gorgone représentée avec talent ne doit pas être belle : elle doit être effrayante et repoussante. Aussi, paradoxalement, dira‐t‐on d’une œuvre qu’elle est « belle » alors même qu’elle nous représente quelque chose de très laid. C’est que « belle » prend alors le sens de réussie, accomplie. C’est ce que Kant exprime en disant que l’art n’est pas dans la représentation d’une belle chose, mais dans la belle
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représentation de cette chose. Nous pouvons ainsi être passionnés par des œuvres tragiques où tout n’est qu’horreur mais où le talent déclenche en nous cettecatharsis qu’Aristote, le premier, a analysée dans saPoétique.
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