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Accompagner vers l'emploi - Les exemples de l'Allemagne, du Danemark et du Royaume-Uni

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Ce rapport propose une analyse comparée des dispositifs d'insertion auxquels ont accès les personnes les plus éloignées du marché du travail en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni.

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Publié le 01 juillet 2008
Nombre de lectures 72
Langue Français

Exrait

P R E M I E R M I N I S T R E SECRÉTARIAT D’ÉTAT CHARGÉ DE LA PROSPECTIVE, DE L’ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ET DU DÉVELOPPEMENT DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE
ÉRIC BESSON
JUILLET 2008
Accompagner vers lemploi Les exemples de l’Allemagne, du Danemark et du Royaume-Uni
Sommaire
RÉSUMÉ. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 7
1. RÉORGANISATION DES SERVICES PUBLICS DE L’EMPLOI : VERS LA SIMPLIFICATION. . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 9
1.1. RÉFORMES DE L’INDEMNISATION DU CHÔMAGE : TENDANCE À UN DURCISSEMENT DES CONDITIONS D’ACCÈS ET À UNE SIMPLIFICATION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 9 1.2. ÉVOLUTIONS DES ACTEURS DU SERVICE PUBLIC DE L’EMPLOI. . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 15
2. LES PARCOURS D’INSERTION : DES TEMPORALITÉS ET DES CONTENUS PROPRES À CHAQUE PAYS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 19
2.1 LE POINT D’ENTRÉE : DES GUICHETS UNIQUES À GÉOMÉTRIE VARIABLE. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 19 2.2. LE SUIVI : DES PRATIQUES PLUS OU MOINS CONTRAIGNANTES. . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 20 2.3. L’ACCOMPAGNEMENT : DES CIBLAGES ET DES RYTHMES DISTINCTS. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 22 2.4. LES PRESTATIONS DE SERVICE : DES VARIATIONS SELON LES PAYS ET QUELQUES EXPÉRIENCES ATYPIQUES. . . . . . . . .p. 26
CONCLUSION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 33
LISTE DES PERSONNES CONSULTÉES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 35
BIBLIOGRAPHIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 37
ANNEXES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 39
Annexe 1 : La notion d’ ”emploi convenable” en Allemagne, au Danemark et en Grande-Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p.41 Annexe 2 : Dépenses publiques et nombre de participants aux programmes du marché du travail dans les pays de l’OCDE. . . . . . .p.42
1
Résumé
Enjeux et objectifs
(1)
Ce rapport propose une analyse comparée des dispositifs d’insertion auxquels ont accès les personnes les plus éloignées du marché du travail en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni. Dans un contexte de vieillissement de la population active, la mobilisation d’une part de plus en plus importante de la population en âge de travailler devient une préoccupation grandissante. Alors que le chômage de masse tend à reculer dans la plupart des pays européens, la question de l’insertion des personnes les plus « éloignées » ou encore les “plus en difficulté” sur le marché du travail se pose avec plus d’acuité. A cet égard, de nombreux pays européens développent des politiques dites d’“activation”, visant à articuler accès à la protection sociale et activité professionnelle, qui ont plus récemment été étendues à un ensemble plus large de publics en âge actif. L’Allemagne, le Danemark et le Royaume-Uni sont les trois cas étudiés dans ce rapport à la fois du fait de leurs configurations institutionnelles distinctes, des réformes récentes de leurs services publics de l’emploi et des évolutions favorables qu’ils ont connues en terme de chômage, en particulier de chômage de longue durée. L’objectif de ce rapport est demettre en évidence les principales caractéristiques des dispositifs de suivi et
d’accompagnement auxquels peuvent avoir accès les personnes les plus éloignées du marché du travailet favorisant leur retour à l’emploi. Les dispositifs et les services proposés par les pouvoirs publics pour faciliter leur insertion sont multiples par leur nature, leur ampleur, leurs cibles, etc. Ils couvrent un large éventail de mesures, allant des incitations monétaires versées au salarié ou à l’employeur aux aides en nature apportées au demandeur d’emploi, en passant par des actions d’accompagnement au retour à l’emploi plus classique (entretiens avec un conseiller, etc.). Ce rapport privilégie les dispositifs d’insertion sous l’angle du suivi et de l’accompagnement vers l’emploi et du rôle tenu par les services publics de l’emploi nationaux sur ces questions. L’ensemble des aides financières destinées à faciliter le retour à l’emploi, qui s’adressent tant au salarié (crédits d’impôts, possibilité de cumul avec les prestations et revenus d’activité, etc.) qu’à l’employeur (subventions à l’emploi, exonérations de charges sociales, etc.), sont exclues du champ de cette étude, même si elles restent complémentaires des dispositifs présentés. Le fonctionnement concret de l’insertion des personnes les plus éloignées du marché du travail, à travers leur accompagnement et leur suivi, est ainsi approché à partir des modalités et spécificités des parcours de ces groupes en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni tels que les dessinent formellement les nombreux dispositifs existants. Les résultats présentés s’appuient sur des voyages d’études et sur une large recension bibliographique.
1de l’appui du Centre d’analyse stratégique et, notamment, du travail de Stéphane Donné, Christel GillesCe rapport a bénéficié  Virginie Gimbert et
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A C C O M P A G N E M E N T V E R S L ’ E M P L O I : L E S E X E M P L E S D E L ’ A L L E M A G N E , D U D A N E M A R K E T D U R O Y A U M E - U N I
Au-delà de la comparaison : quelques principes transposables 
L’examen des dispositifs d’insertion des personnes les plus éloignées du marché du travail en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni révèle, au-delà des contextes institutionnels et économiques distincts, des aspects convergents. Si aucune solution “prête à être appliquée” ne peut se dégager, plusieurs principes peuvent constituer, une fois combinés, le socle de stratégies d’insertion pertinentes et innovantes susceptibles d’augmenter les chances non seulement de retour à l’emploi mais aussi de maintien durable dans l’emploi.
1. Un guichet unique pour assurer un accès simple pour tous
Le principe d’un accès simplifié pour le demandeur d’emploi à travers le regroupement dans un même lieu physique des différents services utiles (services de placement et d’accompagnement, services d’aide sociale et éventuellement services de financement des prestations) semble partagé. Il doit s’adresser à toute personne en recherche d’emploi et en âge de travailler, quel que soit son statut indemnitaire ou sa durée de chômage. Le Jobcenter Plus britannique représente la configu-ration la plus aboutie du guichet unique : il est le point d’entrée pour toutes les personnes en âge actif dans le système d’indemnisation et de placement. 2. Un accompagnement précoce, fréquent et continu, au-delà de la stricte période de chômage L’accompagnement du demandeur d’emploi ne se limite pas à la période de chômagestricto sensu. En amont, un retour plus rapide vers l’emploi est favorisé par une prise en charge précoce : au Royaume-Uni, elle est assurée en quelques jours (rencontre avec un conseiller personnel dans les 3 jours qui suivent l’inscription). Elle peut également être anticipée dans les cas où la fin du contrat de travail est préalable-ment connue ; en Allemagne, les travailleurs ayant un contrat à durée déterminée ou ayant reçu une notifi-cation de licenciement doivent se signaler auprès de l’agence pour l’emploi avant la fin du contrat de travail (pour les CDD, trois mois avant la fin du contrat).
En aval, l’accompagnement pourrait être poursuivi au-delà de la reprise d’un travail, à intervalles réguliers pendant une période donnée (par exemple, pendant la période d’essai). Les dispositifs décrits ci-dessus indiquent aussi la nécessité de mesures préventives afin d’améliorer le maintien dans l’emploi : un dialogue entre le conseiller, l’employeur et le salarié est susceptible de déboucher sur des adaptations de poste de travail ou sur l’identifi-cation des besoins spécifiques de formation. L’expérience britannique“Employment Retention Advance Scheme” (ERA) lancée en 2003 répond à ce souci. 3. Une relation d’accompagnement et d’aide avec un conseiller personnalisé, en capacité de jouer un rôle d’intermédiation
Le face-à-face entre conseiller et demandeur d’emploi est au cœur des dispositifs d’insertion. Pour les person-nes les plus en difficulté, la relation avec le conseiller doit être une relation de confiance. Au Royaume-Uni, le conseiller personnalisé a pour unique mission l’aide et l’accompagnement, le contrôle étant assuré par une tierce personne. Pour proposer la solution la mieux adaptée au deman-deur d’emploi, ce conseiller personnalisé est capable de mobiliser de nombreuses ressources relevant de domaines très divers : milieu professionnel de l’entre-prise, services médicaux et sociaux, services de forma-tions, etc. En Allemagne, dans certaines régions ou communes, les conseillers établissent des relations avec les employeurs du bassin d’emploi local afin d’identifier leurs besoins, puis ils proposent à l’employeur un candidat pour un poste vacant. Cette logique de traitement au cas par cas et en étroite relation avec les entreprises tend à améliorer les chances d’insertion des personnes les plus fragilisées. 4. Une combinaison de prestations qui favorisent le contact avec l’entreprise Ces prestations gagnent à être diversifiées, aucun moyen n’étanta priorimoins efficace ; le succès dépend à la fois de la situation personnelle du demandeur d’emploi et du contexte socio-économique local. Elles doivent être surtout combinées. Les formations courtes et qualifiantes – le plus possible, en lien direct avec l’entreprise – sont préférables. Une bonne connaissance de l’état du marché du travail