bac 2017 - spécialité latin - Terminale L corrigé
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Français

bac 2017 - spécialité latin - Terminale L corrigé

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Première question Bac 2017, spécialité latin, Tle L Première partie re agar: passif, indicatif futur, 1personne du singulier. e amove: actif, impératif présent, 2personne du singulier. e exigatpersonne du singulier.: actif, subjonctif présent, 3 Avec ces formes verbales, les deux personnages adoptent une attitude radicalement opposée. En employant le passif, Phèdre se présente comme passive, presque comme une victime, et qui ne maîtrise plus rien, alors qu’Hippolyte s’adresse à elle sur le mode de l’ordre (impératif et subjonctif e jussif). Il exprime également sa distance vis‐à‐vis de Phèdre en utilisant la 3personne du singulier alors même qu’elle est devant lui. Deuxième question Le texte latin nous laisse comprendre qu’il y a, à ce moment un jeu de scène : Phèdre se jette sur le jeune homme et Hippolyte cherche à la tuer de son épée. La traduction la plus ancienne, celle de M. de Marolles, introduit des phrases complexes alors que les vers latins procèdent par accumulation de phrases simples. Ces phrases complexes ne rendent pas bien compte de la surprise d’Hippolyte. La traduction d’E. Greslou est, de ce point de vue, plus satisfaisante. F. Dupont, quant à elle, tire son parti de la structure des vers libres qu’elle a choisie pour la traduction et fait même l’économie de toute ponctuation, ce qui rend bien le trouble dans lequel se trouve le jeune homme. L’expressionstringatur ensis esttraduite de manière très différente par les trois auteurs.

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Publié le 22 juin 2017
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Langue Français
Première question
Bac 2017, spécialité latin, Tle L
Première partie
re agar: passif, indicatif futur, 1 personne du singulier.
e amove: actif, impératif présent, 2 personne du singulier.
e exigatpersonne du singulier.: actif, subjonctif présent, 3
Avec ces formes verbales, les deux personnages adoptent une attitude radicalement opposée. En employant le passif, Phèdre se présente comme passive, presque comme une victime, et qui ne maîtrise plus rien, alors qu’Hippolyte s’adresse à elle sur le mode de l’ordre (impératif et subjonctif e jussif). Il exprime également sa distance vis‐à‐vis de Phèdre en utilisant la 3 personne du singulier alors même qu’elle est devant lui.
Deuxième question
Le texte latin nous laisse comprendre qu’il y a, à ce moment un jeu de scène : Phèdre se jette sur le jeune homme et Hippolyte cherche à la tuer de son épée.
La traduction la plus ancienne, celle de M. de Marolles, introduit des phrases complexes alors que les vers latins procèdent par accumulation de phrases simples. Ces phrases complexes ne rendent pas bien compte de la surprise d’Hippolyte. La traduction d’E. Greslou est, de ce point de vue, plus satisfaisante. F. Dupont, quant à elle, tire son parti de la structure des vers libres qu’elle a choisie pour la traduction et fait même l’économie de toute ponctuation, ce qui rend bien le trouble dans lequel se trouve le jeune homme.
L’expressionstringatur ensis est traduite de manière très différente par les trois auteurs. Le subjonctif jussif signifie mot à mot : « que cette épée soit dégainée ». E. Greslou suggère qu’Hippolyte, pris au dépourvu, n’arrive pas à dégainer son épée immédiatement, alors que l’impératif « tirons l'épée » de M. de Marolles, plus proche du texte, fonctionne seulement comme le commentaire du geste que le fils de Thésée serait en train d’accomplir. La traduction de F. Dupont ne prend pas parti et laisse le lecteur ou le metteur en scène décider du type de geste associé à cette exclamation.
Notons enfin que, en 1991, F. Dupont doit faire comprendre à son lecteur que Phèdre ne cherche pas à donner un baiser à Hippolyte mais bien à l’embrasser au sens étymologique, à le prendre dans ses bras (amplexusl’oblige à avoir recours au verbe). L’évolution du verbe français « embrasser » « envelopper », plus étonnant ici, qui introduit une image absente du texte latin.
Troisième question
Enquoi le texte permet‐il de visualiser les gestes, les actions, les rapports entre les personnages et d’imaginer des mises en scène ? Vous étendrez votre réflexion à l’ensemble de la pièce en montrant son caractère spectaculaire.
Bac 2017, spécialité latin, Tle L
Le texte proposé a la particularité de faire intervenir un personnage qui n’est ni vu ni entendu, mais auquel s’adresse Hippolyte : Zeus. Le jeune homme commence par ignorer sa belle‐mère pour ne parler qu’à lui. Ces prières au père des dieux et des hommes sont sans doute accompagnées d’un regard tourné vers le ciel, voire de mains tendues. L’opposition entre la lumière, les éclairs et le feu du ciel, d’une part, et l’obscurité, d’autre part, peut suggérer une mise en scène qui tirerait parti de cette opposition entre le monde des dieux et le monde des hommes. Dans la deuxième partie de la tirade, le jeune homme change d’attitude et refuse d’être considéré comme responsable. Il s’adresse à sa belle‐mère en lui lançant des imprécations. Phèdre, quant à elle, est tout entière tournée vers Hippolyte. Un jeu de scène s’engage alors, qui rapproche les deux personnages. Mais l’un et l’autre ne le commentent pas de la même manière : alors que Phèdre décrit son geste comme une marque de supplication, dans la posture habituelle de celui qui implore en touchant les genoux, Hippolyte y voit une tentative de geste érotique qui provoque son dégoût. Il cherche à utiliser son épée pour la repousser, et sa réaction violente peut laisser croire au lecteur comme au spectateur qu’il va tuer sa belle‐mère. On comprend aux mots de cette dernière qu’elle ne cherche pas à échapper à la menace, mais au contraire qu’elle désire périr sous le fer d’Hippolyte. C’est précisément ce souhait qui la pousse sans doute à s’approcher encore de son beau‐fils, voire à lui présenter sa poitrine. Ce jeu de scène provoque de nouveau un geste de rejet de la part d’Hippolyte, qui préfère même s’écarter plutôt que de la tuer, ce qui supposerait de maintenir un contact avec elle.
Alors que toute la pièce de Sénèque rend visible les excès de Phèdre, ses gestes inconsidérés, l’épée sera dans la suite un élément central de la mise en scène du mensonge de Phèdre : elle la présente d’abord comme la preuve de son agression, puis elle se suicidera avec cette même arme.
Deuxième partie
Version
Pourquoi, guide des dieux et des hommes, ta main droite reste‐t‐elle en repos, et pourquoi le monde ne s’embrase‐t‐il pas sous ton flambeau à triple pointe ? Tonne contre moi, transperce‐moi, que ton éclair rapide me transperce et me brûle. Je suis coupable. J’ai mérité de mourir. J’ai séduit ma belle‐ mère. Moi, suis‐je digne de cette lubricité ? Et moi seul je t’ai paru une matière facile pour un si grand crime ? Ma droiture a‐t‐elle mérité cela ? Oh ! par ce crime, tu triomphes de la race des femmes.