Corrigé Bac 2015 : Philo série S sujet 3

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Corrigé Bac 2015 : Philo série S sujet 3

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Ajouté le 17 juin 2015
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Langue Français
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Sujets corrigés Bac 2015 Philosophie Série S Sujet 3
TEXTE DE CICERON SUR LA DIVINATION
Voici quelques pistes générales (non exhaustives) pour l'analyse de ce texte.
Dans ce texte Cicéron s'interroge sur la connaissance rationnelle opposée à la superstition.
L'homme est inquiet face à son avenir, il souhaiterait pouvoir l'anticiper afin de se rassurer. Pour cela il est tenté de croire à des « prédictions ». Cicéron procède à leur analyse critique. Problème posé: Comment prédire quelque chose (un effet) dont la cause nous est inconnue ? Normalement, on ne peut anticiper avec certitude que si l'on connait la cause, l'événement déclenchant. Plus cette cause sera connue de manière rationnelle, plus on aura la certitude que l'effet va bien se produire. Comment ceux qui pratiquent la « divination », c'est-à-dire les « devins », peuvent-ils prétendre prédire des événements alors qu'ils mettent en relation des événementsa priorisans rapport les uns avec les autres (telle carte du jeu de tarot serait « signe » de chance ou de malchance, ou on pourrait lire dans les entrailles des animaux qui sera le vainqueur d'une bataille) ?
L'extrait proposé est construit sur la distinction entre :
Des domaines où la prédiction est possible. Pourquoi est elle possible ? Parce qu'il existe des relations de causes à effets nécessaires entre les phénomènes. Cicéron prend l'exemple de l'astronomie : les connaissances sur l'état actuel de la position des planètes permet de prédire leur état futur avec un haut degré de certitude : Cela suppose qu'il y ait un rapport constant entre les phénomènes, (« mouvement invariable », « nécessairement », lignes 5-7). Il s'agit ici de ce que l'on nomme « principe de causalité » (cf. le déterminisme). On peut penser à d'autres exemples comme la médecine : le médecin peut prédire la rémission ou l'aggravation d'une maladie à partir de l'observation de l'évolution des symptômes de son patient. Ici la connaissance est à la fois théorique (fruit d’un « raisonnement », l. 11, et pratique (fruit de l'expérience, de l'observation, cf. Hippocrate). De ce cas, il ressort que la connaissance de la cause permet d'anticiper l'effet (ex : prévision des éclipses, l.2).
Des domaines où la prédiction est impossible ou absurde. Il s'agit des domaines de la vie quotidienne, des événements personnels qui relèvent de « l'accidentel » (tel la découverte d'un trésor, ou l'annonce d'un héritage). Ces événements sont fortuits ou dépendent d'autres personnes (par ex, que quelqu'un me désigne comme son héritier). Ce sont ces événements
que les hommes aimeraient connaître à l'avance.
Réponse de Cicéron : Si les événements de la vie sont dus au hasard, alors ils sont imprévisibles par nature, et la divination est tout à fait inutile. On peut comprendre ceci comme une mise en garde adressée à tous les crédules ou superstitieux, « prêts à tout » pour « connaître » leur avenir. Si au contraire le hasard n'existe pas, si les événements de la vie humaine « doivent » arriver, alors à quoi bon les connaître ? Cela ne changera rien ! Il s'agit donc là pour Cicéron d'une recherche absurde.
Les candidats pouvaient penser à tous les philosophes ayant traité des relations entre croyance et connaissance rationnelle (Descartes, Spinoza, Kant etc.) afin d'appuyer et élargir leur réflexion.