Corrigé Bac L 2017 - Philosophie
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Publié le 15 juin 2017
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Langue Français

Exrait

BaccalauréatL
Session 2017
Épreuve :Philosophie
Durée de l’épreuve: 4 heures
Coefficient : 7
PROPOSITION DE CORRIGÉ
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SUJET 1 Suffit-il d'observer pour connaitre ? Dans ce sujet, il s'agit de s'interroger sur la connaissance. Comment celle-ci s'obtient-elle ? Par quels biais, est-il possible de l'obtenir ? C'est un sujet qui se penche sur l'épistémologie, c'est à dire la philosophie de la connaissance. Ce n'est pas un sujet simple car il n'y a pas de notion spécifique du programme à laquelle il serait possible pour les élèves de se rattacher. On peut cependant le traiter de plusieurs manières en mobilisant les connaissances acquises en cours sur la vérité, l'expérience, la théorie et la perception qui est peut-être une des notions essentielles qu'il faut mobiliser (mais pas seulement). Dans un premier temps, il peut être possible de se dire qu'en fait ce que nous voyons n'est pas nécessairement ce qui est. Nous sommes en face ici de la différence entre ce qui est apparent et ce qui est réel. Le réel n'est pas toujours apparent. Il n'est pas toujours visible. D'ailleurs pour les grecs, la vérité était aléthéia, c'est à dire qu'elle renvoyait à un dévoilement. Trouver ce qui est et connaître au sens de connaître la vérité suppose de retirer un voile qui nous interdirait de voir. Quel est ce voile ? Si l'on utilise par exemple Platon, notamment dans des textes comme le Ménon, par exemple, celui-ci nous indique que la vérité se trouve dans l'idée de la chose. Il faut certes observer celle-ci mais surtout, il faut utiliser la réminiscence pour découvrir une vérité cachée et que les sens pourraient nous dissimuler. La connaissance suppose donc un travail d'analyse et de dialectique, écrira-t-il plus après dans un autre texte qu'est la République. Il utilisera la métaphore du lit pour indiquer notamment que l'art ne permet pas de saisir ce qui est car il nous renvoie aux images des choses par à leur réalité. L'observation « plate » dirions-nous, celle qui se contente de demeurer au stade de l'image ne nous apprend donc rien. Mieux, elle risque de faire de nous des esclaves victimes de préjugés, victimes d'un prêt à penser qui nous éloigne du réel et de ce qui est. Cependant il y a observation et observation. L'observation attentive peut aussi être une écoute profonde de ce qui est. Or celle-ci ne permet-elle pas de saisir ce qui se dissimule dans le silence, dans ce qui implique une sagesse profonde cachée ? Dans une deuxième partie, il peut donc s'agir de travailler sur ce qu'est l'observation profonde qui peut permettre de saisir un être qui se dissimule. Cette observation profonde n'est pas seulement celle du philosophe mais aussi celle du sage qui médite la réalité et qui étudie ce qu'elle est, sans besoin de connaissance livresque mais plus en tenant compte de ce que son corps lui indique, de ce qu'il perçoit en profondeur. Leibniz expose bien ce pouvoir de la perception dans ses nouveaux essais sur l'entendement 2 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
humain ( par exemple mais d'autres références peuvent être utilisées). Lorsqu'il évoque dans la préface, le bruit que fait une vague. Ce bruit est constitué de multiples autres petites perceptions que nous ne saisissons pas mais qui nous marquent. Leibniz n'utilise pas encore le terme d'inconscient. C'est Freud qui le popularisera par la suite. Il établit une différence entre les perceptions aperçues et celles qui sont seulement perçues. Pour connaître il faut aller au-delà de la perception pour apercevoir ce qui est en nous, ce qui est autour de nous et cela suppose non pas précisément dialectique mais plus analyse profonde et sans tabou. Mais comment faire cette analyse ? Il faut évidemment user de raison et c'est la raison pour laquelle Leibniz préfigure les Lumières et il va préconiser un développement de la science et des savoirs techniques. Toutefois nous sommes à l'heure de la crise de la science. Nous nous sommes rendus à l'évidence que celle-ci ne suffisait pas pour savoir et pour permettre une observation juste, une observation qui permettrait de savoir. De nombreux blocages existent en nous et qui nous interdisent de voir la réalité. Ces blocages impliquent de nouveaux travaux sur nous-mêmes qui vont au-delà de la science et qui touchent plus l'éthique au sens le plus profond du terme. Dans une dernière partie, nous pouvons donc nous interroger sur ce qui bloque réellement la juste observation, celle qui permet de connaître. A notre sens, ces blocages vont au-delà de la science, ils touchent l'éthique. Ce qui nous interdit de savoir, ce qui nous bloque ce sont tous ces éléments qui nous paralysent et le plus conséquent est sans doute la honte qui nous étreint. Cette honte que le Prophète Isaie, associe dans ces textes à l'ange de la mort. C'est ce que Freud appellera également la pulsion de mort. Cette honte est ce qui nous interdit de voir et de saisir la vraie réalité qui permet de connaître le vrai savoir. Lorsque nous avons honte, nous sommes comme bloqués par nos névrosesla psychanalyse nous le montre bienet ces névroses font qu'au lieu de voir ce qui est nous projetons nos névroses sur la réalité. Par exemple prenons le cas du mélancolique, nous indique Freud dans un texte qui s'intitule deuil et mélancolie, il est obsédé par des images morbides qui lui interdisent de saisir le réel. Ou bien prenons le paranoïaque qui est persuadé que tout le monde lui en veut . Certes il observe mais toujours avec défiance et cette défiance lui interdit de saisir ce qui est réellement. En conclusion. Il ne suffit pas d'observer pour connaître. Il faut observer avec sagesse et justesse. Toute la question est de savoir comment acquérir une telle justesse et il s'agit même de se demander si l'homme est capable de la posséder en lui-même et de manière durable. 3 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
SUJET 2 Tout ce que j'ai le droit de faire est-il juste ? Nous nous trouvons ici face à un sujet plus classique et qui est souvent donné par les professeurs de philosophie. Il interroge sur la différence entre droit et justice, droit et justesse. En général il est surtout demander aux élèves de s'interroger sur le fait de savoir si une loi est toujours juste. Là ce n'est pas seulement la loi qui est interrogée mais aussi mon action et donc les notions comme celles de droit, de liberté, de justice doivent se combiner. Tout ce que j'ai le droit de faire mais aussi de dire peut-être est-il juste. Peut-on dire dès lors qu'un droit m'est accordé qu'il est nécessairement juste. Ce sujet est intéressant car il demande également de réfléchir sur une notion que les juristes connaissent bien et qui est l'abus de droit ou l'abus de pouvoir. Prenons par exemple un chef d'entreprise. Il a le droit de licencier ses salariés mais le licenciement qu'il effectue est-il toujours juste ? Non bien évidemment et le droit français encadre d'ailleurs (pour l'instant mais jusqu'à quand ? ) ce qu'il appelle le licenciement abusif ou plus exactement le licenciement effectué sans cause réelle et sérieuse. De même, le droit français a-t-il créé une notion - par le truchement de l'arrêt Clément Bayard qui s'appelle l'abus de droit. Un propriétaire peut-il faire tout ce qu'il veut et par exemple poser des pics sur son terrain pour interdire à son voisin de faire du ballon dirigeable ? Non a répondu la Cour de Cassation qui a rappelé que ma liberté s'arrête là où celle d'autrui commence. Donc être libre ce n'est pas dire ou faire tout ce qui nous passe par la tête. C'est plutôt faire ce que l'on a sur le cœur et en son être. Mais comment savoir ce qui est juste ? Comment savoir ce qui est vrai ? Pour Rousseau, par exemple dans le Contrat social, aucune liberté n'est possible à l'homme qui demeure à l'état de nature car en cet état de nature, il s'est en quelque sorte peu à peu corrompu par une forme de sauvagerie qui l'a éloigné de son être profond. Il lui faut donc être civilisé et pour être civilisé il a besoin d'une société qui l'aide à grandir et donc de droit. Lorsque je fais ce que je souhaite en respectant le droit alors je suis dans la justesse. Mais de quel droit s'agit-il ? Pas de ce droit du plus fort qui n'est pas un droit pour Rousseau mais qui n'est que de la force. Non il faut un véritable droit, un droit qui repose sur la voonté unanime de chacun. Le problème est comment connaître cette volonté générale et cette volonté générale est-elle toujours juste ? N'est-elle pas souvent un leurre, un masque pour dominer le plus faible et le minoritaire ? Dans une deuxième partie, il peut donc paraître intéressant de s'interroger sur ce que l'on appelle aujourd'hui la crise du droit et de la loi. Contrairement à ce que nous pensions avec Lacordaire, entre le fort et le faible ce n'est plus toujours la liberté qui opprime et la loi qui libère. Il ne s'agit plus de voter des lois pour libérer un peuple. Comme le montre Arendt dans le Procés Eichman, c'est une sociét hyper-juridicisée, une 4 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
société très policée, la société la plus civilisée du monde peut-être quiavec ses juristes et ses loisa permis la mise en œuvre du plus grand génocide, la plus grandetuerie de l'histoire. Les libéraux pensaient donc qu'en utilisant le droit, ils obtiendraient la justice mais ils se sont trompés car le droit peut révéler l'injustice. Il peut véhiculer les préjugés. Il peut être raciste et traduire tout simplement la médiocrité et la bêtise d'un peuple. En conséquence, ce n'est pas parce que j'utilise le droit que ce que je fais ou dit est juste. Mais alors qu'est ce qui est juste ? Comment trouver le juste ? Dans une troisiéme partie, il peut être intéressant de s'interroger (bien évidemment très modestement) sur cette justice qui peut aller au-delà du droit. Summun jus, Summun injuria disent les juristes : trop de droit tue le droit. En d'autres termes, parfois en utilisant le droit et la loi je peux nier le droit. Par exemple, est-il juste de condamner un médecin qui brule un feu rouge parce qu'il est dans l'urgence et doit sauver un malade ? Le policier qui verbalisera dira qu'il est dans le droit mais est-il dans le juste ? Pour penser ce sujet, Aristote avait convoqué une notion qu'il a emprunté à Homèe et qui s'appelle l'équité. Je ne suis juste que si j'applique avec équité la loi. Mais qu'est ce que l'équité ? C'est ce qui permet d'assouplir la loi en fonction des circonstances et des opportunités. C'est ce qui permet de rendre l'application du droit plus juste en tenant compte de ce qui est autre, de l'autre et d'une vérité qui dépasse souvent le droit mais qui va au-delà de celui-ci. Ulysse est un homme juste parce qu'il va au-delà de la loi parce qu'il ne se contente pas de l'appliquer bêtement. Il le fait avec sagesse et humanité. En conclusion, le droit ne libère pas. Le droit ne permet malheureusement pas de régler tous les problémes de hommes. Il autorise peut-être une certaine éducation de l'humanité mais il ne l'édifie pas. Ce qui édifie l'homme avant tout c'est la sagesse et c'est elle qui permet à chacun de faire ce qui lui revient de faire et ce qui est. COMMENTAIRE DE TEXTE Texte de Rousseau. La vie vaut-elle la peine d'être vécue ? C'est la question que se pose ici Rousseau, critiquant Maupertuis qui semble avoir écrit que la vie était un bien mauvais présent. S'inspirant ici de John Locke s'opposant à Hobbes en ce qu'il distingue l'homme que nous connaissonsqui serait l'homme civilet l'homme naturel, Rousseau répond suivant une formule implicitement contenue dans le texte et qui lui est attribuée : ce n'est pas l'homme qui est mauvais c'est la société qui l'a corrompu. 5 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
Nous avons ici une déclinaison de cette idée dans ce texte « écologique » avant l'heure. En réalité, si la vie de l'homme est si misérable nous indique Rousseau ce n'est pas tant parce qu'elle est en soit misérable c'est parce que l'homme se l'est rendue ainsi par son orgueil et sa vanité. Si l'homme en effet n'avait pas contredit avec une telle violence la nature, il ne se serait pas rendu aussi malheureux et il n'aurait pas fait en sorte de se poser même cette question. La vie telle que la nature nous offre était un paradis cependant l'homme par son orgueil a tout fait pour transformer le paradis en enfer. On peut noter dans ce texte, l'influence biblique qui parcourt toute l'oeuvre de Rousseau. On ne peut en effet s'empêcher en lisant ce texte, fort inspiré par Leibniz également, de penser à la Genèse et au péché originel. C'est l'homme, par sa faute qui a corrompu la vie et sa faute première est donc, ce texte nous l'apprend, celle de l'orgueil. On ne peut que mesurer avec force toute l'actualité de ce beau texte et notamment on ne peut que penser aussi en le lisant aux travaux si essentiels de C Lasch sur la culture du narcissisme. C'est le narcissisme de l'homme qui le tue à petit feux, c'est le narcissisme qui rend la vie de l'homme impossible à lui-même et à ses semblables. On le voit aujourd'hui avec toute cette souffrance au travail qui est dénoncée par les psychologues et qui ne cesse de se développer. Ces burn out qui prolifèrent et qui transforment le travail qui devrait libérer en prison. Qui est souvent à l'origine du burn out ? Le petit chefaillon qui veut tout contrôler, qui veut tout décider, qui veut tout commander et tout le monde. Son orgueil démesuré lui fait oublier l'autre et fait que peu à peu il conduit certains de ses salariés les ^plus fragiles au suicide. Que faire contre lui ? C Lasch nous indique que malheureusement c'est notre propre narcisssisme et donc notre orgueil démesuré qui l'a mis au pouvoir. Comme le dit Rousseau si nous avions su être humbles, si nous avions un peu plus d'humilité nous ne transformerions pas nos vies en enfer. Ce texte est donc un grand texte car il nous donne une belle leçon sur cette vertu si essentiel et si oubliée qu'est la nécessaire humilité. Qu'est ce que l'humilité ? L'humilité c'est l'écoute de ce qui est sans orgueil. C'est l'écoute de la nature sans vouloir violer celle-ci et l'humilier. Or notre orgueil nous interdit bien souvent cette humilité. Au contraire il nous pousse continuellement à humilier l'autre.
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