Brevet 2012 Francais Corrige

Brevet 2012 Francais Corrige

Documents
4 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

Brevet 2012 – Sujet corrigé de français PROPOSITION DE CORRECTION Dictée Puis, une clameur s’éleva, où l’on distinguait les voix aiguës et les sauts de joie des enfants. Et il y eut une rentrée triomphale : Gervaise portait l’oie, les bras raidis, la face suante, épanouie dans un large rire silencieux ; les femmes marchaient derrière elle, riaient comme elle ; tandis que Nana, tout au bout, les yeux démesurément ouverts, se haussait pour voir. Quand l’oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus, on ne l’attaqua pas tout de suite. Emile Zola, L’Assommoir (1877). LE TEXTE Il était une fois un calife d’Ispahan qui avait perdu son cuisinier. Il ordonna donc à son intendant de se mettre en quête d’un nouveau chef digne de remplir les fonctions de chef des cuisines du palais. Les jours passèrent. Le calife s’impatienta et convoqua son intendant. - Alors ? As-tu trouvé l’homme qu’il nous faut ? - Seigneur, je suis bien embarrassé, répondit l’intendant. Car je n’ai pas trouvé un cuisinier, mais deux tout à fait dignes de remplir ces hautes fonctions, et je ne sais comment les départager. - Qu’à cela ne tienne, dit le calife, je m’en charge. Dimanche prochain, l’un de ces deux hommes désigné par le sort nous fera festoyer, la cour et moi-même. Le dimanche suivant, ce sera au tour de l’autre. À la fin de ce second repas, je désignerai le vainqueur de cette plaisante compétition. Ainsi fut fait.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 11 décembre 2013
Nombre de visites sur la page 20 861
Langue Français
Signaler un problème
Brevet 2012 – Sujet corrigé de français
PROPOSITION DE CORRECTION
Dictée
Puis, une clameur s’éleva, où l’on distinguait les voix aiguës et les sauts de joie des enfants. Et il y eut une rentrée triomphale : Gervaise portait l’oie, les bras raidis, la face suante, épanouie dans un large rire silencieux ; les femmes marchaient derrière elle, riaient comme elle ; tandis que Nana, tout au bout, les yeux démesurément ouverts, se haussait pour voir. Quand l’oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus, on ne l’attaqua pas tout de suite.
Emile Zola,riommossAL.)7781(
LE TEXTE
Il était une fois un calife d’Ispahan qui avait perdu son cuisinier. Il ordonna donc à son intendant de se mettre en quête d’un nouveau chef digne de remplir les fonctions de chef des cuisines du palais.
Les jours passèrent. Le calife s’impatienta et convoqua son intendant. - Alors ? As-tu trouvé l’homme qu’il nous faut ? - Seigneur, je suis bien embarrassé, répondit l’intendant. Car je n’ai pas trouvé un cuisinier, mais deux tout à fait dignes de remplir ces hautes fonctions, et je ne sais comment les départager. Qu’à cela ne tienne, dit le calife, je m’en charge. Dimanche prochain, l’un de ces deux hommes désigné -par le sort nous fera festoyer, la cour et moi-même. Le dimanche suivant, ce sera au tour de l’autre. À la fin de ce second repas, je désignerai le vainqueur de cette plaisante compétition.
Ainsi fut fait. Le premier dimanche, le cuisinier désigné par le sort se chargea du déjeuner de la cour. Tout le monde attendait avec la plus gourmande curiosité ce qui allait être servi. Or la finesse, l’originalité, la richesse et la succulence des plats qui se succédèrent sur la table dépassèrent toute attente. L’enthousiasme des convives était tel qu’ils pressaient le calife de nommer sans plus attendre chef des cuisines du palais l’auteur de ce festin incomparable. Quel besoin avait-on d’une autre expérience ? Mais le calife demeura inébranlable. « Attendons dimanche, dit-il, et laissons sa chance à l’autre concurrent. »
Une semaine passa, et toute la cour se retrouva autour de la même table pour goûter le chef-d’œuvre du second cuisinier. L’impatience était vive, mais le souvenir délectable du festin précédent créait une prévention1 contre lui.
Grande fut la surprise générale quand le premier plat arriva sur la table : c’était le même que le premier plat du premier banquet. Aussi fin, original, riche et succulent, mais identique. Il y eut des rires et des murmures quand le deuxième plat s’avéra à son tour reproduire fidèlement le deuxième plat du premier banquet. Mais ensuite un silence consterné pesa sur les convives, lorsqu’il apparut que les plats suivants étaient eux aussi les mêmes que ceux du dimanche précédent. Il fallait se rendre à l’évidence : le second cuisinier imitait point par point son concurrent.
Or chacun savait que le calife était un tyran ombrageux2, et ne tolérait pas que quiconque se moquât de lui, un cuisinier moins qu’aucun autre, et la cour tout entière attendait épouvantée, en jetant vers lui des regards furtifs, la colère dont il allait foudroyer d’un instant à l’autre le fauteur3 de cette misérable farce. Mais le calife mangeait imperturbablement.
Michel Tournier,Les Deux Banquets ou la commémoration, Gallimard, 1989.
Questions
Téléchargez le sujet de français du brevet 2012
I. Il était une fois
1. Ce récit appartient au genre du conte. En effet, il commence par « Il était une fois », il se passe dans un endroit lointain, les verbes sont au passé (imparfait-passé simple), il y a une situation initiale (premier paragraphe), un élément perturbateur (2e paragraphe), et des péripéties (l.12 à la fin).
2. a) Le calife décide d’organiser une compétition afin de départager les deux cuisiniers que lui a trouvés son intendant pour remplacer son cuisinier habituel. Il souhaite que le meilleur travaille à son service. Cette compétition lui permettra également de bien festoyer, car les cuisiniers donneront le meilleur d’eux-mêmes.
b) La compétition entre les deux cuisiniers consiste à préparer un banquet pour le calife d’Ispahan et sa cour.
3. Les réponses possibles concernant les traits de caractère du calife sont : impartial (« inébranlable »), tyrannique (« tyran »), colérique, susceptible (« ombrageux »), intolérant (« ne tolérait quiconque »).
4. a) Ce sont les convives assistant au banquet qui parlent dans le but de faire choisir le cuisinier de ce repas/ que ce cuisinier soit choisi sans que l’autre se présente….
b) Ces paroles sont rapportées au discours indirect libre. Le sujet-verbe est inversé, il n’y a pas de guillemets encadrant cette phrase, le verbe est à l’imparfait. Cette phrase exprime les conversations que tiennent les invités entre eux. Ils ne s’adressent pas directement au Calife, ils essayent de lui faire passer un message implicitement. On est donc dans un « discours indirect libre ».
II. Deux banquets
5. a) Le mot incomparable est formé du préfixe « in- », du radicale « compar » (verbe comparer) et du
b) Sa signification est qui ne peut être comparé du fait de sa « finesse », son « originalité », sa « richesse » et de sa « succulence ». Ce « festin » dépasse « toute attente ».
6. Le second cuisinier a une position moins favorable car le premier cuisinier a beaucoup plu aux convives qui voulaient déjà le choisir. Il va devoir faire mieux que le premier.
7. a) La figure de style est l’énumération, dans l’intention de décrire le festin de manière hyperbolique (gradation) et de montrer la richesse de ce festin en multipliant les caractéristiques.
b) « fin, original, riche est succulent ». Nous constatons qu’il s’agit des mêmes qualificatifs que pour le
8. Le second banquet ne joue pas vraiment le rôle attendu puisque tout le monde est étonné du fait qu’il soit identique au premier. Cependant, le fait que les deux banquets soient composés des mêmes plats permet de comparer le talent des cuisiniers de façon très juste.
III. Réactions des convives
9. Les trois réactions sont la surprise/l’étonnement (« Grande fut la surprise générale » l.24), la bonne humeur/l’amusement (« rires et murmures » l. 26) et la consternation (« silence consterné » l. 28).
10. Le texte présente le châtiment du second cuisinier comme inévitable en utilisant le point de vue de la cour et la connaissance qu’elle a du tyran « chacun savait », attendait épouvantée »…
11. L’attitude du calife est étonnante car elle ne correspond pas à l’attente du lecteur. On s’attend à ce qu’il s’énerve alors qu’il reste imperturbable.
12. Au début du texte cette compétition est effectivement plaisante du fait de la « finesse, originalité, richesse et succulence » du premier « festin ». Mais, au milieu du second banquet, l’imitation du premier festin fait craindre à la cour la colère du calife tyrannique. Les convives sont alors épouvantés.
Réécriture
« Grande fut la surprise générale quand le premier plat arriva sur la table, aussi fin, original, riche et succulent. » Réécrivez cette phrase en la transformant au passé composé et en mettant « plat » au pluriel.
Grande a été la surprise générale quand les premiers plats sont arrivés sur la table, aussi fins, originaux, riches et succulents.
Rédaction
A la fin du repas, le calife fait venir les deux cuisiniers devant la cour et demande au second cuisinier de s’expliquer. Après l’avoir écouté, le calife annonce sa décision et la justifie. Racontez cette scène en introduisant dans le récit les paroles échangées et en décrivant les réactions des différents personnages présents.
C’était un sujet ouvert et assez simple. Plusieurs possibilités étaient envisageables. Il fallait être imaginatif.
Il s’agit d’une suite de texte, il fallait donc écrire au passé, respecter le niveau de langue. Il fallait écrire un récit avec des dialogues au discours direct et décrire les réactions des convives, du calife et des cuisiniers.
Vous pouviez vous appuyer sur la description du calife de votre texte, le présenter comme colérique et tyrannique, s’énervant à outrance face à une cour terrifiée ou bien gardant son calme face à des convives étonnés et craintifs. La justification était à inventer, vous pouviez dire que le second cuisinier avait triché
mais comme les plats sont identiques, vous pouviez imaginer que les deux avaient cuisiné ensemble ou autre
Il s’agissait d’un conte, il fallait donc écrire un élément de résolution dans laquelle le bon cuisiner était récompensé et choisi et une situation finale finissant bien comme par exemple : « Ce chef, apprécié de tous, régala la cour et le calife de ses mets délicieux et inimitables ».
Exemple de début de rédaction
A la fin du repas, le calife fit venir les deux cuisiniers devant la cour. Celle-ci, épouvantée, attendait la justification du second cuisinier. Le calife, imperturbable, ne laissant transparaitre aucune émotion, et après avoir remercié le premier cuisinier pour l’excellence de son repas, s’adressa au second chef : « Dites-moi comment vous est venue l’idée de nous présenter ces plats ?
- Je les ai choisis parce que…. », rétorqua le cuisinier.
P.S. : pour la question 3 on pouvait aussi mettre impatient (l.4).