ENTRETIEN AVEC GILLES PERESS photographe l'agence Magnum

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Niveau: Secondaire, Lycée, Terminale
n° 99 /s ep te m br e 20 04 E N T R E T IE N A V E C G IL LE S P E R E S S S IT U A T IO N S 99 ENTRETIEN AVEC GILLES PERESS (photographe à l'agence Magnum) Une exposition se tient ce printemps 2007 à la Cinémathèque française : « L'image d'après5 ». Y sont proposées différentes combinaisons visuelles et sonores qui mettent en évidence des liens associant la photographie et le cinéma. Deux d'entre elles, qu'on doit aux photographes de l'agence Magnum Abbas et Gilles Peress, mettent en scène des images de guerre : celles de la Révolution iranienne pour Abbas; celles du New York de l'après 11-Septembre pour Gilles Peress, explicitement référées à la situation qu'analyse Pierre Hassner dans les pages qui précèdent et qui se caractérise par une imbrication inédite de la guerre et de la paix, ou de ce qui justement ne peut plus constituer une paix, du fait du terrorisme persistant, et de la soi-disant guerre qu'on mène contre lui. Nous avons demandé à Gilles Peress de nous parler non seule- ment de son travail de photographe, du rapport très critique qu'il entretient avec les genres officiels de la photographie contem- poraine, à commencer par le «photojournalisme» ou la «photo- graphie de guerre», mais plus généralement de son expérience de spectateur-témoin d'une histoire dans laquelle il se reconnaît impliqué, dont

  • genres officiels de la photographie contem- poraine

  • imbrication inédite de la guerre et de la paix


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Ajouté le 19 juin 2012
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ENTRETIEN AVEC GILLES PERESS
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S
99
ENTRETIEN AVEC GILLES PERESS
(photographe à l’agence Magnum)
Une exposition se tient ce printemps 2007 à la Cinémathèque
française : « L’image d’après
5
». Y sont proposées différentes
combinaisons visuelles et sonores qui mettent en évidence des
liens associant la photographie et le cinéma. Deux d’entre elles,
qu’on doit aux photographes de l’agence Magnum Abbas et Gilles
Peress, mettent en scène des images de guerre : celles de la
Révolution iranienne pour Abbas; celles du New York de l’après
11-Septembre pour Gilles Peress, explicitement référées à la
situation qu’analyse Pierre Hassner dans les pages qui précèdent
et qui se caractérise par une imbrication inédite de la guerre
et de la paix, ou de ce qui justement ne peut plus constituer une
paix, du fait du terrorisme persistant, et de la soi-disant guerre
qu’on mène contre lui.
Nous avons demandé à Gilles Peress de nous parler non seule-
ment de son travail de photographe, du rapport très critique
qu’il entretient avec les genres officiels de la photographie contem-
poraine, à commencer par le «photojournalisme» ou la «photo-
graphie de guerre», mais plus généralement de son expérience
de spectateur-témoin d’une histoire dans laquelle il se reconnaît
impliqué, dont il assume en images la complexité, et, à la limite,
l’inintelligibilité.
Gilles Peress vit à New York. Cet entretien a été réalisé en avril 2007
– les analyses de Pierre Hassner, ainsi qu’une visite à la Cinéma-
thèque, ont donné à cette conversation ses impulsions initiales.
Frank Burbage
Alors même qu’il définit les «idées» comme celles d’entre nos pensées
qui sont «comme les images des choses» Descartes explique dans le «Discours quatrième»
de sa
Dioptrique
(«Des sens en général») qu’«il n’y a aucunes images qui doivent en tout
ressembler à ce qu’elles représentent: car autrement, il n’y aurait point de distinction entre
l’objet et son image; mais il suffit qu’elles ressemblent en peu de choses; et souvent même,
leur perfection dépend de ce qu’elles ne leur ressemblent pas tant qu’elles pourraient faire.
Comme vous voyez que les tailles-douces, n’étant faites que d’un peu d’encre posées ça et
là sur du papier, nous représentent des forêts, des villes, des hommes, des batailles et des
tempêtes, bien que, d’une infinité des diverses qualités qu’elles nous font concevoir en ces
objets, il n’y en ait aucune que la figure seule dont elles aient proprement la ressem-
blance […] En sorte que souvent, pour être plus parfaite en qualités d’images, et repré-
senter mieux un objet, elles doivent ne pas lui ressembler».
5. «L’image d’après. Le cinéma dans l’imaginaire de la photographie», la Cinémathèque française, 51 rue de
Bercy, 75012 Paris.