Site académique Aix Marseille Histoire et Géographie

-

Français
5 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Niveau: Secondaire, Lycée
Site académique Aix-Marseille Histoire et Géographie Cet étrange colonisé Brigitte Manoukian Le 17 février 2004 Professeure au Lycée Vauvenargues AIX-EN-PROVENCE Quelles perceptions et quelles images du colonisé les colonisateurs ont-ils construites ? Telle pourrait être la question de ce moment des Rencontres de Blois qui associait le cinéma et l'Histoire autour du thème « Cet étrange colonisé ». Réponses en deux temps : - d'abord celle des images de films de propagande du temps de la colonisation : une longue projection (près d'une heure trente) peu commentée par Gilles Boetsch (1) : les réactions d'un public surtout lycéen dans la salle ont fait comprendre la nécessité d'accompagner de telles images d'un discours explicatif sur le contexte, les acteurs et les objectifs qui sous-tendent la réalisation de telles images. - puis celle d'une table ronde animée par Jean-Pierre Rioux (Inspecteur général) qui réunissait autour de lui quatre enseignants-chercheurs spécialistes de l'Afrique : Catherine Coquery- Vidrovitch (Paris IV), M. Michel (Aix-Marseille), D. Rivet (Sorbonne), B. Jewsiewicki (Québec). La table ronde aurait pu s'intituler « Cet étrange colonisé africain » : mises à part quelques évocations rapides sur l'Asie, les échanges furent centrés sur l'Afrique, terrain de recherche privilégié pour les quatre historiens présents.

  • puissance européenne

  • colonisé

  • spectacle ordinaire des zoos humains

  • exposition coloniale

  • discours scientifiques sur l'inégalité des races

  • pleine construction


Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 février 2004
Nombre de lectures 82
Langue Français
Signaler un problème
Site académique Aix-Marseille Histoire et Géographie
Cet étrange colonisé
Brigitte Manoukian
Le 17 février 2004
Professeure au Lycée Vauvenargues
AIX-EN-PROVENCE
b.manoukian@free.fr
Quelles perceptions et quelles images du colonisé les colonisateurs ont-ils
construites ?
Telle pourrait être la question de ce moment des Rencontres de Blois qui associait le cinéma et
l’Histoire autour du thème «
Cet étrange colonisé ».
Réponses en deux temps :
- d
’abord celle des images de films de propagande du temps de la colonisation
: une longue
projection (près d’une heure trente) peu commentée par Gilles Boetsch (1) : les réactions d’un
public surtout lycéen dans la salle ont fait comprendre la nécessité d’ac
compagner de telles
images d’un discours explicatif sur le contexte, les acteurs et les objectifs qui sous
-tendent la
réalisation de telles images.
-
puis celle d’une table ronde animée par Jean
-Pierre Rioux (Inspecteur général) qui réunissait
autour de lui quatre enseignants-
chercheurs spécialistes de l’Afrique
: Catherine Coquery-
Vidrovitch (Paris IV), M. Michel (Aix-Marseille), D. Rivet (Sorbonne), B. Jewsiewicki (Québec).
La table ronde aurait pu s’intituler « Cet étrange colonisé africain »
: mises à part quelques
évocations rapides sur l’Asie, les échanges furent centrés sur l’Afrique, terrain de recherche
privilégié pour les quatre historiens présents.
Trois films choisis pour donner à voir des images du « colonisé selon la propagande coloniale » :
-
Au pays des buveurs de sang
(B. Gourgaud et JR Barth, France, 1932, 50 mn) retrace un
safari d’explorateurs Marseille
-Le Cap-Congo : conçu comme un reportage, le film nous fait
découvrir les différents paysages de l’Afrique traversée, sa faune, sa flore …et ses hommes,
sauvages africains, étranges africains dans leur diversité raciale et culturelle, présentés comme
des curiosités. Portraits et gros plans sur les visages, les corps nus alternent avec les scènes de
chasse et de danse.
-
Maroc, jeunesse de la France
( (Georges Manu, France, 1937, 37 mn) commence par un
éloge de l’œuvre de Lyautey qui a « su comprendre et respecter les Marocains » et qui a fait du
sultan « un allié efficace ». Le film présente le Maroc comme une terre d’expérimentation et de
progrès, un sol fécondé par la France : on ne peut douter de la supériorité des Français qui ont
su épurer le style hispano-mauresque ou construire des silos à grains hauts comme des
cathédrales. Il s’achève sur l’idée que la conquête du Maroc peut s’assi
miler à la Pax Romana :
la relève de Rome est faite.
-
Voici l’Indochine
(Charles Fasquelles, 1948, 10 mn) ne comporte aucun propos hostile et
n’évoque pas les mouvements politiques de l’après
-guerre. Il est un support publicitaire au
dévouement de la Fran
ce pour le bien de l’Indochine, pour ses efforts à unir les peuples et pour
son action bénéfique en territoires colonisés : la France apporte modernité et confort grâce à
ses constructions d’usines, ports, grands magasins... Le colonisé n’apparaît pas sauf
pour une
image de jeunes femmes venant acquérir quelques dernières nouveautés parisiennes suivie
d’autres images faisant l’éloge du ciment et du charbon.
Outre ces 3 films furent aussi projetées quelques
images d’actualités cinématographiques
de « L’expo
sition coloniale de 1931 »
. Danses, gros plans sur les tenues vestimentaires,
portraits de femmes, petit train circulant au milieu des temples reconstitués
: l’exposition
apparaît comme une grande foire de l’exotisme.
D’autres images, plus troublantes
:
-
Le rêve de Dranem
, film de Ferdinand Zecca (1905) : un homme dans son lit tentant