Une fiche pédagogique sur le thème ordre politique et légitimation Thomas Lecocq Académie d

Une fiche pédagogique sur le thème ordre politique et légitimation Thomas Lecocq Académie d'Orléans Tours

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Niveau: Secondaire, Lycée, Terminale
Sciences économiques et sociales Première ES Chapitre 5 : Ordre politique et légitimation Thomas Lecocq (Académie d'Orléans-Tours) Durée prévue : 10 heures (dont deux heures de TD) Prérequis : pouvoir, légitimité, le politique/la politique (vus en introduction) Soit : 18 documents à étudier et 51 questions à répondre (si la partie sur la crise de l'Etat- nation n'est pas effectuée) Objectifs : être capable de : Définir pouvoir politique Définir institutionnalisation D'expliquer et définir ce qu'est la souveraineté Définir Etat De montrer que l'Etat est construit social, culturel et historique Définir les 2 conceptions de nation : objective et subjective Définir Etat-nation Donner des exemples de non concordance entre Etat et nation D'expliquer en quoi la nation peut être considérée comme une construction historique Enoncer les principes de base de la démocratie Définir démocratie Expliquer les fondements de l'idéal démocratique : contrat social et séparation des pouvoirs Expliquer et définir l'Etat de droit. Distinguer Etat unitaire et Etat fédéral Expliquer la décentralisation Expliquer et définir la démocratie représentative Enoncer les difficultés que connaît la démocratie représentative Expliquer ce qu'est la démocratie participative Citer des nouvelles formes de participation politique Problématiques : Pourquoi un ordre politique ? Quelles sont les formes institutionnelles de l'ordre politique ?

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Ajouté le 30 mai 2012
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Langue Français
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Sciences économiques et sociales Première ES Chapitre 5 : Ordre politique et légitimation  Thomas Lecocq (Académie d’Orléans-Tours)  Durée prévue: 10 heures (dont deux heures de TD)  Prérequis :pouvoir, légitimité, le politique/la politique (vus en introduction) Soit : 18 documents à étudier et 51 questions à répondre (si la partie sur la crise de l’Etat-nation n’est pas effectuée)  Objectifs :être capable de :  - Définir pouvoir politique - Définir institutionnalisation - D’expliquer et définir ce qu’est la souveraineté - Définir Etat - De montrer que l’Etat est construit social, culturel et historique - Définir les 2 conceptions de nation : objective et subjective - Définir Etat-nation  Donner des exemples de non concordance entre Etat et nation -- D’expliquer en quoi la nation peut être considérée comme une construction historique Enoncer les principes de base de la démocratie - Définir démocratie - Expliquer les fondements de l’idéal démocratique : contrat social et séparation des pouvoirs - Expliquer et définir l’Etat de droit. - Distinguer Etat unitaire et Etat fédéral - Expliquer la décentralisation - Expliquer et définir la démocratie représentative - Enoncer les difficultés que connaît la démocratie représentative - Expliquer ce qu’est la démocratie participative - Citer des nouvelles formes de participation politique  Problématiques :  Pourquoi un ordre politique ? Quelles sont les formes institutionnelles de l’ordre politique ?             
I) Pourquoi un ordre politique ?
  A) Quelles sont les formes d’organisation du pouvoir politique ?  Q1. A partir des définitions du politique et du pouvoir vues lors de l’introduction, dégagez la spécificité du pouvoir politique par rapport au pouvoir en général.  Pouvoir politique : type de pouvoir qui s’exerce dans la gestion des affaires de la collectivité et qui concerne l’ensemble de cette collectivité. Tout pouvoir n’est pas politique. Le pouvoir politique existe lorsqu’il : - concerne l’ensemble la collectivité - re ose sur le consentement des membres de la collectivité - dispose de moyens matériels (ex : impôts, armée,… ) et symboliques pour imposer ses décisions à l’ensemble de la collectivité - porte la responsabilité de l’ensemble de la collectivité (il régule la vie sociale)   1) La diversité du pouvoir politique dans le temps  Le pouvoir politique a eu des formes différentes dans l’histoire. Nous allons nous intéresser ici aux formes prises par le pouvoir politique en Occident.  Document 1 :  Les relations de pouvoir dans le système féodal  La relation constitutive de la féodalité est celle qui unit le seigneur à son vassal. Il s’agit d’une relation de face à face, d’homme à homme, symbolisée par l’hommage que le second rend au premier. Aux termes du contrat vassalique, le vassal jure fidélité au seigneur qui, en retour, lui promet fidélité et protection. La domination seigneuriale s’exerce sur des sujets et non sur des territoires. Elle varie en intensité et en étendue au gré des guerres de conquêtes ou encore des mariages et héritages. Enfin, il s’agit d’une autorité émiettée et fragmentée. La supériorité des seigneurs est, à bien des égards, fictive et contient mal une tendance à l’éparpillement. En Occident, et plus spécialement en France, cette fragmentation de l’autorité sera renforcée par l’évolution du lien vassalique lui-même. A l’époque carolingienne, le seigneur remercie son vassal en lui concédant un bénéfice qui peut être une villa ou un monastère. Peu à peu, les enchères montent et le seigneur pour s’assurer de la loyauté de son vassal lui concède un fief, une terre dont il peut tirer des ressources matérielles et monétaires. Le passage graduel d’une « féodalité de bénéfice » à une « féodalité de fiefs » accroît considérablement l’autonomie des feudataires qui peuvent plus aisément conserver et étendre les pouvoirs qu’ils détiennent en matière militaire, judiciaire ou encore fiscal. Jean Beaudoin, Introduction à la sociologie politique, collection Seuil, 1998   Q2. A qui appartient le pouvoir politique dans la société féodale ? Aux seigneurs mais aussi aux vassaux auxquels les seigneurs peuvent confier certains pouvoirs.  
Q3. En utilisant les caractéristiques du pouvoir politique vues précédemment, expliquez en quoi le pouvoir détenu par les seigneurs est un pouvoir politique ? Pouvoir s’exerce sur l’ensemble des habitants de la seigneurie Consentement des vassaux à se mettre au service des seigneurs (contrat vassalique) et habitants acceptent cette domination car ils obtiennent en contrepartie la protection du seigneur Seigneur a le pouvoir de lever des impôts sur ses territoires Seigneur a le pouvoir d’imposer ses décisions (il rend la justice sur ses territoires et peut user de la contrainte) et de lever une armée.   Document 2 :  Monopoles et construction de l’Etat moderne Pour Norbert Elias, la genèse de l’Etat moderne peut être comprise comme une compétition entre plusieurs prétendants à l’hégémonie sur un territoire donné –ainsi en France, au début du XIVe siècle, principalement les rois de France et d’Angleterre, les ducs de Bourgogne et de Bretagne, le comte de Flandres – qui s’achèvera parla victoire de l’un d’entre eux. C’est cette concurrence qui déclenchera le « mécanisme monopoliste ». L’accumulation des moyens de domination repose sur deux propriétés principales. La première est le monopole fiscal qui permet de centraliser l’ensemble des taxes et procure, de la sorte, au souverain la possibilité de rétribuer en argent, et non plus en terres, ses fidèles et serviteurs. La seconde est le monopole établi sur la « violence légitime » (M. Weber) qui attribue tendanciellement au roi l’exclusivité de l’emploi (tant interne qu’externe) de la force militaire. Ce qui le rend maître de la pacification interne de la société (la « paix du royaume »). Ces deux monopoles sont étroitement imbriqués : les ressources fiscales financent le monopole militaire qui garantit le monopole fiscal. […] Deve nue centralisée, la domination se dote d’institutions durables (administrations) […]. Y. Deloye,Sociologie historique du politique, coll. Repères, La Découverte, 2007  Q4. En utilisant les caractéristiques du pouvoir politique vues précédemment, dîtes en quoi l’Etat est une forme de pouvoir politique ?  Etat exerce son pouvoir sur l’ensemble des habitants d’un territoire (ex : Etat français) Etat a le pouvoir de lever des impôts sur l’ensemble de son territoire Etat a le pouvoir de lever une armée pour défendre les habitants de son territoire mais aussi pour contraindre ceux qui refuseraient de se soumettre sur son territoire  Q5. Qu’est ce qui distingue le pouvoir politique exercé par un Etat et le pouvoir politique exercé par les seigneurs dans la société féodale ?   Société féodale Etat Faible institutionnalisation Forte institutionnalisation Pouvoir fragmenté (dispersé entre plusieurs Pouvoir concentré et centralisé (monopole seigneurs) fiscal et militaire) Pas de continuité dans le pouvoir (pouvoir non Continuité du pouvoir (pouvoir durable grâce à durable car non institutionnalisé son institutionnalisation    
Q6. Expliquez la phrase soulignée. Etat est le seul à pouvoir faire usage de la violence - A l’intérieur de son territoirede ceux qui violeraient les règles établies l’encontre  à (rôle de la police). Un individu n’a pas le droit de se faire justice lui-même : il doit s’en remettre aux forces de l’ordre pour régler ses différends avec d’autres. - A l’extérieur de son territoire à l’encontre de ceux qui le menaceraient par exemple (rôle de l’armée en cas de guerre, armée qui peut aussi intervenir sur d’autres territoires pour les pacifier après décisions communes avec d’autres pays : ex : intervention en Afghanistan) - a ainsi eu besoin de se centraliser et d’accroître saPour se développer l’Etat souveraineté  Q7. Résumez les principales caractéristiques d’un Etat. Etat est un pouvoir politique …pouvoir politique qui est institutionnalisé …pouvoir qui s’exerce sur un territoire et sur la p opulation de ce territoire Etat a le monopole de l’usage de la violence physique et il est le seul légitime à le faire  Etat : pouvoir politique institutionnalisé s’exerçant sur un territoire déterminé et sur une population donnée qui dispose du monopole de l’usage de la violence physique légitime.  L’Etat n’est pas une forme depouvoir politiquequi aurait existé au sein de n’importe quelle société. L’invention de l’Etat apparaît fortement liée à l’histoire de l’Europe occidentale. C’est à partir du XIVe siècle en France que lepouvoir étatique s’affirmer victorieusement contre le va pouvoir sei neurial. Dans les sociétés féodales, le pouvoir politique est dispersé dans les mains desseigneursdétenaient une double prérogative sur leurs territoires :. Les seigneurs lever des troupes armées et rendre lajustice c'est-à-dire infliger des peines privatives de vie ou de liberté. Le roi n’a pas la puissance suffisante pour limiter la violence en dehors des territoires qu’il contrôle. Du fait de l’meneeitttmédu pouvoir politique, la naissance de l’Etat va être le résultat d’un lon processus de rivalités uerrières entre les sei neurs qui va aboutir à la victoire de l’un d’entre eux : le roi. Le roi conquiert progressivement les terres des autres seigneurs ce qui contribue à l’unificationdu territoire. L’affirmation du pouvoir royal va aussi se faire par le biais de l’établissement de deuxmonopoles: le monopolefiscalet le monopole de laviolence physique légitimePour maintenir ce monopole, l’Etat absolutiste (monarchie. absolue) va pro ressivement se doter d’un ensemble delois et d’un appareil administratif (institutionnalisation) mais aussi selégitimerpar la référence au droit divin (pouvoir politique du roi vient de Dieu).            
2) La diversité du pouvoir politique dans l’espace.  Document 3 : Les indiens d’Amérique du Sud : une société sans Etat ?  Il n’y a pas de roi dans la tribu, mais un chef qui n’est pas un chef d’Etat. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que le chef ne dispose d’aucune autorité, d’aucun pouvoir de coercition, d’aucun moyen de donner un ordre. Le chef n’est pas un commandant, les gens de la tribu n’ont aucun devoir d’obéissance. Essentiellement chargé de résorber les conflits qui peuvent surgir entre individus, familles, lignages... il ne dispose pour rétablir l’ordre et la concorde, que du seul prestige que lui reconnaît la société. Mais prestige ne signifie pas pouvoir, bien entendu, et les moyens que détient le chef pour accomplir sa tâche de pacificateurs se limitent à l’usage exclusif de la parole : non pas même pour arbitrer entre les parties opposées, car le chef n’est pas un juge, il ne peut se permettre de prendre parti pour l’un ou l’autre ; mais pour, armé de sa seule éloquence, tenter de persuader les gens qu’il faut s’apaiser, renoncer aux injures, imiter les ancêtres qui ont toujours vécu dans la bonne entente. Entreprise jamais assurée de la réussite, pari chaque fois incertain, car la parole du chef n’a pas force de loi. Pierre Clastre, La société contre l’Etat, Editions de Minuit, 1974  Q8. Sur quel type de légitimité est fondé le pouvoir du chef dans la tribu? Le pouvoir du chef est fondé sur son charisme (« Le prestige personnel et l’aptitude à inspirer la confiance sont le fondement du pouvoir dans la société) Q9. Quelle est la tâche du chef? Pacifier la tribu Pour cela (en apport magistral au cours) : il doit : répartir des tâches au sein de la tribu, répondre aux besoins particuliers des membres de la tribu, distraire les membres de la tribu, choisir le successeur, organiser les migrations de la tribu. Q10. Pourquoi peut-on dire alors que le chef exerce un pouvoir politique ? Les actions du chef concernent l’ensemble de la tribu, il porte responsabilité de celle-ci. Son pouvoir repose sur le consentement des membres de la tribu. Q11. En comparant les deux textes des documents 2 et 3, en quoi peut-on dire que le pouvoir exercé par le chef de tribu se distingue d’un pouvoir étatique ? Pas d’Etat Le pouvoir dans la tribu n’a pas de structure centralisée ou d’institutions visibles chargées de maintenir l’ordre (absence de monopole de la violence légitime). Le chef ne détient pas de véritable pouvoir de coercition : c’est la morale qui sert à sanctionner la violation des interdits Q12 : A partie des trois documents précédents comment définiriez vous l’ « Ordre politique » ?Ordre politique: Ensemble des institutions et des relations politiques qui caractérisent une société.  S nthèse : Pouvoir politique a pris des formes différentes dans le temps (ex : Europe occidentale : organisation féodale du pouvoir politique/organisation étatique du pouvoir politique). Pouvoir politique prend aussi des formes différentes dans l’espace (ex : dans les sociétés tribales c'est-à-dire dans les sociétés organisées en tribus, le chef exerce bien un pouvoir politique mais celui-ci n’est pas un pouvoir étatique).Il existe alors une diversité des ordres politiques  
B) Quelles relations entre Etat et nation ?  1) Qu’est ce qu’une nation ? Qu’est-ce qu’un Etat-nation ?   Document 4: Mais qu’est ce qu’au juste une nation ? On a opposé à ce sujet la conception objective, basée sur des éléments tels que le géographie, la langue ou la race (thèse allemande) et la conception subjective, révolutionnaire, fondée sur des racines communes et un « rêve d’avenir partagé », un « vouloir-vivre collectif », pour reprendre les célèbres formules d’Ernest Renan. Hymne, drapeau, service « national » s’efforcent de forger ou de rappeler cette solidarité qui crée et maintient les nations.  Dominique Turpin,Droit constitutionnel, collection Premier Cycle, PUF, 1994 Document 5 : «Ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple quand ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances.» N. Fustel de Coulange,Revue des deux mondes, 27 octobre 1870. Cité par G. Delannoi :Sociologie de la nation, Armand Colin, Coll. Cursus, 1999 (page 160)    Q13. Reproduisez et complétez le tableau ci-dessous    subjective (ouConception ethnique Conception élective) Sur quels facteurs repose Désir de vivre ensemble etOrigine géographique de la population, l’appartenance à une un futur en commun. d’avoirlangue, religion, culture,… nation ? L’appartenance à une AcquiseDonnée : droit du sang (attribution de : droit du sol nation : donnée oula nationalité sur un critère de filiation) (attribution de la nationalité sur acquise ?un critère de résidence)  Nation : - Conception ethnique: groupement humain qui partage une langue, une culture, souvent une religion. - Conception élective: groupement humain qui partage une volonté de vivre ensemble             
Document 6:  La nation comme représentation Il ne sert à rien, selon lui1 dedéfinir la nationalité en référence à un ensemble de tenter de caractéristiques « objectives » héritées par le groupe considéré (langue, lien de sang, coutume, religion,…). Car la « possession de dispositions se mblables […] transmissibles par l’hérédité »2 une communauté que si elle est ressentie subjectivement comme à conduit « ne une caractéristique commune »3 quin’est donc pas la ressemblance objective. Ce  fonde le lien national, […], [mais] le sentiment de partager certaines valeurs et/ou représentations qui fonde la réalité subjective de la nation. […] Cette perspective présente aussi l’intérêt de donner un rôle crucial à l’activité politique dans la promotion et l’entretien de cette conscience nationale. Y. Deloye,Sociologie historique du politique, coll. Repères, La Découverte, 2007 1. Max WEBER 2. M. Weber,Economie et société, p.411 3. Idem, p.411 Q14. M. Weber a-t-il une conception objective de la nation ? Expliquez. Pour M. Weber une nation ne peut pas se définir pas un ensemble de caractéristiques objectives car cela ne suffit pas à fonder une nation. Pour former une nation, les individus doivent avoir le sentiment de former une nation (communalisation nationale) Q15. Donnez des exemples d’éléments qui contribuent à faire vivre la nation dans la pensée de chacun en France. Drapeau tricolore, hymne national (La Marseillaise), devise « Liberté, égalité, fraternité », sport (cf. coupe du monde de 1998), monuments historiques, personnages historiques,… Q16. Expliquez la phrase soulignée. Pouvoir politique joue un rôle central dans la construction de cette conscience nationale.  Texte s’achève sur l’idée selon laquelle le pouvoir politique joue un rôle majeur dans la construction de la nation. Comment ?  Document 7 :  […], l’Etat nation, tel qu’il apparaît définitiveme nt au XIXe siècle en Europe occidentale, peut être entendu comme une entreprise politique à caractère institutionnel qui revendique avec succès non seulement le monopole de la violence légitime (Max Weber) mais également celui de la formation de l’identité nationale. […] Historiquement, la concentration du pouvoir militaire et fiscal dans un appareil administratif centralisé s’accompagne de l’inscription spatiale et nationale de l’exercice de cette puissance. […] Pour ce faire, l’Etat entreprend d’imposer une langue nationale, un service militaire national. Etatisation et nationalisation de l’espace et des esprits vont de pair. Aux monopoles de la fiscalité et de la violence se joint celui de la fabrication de l’identité nationale. Y. Deloye,Sociologie historique du politique, coll. Repères, La Découverte, 2007  Q17. D’après ce texte, quel est le lien entre Etat et nation? R1 : L’Etat contribue à la formation de la nation.  Q18. Pourquoi imposer une langue officielle participe à la construction de la nation ? R2 : Imposer un langue officiellePartage et usage d’une langue communeConstruction identité nationale (renforcement du sentiment d’appartenance à une même nation).
Ex : en France, il existe des langues régionales et jusqu’à la fin du XIXe siècle de nombreux Français ne parlent que ces langues régionales (et pas le Français).  Q19. Par l’intermédiaire de quelle institution l’Etat peut-il imposer une langue officielle ? R4 : L’Ecole (cf. les instituteurs de la IIIe République ont « nationalisé » les enfants des provinces en leur interdisant d’user de la langue de leurs parents« Hussards noirs »)  Q20. Expliquez en quoi le service militaire contribue aussi à forger une identité nationale. R5 : Service militaire a pour ambition de préparer les individus à défendre leur pays en cas de conflit. Il créé un sentiment patriotique : défendre la nation contre les ennemis. (guerres qui ont eu lieu en Europe jusqu’en 1945 ont participé au renforcement des identités nationales).  Q21. Expliquez le passage souligné. Etat participe à la construction de la nation. Développement identité nationale assure le renforcement de l’Etat par la création d’un sentiment d’appartenance (et donc d’allégeance).  Q22. Historiquement, la nation peut-elle entraîner la constitution d’un Etat ? Oui, exemple en Allemagne avec l’unification des Landers  Il existe deux conceptions de la nation : - est une « donnée ». Cette conception pose problèmeUne conception ethnique : nation car elle suppose que les nations ont toujours existé et que toutes les nations préexistent aux Etats. Or, dans certains cas (en France, Etats-Unis...), c’est l’Etat, absolutiste puis républicain, qui contribue à construire la nation. On a alors affaire à : - : nation est une construction historique, qui vise à créer et àUne conception élective entretenir une volonté de vivre ensemble. L’Etat a occupé une place primordiale dans la construction de l’identité nationale en Europe occidentale et plus particulièrement en France, en imposant le Français comme langue officielle via l’école, en créant le service militaire, … mais aussi en utilisant des s mboles dra eau, h mne,… ui ermettent de dével o er un sentiment d’a artenance nationale. En contrepartie, la fabrication de l’identité nationale participe au renforcement de l’Etat.  Etat-nation : Etat auquel correspond une nation.  Transition : Chaque Etat correspond-il à une nation ? Chaque nation est-elle organisée en Etat ?          
2) Etats et nations sont-il toujours en adéquation ?  Document 8:  Le Kurdistan est une région d’Asie, située au cœur de Moyen-Orient et peuplée par les Kurdes. Il a été successivement occupé par les Arabes, les Mongoles, les Perses et les Ottomans. Après la fin de la première guerre mondiale en 1920, le Traité de Sèvres prévoit la constitution d'un état kurde indépendant, mais celui-ci est rendu caduc trois ans plus tard par le Traité de Lausanne. La majeure partie du Kurdistan est annexée au nouvel état turc, le reste étant réparti entre l'Iran, l'Irak et la Syrie. Le drapeau du Kurdistan apparaît durant la lutte pour l’indépendance Kurde par rapport à l’Empire Ottoman en 1920. Le soleil est dessiné avec vingt et un rayons, chiffre très important dans la tradition kurde. Selon les sources, les kurdes seraient entre 27 et 33 millions. Les kurdes sont musulmans, majoritairement sunnites et parlent le kurde. La langue kurde est fondatrice de l’identité et de l’unité du peuple, elle permet aux kurdes, dispersés entre les différents Etats, de communiquer  Le rêve accessible d’un Etat Kurde, Le monde, 2002  Q23. Pourquoi peut-on dire que le peuple kurde constitue une nation ?  Selon la définition objective de la nation: langue commune, religion (sunnite), drapeau Selon la définition subjective:ensemble (lutte pour constitution d’un Etat de vivre  désir kurde)  Q24. A partir de l’exemple kurde, peut-on dire qu’il existe toujours une concordance entre Etat et nation ? Illustrez avec d’autres exemples.  Il n’existe pas toujours de concordance entre Etat et nation : - nations auxquelles ne correspond aucun Etat (cas des Kurdes mais aussiil existe des des Palestiniens). Ces nations se répartissent sur plusieurs Etats. On peut ajouter un autre exemple : nation allemande qui après la seconde guerre mondiale fut partagée entre la RDA Ré ubli ue démocrati ue allemande à l’Es et la RFA Ré ubli ue fédérale allemande à l’Ouest) - il existe des Etats plurinationaux : Grande-Bretagne (nation anglaise, galloise et écossaise) ; l’ex-URSS (nation ukrainienne, nation lettone,… Ces différentes nations se sont érigées en Etats avec l’éclatement de l’URSS en 1991) ; l’ex-Yougoslavie nation bosnia ue, macédonienne, croate, slovène,…I dem : ces nations se sont éri ées en Etats, suite à des affrontements) ; l’ex Autriche-Hongrie (nation hongroise, autrichienne, tchèque et slovaque. Idem) ; Belgique (nation flamande et wallonne 2 langues et pas de volonté de vivre ensemble cf. problèmes récents). Les risques d’éclatement d’un Etat multinational sont grands.
         
3) L’Etat-Nation est-il en crise ? (à faire si le temps le permet)  Document 1 :
 Q. Expliquer pour chaque élément suivant : mouvements régionalistes, image dégradée de la vie politique et abstentionnisme, construction européenne, mondialisation, en quoi il peut venir remettre en cause, déstabiliser l’idée d’Etat-Nation (2-3 lignes par élément)  *Mouvements régionalistes (corse, breton…) Ils viennent remettre en cause le sentiment d’appartenance nationale *Image dégradée de la vie politique (corruption..) et abstentionnisme L’image dégradée de la vie politique remet en cause la crédibilité des décisions prises à l’échelle de l’Etat-Nation. Il en résulte un phénomène d’abstentionnisme, qui peut entraver la légitimité du pouvoir politique de l’Etat-Nation *Construction européenne Les transferts de pouvoir envers l’UE peuvent favoriser un sentiment d’appartenance européen plutôt que national. Surtout, les marges de manœuvre sont plus réduites pour les Etats-Nations, qui n’ont plus de pouvoir dans certains domaines (politique monétaire) *Mondialisation La mondialisation culturelle favorise les échanges entre les peuples des différentes nations et peut favoriser le sentiment d’un village planétaire plutôt que d’un sentiment national. Pour l’Etat-Nation, la perte d’influence en termes de moyens de communication peut être importante. Par ailleurs, la mondialisation économique implique une échelle mondiale pour régler les nouveaux défis : l’Etat-Nation ne semble plus adapté pour régler les enjeux environnementaux, sociaux et économiques  Q. Peut-on en conclure au déclin de l’Etat-Nation ? Pourquoi ? Les enjeux sont certes de plus en plus mondiaux mais l’Etat-Nation y a un grand rôle à jouer dans les négociations internationales (exemple de leurs rôles à l’OMC, lors des rendez vous sur les changements climatiques). Au niveau économique, attirer les entreprises passe par une intervention forte à l’échelle de l’Etat-Nation (infrastructures, éducation, R&D…) et par une promotion des entreprises nationales à l’étranger (l’Etat « courtier »). Les politiques de solidarité et de cohésion sociale demeurent principalement du ressort de l’Etat-Nation. Enfin, l’abstentionnisme est encore plus important aux élections européennes.  Q. Peut-on parler d’une nation européenne ? L’Europe a son drapeau, sa devise : unie dans la diversité, son hymne : tiré de la neuvième symphonie de Beethoven joué sans paroles, sa monnaie : l’euro dans toutes la zone euro. Mais lorsqu’on regarde les pièces de monnaie, problème d une langue commune (esperanto).... il y a encore existence d’une souveraineté nationale  
Synthèse :  L’Etat-Nation semble aujourd’hui …fragilisé…: en effet, la mondialisation …économique… et …culturelle De plus en l’Etat-Nation.… réduit le pouvoir organisateur et unificateur de plus de décisions relèvent d’un niveau supranational (…Europe…, …institutions internationales individus sur desaffaiblissement renforce des tendances au d es…). Cet collectivités plus petites ou différentes (…«communautés »…, …religions…). Le pouvoir des collectivités territoriales s’est aussi renforcé avec les lois de décentralisation de 1982 et 2003. Enfin, l’image dégradée du …personnel politique corruption), cumulée… (affaires de avec le sentiment que l’échelle de l’Etat-Nation ne semble plus …pertinente… de pour nombreuses décisions, vient renforcer la crise de l’Etat-Nation. Mais la nation demeure pourtant l’instance …vilégiéepir… du pouvoir politique. En effet, les pouvoirs supranationaux étrangers restent globalement trop …éloignés… des citoyens, et les pouvoirs locaux et communautaires sont mal armés pour assurer la cohésion sociale des populations.