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UNE EXPOSITION EN QUATRE ACTES Une exposition POP UP Accélérateur de particules sur une proposition de Sophie Kaplan, directrice du CRAC Alsace et professeur invitée à l'Esad. Du mercredi 27 au samedi 30 avril 2011 Vernissage vendredi 29 avril 2011 à 18h00 espace apollonia 12 rue du faubourg de pierre 67000 Strasbourg PERFORMERS Delphine Didier, Lara Sellal, Florent Schmitt et Jade Nave PÂTISSIÈRE Agathe Bouvachon GRAPHISTE Michaël Teixeira Visuel : Joséphine Kaeppelin, 2011 ARTISTES Elise Alloin, Cécile Almeida, Tiany Andriamasomanana, Clothilde Anty, Clara Cornu, Pauline Dubost, Joséphine Kaeppelin, Elisa Martin, Ido Park, Maiko Shinagaw, Michaël Teixeira + Joséphine Gordijn, Yiumsiri Vantanapindu, Capucine
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UNE EXPOSITION EN
4 JOURS
14 ARTISTES QUATRE ACTES 4 COMMISSAIRES
Une exposition POP UP Accélérateur de particules sur une proposition de
Sophie Kaplan, directrice du CRAC Alsace et professeur invitée à l’Esad.
Du mercredi 27 au samedi 30 avril 2011
Vernissage vendredi 29 avril 2011 à 18h00
espace apollonia 12 rue du faubourg de pierre 67000 Strasbourg
PERFORMERS ARTISTES
Delphine Didier, Lara Sellal, Florent Schmitt et Jade Elise Alloin, Cécile Almeida, Tiany
NaveAndriamasomanana, Clothilde Anty, Clara Cornu,
Pauline Dubost, Joséphine Kaeppelin, Elisa
PÂTISSIÈREMartin, Ido Park, Maiko Shinagaw, Michaël
Agathe BouvachonTeixeira + Joséphine Gordijn, Yiumsiri
Vantanapindu, Capucine Vandebrouck, étudiants
GRAPHISTEà l’Ecole supérieure des arts décoratifs de
Michaël TeixeiraStrasbourg
Visuel : Joséphine Kaeppelin, 2011COMMISSAIRES
Sophie Kaplan, directrice du CRAC Alsace et
professeur invitée à l’Esad + Claire Kueny, Lucie
Mosca et Mickaël Roy, étudiants en Histoire de
l’art à l’Université de Strasbourg"De l’idée de l’œuvre à l’œuvre exposée, la distance à
parcourir est longue et les péripéties nombreuses."
Exposition en collaboration avec l’Esad de Strasbourg
Cette exposition a été réalisée dans le cadre du partenariat entre l’association Accélérateur
de Particules et l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, partenariat qui permettra à de jeunes
artistes-étudiants, de présenter régulièrement, et sur des périodes courtes, leur travail.
Accélérateur de particules et apollonia : deux acteurs culturels une adresse.
C’est sous la forme inédite d’une mutualisation d’équipement culturel que fonctionne l’espace d’exposition du
12 Rue du Faubourg de Pierre à Strasbourg depuis début 2009. Les deux associations rodées aux projets en
réseaux s’associent dans un programme artistique commun tout en gardant leurs identités. Projet ambitieux en
réponse à une réalité culturelle actuelle. Ainsi se succèdent non stop les expositions apollonia et Accéléreteur de
particules au 12 Rue du Faubourg de Pierre.
Du Mercredi 27 au Samedi 30 Avril 2011, l’espace d’art contemporain Accélérateur de particules
accueille Une exposition en quatre actes. Fruit d’un travail mené dans le cadre du séminaire «
Exposer / Créer » à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, elle présente les travaux de
14 jeunes artistes, étudiants à l'ESAD en 4ème et 5ème années. Rassemblés autour d’une démarche
prospective interrogeant la pratique de l’exposition, les protagonistes ont formulé une réponse en
quatre temps à la problématique suivante : l’exposition peut-elle faire œuvre d’expérience ?
Créer et exposer ? Si ce couple paraît fonctionner de concert, comment va-t-on de l’un à l’autre ? Quels
choix opérer, quelles attitudes adopter face à la mise en scène, à la mise à nu de son travail ? Quelles sont
les sources, les mues et les traces de l’œuvre exposée ? L’exposition est-elle un récit, un discours, un
événement, un agencement ?
Une exposition en quatre actes souhaite s’emparer de cet espace de réflexion et aborder en quatre jours
quelques-unes des questions que pose le processus de réalisation d’une œuvre d’art et de sa monstration.
Adoptant une forme évolutive, Une exposition en quatre actes se déploie - pour paraphraser Boileau -, de
façon à ce qu’en un lieu, qu’en quatre jours, un seul fait accompli / tienne jusqu’à la fin le cube blanc
rempli.
L’exposition s’accompagne tous les jours du 27 au 30 avril d’une édition dont le processus de réalisation
fait écho au caractère expérimental et évolutif du projet : publié sous forme de journal et imprimé en
sérigraphie, chaque jour donne lieu à un nouveau tirage, avec l’apparition progressive du contenu, jusqu’à
sa version complète, le dernier jour. Le lecteur parcourt autant de possibilités d’expositions qu’il est venu
en voir, jour après jour.
Une exposition en quatre actes bénéficie du concours de nombreux complices : Agathe Bouvachon pour
la pâtisserie, Michaël Teixeira pour le graphisme, Delphine Didier, Lara Sellal, Florent Schmitt, et Jade Nave
pour la performance de l’Acte I.
Ce projet est initié et conduit par Sophie Kaplan, directrice du CRAC Alsace et professeur invitée à l’Esad,
et est accompagné par Claire Kueny, Lucie Mosca et Mickaël Roy, étudiants en Histoire de l’art à
l’Université de Strasbourg. Une exposition en quatre actes reçoit le soutien de l’Ecole des arts décoratifs
de Strasbourg et d’Accélérateur de particules.

Contact presse :Contact Accélérateur de Particules :
Mickaël Roy, co-commissaire de l’expositionSophie Kauffenstein, directrice
Tél : 06 21 67 29 39Tél : 03 88 32 22 02
Mail : mickael.roy.vacuum@gmail.comMail contact@accelerateurdeparticules.netL'EXPOSITION
Acte I : quand les œuvres s’accrochent et s’exposent

Le premier acte est performatif : pour reprendre le vocabulaire associé à l’action du théâtre classique, c’est
l’acte d’exposition. Le décor de la première scène permet de découvrir une exposition absente. Au mur et au
sol, des clous, des socles, des marquages. Dans les scènes suivantes, des comédiens entrent en scène, ils
placent les œuvres sur les socles, les accrochent sur les clous, les éclairent. Ces actions sont accompagnées
de lectures de textes, écrits par les artistes. Le public est alors immergé dans l’installation d’une exposition, qui
d’accoutumée n’est pas donnée à voir... Moment de «mise en situation» des oeuvres, celui-ci se fait alors «mise
en scène» théâtralisée par l’intervention de protagonistes, danseurs et comédiens, qui viennent agir aux côtés
des oeuvres : régisseurs fictifs et gens de spectacle s’associent afin de donner corps par les gestes et par les
mots à une exposition qui s’expose avant même d’exposer les oeuvres... Regard vers les «coulisses» d’une
exposition, c’est aussi l’occasion d’entendre parler les oeuvres à travers les intentions récitées de chaque
artiste.
mercredi 27 avril, de 18h à 20h

Acte II : quand les œuvres vont à la rencontre du spectateur

Le deuxième acte est celui où l’action-exposition se déroule. Le visiteur, qui devient l’un des protagonistes de
l’action, peut parcourir les œuvres librement ou prendre part à une visite guidée. Celle-ci est-elle une didascalie
ou un dialogue à part entière? C’est aussi le moment où les oeuvres installées la veille, peuvent «vivre» en
autonomie le temps d’une journée de «sursis». Comment agit-on face à une oeuvre qui ne va pas durer ?
Comment la regarde t-on ? A t-on envie d’en savoir un peu plus ? De s’accrocher à un souvenir, avant qu’elles
ne disparaissent ? La visite guidée menée par les trois étudiants en histoire de l’art et co-commissaires de
l’exposition permettra de «prendre le temps» de l’exposition, de rentrer en discussion avec les oeuvres,
individuellement ou en tissant des liens entre les unes et les autres. Pour celles et ceux qui veulent s’accorder
un moment de répit, le temps du déroulement de l’intrigue, le moment sera également propice pour échanger
sur la manière d’organiser une exposition «évolutive» et pour anticiper peut-être les mutations à venir...
jeudi 28 avril de 14h à 20h, visite guidée à 18h30

Acte III : quand les œuvres bougent et se vernissent

Le troisième acte est celui du rebondissement. Les œuvres ne sont plus ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait
d’autres. Parfois, elles ont changé de place, parfois de couleur, d’autres fois de peau. Ce mouvement témoigne
de la «vie» intrinsèquement liée à chaque oeuvre, et au-delà à chaque idée, à chaque esprit créatif... L’artiste
remet l’ouvrage sur le métier, fait évoluer, transforme, complète, poursuit... L’oeuvre d’art n’est-elle donc jamais
finie ? Et jusqu’où aller dans la transformation? La question se pose pour peu de temps en ce troisième jour de
l’exposition qui annonce bientôt le dernier... Le troisième acte est aussi celui du vernissage, où l’on peut
déguster des quatre-quarts et des liqueurs de quatre couleurs. Organisé deux jours après l’accrochage, alors
que l’exposition a déjà largement vécu, les regards vont-ils se saisir des nouvelles modifications que l’on
inaugure ce soir-là?
vendredi 29 avril de 18h à 20h, vernissage

Acte IV : quand l’exposition dure encore alors que les œuvres ont disparu

Le quatrième acte donne à voir les traces de l’exposition et des œuvres, traces pour lesquelles chaque artiste
formule une proposition originale. Dernier après-midi pour prendre la mesure de l’expérience : surprise et
déroute pour ceux qui n’auront rien vu précédemment, ou étape qui fait sens pour les curieux qui se seront
déplacés quotidiennement, la boucle sera en tous les cas «bouclée». Un atelier-visite pour les enfants (8-12 ans
et leurs parents est proposé, de façon à stimuler l’imagination autour de la (re)création d’une oeuvre à partir des
«restes» visibles dans l’exposition. Occasion de diversifier les actions de médiation avec le jeune public avant de
faire tomber le rideau sur un projet d’exposition expérimentale, interactive et ludique.
samedi 30 avril de 14h à 18h, atelier en famille de 15h à 17h
LES ARTISTES
ELISE ALLOIN

Née en 1971
4ème année option art, atelier no name

La sculpture est devenue aujourd’hui un champ disciplinaire très large, qui possède une richesse d’expression
comme peu de médiums. L’homme lui-même, son corps, la nature, la marche, la danse, la photographie, la
performance, la poussière, le brouillard, l’immatériel sont/peuvent devenir sculptures et les exemples, nombreux,
nous permettent de nous interroger sur cette pratique. Ces réflexions font partie intégrante du travail d’Elise Alloin
qui mêle son corps, la danse, la performance et l’impalpable dans son œuvre. Pour une exposition en quatre actes,
elle présente un tapis de cendres, un souvenir de Tchernobyl – dont le 25e anniversaire coïncide avec le jour
d’ouverture de l’exposition. Elle convoque ainsi la dimension souvent volatile et fragile de la sculpture – et de la vie.
Le tapis du premier acte, mute et s’efface par les coups de balais pour ne laisser plus que des traces de ce qui fut,
des traces labyrinthiques, des empreintes, des corps. Entre poésie et mémoire. (Claire Kueny)

Elise Alloin, "Faible dose", cendre, 2011CECILE ALMEIDA
Née en 1985, à Aubergenville
5ème année option art, atelier peinture

L’oeuvre photographique de Cécile Almeida se conjugue à la manière de déclinaisons. Filant la métaphore littérale,
la jeune artiste strasbourgeoise, développe - et le terme est fort à propos, tant sa démarche est progressive - un
travail empreint d’une douce «grammaire» visuelle. Du polaroid original, la photographe suit un cheminement qui
emmène l’image prise sur le vif à être «poursuivie» par transposition. Oui, l’acte de transférer l’image du polaroid à
une photographie argentique par planche contact est à vivre comme un bouleversement. Renversement des
valeurs tout d’abord, c’est ainsi que de la couleur du cliché instantané de départ, l’artiste propose une relecture de
l’image à travers des tirages négatifs et positifs en noir et blanc. L’oeuvre vit. C’est ainsi aussi que se mettent en
place plusieurs séries de photos : celle des originaux, celle des négatifs, celles des positifs, non pas présentées
dans leur exhaustivité, mais dans toute la solitude des lieux qu’elles représentent. Photographies d’architectures
d’intérieur où le plein dispute le vide, elles deviennent les espaces de représentations d’espaces bancals,
incertains, quasi interstitiels. Chaque photo possède un écart, de sorte à en troubler la perception : photo ratée ?
Non, juste la volonté d’emmener le regard vers des objets du quotidien qui laissent apparaître, à force de
manipulations et de «prises hasardeuses», une abstraction de la banalité. L’espace revit. (Mickaël Roy)

Cécile Almeida, "Série Intérieurs", 2010 / 2011, tirages argentiques, 7,5 x 7,5 cm TIANY ANDRIAMASOMANANA

Née en 1986, à Tours
5ème année option art, atelier peinture

Qu’est-ce que peindre ? Comment peindre ? Comment et pourquoi peindre une œuvre abstraite ? La proposition
de Tiany Andriamasomanana répond à ces interrogations en offrant la possibilité au spectateur de découvrir le
processus de création de l’œuvre, son évolution, en plusieurs actes, autour d’une peinture abstraite, fruit des
recherches de la jeune artiste. Une peinture qui se comprend uniquement par la couleur, la matière et les gestes,
sans intention aucune de représentation. C’est dans un premier temps à travers une recherche sur le fond, sur le
blanc, sur les blancs que l’on aborde sa peinture. Cette première étape du travail aboutit à la création d’une œuvre
à part entière, originale, sorte de monochrome expressif, qui prend toute sa valeur au moment de l’accrochage.
Dans un second temps, l’artiste superpose des tâches de couleurs en les faisant dialoguer, intuitivement,
naturellement entre elles. Ces taches expressives, elle les laisse dégouliner, elle les gratte, les creuse, les façonne,
en gardant le souvenir de son geste de dessinatrice – pratique importante pour la jeune artiste – et en laissant
apparaître les strates du temps, les étapes de l’œuvre. Deux peintures en une, véritable work in progress, cette
œuvre montre toute l’importance du geste et dégage une énergie vibrante. (Claire Kueny)
Tiany Andriamasomanana, "Sans titre", 2010, acrylique sur bois 145 x 100 cm 
CLOTHILDE ANTY

Née en 1987, à Angoulême
5ème année option art, atelier dessin & peinture

Dans le travail de Clothilde Anty, le vide est à l’oeuvre. Chose fabuleuse, la jeune artiste donne la parole à la feuille
blanche, traversée, pour toute trace, d’un trait continu dont on ne saurait déterminer ni sa source, ni sa fin.
Clothilde Anty dessine à la façon d’un cycle continu : tant dans la manière d’utiliser son crayon, que dans la
gourmandise à produire. Si le dessin grignote discrètement le blanc du papier, les personnages représentés, eux,
ont une forte tendance à la boulimie... Il en va ainsi de ces petites figures, à la fois frêles et en même temps pleines
de vie (de vide ?), qui évoluent entre l’anthropophagie et l’auto-destruction. Mais, à bien y regarder, ces figures ne
sont jamais seules, en elles-mêmes : dérangeantes, elles sont aussi dérangées. L’inclusion du vide dans le dessin
voudrait alors signifier une présence. Expression d’une préoccupation ou désignation d’un corps étranger ? Par
une démarche qui laisse approcher le corps, l’artiste donne à voir, à travers ces petits personnages de fiction
illustratifs, comme une dualité en tension. D’un côté, l’identité visible, ce qu’assume la carapace corporelle, nos
«traits» humains. De l’autre, ce qui, en chacun de nous, nous ronge : ce que l’on cache, mais ce qui,
inéluctablement finit par se faire jour... Clothilde Anty va bien, ne vous inquiétez pas. Et parce que «ça» va justement
bien, elle se fait observatrice et parle de ces petites choses qui dérangent, dans l’intime, un peu, parfois beaucoup.
Bavarde par le crayon, Clothilde Anty est une artiste qui s’écoute, une artiste à l’écoute. A l’écoute du monde qui lui
parle, un peu triste, un peu joyeux, souvent entre les deux. «Et vous, ça va ?». (Mickaël Roy)
Clothilde Anty, "L’insatiable", 2010, crayon sur papier, 13 x19 cmCLARA CORNU

Née en 1987, à Colombes
5ème année option art

Son intérêt portant à la fois sur le design d’objet et sur le dessin artistique, Clara Cornu profite de son impossibilité
à choisir «son» créneau pour en inventer «un» et faire fructifier la porosité de ces deux domaines de création. Forte
d’une expérience en Corée exprimée dans ses travaux actuels à travers la nécessité de prendre le temps du
dessin, tant ses «prises» témoignent d’un geste lent d’observation, Clara Cornu souhaite aujourd’hui à travers son
travail de l’objet mettre en pratique toute sa maitrise du crayon. Le lien semble alors se tisser, comme une
apparition : là où la précision et le détail sont poussés jusqu’à l’illusion du vrai se substitue bientôt de façon
tridimensionnelle le règne du faux-semblant. Actuellement dans une période de «recomposition de ses différentes
attitudes» la jeune artiste, après avoir assouvi sa quête de technique, entreprend une approche quasi pittoresque
de l’objet. Ni usuel ni fonctionnel lorsqu’il est posé sur la feuille de papier, l’élément semble avoir été choisi pour ce
qu’il est «digne d’être représenté», écho lointain à une érosion de la nature qui faisait les plus beaux sujets des
artistes «ruinistes» du XVIII ème siècle. Mais l’oeuvre est double et ne s’arrête point là : si Clara Cornu dessine un
répertoire de formes minérales naturalistes, l’artiste désigne cependant le glissement qui se profile : petites pierres
écorchées représentées avec la finesse d’un pointillisme patient, ne sont-elles pas aussi de potentiels «lieux»
d’accroche visuels et corporels ? (Mickaël Roy)
Clara Cornu, "Prises", stylo à encre à pigment, 2010 PAULINE DUBOST

Née en 1985
4ème année option art, atelier peinture

Dans les peintures de Pauline Dubost, les personnages présents sont autant de motifs inclus au paysage.
Interchangeables avec des arbres comme nous le signale l'artiste, ils servent avant tout à mettre en valeur le fond,
véritable objet d'attention de l'oeuvre. Dans cet important travail de composition, le fond occupe le rôle-titre,
capable par sa géométrie de construire, déconstruire ou décontextualiser le personnage qu'il contient. Ce côté
dérangeant d'une peinture difficile à regarder, où le regard ne sait où se poser, ni ce qu'il est sensé voir exactement,
donne au spectateur à penser, à réfléchir. Bien qu'elle réalise ses peintures d'après photographies, Pauline Dubost
travaille en effet sur l'anonymat, ce qui permet à chacun de s'identifier aux personnages sans visages qui peuplent
ses toiles, de pénétrer cet univers onirique à l'atmosphère vaporeuse. Dans sa série sur les baigneuses, la jeune
artiste cherche à débarrasser le corps de tout côté charnel ou érotisant, d'en faire le sujet sans équivoque de ses
tableaux. Pour l'exposition, elle nous propose un travail fait à partir d'une toile en stretch, qui permettra en s'étirant
de déformer le sujet de départ, comme le ferait l'esprit soumis au rêve. (Lucie Mosca)

Pauline Dubost, "Sans titre", mon père collage de peau, collage, acrylique et huile sur bois 22,5x30cm, 2010
JOSÉPHINE KAEPPELIN

Née en 1985 à Lyon
5ème année option art, atelier matériaux souples

Joséphine Kaeppelin fait du dessin comme vous n’en avez jamais vu, utilise l’ordinateur comme nous n’en aurions
jamais eu l’idée, approche les univers prédéterminés de l’informatique de façon à dérouter à travers le résultat.
Issue du domaine tactile du textile, elle troque ici son goût du toucher contre le tutoiement subjectif de la technique.
En prenant comme outil de dessin son clavier, sa souris, son ordinateur et son imprimante de bureau, la jeune
artiste d’origine lyonnaise propose un geste artistique «anti-classique». La machine, tant contrainte par l’homme
que contraignante pour son utilisateur est alors utilisée pour découvrir tous les possibles de ses potentialités
créatrices. En détournant les fonctions de l’outil informatique, en se jouant de logiciels de bureautique, en conférant
à l’imprimante ou à la photocopieuse le rôle du dernier maillon de la chaîne de création, l’artiste renverse un monde
de significations. Partant de supports numériques traditionnels empreints de leur banalité d’usage, aujourd’hui
omniprésents dans notre culture post-industrielle, l’artiste propose d’utiliser l’ordinateur, ce «faux-ami» du quotidien
et ses corollaires, comme complices pour créer des errances plus que des fonctionnalités. Joséphine Kaeppelin
«fait avec», manipule, associe, formule, établi un nouveau langage visuel et ce faisant invente à sa façon une
romance numérique : «Puisque vous êtes là, je vais trouver une façon de vous aimer » semble-t-elle chuchoter à
ses machines. (Mickaël Roy)
Joséphine Kaeppelin, "P1170350.JPG_3,3Mo_108,37cmx81,28cm_72pixels/pouce_RVB/8", 2010, photographie numérique, document
de dessin