Prépa Sciences Po – Philo – Annale corrigée – Dissertation – La majorité

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Professeur : Laurence Hansen-Løve Discipline : Ordre général Annale corrigée : Dissertation Concours d’entrée à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, 1997 Dissertation « une majorité exprime-t-elle une force ou un droit ? » On admet parfois que la démocratie est le règne de la majorité. Il paraît naturel que la majorité d’une population impose, surtout en cas de litige, sa volonté à la minorité. Imaginons par exemple que l’on doive décider d’entrer en guerre, ou bien encore d’abolir la peine de mort : il paraît normal de mettre la décision aux voix et de s’en remettre à l’avis de la majorité. Pourtant, ces exemples sont faussement convaincants : on ne consulte pas la population en général lorsque l’on déclare la guerre. Quant à la peine de mort, elle a été abolie en France, par exemple, en 1981, mais la majorité des français a été sur ce point contrariée, et si elle maintenue dans de nombreux Etats américains, c’est parce que la majorité des citoyens concernés le souhaite. On observe aussitôt que l’opinion majoritaire n’est pas toujours juste ni défendable. Car le « droit » et son fondement, l’idée de justice, ne relèvent pas du « fait ». Il en va de même pour la vérité : pour savoir ce qui est vrai, on se dispensera d’interroger l’opinion, majoritaire ou pas ! L’ordre juridique est indépendant des faits, il obéit à une autre logique et ne peut se fonder sur ce qui est.

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Publié le 05 novembre 2009
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Professeur : Laurence Hansen-Løve Discipline : Ordre général Annale corrigée : Dissertation Concours d’entrée à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, 1997
Dissertation « une majorité exprime-t-elle une force ou un droit ? »
On admet parfois que la démocratie est le règne de la majorité. Il paraît naturel que la majorité d’une population impose, surtout en cas de litige, sa volonté à la minorité. Imaginons par exemple que l’on doive décider d’entrer en guerre, ou bien encore d’abolir la peine de mort :il paraît normal de mettre la décision aux voix et de s’en remettre à l’avis de la majorité. Pourtant, ces exemples sont faussement convaincants: on ne consulte pas la population en général lorsque l’on déclare la guerre. Quant à la peine de mort, elle a été abolie en France, par exemple, en 1981, mais la majorité des français a été sur ce point contrariée, et si elle maintenue dans de nombreux Etats américains, c’est parce que la majorité des citoyens concernés le souhaite. On observe aussitôt que l’opinion majoritaire n’est pas toujours juste ni défendable. Car le «droit »et son fondement, l’idée de justice, ne relèvent pas du « fait ». Il en va de même pour la vérité : pour savoir ce qui est vrai, on se dispensera d’interroger l’opinion, majoritaire ou pas ! L’ordre juridique est indépendant des faits, il obéit à une autre logique et ne peut se fonder sur ce qui est. La majorité constitue certes une force ; on se demandera en quel sens elle pourrait également constituer un droit.
I. Elle exprime une force donc pas un droit
Définitions ·Majorité: 1.Le plus grand nombre dans un groupe donné ; 2.Groupement de voix qui l’emporte dans un vote. ·Force :pouvoir, puissance, capacité d’action. Capacité de contraindre. ·Droit: 1.Ce qui est exigible ou permis par rapport une règle précise ; 2.Ce qui constitue le fondement des règles organisant la vie en commun dans une société donnée. 3.Ensemble des règles inspirées par une idée de justice qui n’est pas nécessairement formulée dans une société donnée, et qui peuvent entrer en conflit avec le droit an vigueur dans tel ou tel Etat (cf.Antigone). ·Exprimer: traduire, représenter (la majorité n’est pas une force ni un droit). Le rapport entre une majorité et la force ou le droit est un rapport d’expression, ce qui implique une certaine séparation et une équivalence, mais non pas une identité.
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