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«Au Québec, on a l'industrie pour les transports collectifs ...

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L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 S E P T E M B R E 2 0 1 1 TRANSPORT Un 22 septembre devrait être une jour née sans auto. À Montréal, cela sera, mais... pour une portion congru du territoire. À l'heure du trans- port durable, priorités et dé- fis, analyse et pistes de solu- tions avec Florence Junca- Adenot, professeure au Dé- partement d'études urbaines et touristiques de l'UQAM.
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CAHIER C
L ED E V O I R ,L EJ E U D I2 2S E P T E M B R E2 0 1 1 TRANSPORT D É V E L O P P E M E N TD U R A B L E centres de gestion LdeessdéplacementsJeanne Charbonneau Défi œuvrent à établir desrelève le sans auto plans de transport durable Page 2Page 3
JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le Bixi, système de vélo en libre-service
Un autobus hybride biobus de la STM
JACQUES NADEAU LE DEVOIR
« Ondoit avoir le plus possible d’autobus express et non polluants »
JACQUES NADEAU LE DEVOIR
solutions Des novatrices en tPraagnesport durable 6
Montréal a pris le bon métro! «Au Québec, on a l’industrie our les transports collectifs, ontrairement à l’industrie utomobile»
Un 22 septembre devrait être u n ej o u r n é es a n sa u t o .À Montréal, cela sera, mais... pour une portion congru du territoire. À l’heure du trans-por tdurable, priorités et dé-fis, analyse et pistes de solu-tio n sa v e cF lo r e n c eJ u n c a -Adenot, professeure au Dé-par tementd’études urbaines et touristiques de l’UQAM.
M A R T I N EL E T A R T E e dossier des trans-ports dans la grande région de Montréal est critiqué plus sou-vent qu’à son tour pmreeLsialedélbmuqelidner-cmoaftutraMonlesque Pourtant, tout n’e t pas mauvais. Il y a des élémentspositifs et des avancées chaque année. Par contre, il y a aussi des urgences. Florence Junca-Adenot affir-sont chanceux pour un élément en particulier.«Nous avons sans doute le mode de transport le moins polluant et le plus efficace, qui a permis en plus de garder le cœur du centre-ville assez denseet très actif: c’est le métro. Grâce à lui, Montréal n’a pas connu le phénomène du trou de beigne, contrairement à plusieurs villes nord-américaines», affirme-t-elle. M eJunca-Adenot donne l’exemple de Portland, en Ore-gon.«Cette ville et d’autres ont vu leur centre s’affaisser. Les gens sont allés vivre à l’extérieur du centre-villegrâce à l’automo-bile. La criminalité a augmenté. La population a encorplus cherché à partir du centre-ville. Ce fut la mêmechose pour les commerces et les entreprises», ex-plique-t-elle. Dans descas comme ça, les pouvoirs publics doivent inter-venir, et c’est suvent par le bia s des transpocollectifsr ts qu’ils le font.tland, par«À Por exemple, ç’a été avec le traway. Cela permet de recréer unmilieu de vie agréb e, où on peut mar-cher, travailler et vivre», ex-plique la professeure. Non seulement le métro a été salutaire pour le centre-ville de Montré l,mais il est aussi très utilisé par la population.«Le mé tro est en fait utilisé à pleine capa-cité pendant l’heure de pointe», constate Mme Junca-Adenot. Des efforts à faire Le succès du métro de Mont-réal ne doit toutefoispas fair en sorte que la région s’assoie sur ses lauriers, aux yeux de la professeure. D’après les chiffres qu’elle a en main, dans la deuxième couronne, 11 % des gens utili-sent le transport collectif. On
était à 3 % en 1996. Autour dedra également investir dans les Laval et de Longueuil, on est àinfrastructures plus lourdes. 15 ou 20 %, à la suite d’une«Ces projets prennent plus de croissance marquée.temps à réaliser et ils coûtent «Ce n’est pas mal! No splus cher. Je pense par exemple sommes au deuxième rang pour aupont Champlain. Le matin, il l’utilisation des transports collec-y passe près de 25 000 personnes tifs, avec Toronto, en Amériquedans des autobus. C’est plus que du Nord, suivant New York.les automobiles. Lorsqu’on le re Nous sommes tout de même loinconstruira, j’espère qu’on y amé-de ce qu’il faudrait faire. L’ennagera par exemple un rail pour semble des organismes de transles rainslégers qui transporte-port s’est fixé pour but d’augmen-rontdes gens en grande quantité ter l’achalandage de 40 % d’icien leur faisant éviter le trafic», 2020. Il faudrait faire la mêmJunca-Adenot.affirme Mm chose pour 2030. On est capableLe métroest aussi incontour-de le faire», affirme-t-elle.nable.«C’est le type de transport ollectif qui coûte le plus cher à Plus d’autobus à voiecnstruire au kilomètre. C’est réser véeet de trainsbon pour les zones les plus densé-de banlieuement peuplées. Il faut choisir À court terme, pour augmen-stratégiquement les endroits où ter l’offre de transports collectifs,on le développera», précise-t-elle. Mme Junca-Adenot privilégie l’autobus à voie réservée.«OnAller vers des transports doit faire un vaste déploiement surplus propres out le réseau autoroutier et rou-Les transports durables signi-tier. On doit avoir le plus possiblefient également des transports d’autobus express et non polluants.propres.hybride«La technologi améliore beau coup la perfor-« Noussommes au deuxième rangmance écologique. Tous les autobus pour l’utilisation des transports seront bientôt hy-brides. Il y a aussi collectifs, avec Toronto, en Amérique les automobiles du Nord, suivant New York»hybrides et, d’ici quelques années, les voitures élec On doit regarder tous les endroitstriques seront aussi plus acces-où il y a de la congestion et ysibles. Cela aidera à réduire nos mettre des voies réservées pour lesémissions de gaz à effet de serre», autobus», affirme-t-elle.affirme Florence Junca-Adenot. Pourquoi pas un rutilant Ilfaut aussi penser aux maté-tramway à la place?«Avec les au-riaux.«Ils doivent être propres et tobus, répond Mme Junca-Ade-avoir une longue durée de vie. De not,on pourra faire de longuesplus, il faut idéalement fabriquer distances. Cela donnera unenos infrastructures au Québec. Ça autre possibilité aux utilisateurstombe bien, on a l’industrie pour des trains de banlieue.»les transports collectifs, contraire-Depuis 1996, les trains dement à l’industrie automobile», af-banlieue connaissent d’ailleursfirme Mme Junca-Adenot. une renaissance.«Ils ont gagné chaque année entre 1,3 % et 3 %Plusieurs défis depuis 1996. Pourtant, dès lesTous ces efforts, il faudra les années 1970 jusqu’à 1996, onaffronter alors que la région de fer maitcontinuellement desMontréal souffre de problèmes lignes, alors que l’automobilede congestion, dus notamment prenait le dessus sur les autresaux nombreux travaux routiers modes de transport», précise laet infrastructurels. professeure.«Je suis certaine que ces défis de Elle croit toutefois qu’il y acongestion seront un bon aiguillon encore des efforts à faire pourpour prendre de bonnes décisions», les trains de banlieue.«Il fautajoute Mme Junca-Adenot. augmenter les services et la caLes défis en matière de res pacité. Heureusement, deou-sources financières et de priori-velles voitures qui contiennenttés sontaussi à considérer.«Il y 70 % plus de passagers ont étéa une urgence d’agir et il faut achetées et elles sont en traintrouver les ressources financières, d’arriver. Pour accueillicetteajoute-t-elle.D plus,les gens veu-nouvelle clientèle, il faudrlent tout fairea paren mêmetemps. Il contre davantage de stationne-faut arrêter de se chicaner et ments incitatifs», affirme Mmeprendre des décisions à partir de Junca-Adenot.critères logiques. Tout a été pas l étudié. Le réchauffement cli-Prolongermatique ne va pas disparaître, il les infrastructuresr. Nous sommes ren-va s’accélé plus lourdesdus à l’heuredes choix.» Pour augmenter l’utilisation Collaboratrice du Devoir des transports durables, il fau-
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L ED E V O I R ,L EJ E U D I2 2S E P T E M B R E2 0 1 1 T R A N S P O RT
Centres de gestion des déplacements Travailler ensemble pour un transport durable ! Trois organismes trouvent une solution aux problèmes des déplacements
On parle de transport durable depuis plus d’une décennie, mais comment le définit-on exactement? Selon Environne-ment Canada, on n’aurait qu’à rassembler au sein d’une même action les notions de dimensions sociales, écologiques et économiques du développement durable. V A L É R I ER .D, tout comme ses deux C A R B O N N E A UCGD homologues, recourau rogramme Allégo, qui meten omme la dernière enquêtplace depuis 2007 des solutions Origine-destination erechange adaptées, telles que C l’Agence métropolitainedds programmes de covoitura-transpor t(AMT) révélait quge, des rabais sur les titres de 51 % des dép acements sur l’îletransport, la représentation de de Montréaldes entreprises auprèb soinsétaient motivé par le travail, des organisationsdes partenaires, des incitatifs appelées Centres de gestionpour les cyclistes et de l’expert des déplacements (CGD)se en transport auprès des muni-conseillent individuset entre-cipalités. Plus concrètement, le prises qui veulent adopter desCGD de DESTL travaille avec compor tementsfavorables àBombardier, qui procède à l’ana un transport plus durable.lyse des codes postaux pour ju-C’est le cas du CGD de Déveeler ds mployéshabitant le loppement économique Saint-même secteur et ainsi les inciter Laurent (DESTL), de Voyagezà faire du covoiturage. futé et de Mobiligo.Une autre solution, poursuit «Pour attirer et maintenir lesM. DeSousa, est de travailler entreprises à Saint-Laurent, on aavec les entreprises manufactu-constaté qu’il fallait être proactifrières pour décaler ldépart des en transport durable», admetemployés de quelques minutes à Alan DeSousa, maire de l’arron-la fin d’un quart de travail, pour dissement Saint-Laurent, où seainsi éviter des engorgements. trouve le deuxième pôle d’em«Et, après avoir beaucoup tra-pl ien importance dans la ré-vaillé à promouvoir le transport gion métropolitaine, avec 4800en commun, on a pu justifie laces d’affaires et 111 000 em-l’ajout d’une ligned’autobus pour ployés. Créé il y a dix ans, ledesservir le Technoparc.»Depuis, CGD de DESTL propose une pa-la ligne 72, qui dessert un terri noplie de services permettantoire renfermant environ 60 en aux entreprises de résoudre ltreprises, connaît une recrudes-problèmes de déplacement descence d’achalandage. employés en provenance surtout de Saint-Laurent, des arrondisse-Désengorger les rues de la ments voisins, de Laval et desmétropole… Laurentides. Voyagezfuté offre depui2001 Autant de solutions que de bede l’expertise-conseil et dessolu oins surun territoire peu accesions de transport durable adap-sible par le transport en com-tées aux besoins des entreprises, mun, où le covoiturage devientdes gestionnaires et des promo-la solution privilégiée… Leteurs immobiliers, cette fois au
sein des quartiers centraux de Montréal et de l’agglomération de Longueuil. Contrairement à ds CGD qui représentent une clientèle d’en-treprises situées en périphérie, pour lesquelles le covoiturage est une option plus avantageuse, le territoire urbainde Voyagez futé est généralement bien desservi ar les réseaux de transport. Les oduits et solutions ciblent donc principalement la promotion du transport actif et collectif. «Nous travaillons avec des em ployeurspour proposer des solu-tions de rechange attrayantes à l’utilisation de l’automobile en solo, mais aussiavec des gestionnaires de tours à bureaux et des promo-teurs qui représentent une c ientèle caractéristique du centre-ville. Eux aussi peuvent avoir une influence sur la façon de se déplacer des tra-vailleurs, explique la directrice gé-nérale, Bernadette Brun.Par exemple, nous avons implaté, dès 2005, des flottes de vélos enlibre-service dans l’ensemble des édifices d’Ivanoé Cambrige (anciennement SITQ) au centre-ville de Montréal et proposé un système de covoitura ge pour les locataires. Plusieurs vé-hicules de Communauto ont été installés dans les stationnements, en plus d’aménagements pour les cyclistes. Aujourd’hui, les flottes de élos ont été remplacées par un ser vice de prêt de clés Bixi aux loca-taires.»L’organisation serait d’ailleu s à l’origine des services Bixi corporatifs offerts par la so-ciété de vélo. Voyagez futé a aussi créé le programme «Le transport collec-tif, je l’essaie!» en partenar at avec l’AMT et la STM, quia converti, en seulement trois ans, plus de 500 automobilistes au transpor ten commun pour se rendre au travail. L’organisation
JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’ajout de lignes d’autobus est une stratégie efficace. travaille d’ailleurs actuellementligo accompagne les étudiants avec ces organismes en faveurdepuis maintenant cinq ans. du développement de services L’organisationest née à la pour les PME.suite d’une étude de DESS réa «En dix ans, on a conseillé etr Claude d’Anlisée en 1994 p accompagné près de 80 organisajou, en collaboration avec l’Uni-tions dans leur démarche de pro-versité de Montréal, dans le motion du transport durable, dontcadre de la rédaction d’un pre-certaines représentent plusieursmier bilan écologique incluant milliers d’employés», ajoute celleune ectionsur la gestion du qui dit être très fière de consta-traset des stationne-por t ter que des entreprises commements.«C’est ainsi que la pro-Hydro-Québec, Desjardins,blém tiquedes transports dans SITQ et Air Transat ont faile quartier Côte-des-Neigesa été c nfianceà son organisme etsoulevée et que l’occasion d’une p ursuiventtoujours leur rela-collaborationentre les diftion d’affaires avec lui.rentes institutions s’est présen-Parmi les différentes straté-tée», explique Mme d’Anjou, di ies, Air Transt offre deux moisrectrice générale de l’organis gratuits de traaux emme, créé d’abord pour rénspor t ployés qui adhèrent à l’abonnep ndreprincipalement aux be-ment annuel au transport collec-oins des établissements de tif, Desjardins subventionne 50 %santé et d’enseignement dans del’abonnement à Bixi et Hydro-ce secteur, où environ 86 000 Québec organise des tiragespersonnes par jour sont en mensuels et offrune mise aumouvement. Le territoire co point gratuite debicyclette àver tpar Mobiligo s’étend au-tous ses employés.jourd’hui de Côte-des-Neiges vers l’est, jusqu’à la MRC de Pour employés et…Lanaudière. étudiants En plus d’aider les emSolutions communes ployeurs àEt, puisqu’un CGD ne sauraittrouver des solu tions pour les employés, Mobi-considérer tous les aspects
d’une problématique de trans-port sans travailler de conce avec les sociétés de transport (AMT, SM, STL), la nouvelle coalitionTit pour le finance-ment des transports collectifs, le comité de vigilance Turcot ainsi que des patenaires locaux, Mo-biligo favorise l’instauration d tables de concertation (Table des transports) pour rgrouper les entreprisesd’un secteur et ainsi trouver des solutions com munes à des problèmes secto-riels en transport.«Notre projet-ilot àCôte-des-Neiges semble por ter fruit avec la Table des transports de Côte-des-Neiges, qui regroupe 11 établissements de san é et d’en eignement dans le quar tier. Nouspensons que les regrou-pements des entreprises peuvent favoriser le développement de transports, en raison des masses critiques qu’ils représentent.» L’équipe de Mobiligo est d’ailleurs très fière de sa conti-nuelle collaboration avec le CHU Sainte-Justine, laquelle a permis, depuis 2007, de soute-nir un employeur à travers s problématiques particulières (manque d’espaces de station nem nt,préoccupatio sde re-cr utement et de rétentiondu personnel, projet de construc-tion d’un stationnement, etc.) et de renforcer des valeurs parta-gée avecl’administration, tellesque le développement du-rable, le bien-être et la santé de son personnel, en plus d’en avoir fait un lauréat au concours Entreprise Leader en transport durable, en 2008. Depuis sa création, 15 employeurs ont fait appel aux services de Mobiligo, dont nuf mettrot en place des mesures cette année. Collaboratrice du Devoir
C 3 L ED E V O I R ,L EJ E U D I2 2S E P T E M B R E2 0 1 1 T R A N S P O RT Un réseau de centres « Ona vraiment l’impression de servir une bonne cause» Des solutions novatrices sur le plan de la gestion des déplacements Saviez-vous qu’il existe des organismes dont le mandat estd’un montantconcur r encede Québec, plus précisément au d’of frirdes services visant à aider les employeurs à amélio-maximal de 35 000 $. L’autreParc technologique, qui est encla-volet de ce programme apporvé entre trois autoroutes et qui ne rer concrètement la mobilité de leurs employés? Il s’agit des e usoutien financier au fonc-profite pas d’une bonne desserte centres de gestion des déplacements (CGD). Qu’en est-il au tionnement des CGD.sur le plan du transport en com-juste? Entretien avec la présidente de l’association qui les re-«Notre rôle est d’offrir des ser-mun. Les travailleurs du Parc présente, Anne Auclair.vices-conseils aux employeurtechnologique sont jeunes, la afin de favoriser l’u ilisation desmoyenne d’âge est en bas de 30 T H I E R R YH A R O U Nciation des centres de gestiontranspor tsalternatifs à l’auto-ans et, en raison d’un choix de des déplacements au Québecvie, ces jeunes ne veulent pasobile. En fait, le gros de notre u Québec, il existe sept(ACGD), fondée il y a 18 mois,macheter de voiture. Vous voyez leission est de réaliser des plans CGD: trois à Montréal, unque préside Anne Auclair.problème qui se pose.»e gestion des déplacements et uAn au Saguenay et un à Sher- desoutenir le développement dede l’accessibilité à leur site. CeUn problème majeur à Québec, un à Trois-Rivièrs, L’ACGDa pour but notammentonc de dresser un bilan général brooke. Un CGD sera mis surpartenaria s et d’activités, en fa-bilan est assorti d’un plan d’acRevenons au financement. Le pied sous peu à Gatineau. Lesvorisant eten encourageant lafition qui c ble des mesures ef-PAGMTAA est pour l’instant sus-CGD sont soit des OBNL,en commun et le partagesoit misecaces, suivant les habitudependu depuis mars dernier, et ce, des entreprises d’économie so-d’exper tiseentrede déplacement desjusqu’au 31 décembre 2011, dé-ciale. Voyagez futé, situé àCGD, le développe-Le manqueemployés»plore Anne Auclair, précisa, préciseq e Montréal, a été le premier CGDment etle parrap- c’estle volet du financemetage AnneA clair,ntaux à être instauré sous forme d’outils techniqueetd’accessibilitépelant quemployeurs qui l’est. Pourquoi?e les CGD projet-pilote en 2001, racontede promotion, lesui répondentà des be-«Le ministère des Transports in-au lieu de Anne Auclair, également direcvi de la réglementasoins criants dansvoque des raisons de restrictions trice générale du CGD de Qué-tion et des pro-bien des cas.budgétaires[liées à l’atteinte du travail peut bec, Mobili-T, fondé en 2004.grammes existants et«On sait que ladéficit zéro dictée par le ministè-Les CGD ont pour but princi-en assurat une in-leaf fectercongestion automo-re des Finances]. Cela a des SOURCE DÉFI SANS AUTO pal d’offrir des services visant àter vention auprèsconséquences négatives. Il y a debile peut engendrer Jeanne Charbonneau a der les employeurs (orgades décideurs muni-recrutement dede graves consé-nos clients qui ont décidé de sus-nismes et entreprises) à amélicipaux, provinciauxpendre les offres de services qu’ilquences sur le pla la main-d’œuvre rer de maniè e probante la mo-et fédéraux.de la productivité, ennous avaient demandées. On nous Seul(e) dans son auto bilité de leurs vers employraison du stress.a dit qu’il y aurait un nouveaeur leur lieu de travail. DifférentesLe financementC’est un problème qui est peu vi-programme d’aide à partir du 1 Défi sans auto veut for muleset solutions de re-Sur le plan du financement,sible et dont on parle peu au seijanvier 2012, mais on n’en change à ce qui est appelil y a le Programme d’aie gou-d’une entreprise. Vous savez, unonnaît pas les conditions. On se «l’auto solo»(vocabulaire utiliséaux mover nementaldes deemployé qui arrive au travailcroise les doigts»,lance, un brin in-par les CGD) sont envisagées:transpor talter natifsà l’auto-après avoir passé une heure etquiète, Anne Auclair. Il reste que, contrer les habitudesmobile (PAGMTAA), qui estcovoiturage, autopartage (autredemie dans le trafic e t non seu-globalement, ajoute-t-elle,«on a vocabulaire provenant de l’i- sousla responsabilité du mi-lement stressé, maisaussi del’impression de servirvraime t Il faut améliorer l’offre de transport collectifterne), transport en commune des Transpor tsdu, nistèrune bonmoins en moins productif en rai-ne cause». vélo, marche, refonte des sta-Québec. Celui-ci permet auxson de la fatigue»2010, les CGD avaient 118. En tionnements, etc.employeurs d’obtenir un finan-Le manque d’accessibilité auentreprises cliente(dont lu Inciter les Trifluviens à laisser de côté leur véhicule pendant L’idée n’est pas nouvelle, ellecement en vue d’implanter desieu de travail peut aussi affectersieurs ministères, desmunicipali une journée, alors que 70 % d’entre eux n’ont jamais prisfait mouche en Europe depuisprogrammes visant la réduc-le recrutement de la maintés, ds établissements d’ensei l’autobus, voilà le pari que veut relever Jeanne Charbonneau,tion de l’utilisation de l’autodes lustres et aux États-Un s de-d’œuvre, tient à direAnne Au-gnement et de santé), ce qui pro-puis les années 1990. Ici, lesolo chez leurs employés. Ceclair.«Ça peut en effet poser unfite à plus de 400 000 employés. directrice du Centre de gestion des déplacements (CGD) de CGD sesont regroupés sousprogramme rembourse 50 %problème sur le plan du recrute-Collaborateur du Devoir Trois-Rivières. l’égide d’un organisme, l’Asso-des frais encourus jusqu’àment. Je le vois ici, dans la région A N N E - L A U R Edans les petites villes, c’est pour ça J E A N S O Nces défis, àqu’on a mis en plac l’origine. Dans notreville, il y a objectif du Défi sans auto,aussi une question de perception créé en 2009, est d’inviterts durables: “C’estdes transpor L’ les gens à délaisser leur voitureplus long”, “c’est encore cher”. On une première fois, le 22 sepveut les rendre lefunetin», dit la tembre, pour amorcer un chan-.jeune trentenair gement dans lesodes deCela expliqueen partie que transport et dans lesmautobus soient gratuits àentalités. les Il s’adresse d’abord aux enTrois-Rivières, Québec, Sague-treprises, aux élus et aux décinay, Drummondville, entre deurs. Les entreprises qui auautres, le 22 septembre. ront le plus haut taux d’emDans lesgrandes villes, la ployés sdéplaçant ainsi gagne-férente.problématique est dif ont unevisibilité médiatiqueLes usagers des transports pu-rblics sont déjà nombreux. Leprovinciale, selonégiona ou leur tille. En 2009, 10 sociétésDéfi est une façon de mesurer ont pale potentiel de changementr ticipéà Trois-Rivières, et 21 l’année suivante.des comportements et d’appro-Lecher de nouvelles entreprisDéfi sans auto s’exporte à présent dans d’autres villes deintéressées par des politiques la province. Saguenay, Québec,e transport durable (vélos Montréal, Gatineau, Drum- isposition,retour garantià mondville emboîtent le pasdomicile, horaires décalés, ca-dans le cadre de la Journée siers,douches). mondiale sans voiture.«C’est une façon de créer des habitudesFaire embarquer les élus chez les gens, pour qu’ils voient«Un de nos objectifs est aussi ue cn’est pas si loin que ça,de faire prendre l’autobus à nos que c’est agréable et que peut-êtreélus municipaux pour qu’ils se ils s’aperçivent ainsi qu’il y are dentcompte que c’est impor-aussi des douchessur leur lieu detant d’investir dans le transport travail», explique la directriceen commun», souligne Mme du CGD Roulons vert.Charbonneau. Les entreprises ont dû userOn lur demande de partici d’imagination (déjeuner offert,per à ceDéfi sans auto en s’ins prix à gagner) pour convaincrecrivant comme «élus» ou «déci-leur personnel de se déplacer endeurs». Ces derniers peuvent transpor tdurable. Cela com-prendre n’importe quel moyen prend l’autobus, le covoiturage,autre que l’auto solo.«Le recteur le partage de voitures, le vélo, lesde l’université, s’il vient en vélo, patins à roulettes, la marche etn’est pasva s’apercevoir que c d’autres moyens actifs.«Tout cetrès agréable de traverser une mer qui n’est pas l’auto solo, résumede voitures pour aller à sa propre Jeanne Charbonneau.université»Quand on, iagine-t-elle. sait que 37 % des gaz à effet de ser-Cela permet également de re (GES) sont produits par lesréer des modèles de société, transpor ts,on comprend que lecar ces gens servent d’exem Défi sans auto est un moyen im-ples et entraînent d’autres per-portant et efficace pour essayer desonnes.«On se dit: “Si mon di-changer les habitudes.»recteur, qui est plus occupé qu moi, le fait,je peux bien le faire Dans les petites villespour aujourd’hui”», comment À Trois-Rivières, comme à Sa-la jeune femme, qui, l’anné guenay, plus de 85 %es gensder nière,elle qui habite d ont l’habitude de sedéplac rl’autre côté du pont, est venue seuls en voiture. Le nombre des enbus mais esten«repar tie Trifluviens qui prennent princi-covoiturage, parce qu’il n’y a palement l’autobus varie de 1,5 %pas de bus le soir. C’est un des à 3 %. Et seulement 5 % des rési-inconvénients!» dants utilisent en premier lesDans la région de Trois-Ri-transports actifs.«En transportvières, lestransports durables l’of frevient avant la deande,ne sont pas les meilleurs du mais il y a un certain nombre demonde, concède Jeanne Char-gens qui habitent dans un rayonbonneau:«Il n’y a pas eu de re-de moins de cinqkilomètres[det.fonte du système de transpor leur travail],Quelques bus express sont arriqui pourraien rendre le vélo — notre ville estvés, cela a un peu amélioré la si-ptuation. Mais il y a un travaillate — mais qui ne le font pas. Il y en a même qui habitent àgros à faire.»moins plusC’est peut-de deux kilomètres et qui préfèrentêtre le plus grand défi àvenir l’auto solo», affirme l’initiatricepour la direct ice de Roulons du Défi sans auto.vert et les autorités publiques. «C’est plus difficile d’obtenir des Collaboratrice du Devoir changements de comportement
C 4 L ED E V O I R ,L EJ E U D I2 2S E P T E M B R E2 0 1 1 T R A N S P O RT MONTRÉAL Le Bixi est-il vraiment un bon moyen de transport? Il faudrait pouvoir déterminer la véritable contribution du système Bixi à la mobilité quotidienne Quels sont les impacts du Bixi — bons et mauvais — sur la mo-bilité des travailleurs et des citoyens de Montréal? Bien que le système de vélo en partage «révolutionnaire» mis en place par la Ville de Montréal connaisse un franc succès, on ne dispose pas de méthodes permettant de répondre à cette question. C L A U D EL A F L E U Rd’u nouveaulien va même aug-menter les temps de parcours!» atherine Morency, profesPourquoi donc? Lorsqu’une seure adjointe au Départe-personne a le choix entre diffé-C ment des génies civil, géologiquerents moyens de transport, e le et des mines de l’École polytech-prend généralement celui quilui nique de Montréal, vient de crée«coûte» le moins cher (ce «coût» une chaire destinée à concevoircompte du temps de dépla-ti nt les outils et les méthodes appro-cement, des dépenses liées à priés pour évaluer la présence dul’utilisation du mode, etc.).«Ain Bixi à Montréal.si, explique Mme Morency,lors-«Depuis 1995, je m’intéresse àqu’on améliore les conditions de tous les modes de transport en mi-circulation, l’auto devient moi lieu urbain, dit-elle,transport en“coûteuse” et donc plus de gens commun, les modes actifs (marche,l’utilisent.»C’est dire que, e vélo, etc.) et tous ces nouveauxajoutant un pont, on amélioreun modes “bizarroïdes” que sont l’autoemps les conditions de circula-partage, le covoiturage, la multi-tion, jusqu’à ce que davantage de modalité et le vélo-partage.»voitures aient fait leur apparition. Elle a ainsi créé la Chaire MoS’ajoute à cela le«problème systé b litén partenariat avec le mimique»:«On pourrait bien ajo nistèredes Transports du Quéer cinquante nouveaux ponts au-bec, la Ville de Montréal, l’Agen-tour de Montréal, mais la ville ce métropolitaine de transport etelle-même a une capacité d’ac-la Société de transport de Mont-cueil déterminée, illustre la spé-réal.«Cette chaire a pourrincicialiste.On observe donc aisé-pal objectif de doter cespment que l’ajout d’un nouveauar te naires d’outils qui leur permet-lien augmente le temps de par-tront d’évaluer les impacts decours de tout le monde.» leurs choix, de leurs politiques,Pour résoudre ce paradoxe, il stratégies et plans, ainsi que d’évafaut mettre en place des méca-uer leurs contributions au déve-nismes de redressement des loppement durable»coûts., indiqu«Dans certains pays, rap-Mme Morency. Elle observeporte la directrice de la Chaire que, dans le domaine des trans-Mobilité,les automobilistes se ports,«il y a beaucoup de bonnesvoient imposer une “taxe kilomé-idées, maisce qui est difficile, c’esttrique”. À la fin de chaque mois, d’arriver à quantifier les choses».ls reçoivent une facture qui leur «Je m’intéresse surtout auxindique qu’ils ont parcouru tant compor tementsde mobilité desde kilomètres sur tel typde route personnes, poursuit-elle.Mais, auxheures de pointe, cequi leur comme je le dis en classe: “Lecoûte plus cher.» transport, c’est la chose la plus dif-Qu’en est-il donc du Bixi? Évi ficile à analyser en génie civilon id mment,agine sans pei puisqu’il faut modéliser des gens.n quele système de vélo-parta-Or on ne peut les mettre dans ungeaméliore la mobilité des gens beau laboratoire, à températuretre-ville. Toutefois, Mmeau ce ntrôlée, pour voir quel sera leurMorenpascy déplore qu’on n’ai comportement!”»encore de modèles permettant de le vérifier. Le paradoxe d’un nouveau pontUn service public «Tout le monde aon opinion?ou privé sur le transport, puisque tout leCertains déplorent même les monde vit ses propres expé-coûts — apparemment élevés — riences de transport»du Bixi, qui semble ne pas devoir, résume-t-elle eriant. C’est ainsi qu’ons’autofinancer. Or, énonce la cher-imagine que,si on ajoute de laheure, opeut voir ce système apacité de transport — enomme unchoix collectif et non construisant un nouveau pont,comme une entreprise privée. par exemple — on améliorera«C’est un service qu’on offre à la la circulation.«Pourtant, on saitpopulation, dit-elle,autant aux ré-rès bien que, après un certain sidants,aux travailleurs qu’aux emps, les conditions de circula-touristes. On a désormais la possi-tion seront similires à cellesbilité de se déplacer à Montréal qu’il y avait auparavant, rappor-avec un nouveau mode… Mais te la chercheure.On observe V O I RPA G EC 5 :B I X I même un beau paradoxe: l’ajout