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BOOK UNIVERSITE D'ETE 2011 LE BONHEUR ET LE TRAVAIL

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  • cours - matière potentielle : ch' ti
Université d'Eté 2011 – Arras Le bonheur et le travail 1/35 BOOK UNIVERSITE D'ETE 2011 LE BONHEUR ET LE TRAVAIL 23 JUIN MATIN « Kmint qu'i va ? » (Comment ça va ?) Afin de nous familiariser avec le Nord, nous avons eu droit lors de l'accueil café à un cours de Ch'ti donné par un conteur de la région. Nous n'avons pas toujours tout compris, mais la bonne humeur était là ! La leçon s'est terminée par la danse du ch'ti kun gougna reprise par tous les participants, un moment d'anthologie dans l'histoire du Club.
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Université d’Eté 2011 – Arras
Le bonheur et le travail

BOOK UNIVERSITE D’ETE 2011
LE BONHEUR ET LE TRAVAIL

23 JUIN MATIN

« Kmint qu'i va ? » (Comment ça va ?)
Afin de nous familiariser avec le Nord,
nous avons eu droit lors de l’accueil
café à un cours de Ch’ti donné par un
conteur de la région. Nous n’avons pas
toujours tout compris, mais la bonne
humeur était là ! La leçon s’est
terminée par la danse du ch’ti kun
gougna reprise par tous les participants, un moment d’anthologie dans l’histoire du Club.
Après le Adé ! (au revoir) du conteur, nous avons tous gagné nos places pour assister à la première
intervention.

‘Je déclare ouverte la quatrième édition de l’Université des Eté des DRH !’
Christophe LEPARQ, fondateur du Club DéciDRH, lance le départ de l’Université d’été d’Arras et
remercie le Comité de pilotage du Club qui depuis le mois de
novembre travaille sérieusement sur le bonheur… au travail. Il
nous demande si nous avons le moral car de l’autre côté de
l’atlantique il semblerait que nous paraissions quelque peu
déprimés…. « S’il y a bien une fonction qui peut agir avec les
directions générales pour concilier travail et bonheur ce sont
bien les DRH ! » rappelle Christophe Leparq. C’est là tout
l’objet de l’Université qui va dérouler pendant deux jours des
témoignages et des retours d’expérience sur ce sujet.
« Nous sommes à Arras grâce à une rencontre avec Jean-François Lescart, DRH d’Häagen Dazs
France, qui a convaincu il y a 20 ans les américains à venir implanter leur usine de glaces à Arras, et
qui a convaincu quelques années plus tard le Club DéciDRH à établir son Université à Arras ! » indique
Christophe Leparq.
Le Club n’existerait pas sans ses partenaires, que Christophe remercie : Aderhis (conseil en SIRH),
Barthelemy Avocats (un des plus grand cabinet conseil en doit social), le groupe Demos (leader dans
le domaine de la formation et du elearning), Northgate Arinso (fournisseur de solutions RH et SIRH),
OpenPortal (solution de modélisation des processus de gestion de capital humain) et Théorème
(société de conseil en management des risques et de courtage).
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Le bonheur et le travail


Ralf Gottwald, DRH adjoint de Veolia Transport,
animateur de la première matinée, invite ensuite
Philippe Presles, médecin, éthicien, MBA du groupe
HEC, Associé de l’Institut Prévenir-Guérir, essayiste
(« Tout ce qui n’intéressait pas Freud » Laffont 2011) à
nous faire partager sa conception de LA PSYCHOLOGIE
DU BONHEUR
« Il s’agit moins de bonheur et travail que de bonheur AU travail. L’homme en tant qu’être conscient
est capable d’être heureux partout et d’être malheureux partout. Cette notion de conscience est
fondamentale » affirme Philippe Presles.
Est-ce que le bonheur durable existe ?
Oui si on arrive à le développer dans tous les aspects du temps (passé, présent, futur). Il est
important de savoir utiliser le passé pour se construire, profiter du présent en prenant du plaisir à ce
que l’on fait, et aspirer à un but idéal dans l’avenir.
« Les forces positives de chacun, sources principales de bonheur, ne doivent pas être réservées à la
sphère privée. » continue Philippe Presles. Nous devons exercer nos qualités (gentillesse, optimisme,
gratitude, intégrité,…) dans l’environnement professionnel. Ainsi que l’ont montré les travaux de
Barbara Fredrickson, ressentir des émotions positives élargit notre horizon mental, augmente la
créativité, facilite la relation aux autres, nous rendant ainsi plus performants et plus contributifs à la
collectivité.
Le bonheur est-il à la mode ?
Oui. Mais c’est bien sûr aussi un sujet de fond, comme le prouvent par exemple les cours de Tal Ben
Shahar à Harvard sur la psychologie positive, suivis par 1 400 élèves chaque semestre, ce qui
représente 20% des élèves. 93% recommandent ce cours, et pour 23% d’entre eux ce cours a changé
leur vie. La psychologie du bonheur est une science récente qui devient un domaine officiel de
recherche en 1998.

LE BONHEUR DANS LE TRAVAIL : MYTHE OU REALITE ?
Christian Larose, vice-président du conseil économique,
social et environnemental CGT, co-auteur du rapport « bien-
être et efficacité au travail » remis au Premier ministre
Le bonheur se construit à plusieurs et dans la durée
François Fillon a commandé ce rapport en 2010 à deux
dirigeants d’entreprises -Henri Lachmann, président de
Schneider Electric et Muriel Penicaud, DRH de Danone- et à un représentant syndical en la personne
de Christian Larose. « Le postulat de départ était de rédiger un rapport de praticiens et non de
techniciens, afin d’aboutir à des actions concrètes pour lutter contre le stress au travail » précise
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Le bonheur et le travail

Christian Larose. Il était indispensable que ce rapport soit rédigé sur une ligne commune, ce qui a été
le cas.
Les auteurs ont choisi de rédiger le rapport sous l’angle du bien-être et de la productivité plutôt que
sous l’angle de la souffrance. En effet bien-être et efficacité économique vont ensemble.
Trois principaux facteurs d’augmentation du stress au travail ont été constatés :
 Le management : Le bien-être concerne au premier chef les directions d’entreprise et les
syndicats. Il est fortement lié à la culture d’entreprise. Mais les managers n’ont pas
forcément tous été formés à la gestion des hommes. Selon Christian Larose, « avec
l’augmentation de la financiarisation on a oublié que l’homme est la ressource essentielle de
l’entreprise. Des managers peuvent obtenir de très bons résultats chiffrés mais avoir une
attitude catastrophique envers leur équipe. » D’après lui la rémunération des dirigeants
devraient être aussi fonction des critères sociaux. Un bon manager doit avoir l’esprit
d’écoute ; il doit savoir corriger et pas seulement ordonner.
 Le dialogue social : l’angoisse vient toujours du changement de périmètre de l’entreprise
(rachat, fusion, etc). Or beaucoup d’espaces de dialogue sociaux ont disparu : espaces
machine à café, réunions-débats, .. Les managers de proximité ne comprennent pas toujours
les indications contradictoires qu’ils reçoivent. Leur rôle passe de plus en plus de
gestionnaire à exécutant.
Les nouvelles technologies modifient les façons de travailler. Les collaborateurs reçoivent
trop de mails, la barrière entre vie privée et vie professionnelle s’amenuise, les échanges de
visu diminuent.
Il faut mesurer l’impact social lié à tout changement dans l’organisation.
 Les structures qui doivent veiller à la santé du salarié. Christian Larose indique que le CHSCT
a été « ghettoïsé » alors qu’il s’agit de l’organe le plus important dans l’entreprise puisqu’il
concerne la santé. Toutes les entreprises privées et publiques sont confrontées à des
questions de santé. Le fonctionnement du CSHCT devrait être revu.
Dix propositions pour conclure le rapport
1. L’implication de la DG est indispensable
2. Les managers sont responsables de la santé des collaborateurs
3. Il faut donner aux salariés les moyens de se réaliser au travail
4. Les partenaires sociaux doivent être impliqués dans tout ce qui touche aux conditions de
santé
5. La mesure des conditions de bien-être et de sécurité est essentielle
6. Les managers doivent être préparés et formés à leur rôle de manager
7. La performance collective doit être valorisée par rapport à la performance individuelle
8. L’impact des changements doit être anticipé et pris en compte
9. La santé au travail ne se limite pas à l’entreprise mais doit englober les sous-traitants
10. Le salarié en difficulté doit être accompagné
Depuis la remise du rapport au Premier ministre en 2010, 600 accords ont été signés dans les
entreprises en France. Selon Christian Larose « environ 500 sont des déclarations d’intention. 20 sont
de « vrais » accords, capables de faire évoluer les situations. »
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Le bonheur et le travail


Marc Grosser, Directeur des affaires sociales et de la
responsabilité sociétale chez Danone
Santé, stress, La démarche Danone
Danone compte 100 000 personnes dans le monde, dont 8 700
salariés en France.
Le groupe se divise en quatre principaux métiers : Produits
laitiers, eaux, nutrition infantile et nutrition médicale.
Un accord d’abord français, puis mondial
En juin 2007, le président de Danone a demandé de lancer une piste de réflexion sur le stress et les
RPS, via la création d’un groupe de travail paritaire.
Cette initiative a abouti à un accord signé avec les syndicats en France en mars 2010. Marc Grosser
indique : « Au début les syndicats voulaient arriver à un résultat « 0 stress ». Position impossible à
tenir, car on ne peut pas éliminer le stress totalement : un collaborateur nouveau dans la société est
en position de stress, de même lors d’un changement de poste par exemple. »
4 principaux axes pour l’accord en France :
 D’abord mesurer le stress dans la durée
 Anticiper les situations de stress (lors de restructuration, mais aussi dans le day to day
business)
 Revoir le rôle du manager de proximité
 Identifier et gérer les cas de stress : vigilance collective
L’accord France vise aussi à lutter contre le présentéisme.
Des négociations ont ensuite été entamées avec l’UITA (Comité mondial de syndicalistes au sein de
Danone). Elles se sont avérées compliquées car les conditions devaient être applicables à tous les
pays du groupe. L’accord mondial a été signé en juin 2011.
Le périmètre de cet accord monde a été bien défini. La sécurité, la santé, les RPS sont de la
responsabilité de l’entreprise. Danone met en place notamment en Amérique du sud des démarches
down top. L’opérateur est remis au centre du système : c’est à partir de son ‘feedback’ que sont
construites les actions.
Sur la partie santé Danone s’est fixé comme objectif de procurer à chaque salarié, d’ici 3 ans, une
couverture médicale minimale.
Les contraintes rencontrées et les équilibre à trouver
« Signer un accord est une mission difficile et nécessite un travail à long terme alors qu’on demande
des résultats à court terme. Il faut gérer les contraintes économiques par rapport aux demandes
sociales et préserver les équilibres entre salariés et écosystème, productivité et conditions de travail »
spécifie Marc Grosser.
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Le bonheur et le travail

Danone veille aussi à cadrer l’enthousiasme. Un sondage a révélé un taux d’engagement de 87 %
parmi les collaborateurs. Donner des priorités claires et s’assurer de l’adéquation des moyens par
rapport aux ambitions est indispensable pour certains salariés qui ne se mettent pas de limites.
Enfin, il est nécessaire de préserver la cohérence entre innovation et
sécurisation, de même qu’entre le niveau local et le niveau global.
« Il n’y a plus le facteur économique d’un côté, et humain de l’autre. Cette
antinomie n’est plus de mise. » conclut Ralf Gottwald.
Quelle est la vision outre-Atlantique du bien-être au travail ?
Le bien-être est lié au sens du travail
Estelle MORIN, directrice CRITEOS, HEC Montréal, nous apporte l’expérience des Québécois
Estelle Morin s’intéresse au sens du travail depuis 1992. « Depuis l’outsourcing, le reengineering, et
tous les ‘ing’, le travail perd du sens. Des changements importants dans l’organisation du travail sont
survenus dans les années 90 avec les nouvelles technologies, la globalisation et aussi
l’homogénéisation des pratiques du management basées sur le modèle américain » commente-t-elle.
De nouveaux paramètres de temps, d’espace, de relation, de matériel
et de personnels sont apparus.
Dans les années 90, on a mis en avant la performance financière de
l’entreprise au détriment des autres ressources de l’entreprise. Or
l’évaluation de la performance d’une entreprise ne se limite pas aux
indicateurs financiers. Les investisseurs observent aussi les indicateurs
sociaux.
Les études menées par Estelle Morin depuis la fin des années 90
montrent que les cadres et dirigeants sont très sujets à la ‘détresse’ (mot québécois pour stress) ; Et
que certains dirigeants souffrent de problèmes de santé mentale. Cette angoisse des dirigeants les
pousse à vouloir tout contrôler.
Mais l’autonomie n’améliore pas forcément le bien-être dans le travail car le collaborateur doit
pouvoir assumer les responsabilités qui vont de pair avec l’autonomie.
Le schéma efficacité organisationnelle qu’Estelle Morin a mis au point dénombre quatre critères
dans la notion de Valeur du personnel : santé, sécurité, engagement et compétences.
Qu’est-ce que la qualité de vie au travail ?
Un certain nombre de facteurs doit être réuni pour aboutir à l’état général de bien-être dans le
milieu du travail :
 Un travail qui a du sens
 Le sentiment d’appartenance (engagement collectif)
 L’équilibre travail / vie privée
 La dignité et l’accomplissement (bien-être psychologie)
Le sens du travail est donné par la nature des missions qui composent le travail, et le sens au travail
dépend de la qualité des relations.
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Le bonheur et le travail

Si un collaborateur ne trouve pas de sens à son travail : il fera du présentéisme, montrera moins
d’engagement, diminuera sa vigilance… Il activera des stratégies de défense, et lorsque celles-ci
lâcheront, cela pourra aboutir à des absences de longue durée, voire à de la dépression.
Il est très important de mesurer non seulement le stress mais aussi le bien-être.
« Les managers sont responsables de l’organisation du travail et doivent mettre en place des mesures
pour améliorer le bien-être des collaborateurs. Mais ils ne peuvent pas être garants de tous car il
existe une responsabilité individuelle du bonheur : certaines personnes ne seront jamais heureuses
quelles que soient les conditions » précise Estelle Morin.
Comment instaurer une qualité de vie au travail ?
Pour prévenir les problèmes de santé et les départs volontaires, il est indispensable de veiller
à ajuster la charge au travail aux capacités de chacun, donner de l’autonomie, du support et de la
reconnaissance.
Encourager la rectitude morale est un facteur
essentiel pour promouvoir la santé et
l’implication des collaborateurs. Les dirigeants
doivent également les aider à trouver du plaisir
au travail, les soutenir dans l’atteinte des
objectifs, maintenir l’équilibre entre vie privée et
vie professionnelle, et leur donner confiance dans
l’avenir ! En France on entend trop de discours
catastrophistes qui ne contribuent pas à
l’amélioration du moral.

Question : Comment donner confiance aux salariés ?
Christian Larose : La confiance s’acquiert en prenant le temps d’échanger. On peut ne pas être
d’accord, mais dialogue et confiance vont de pair. Si on n’accorde pas sa confiance à l’interlocuteur,
on ne peut pas avancer dans un accord ou arriver à un consensus.

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Le bonheur et le travail


Après une pause-café avec George,


l’Amiral Olivier LAJOUS, Directeur du personnel militaire de la Marine Nationale, prend la parole
pour nous parler de l’équilibre entre vie privée et vie publique.
« Le bonheur ou bien-être au travail dans la marine est primordial. Un maillon faible peut mettre en
péril une mission. Mais il n’est pas viré comme dans l’horrible émission de Laurence Boccolini, il est
au contraire chouchouté. L’institution met en œuvre des dispositifs pour accompagner le marin dans
sa vie professionnelle et sa vie privée. L’aptitude au bien-être et au ‘bien
vivre ensemble’ fait partie de son apprentissage », nous déclare l’Amiral
Lajous.
Les conditions de vie dans un navire de guerre sont très difficiles : 24h/24h
avec des gens qu’on n’a pas choisis, pour 4 mois, dans un univers qui
tangue, un environnement dangereux, un espace réduit, des horaires très
lourds. L’espace et le temps sont des notions spéciales dans un navire. La
vie sur un navire est très exigeante, le bateau est conçu pour des hommes
rapides, sveltes, jeunes et en bonne santé. La moyenne d’âge d’un
équipage est de 28 ans.
« Pour créer l’alchimie du bonheur, il est essentiel de fixer les règles du vivre
ensemble. Respecter l’autre et se respecter soi-même tout en acceptant les
règle du vivre et du travailler ensemble sont les bases de la discipline du
bonheur » affirme l’Amiral Lajous, qui nous raconte ensuite la parabole des
porcs épics : Lorsqu’il fait froid, ces animaux à grands piquants doivent trouver la bonne distance
entre eux, suffisamment près pour se réchauffer les uns les autres, et assez loin pour ne pas se faire
piquer.
Les nouvelles technologies ont bouleversé la vie à bord d’un navire. Autrefois, les marins en mission
n’avaient pas de contact avec leurs proches, sauf par courrier. Avec les téléphones portables, le
marin peut maintenant communiquer à tout moment avec sa famille, ce qui peut le perturber et
mettre en danger sa mission et le navire tout entier.
Un programme « bien-être à la carte » a été mis en place afin d’aider le marin à vivre l’équilibre vie
professionnelle/vie privée. Ce partenariat entre La Marine et le groupe Accor comprend un ensemble
de services mis à la disposition des familles pour gérer les problèmes au quotidien quand le marin est
en mer (dépannage, prêt de voiture, plomberie, etc).
Le bonheur est également une affaire d’éthique. Confiance mutuelle, solidarité, adoption d’un
ensemble de règles de vie et de valeurs communes font partie de cette éthique, illustrée par la
devise de la Marine : Honneur, Patrie, Valeur, Discipline.
La Marine compte 47 000 personnes dont 7 000 en situation de guerre. Leur donner du sens
quotidiennement est indispensable. La devise de la marine guide le marin dans cette recherche de
sens. L’honneur commande de s’interdire tout comportement indigne et de travailler ensemble à la
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Le bonheur et le travail

réussite de la mission, la Patrie donne le sentiment d’appartenance, la valeur recouvre beaucoup de
sens, dont le courage et la patience, et la préparation mentale nécessaire à la vie de marin.
« L’incertitude participe au bonheur. Elle est au cœur de la condition humaine et nous devons en faire
une alliée et non pas une ennemie » nous déclare l’Amiral Lajous. Il ajoute : « Où se trouve le
bonheur ? En nous. Il ne dépend que de nous. »
Il demande aux nouvelles recrues de savoir équilibrer les quatre pieds de leur chaise : Savoir, savoir-
faire, savoir être, faire savoir.
Au travail, le manager doit d’abord montrer son « bonheur » s’il veut le communiquer aux autres,
faire preuve d’empathie, mais sans feindre ou sous la contrainte.
Question : Le bonheur n’est pas qu’au fond de nous, car on vit dans un entourage. Par rapport à ça,
comment un commandant arrive à créer des conditions qui sont propices à l’émergence de ce
bonheur ?
Amiral Lajous : le commandant est celui sur lequel tout le monde compte. Il est seul maître à bord
après Dieu. Il doit se montrer serein, sinon l’équipage s’inquiète. Il doit équilibrer sa présence, savoir
être là mais sans excès. Il doit instaurer la confiance en parlant aux troupes, en les considérant, en
montrant qu’il connaît le métier qu’elles exercent. La proximité est une notion fondamentale. Le
commandant doit trouver la bonne combinaison : rester inatteignable, mais être disponible, et
compétent. La chaîne de confiance peut ainsi se mettre en place. Le comportement du commandant
est primordial pour le bonheur de l’équipage. Les conditions de vie sont sa préoccupation
permanente.
L’amiral Lajous conclut en encouragent les managers de
proximité à ne pas rester derrière leur ordinateur, mais à aller
vers les autres.
Ralf Gottwald clôt cette matinée en nous contant la fable du
financier et du savetier, pour appuyer le fait que le bonheur
dépend pour grande partie de nous. Il rappelle que sa société, Veolia, qui vit en ce moment une
période de changement du à une fusion a mis en place différentes actions (cellules d’écoutes,
questionnaire de climat social) pour améliorer les conditions de travail et apporter du soutien aux
collaborateurs dans cette période difficile.
Christophe Leparq nous invite à lire le livre sur des histoires de marins, dont l’Amiral Lajous est un
des auteurs. Il lance une idée : Recueillir des histoires de DRH et en faire un livre pour la prochaine
université. A suivre !!
PAUSE-DEJEUNER !

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Le bonheur et le travail

23 JUIN APRES-MIDI
LE BONHEUR ET LE TRAVAIL : UNE NOUVELLE APPROCHE ?
Philippe PRESLES intervient de nouveau pour approfondir son approche scientifique du bonheur
Il nous rappelle d’abord un paradoxe : de plus en plus de gens sont déprimés malgré une
augmentation des richesses.
Comment étudier le bonheur de manière scientifique ?
Mihaly Csikszentmihalyi est l’un des principaux représentants du courant de pensée appelé la
"psychologie positiviste" (avec son confrère Martin Seligman).
Il a mené une expérience auprès d’un échantillon de personne qu’il a équipé de bipeurs sonnant de
façon aléatoire. A chaque fois que le bipeur sonnait, les
personnes devaient décrire ce qu’elles faisaient et
donner un degré de 0 à 10 à leur état de bonheur. Il a
recueilli beaucoup de données à partir desquelles il a
développé la théorie du "flow", de "l’expérience
optimale". Les gens se sentent le plus heureux lorsqu’ils
vivent un moment intense et agréable, associé à une
intense concentration, hors du temps, hors de soi et de
ses préoccupations (comme faire du ski par exemple).
Sans surprise, l’activité ménage n’apporte aucun plaisir. Toujours sans surprise, hobby, sport,
spectacles, échanges et sexe apportent beaucoup de points de bonheur, surtout en motivation et en
expérience optimale. Plus surprenant, c’est le travail qui apporte le plus de points en concentration
(oubli de soi et de ses problèmes). Encore plus surprenant, les gens déclarent éprouver la majorité de
leurs moments expérience optimale au travail et non pas pendant les loisirs !
« Trouver l’équilibre entre les capacités des gens et le défi de la tâche est indispensable pour ressentir
du bien-être au travail, » rappelle Philippe Presles. « Lorsque ces deux notions sont équilibrées et à
leur plus haut, on arrive à l’état de flow. Si elles sont déséquilibrées, le salarié ressentira au mieux de
l’ennui, au pire de l’angoisse et de la dépression. »
Comment augmenter le bonheur ?
Le choix de ses activités est très important. On s’en doutait, mais cela est confirmé par la différence
d’évolution des dessins entre enfants du même âge mais qui passent moins d’une heure ou plus de
trois heures par jour devant l’écran : la télé abêtit !
Où trouver du sens ?
 Utiliser nos aptitudes personnelles
 Etre relié à quelque chose de plus grand que nous
 S’enrichir (connaissance, progrès, bonté, courage)
 Faire preuve de force vitale
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Le bonheur et le travail

« Le Bonheur est la sensation de plaisir chargé de sens » selon Tal ben Sharar. Il se démultiplie et
peut augmenter sans limite, notamment par l’instauration de rituels qui nous rendent meilleurs et
nous font revivre des moments heureux.
La gratitude est fondamentale. Il ne faut pas hésiter à introduire du sens, du plaisir, des perspectives,
des rituels et de la gratitude au travail.
Il existe un lien très fort entre sens du travail et rendement, efficacité et contribution au collectif.
Philippe Presles termine en nous conseillant : « N’attendez pas ! Quand on diffuse le bonheur, on a la
bonne surprise de la bienveillance qu’on reçoit. »
Nous passons ensuite de l’aspect psychologique à l’aspect juridique avec
l’intervention de Bruno Denkiewicz, Avocat conseil en droit social chez
Barthélémy Avocats.
Y a-t-il un droit de bonheur au travail ?
« Le droit social c’est compliqué. Cela renvoie aux prérogatives de l’employeur,
des salariés, et des organes de partenaires sociaux » rappelle Bruno Denkiewicz.
Il faut d’abord définir la nature de ce droit :
 Est-ce un droit réglementaire ? Unilatéral, décrété par les dirigeants,
après consultation des comités et partenaires sociaux : notion d’obligation
 Est-ce un droit contractuel ? Entre l’employeur et le salarié
 Est-ce un droit conventionnel ? Accord entre direction et partenaires sociaux ; Négociations
collectives. On n’est plus dans l’obligation, mais dans l’optionnel.
Quels sont les interlocuteurs au sein de l’entreprise ?
 Le comité d’entreprise qui a trois attributions : économiques, professionnelles (conditions de
travail), sociales et culturelles. Il a un pouvoir de gestion et de décision pour la partie sociale
et loisirs, et seulement de consultation pour la partie économique.
 Le CHSCT
 Les salariés : depuis 1982 ils bénéficient d’un droit à l’expression sur les conditions de travail.
Règle un peu oubliée
 Les délégués syndicaux
« Il existe un droit à la négociation et à la concertation sur le bien-être au travail. Il est de la
responsabilité de l’employeur de mettre en place des actions pour améliorer les conditions de travail
des collaborateurs » indique Bruno Denkiewicz
Pour l’entreprise il s’agit de se conformer à l’obligation de sécurité de résultats : tous les incidents
n’engagent pas la responsabilité de l’entreprise. Mais il y a une obligation de moyens : l’entreprise
doit pouvoir prouver qu’elle a pris toutes les actions pour réduire les risques.

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