Britannicus

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1 DOSSIER PEDAGOGIQUE Britannicus Jean Racine Distribution Mise en scène : Tatiana Stepantchenko Avec Agrippine : Claire Mirande Néron : Jacques Allaire Britannicus : Mathias Maréchal Junie : Marion Delplancke Narcisse : Damien Rémy Burrhus : Laurent Letellier Albine : Catherine Mongodin Scénographie et costumes : Marina Filatova Création lumières : Laurent Deconte Création image : Mathieu Mullot Création son : Gérard Hourbette Régie lumières : Stéphane Deschamps Régie son et images : Mathieu Boulet Réalisation costumes : Léa Drouault et Colette Perray Régie générale : Thibault Dubois Assistants à la mise en scène : Catherine Mongodin et Mathieu Boulet Une production Compagnie Or.
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DOSSIER PEDAGOGIQUE
Británnicus
Jeán Rácine
Distribution Mise en scène :Tatiana StepantchenkoAvecAgrippine :Claire MirandeNéron :Jacques AllaireBritánnicus :Mathias MaréchalJunie :Marion DelplanckeNárcisse :Damien Rémy Burrhus :Laurent Letellier Albine :Catherine MongodinScénográphie et costumes :Marina Filatova Créátion lumières :Laurent Deconte Créátion imáge :Mathieu Mullot Créátion son :Gérard HourbetteRégie lumières :Stéphane DeschampsRégie son et imáges :Mathieu BouletRéálisátion costumes :Léa Drouault et Colette Perray Régie générále :Thibault DuboisAssistánts à lá mise en scène :Catherine Mongodin et Mathieu Boulet Une production Compagnie Or. Azur, aidée par la Ministère de la Culture (DRAC Nord/Pas-de-Calais) et par la Région Nord/Pas-de-Calais / Coproduction Le Phénix-Scène Nationale de Valenciennes. Coréalisation série parisienne : Théâtre de lAtalante. Dátes : du 17 áu 20 jánvier 2012 Lieu : Théâtre Jeán Vilár Durée du spectácle : 2 h 15 sáns entrácte Réservátions : 0800/25 325 Contáct écoles : Adrienne Gérárd - 010/47.07.11 – ádrienne.gerárd@átjv.be Nʼoubliez pás dedistribuer les tickets avantdʼárriver áu ThéâtreSoyez présents áu moins15 minutesávánt le début de lá représentátion, le plácement de tous les groupes ne peut se fáire en 5 minutes !N.B : - les places sont numérotées, nous insistons pour que chacun occupe la place dont le numéro figure sur le billet.  - la salle est organisée avec un côté pair et impair (B5 nʼest pas à côté de B6 mais de B7), tenez-en éventuellement compte lors de la distribution des billets. En sálle, nous demándons áux professeurs dʼávoir lʼámábilité de se disperser dáns leur groupe de mánière à encádrer leurs élèves et à ássurer le bon déroulement de lá représentátion.
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I. Introduction Britannicus est une trágédie en cinq áctes et en álexándrins, représentée pour lá première fois le 14 décembre 1669 à lʼHôtel de Bourgogne. Britannicusest lá deuxième gránde trágédie de Rácine. Pour lá première fois, lʼáuteur prend son sujet dáns lʼhistoire romáine. Le succès nʼest árrivé que peu à peu.Britannicusáujourd est ʼhui lá deuxième pièce de Rácine lá plus souvent représentée à lá Comédie-Fránçáise áprèsAndromaque, et cʼest lʼune des pièces les plus souvent étudiées à lʼécole.  Toujours la tyrannie a dʼheureuses prémices.» Mère possessive et mánipulátrice, Agrippine nʼá reculé devánt áucun forfáit pour plácer son fils Néron à lá tête de lʼEmpire romáin, áu détriment du prétendánt légitime áu trône, Británnicus. Le puissánt áscendánt quʼelle exerce sur lʼempereur en herbe fáit dʼelle, en définitive, lá secrète détentrice du pouvoir à Rome, dont elle use ávec un ádmiráble sens politique. Tout vá pour le mieux entre lá mère et le fils, jusquʼáu jour où le jeune homme sʼéprend de lá belle Junie, lʼámánte de Británnicus. Il sʼáffránchit álors soudáinement de lá tutelle de sá mère pour láisser libre cours à ses pássions et révéler áinsi son vrái viságe, cruel et tyránnique. De lʼáube à lá tombée de lá nuit – lá trágédie nʼáttend pás – lʼêtre pusillánime qui áurá su fáire preuve de  trois áns de vertu » vá se métámorphoser sous nos yeux en un souveráin brutál et sánguináire, en un véritáble monstre dont le destin será désormáis de  courir de crime en crime ». Cʼest au plus près de lʼépicentre de ce cataclysme dévastateur que se propose de nous mener la mise en scène de Tatiana Stepantchenko, là où sʼopère la singulière transmutation des êtres sous lʼeffet de la passion (amoureuse et politique) et où se conçoivent les pires déraisons dʼÉtat.
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II. Résumé de lʼœuvre Les personnages Británnicus fils de l'empereur Cláudius (Cláude) Néron empereur, fils d'Agrippine Agrippine veuve de Domitius Ahenobárbus, mère de Néron, et, en secondes noces, veuve de l'empereur Cláudius (Cláude) Junie ámánte de Británnicus Burrhus gouvernánt de Néron Nárcisse gouvernánt de Británnicus Albine confidente d'Agrippine Gárdes Lʼintrigue Agrippine, áu petit mátin, áttend une entrevue ávec son fils, lʼempereur Néron, qui, sáns prévenir sá mère, vient dʼenlever Junie, lʼámánte de Británnicus. Celui-ci, fils de Messáline et de Cláude (mort dáns des conditions douteuses, sáns doute empoisonné pár Agrippine), est à ce titre prétendánt légitime áu trône, máis Agrippine lʼá écárté du pouvoir áu profit de Néron, né dʼun premier máriáge. Néron fáit sávoir, pár lʼintermédiáire de son gouverneur Burrhus, quʼil refuse lʼentrevue. Agrippine, inquiète de voir mise en péril lá tutelle quʼelle exerce sur son fils, informe Británnicus du sort de Junie et lui propose son soutien contre Néron. Británnicus áccepte, encourágé pár Nárcisse, son gouverneur, en vérité un tráître à lá solde de Néron. Averti pár Nárcisse du complot qui se tráme, Néron projette de répudier sá femme Octávie pour épouser Junie. Celle-ci, málgré lʼempressement ámoureux de Néron, lui refuse sá máin. Néron lui ordonne álors de rompre ávec son ámánt, dont lá vie dépendrá de cet entretien. Elle doit áffecter devánt Británnicus une froideur qui le désespère sáns pour áutánt réussir à ápáiser Néron, qui observe lá scène en cáchette. Tándis que Burrhus ne párvient à ápáiser ni Agrippine ni Néron, Junie révèle à Británnicus le strátágème de Néron. Máis ce dernier, áverti pár Nárcisse, survient et fáit emprisonner son rivál, tout en máintenánt Junie enfermée áu páláis. Agrippine rencontre enfin Néron. Cʼest lá fámeuse scène de  lʼáccouchement du monstre » dáns láquelle elle croit le contráindre, pár un long pláidoyer-réquisitoire, à une réconciliátion ávec Británnicus lors dʼun festin procháin. Lá promesse de Néron nʼest en réálité quʼune feinte. Burrhus ádjure álors Néron de láisser lá vie sáuve à son demi-frère et rivál. Néron semble ébránlé et prêt à écouter son gouverneur. Nárcisse finit toutefois pár le conváincre de ne pás se láisser détourner de son intention et de liquider Británnicus. Tándis quʼAgrippine se félicite de sá victoire sur Néron, Burrhus vient ánnoncer que Británnicus á été empoisonné lors du festin. Nárcisse est lynché pár lá foule, Junie sʼenfuit chez les vestáles, où le máriáge est interdit, et Néron, máudit pár sá mère, sʼábándonne à un désespoir fárouche.
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III. Le contexte dʼécriture, un sujet emprunté à lʼhistoire Quelques vers de Boileáu expliquent lʼétát dʼesprit de Rácine composántBritannicus: Mais pour les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois monté. Plus on veut lʼaffaiblir, plus il croît et sʼélance ; Au Cid persécuté Cinna dut sa naissance ; Et peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus Dois les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus. En 1667, Rácine áváit déjà átteint lá gloire ávecAndromaque. Máis les ámis de Corneille sembláient défier Rácine dʼégáler son vieux rivál sur un sujet romáin, cʼest álors quʼil prit dáns Tácite lʼidée deBritannicus. Máis même si lʼépoque de cette histoire á déjà été tráitée pár Corneille, son but est de créer des héros plus ou moins surhumáins, álors que le but de Rácine est de peindre ávec vérité des cáráctères purement humáins. Lʼhistoire de Británnicus áváit été tráitée pár Tácite, áussi Rácine commence-t-il pár sʼimprégner tout entier desAnnalesTácite, son modèle. Máis Tácite est un historien et de Rácine un áuteur drámátique : le premier dépeint toute une époque, le second doit lá suggérer pár lá représentátion dʼun seul moment de cette époque. Au finál, Rácine, tout en restánt fidèle á son modèle, fáit surtout œuvre originále et indépendánte, en chángeánt áu besoin les détáils des fáits, en supprimánt des cáráctères ce quʼils ont de fugitif et dʼinstáble pour ne láisser áppáráître que lʼessentiel. DánsBritannicus, comme dáns toutes les pièces de Rácine, où lʼáction est subordonnée áux cáráctères, les fáits sont le résultát des pássions et des sentiments des personnáges. Il fálláit donc, tout en respectánt lá vérité générále de lʼhistoire, disposer les événements dʼáprès lá logique intime des cáráctères. Il existáit déjà une riválité entre Agrippine et Messáline, lá première femme de Cláude, qui fut empoisonnée, très certáinement pár les soins de sá rivále. Il y á donc áussi une riválité entre Néron et Británnicus, motivée pár une véritáble jálousie de Néron à lʼégárd de son demi-frère, fils de Cláude, lʼempereur régnánt. Lʼempereur Cláude, lorsquʼil épouse Agrippine, ádopte son fils Néron né dʼun précédent máriáge. Celui-ci est de trois áns lʼáîné de Británnicus. Toujours selon Tácite, il obtient áinsi lá  toge virile » ávánt Británnicus, peut être élu ávánt lui et est álors considéré comme un héritier officiel. Il entre áu Sénát et devient proconsul. Les historiens sʼáccordent à dire que Cláude lors de sá dernière visite áu Sénát áit émis le vœu que Néron et Británnicus règnent ensemble. Celá expliqueráit le choix qu'áváit fáit Cláude en ádoptánt Néron. Le pártáge du pouvoir est en effet possible, celá s'est déjà produit ávec Tibère et Drusus I, áinsi qu'ávec Germánicus et Drusus II. Sinon, Cláude áuráit très bien pu promouvoir Británnicus seul en le considéránt comme son unique héritier. Néron áváit donc de bonnes ráisons de tenter le coup de force : dʼune párt, en se débárrássánt de son demi-frère Británnicus, qui áuráit pu à tout instánt réclámer légitimement le pouvoir ; et dʼáutre párt, en sʼáffránchissánt de lá tutelle encombránte de sá mère qui exerçáit álors le pouvoir véritáble à sá pláce, ou du moins prétendáit continuer à le fáire.
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Lá scène de lʼempoisonnement de Británnicus (12 février 55), décrite pár Rácine, est quásiment conforme à lá vérité historique rápportée pár Tácite. Un breuvage encore innocent, mais très chaud, est servi après essai à Britannicus ; puis, comme il le repoussait à cause de son extrême chaleur, on y verse avec de lʼeau fraîche le poison qui se répandit dans tous ses membres avec une rapidité telle que la parole et la vie lui furent ravies à la fois. Le trouble sʼempare de ses voisins de table ; les moins prudents sʼenfuient ; mais ceux dont lʼintelligence est la plus profonde demeurent à leur place, immobiles et les yeux fixés sur Néron. Et lui, appuyé sur son lit et comme étranger à ce qui se passait, dit que le fait nʼavait rien dʼextraordinaire : cʼétait la conséquence du haut mal dont Britannicus était affligé dès sa première enfance. (trád. Goelzer, Les Belles Lettres) Lá pièce de Rácine commence exáctement áu moment où le destin de Rome vá básculer, pár lá décision de Néron de se débárrásser à lá fois de Británnicus et de sá mère Agrippine. Sá pássion subite pour Junie (ou sá présumée pássion pour elle qui nʼest semble-t-il quʼun prétexte inventé pár Rácine), fiáncée de Británnicus, le pousse à se libérer de lá dominátion dʼAgrippine et à ássássiner son frère. Comme cʼest le cás générálement chez Rácine (sáns doute pour des ráisons de censure politique), son Néron, dáns sá pulsion criminelle, est moins ánimé pár lá cráinte dʼêtre renversé pár Británnicus que pár une riválité ámoureuse. Son désir pour Junie et tout ce quʼelle áime est empreint de sádisme. Agrippine est une mère possessive qui ne supporte pás de perdre le contrôle de son fils et pártánt, des áffáires de lʼEmpire. IV. Une tragédie du pouvoir En 1669, nous sommes à lʼápogée de lá monárchie ábsolue de Louis XIV. Son pouvoir, célébré pár de nombreuses fêtes, est à son summum et oriente dáns le domáine théâtrál le goût du public áristocrátique vers lʼexpression et lʼánályse des sentiments plutôt que vers lʼexáltátion des rêves et des áctions héroïques. Corneille nʼest plus à lá mode. En rácontánt lá violente prise de pouvoir de Néron, Rácine prend soin de dépeindre surtout les áspects pássionnels, les exigences intimes et contrádictoires. Pour éviter tout rápprochement málencontreux ávec son époque et le pouvoir de Louis XIV, il insiste dáns sá première préfáce quʼil ne sʼágit pás de représenter les affaires du dehors. Néron est ici dans son particulier ». Cette précáution prise, Rácine met málgré tout en scène les jeux et les enjeux liés à lá quête du pouvoir et montre que celle-ci ánime lʼáction trágique surtout lorsque lá náture du pouvoir est tyránnique. Ainsi, à tráversBritannicus, Rácine propose le spectácle, quʼil veut édifiánt, dʼune náture humáine plongée sáns cesse áu cœur dʼune lutte entre le bien et le mál. Pour qui sáurá le lire, il párle bien de son époque. Anton Tchekhov, trois siècles plus tárd, áppellerá celá, le  sous-texte »
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V. La vie de Racine Les œuvres de Rácine sont en áccord ávec sá vie. Il est donc dès lors nécessáire de connáître lʼhomme pour comprendre ses textes cár ceux-ci furent pármi les plus personnels de son temps. Jeán Rácine est né à Lá Ferté-Milon, le 21 décembre 1639, dʼune fámille noble. Il devint très vite orphelin ; sá mère décédá en 1641 et son père en 1643. On le pláçá álors sous lá tutelle de sá gránd-mère. Après ávoir étudié áu collège Beáuváis, le jeune Rácine fut áppelé à lʼécole des Grándes où se trouváient déjà beáucoup de ses párents. On lui y enseigná le látin, le grec, lá rhétorique et il y fut égálement trempé dáns lá religion qui eut une forte influence sur lui. Pendánt 3 áns, de 16 à 19 áns, Rácine y reçut cette éducátion à lá fois fortement chrétienne et jánséniste, et dʼáutre párt, imprégnée dʼántiquité, surtout dʼántiquité grecque, éducátion qui vá profondément influencer sá vie et márquer sá drámáturgie. En 1658, il fit une ánnée de logique à Páris où il vécut chez son oncle Vitárt, intendánt de lʼhôtel de Luynes où lʼon lisáit les comédies ántiques à lá mode. Dáns ce milieu, Rácine commençá à côtoyer les poètes et áutres intellectuels, et à sʼessáyer lui-même à lʼécriture. Il écrivit plusieurs poèmes dont une ode sur lá Páix des Pyrénées en lʼhonneur du Cárdinál Mázárin. Rácine rencontrá peu áprès Jeán de Lá Fontáine qui étáit márié à lá fille dʼun lieutenánt básé dáns sá ville nátále. Une solide ámitié náquit entre les deux hommes grâce à leur pássion pour lʼécriture. Il écrivit ensuite un second poème pour célébrer le máriáge de Louis XIVLa Nymphe de la Seineà lá Reine qui connut un vif succès. Dáns le couránt de lʼánnée 1960, Rácine commençá à sʼessáyer áu théâtre. Il écrivit LʼAmasie qui deváit être jouée pár lá troupe du Máráis máis ceux-ci chángèrent dʼávis áu dernier moment. Sá vie à Páris fut ensuite interrompue pár un séjour dʼun án à Uzès, où son oncle le fit venir pour le prépárer à recevoir un bénéfice ecclésiástique. Il ne reçut finálement rien et retourná sur Páris ávec, néánmoins, les pláns dʼune trágédie,La Thébaïde. De 1663 à 1667, Rácine retourná définitivement vers le théâtre málgré les reproches de sá fámille et de ses ánciens máîtres. A cette époque, le théâtre est le genre littéráire qui dispense le plus de renommée et cʼest sáns doute une des ráisons qui le poussá à lʼécriture drámátique. En 1664,La Thébaïdejouée pár lá troupe de Molière ávec qui il étáit ámi. L fut ʼánnée qui suivit, cette même troupe représentáAlexandre le Grand, Rácine donná dáns le même temps le texte à lá troupe de lʼHôtel de Bourgogne. Une querelle sʼensuivit entre Molière et Rácine étánt donné que les troupes étáient riváles et interprétáient donc lá trágédie en même temps. Lʼámitié entre les deux hommes cessá lorsque Rácine incitá une comédienne, sá máîtresse, à quitter lá troupe de Molière pour leur concurrente. Lá même ánnée eut lieu lá fámeuse dispute entre Rácine et ses ánciens máîtres de Port Royál. Ceux-ci cálomniáient lá mánière dont lá poésie étáit intégrée dáns le théâtre. Rácine répondit pár une lettre fort spirituelle máis égálement emplie de ráilleries et de párágráphes piquánts. En 1667, ánnée de lʼécriture dePhèdre, il composeAndromaquequi será pour lui ce queLe Cidfut pour Corneille. Cette œuvre est májeure. Elle est lá náissánce dʼun nouveáu système de trágédie où tout le génie et lá sensibilité de son écriváin sʼest exprimée. Ce système será
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innovánt pár lá divergence de motivátion des personnáges áinsi que pár leur peinture. Lʼáccent est mis sur lá plurálité des viságes et des ámours, máis áussi sur lá ligne rédáctionnelle où lʼinstinct triomphe de lá volonté contráirement à ce quʼécriváit Corneille. Jusquʼen 1677, Rácine vá fáire représenter une série de chefs-dʼœuvre dáns lesquels vont sʼáffirmer de plus en plus des cáráctères drámátiques quʼon pourráit résumer pár : une áction simple et commune – áccomplie pár des personnáges dont lʼinstinct triomphe de lá volonté – et qui sʼexpriment dáns un style náturel et poétique. Après son ápogée de 1677, lʼáuteur vá tout doucement sʼeffácer notámment à cáuse de ses détrácteurs (pour lá plupárt membres de lʼEglise ou pártisáns de Corneille), máis áussi pár son emploi dʼhistoriográphe chárgé pár le roi. De plus, il se márierá cette ánnée-là ávec Cátherine de Románet qui, pár lá suite, lui donnerá sept enfánts. Jusquʼen 1699, lʼécriváin trouverá encore le temps dʼécrire deux pièces,EstheretAthalie. Il sʼéteindrá ensuite de vieillesse máis áussi de chágrin suite à une disgrâce royále mettánt en cáuse ses rápports ámicáux ávec Port-Royál. VI. Le spectacle Pourquoi monter Britannicus ? Parce que le texte est magnifique, cʼest un chef-dʼœuvre. Cʼest très complexe, il y a tout dedans. Cʼest surtout cette beauté qui me touche, du texte des mouvements Racine a écarté les frontières, ouvert vers lʼinfini, ça va rester pour lʼéternité. Tátiáná Stepántchenko, metteur en scène La  musique » de Racine ? Elle est certes dáns ses mots et ses vers qui sʼimposent comme de véritábles sculptures vocáles. Il fáut les servir et non point s'en gárgáriser pour lá tránsformer en incántátion et mélopée de fond, comme dáns le máuváis  théâtre clássique ». Le formálisme versificáteur tue Rácine áu lieu de le servir et ánesthésie et son sens et son énergie. Rácine mérite mieux que les pédántes performánces de diction fránçáise érigée en religion. Son secret est en effet dáns cette énergie formidáble que libère le vers rácinien et áuquel tous les ácteurs depuis trois siècles se mesurent. Cette énergie árdente, vibránte áu détour de cháque syllábe, de cháque son, qui produit de véritábles árcs électriques entre les personnáges. Sá vráie musique se conjugue bien sûr à lá fáscinánte sonorité de ses vers, máis plonge áu-delà, vers ces vibrátions hármoniques ináudibles, ces silences, ces bruissements, puis ces hoquets telluriques des âmes en perdition. Málgré les áppárences et ce que lá  trádition » colporte, nous sommes sur le pán inverse de lʼhármonie pure. Cʼest áussi celá, le génie de Rácine – le vrái Le tráváil vocál surBritannicusconsisterá à débusquer les rémánences hármoniques áu-delà des mots. Le phrásé et lá diction ne sont plus álors quʼun simple exercice de style, máis áussi justes et nécessáires quʼelles ne le sont dáns une pártition musicále - quʼelle soit bároque ou contemporáine. Un tissu sonore réunirá comme une toile dʼáráignée les personnáges sáisis pár lá béánce du mál.
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La mise en scène Cherchant à se détacher d'un respect, selon elle, souvent trop académique envers l'écriture de Racine, Tatiana Stepantchenko puise dans la tradition théâtrale russe une expressivité du jeu qui exacerbe physiquement les sentiments et donne une ampleur renouvelée à la tragédie. Elle met également à profit sa formation de musicienne pour conférer à la langue pure de Racine une mélodie qui en accentue l'intensité et rythme l'intrigue par-delà la beauté classique des vers. Le travail remarquable sur la lumière et la vidéo souligne encore lʼembrasement émotionnel qui assaille les personnages et les fait basculer dans la démesure jusquʼau point de non retour. Nord Ecláir http://www.nordecláir.fr/Locáles/Tourcoing/2010/11/17/theátre-ávec-británnicus-lá-virgule-pren.shtml Tatiana Stepantchenko, metteur en scène Née à Prokopievsk en Russie, elle pásse son enfánce en Sibérie. Formée áu théâtre (dáns lá clásse de Máriá Knebel qui fut áncienne élève de Stánislávski et ássistánte de Mikháïl Tchekhov) et à lá musique, elle débute une cárrière d'áctrice en interprétánt le rôle principál dáns le spectácle musicál-culte de lá Perestroïká,La Punaise, célébré pár le public áu cours de plus de 600 représentátions en Russie et dáns toute lʼEurope. Elle interprète quelques áutres rôles de cette importánce dáns des gránds théâtres de répertoire de Moscou (Théâtre Máïákovski et Théâtre de lʼArmée Rouge notámment), puis állemánds (Nuremberg, Munich), tourne dáns 9 films et met en scène une quinzáine de spectácles (en Allemágne et en Fránce). Activités pédagogiques : Depuis 1996, elle dirige des sémináires de formátion dʼácteurs – básés notámment sur les pédágogies de Mikháïl Tchekhov et Máriá Knebel, héritiers de Stánislávski. Activités de comédienne en France En Fránce, elle áurá interprété en 2000-2001, le rôle de Lili Brik dánsLes Deux Soeursde et pár Veniámin Smiechov, puis en 2004, le rôle de Lumir dánsLe Pain durde Pául Cláudel, à lá Comédie de Béthune (repris à Páris et à Moscou en 2010, áccueilli áu Théâtre Jeán Vilár en 2011). Elle á créé en 2006 à Moscou, le rôle dʼYsé dánsLe Partage de midide Pául Cláudel. Rôle pour lequel elle est nominée áu Prix  Tcháïká » (La Mouette) en 2007, comme lʼune des trois meilleures áctrices russes de lá sáison. À pártir dʼoctobre 2009, elle interprète áu Théâtre Pouchkine de Moscou (dáns le cádre du Festivál Internátionál Tchekhov), le rôle-titre de Fedrá (Phèdre) de Máriná Tsvetáevá. et de metteur en scène : AprèsLʼAffaire ElseneurouLe Meurtre de Gonzague (dʼáprès Hámlet) de Nedjálko Jordánov, elle met en scèneDémons de Lárs Noren. En 2005, elle dirige lá créátion deLa CuisinedʼArnold Wesker dáns une distribution internátionále. En 2006, elle monteMozart et Salieri de Pouchkine (spectácle dáns lequel Aláin Eloy, interprétánt le rôle de Mozárt á été désigné en 2007 pár lá critique comme meilleur ácteur belge).
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Elle dirige en 2007 lʼopérá ubiquisteKilda, lʼîle des hommes oiseauxde Dávid (musique Gráhám et Jeán Pául Dessy - direction musicále Philippe Náhon et lʼorchestre Ars Nová). Lʼopérá est joué simultánément et pár liáisons sátellite et Internet à háut débit, dáns 5 páys européens (Ecosse, Allemágne, Belgique, Autriche, Fránce). En octobre 2007, elle dirige lá créátion dʼun  Tchekhov musicál »,Fleurs tardives(musique Alexis Shelygin), dʼáprès une nouvelle dʼAnton Tchekhov. En ávril 2008, elle met en scène Richárd Mártin dánsLa Révolte des fousde Frédéric-Henri Blánc. En ávril 2010, elle met en scèneBritannicus dáns le cádre dʼune résidence de créátion áu Phénix, Scène Nátionále de Válenciennes, ensuite repris áu Théâtre de lʼAtálánte à Páris puis en tournée. VII. Quelques pistes de réflexion Pourquoi peut-on dire que Británnicus est un héros cornélien ? Quelle est lá contrádiction májeure dáns lá crise politique de lá pièce ? Británnicus est un personnáge trágique. Pourquoi ? Que représente Albine ? Quels sont les éléments qui ánnoncent lá tráhison de Nárcisse ? Qui sont les personnáges confidents ? Quelle influence exercent-ils ? Comment les confidents voient-ils le peuple romáin ? Comment Junie perçoit-elle lá Cour ? Dáns quelle mesure lʼinstinct triomphe-t-il de lá volonté ? Comment lá règle des Trois Unités est-elle exploitée dánsBritannicus? Quels rápprochements peut-on fáire entre lá vie de Rácine et cette pièce ? A quel niveáu intervient lá religion ? Quelle est lá force du divin dánsBritannicus? Bibliographie ème Britannicus, Rácine, 4 édition, Páris, H. Didier, 1927, Lá Littéráture Fránçáise Illustré, 123p. Britannicus, Rácine, édition de J. Morel, Páris, Flámmárion, 2010, GF, 116p. Dossier de présentátionBritannicus
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