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CHAPITRE III LES CLASSES RELAIS: ÉTAT DES LIEUX

De
33 pages
CHAPITRE III : LES CLASSES RELAIS: ÉTAT DES LIEUX

  • plan de prévention et de lutte contre la violen

  • rentrée scolaire

  • classe relais

  • acuité particulière en milieu diffici

  • commission en liaison avec le groupe de pilotage

  • équivalents temps plein

  • charge par la protection judiciaire de la jeu- nesse


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CHAPITRE III:
LES CLASSES RELAIS: ÉTAT DES LIEUXLES TEXTES OFFICIELS: L’ÉVOLUTION DES CLASSES RELAIS
15Rappels chronologiques 1985-2000
C’est en 1984 à Lorient que s’ouvre la première « classe d’intégration scolaire »
située à l’intérieur d’un collège. L’année suivante à Montpellier voit le jour la
première « classe ouverte » à l’initiative de l’Éducation surveillée (appellation de
l’époque de la Protection judiciaire de la jeunesse).
1985 : première circulaire conjointe Éducation nationale-Éducation surveillée
La première circulaire conjointe Éducation nationale-Éducation surveillée du
21 août 1985 indique les objectifs de la collaboration à construire entre les
deux administrations : prévenir l’exclusion scolaire par une collaboration étroi-
te entre éducateurs, enseignants et parents, maintenir le lien scolaire en cas de
rupture momentanée afin d’effectuer une réintégration au plus tôt, définir des
modalités de soutien et de remise à niveau. La note d’orientation de l’Éducation
surveillée du 28 février 1986 insiste sur la nécessité de maintenir le lien scolaire.
À partir de 1985, s’ouvrent diverses structures expérimentales ayant la même
visée de réinsertion de jeunes pris en charge par la Protection judiciaire de la jeu-
nesse. On peut citer à titre d’exemple une classe intermédiaire à Eragny ouverte
en 1990 dont les élèves sont sous mandat PJJ.
Parallèlement, à partir du début des années quatre-vingt-dix, la violence des
jeunes et à l’école devient un thème récurrent, (émeutes de 1991, émeutes de
15. Liste des textes officiels cités: circulaire du 21 août 1985, circulaire du 8 octobre 1991, circulaire du 14 mai
1996, note technique du 24 juin 1996, circulaire du 28 octobre 1997, circulaire du 12 juin 1998, circulaire du 17 mai
1999, circulaire du 14 septembre 1999, circulaire du 4 octobre 1999, texte d’orientation du 8 juin 2000, circulaire
du 31 juillet 2000, circulaire du 4 septembre 2000, décret du 14 novembre 2000. Sources : Ministère de l’Éducation
nationale. On trouvera les derniers textes officiels consacrés aux dispositifs relais à l’adresse Internet suivante:
http://www.eduscol.education.fr/relais82 Chapitre III
1995). Les plans antiviolence se succèdent : à chaque nouveau ministre de l’É-
ducation correspond un nouveau plan.
La circulaire interministérielle Éducation nationale-Justice du 8 octobre 1991
pose comme objectif de rapprocher les deux administrations et de familiariser
les élèves avec l’institution justice dans sa fonction de protection comme dans
sa fonction de répression.
Dans les académies, remontent des demandes d’équipes enseignantes qui se
déclarent démunies devant les agissements de certains élèves perturbateurs,
pluri-exclus et absentéistes. C’est dans ce contexte que s’ouvrent des classes re-
lais et des classes SAS (structures d’accueil spécialisées). On peut citer en
exemple la classe SAS de Mantes-la-Jolie ouverte en 1992.
1995 : trente-cinq structures
En 1995, on compte trente-cinq structures, une partie seulement de ces jeunes
16étant sous mesure judiciaire . Une note adressée aux recteurs (23 avril 1996) éva-
lue à deux cents le besoin en nombre de classes sur l’ensemble du territoire.
La circulaire interministérielle Éducation nationale-Justice du 14 mai 1996 re-
lative à la coopération entre les ministères de l’Éducation nationale, de la Justi-
ce, de la Défense et de l’Intérieur pour la prévention de la violence en milieu sco-
laire, présente, à côté d’actions de prévention, différentes réponses aux
violences et incivilités qui prennent « une acuité particulière en milieu diffici-
le ». Ces actions engagent conjointement la Justice et l’Éducation nationale. Par-
mi celles-ci, « Sur le plan pédagogique, l’accueil et la scolarisation au sein de
structures expérimentales d’adolescents en voie de déscolarisation et de margi-
nalisation dans le but de les aider à trouver une solution scolaire ou préprofes-
sionnelle. Ces structures sont placées sous la responsabilité d’un collège qui peut
utilement faire appel à la collaboration de la Protection judiciaire de la jeunesse
et des collectivités territoriales ».
Une note technique du 24 juin 1996 précise que le public concerné par ces
structures expérimentales ne doit pas être confondu avec d’autres publics sco-
laires en difficulté scolaire mais qui ne sont pas en situation de rupture et de
marginalisation et pour lesquels d’autres structures existent (sections d’ensei-
gnement général professionnel adapté, classes de consolidation en sixième,
quatrième d’aide et de soutien ou de troisième d’insertion, structures pour
élèves non francophones, etc.).
1997 : plan de prévention et de lutte contre la violence
À la rentrée scolaire 1997, un plan de prévention et de lutte contre la violen-
ce est lancé dans dix sites expérimentaux répartis dans six académies : Aix-Mar-
16. Martin, E., « Des dispositifs relais pour des élèves en rupture avec l’école », in Ville, école, intégration, n° 115,
décembre 1998.Les classes relais: état des lieux 83
seille, Amiens, Créteil, Lille, Lyon et Versailles. Ce plan vise une population de
500 000 élèves et concerne 415 établissements scolaires. Les zones retenues bé-
néficient de moyens spécifiques en postes : en particulier 4 000 aides éducateurs
et 400 postes d’ATOSS (personnels administratifs, techniques, ouvriers, de ser-
vice) sont affectés dans ces académies pour mettre en œuvre ce plan. Les classes
relais sont présentées comme un élément essentiel du dispositif.
1997 : mise en œuvre de contrats locaux de sécurité
La circulaire du 28 octobre 1997 associe le ministère de l’Emploi et de la Soli-
darité, la Justice, l’Éducation nationale, la Défense et l’Intérieur. Cette circulai-
re concerne la mise en œuvre de contrats locaux de sécurité qui s’appuient sur
les conseils communaux de prévention de la délinquance pour lutter contre la
délinquance. Ces contrats s’appliquent prioritairement aux quartiers sensibles
dans lesquels des moyens supplémentaires sont affectés. Ils doivent être élabo-
rés en partenariat à partir d’un diagnostic local des situations en termes de dé-
linquance et de sentiment d’insécurité et d’une analyse des réponses apportées
pour définir des priorités et un plan d’action et les moyens engagés par chaque
partenaire. Parmi les actions prioritaires : la prévention de la violence en milieu
scolaire. « Ces contrats visent à développer une politique de proximité privilé-
giant l’éducation à la citoyenneté comme axe de la prévention. »
1997-1998 : une soixantaine de classes relais
Pour l’année 1997-1998, on compte une soixantaine de classes relais qui
17fonctionnent selon des modalités très diversifiées , chaque équipe de terrain
définissant son propre fonctionnement en raison des demandes et des res-
sources locales.
La circulaire interministérielle du 12 juin 1998 prend acte des actions déjà en-
treprises : « En créant sous diverses appellations des classes relais en collège, des
équipes de terrain motivées et dynamiques, auxquelles nous tenons à rendre
hommage, ont apporté la preuve que des solutions étaient possibles. »
Cette circulaire invite à l’ouverture de nouvelles classes relais en référence à
ces expériences. Elle définit ainsi le public de ces classes: « Il est constitué
d’élèves de collège faisant parfois l’objet d’une mesure judiciaire d’assistance
éducative, qui sont entrés dans un processus évident de rejet de l’institution sco-
laire et qui ont même souvent perdu le sens des règles de base qui organisent
leur présence et leur activité au collège. La plupart du temps, ce rejet prend la
forme de manquements graves et répétés au règlement intérieur, d’un compor-
tement marqué d’une forte agressivité vis-à-vis des autres élèves et des adultes de
la communauté scolaire, d’un absentéisme chronique non justifié, aboutissant
17. Les classes relais: réunions interacadémiques des acteurs des classes relais, novembre 1998-janvier 1999, Ministère
de l’Éducation nationale – Ministère de la Justice, p. 7.84 Chapitre III
à des exclusions temporaires ou définitives d’établissements successifs. Mais ce
désintérêt profond vis-à-vis du travail scolaire peut également se manifester
par une extrême passivité, une attitude de repli et d’autodépréciation systé-
matique, un refus de tout investissement réel et durable. » Le texte élargit donc
la définition des publics des classes relais : jeunes sous mandat PJJ déscolarisés,
jeunes scolarisés mais jugés perturbateurs; absentéistes; pluri-exclus, jeunes
manifestant un refus de tout investissement dans la scolarité.
1998 : l’organisation pédagogique et éducative des classes relais
La circulaire précise aussi l’organisation pédagogique et éducative des classes
relais.
Lieu : une classe relais est rattachée à un collège et accueille des élèves prove-
nant de plusieurs collèges du bassin de formation. Les classes sont implantées au
sein d’un collège ou dans des locaux séparés.
Durée de fréquentation : de quelques semaines à plusieurs mois sans jamais
excéder une année scolaire.
Organisation pédagogique : procéder à un bilan individualisé dès l’accueil de
l’élève. Ce bilan est établi par l’équipe responsable de la classe relais en associant
l’équipe pédagogique et éducative du collège d’origine et le centre d’informa-
tion et d’orientation du collège de rattachement. Établir un emploi du temps au
cas par cas, évolutif. Progressivement, rapprocher l’emploi du temps d’un em-
ploi du temps habituel du collégien. Associer périodes de travail individualisées
et apprentissages collectifs. Opérer des regroupements d’élèves pour limiter
l’hétérogénéité. Faire participer les familles à la vie de la classe relais.
Il est souhaité que l’équipe responsable de la classe relais soit fondée sur le vo-
lontariat et mixte (composée d’enseignants et d’éducateurs) et que les ensei-
gnants aient une expérience d’enseignement auprès des publics en difficulté.
Pour un nombre de dix à douze jeunes présents simultanément, l’encadrement
devra correspondre à deux équivalents temps plein. Il est recommandé que les
équipes responsables de classe relais soient accompagnées par « un spécialiste
des questions d’adolescence ».
Il sera fait appel à des aides éducateurs pour des activités périscolaires ou
hors temps scolaire.
Le pilotage des classes relais est assuré par des groupes départementaux de pi-
lotage pluricatégoriels sous la responsabilité de l’inspecteur d’académie. Les
équipes d’encadrement des classes relais participent à ces groupes de pilotage.
La décision d’admission d’un jeune en classe relais est prise par l’inspecteur
d’académie, ou bien à la suite d’un signalement par un chef d’établissement, ou
bien à la suite de signalement des services sociaux ou de la PJJ. Le dossier du jeu-
ne est instruit par une commission en liaison avec le groupe de pilotage. La dé-
cision de sortie de la classe relais obéit aux mêmes procédures.Les classes relais: état des lieux 85
En 1998, trente-deux éducateurs de la PJJ assurent un suivi des classes relais.
Sont recensés quatre-vingt-dix-huit classes relais ou dispositifs d’accueil
d’élèves en voie de marginalisation scolaire. Dans sa conférence de presse du
11 février 1999, le ministre annonce la création de trente internats relais pour
l’année 2000. L’objectif de 250 classes relais est annoncé pour 1999-2000. La
même année, paraît le programme « Nouvelles chances ».
1999 : le programme « Nouvelles chances »
La circulaire du 17 mai 1999 présente le programme « Nouvelles chances ».
Ce programme concerne les « nouvelles chances à offrir aux jeunes qui in-
terrompent prématurément leur formation et se trouvent ensuite en grand
danger d’exclusion sociale et professionnelle ».
La circulaire évoque les classes relais dans la palette des dispositifs possibles
pour prévenir les ruptures au collège et insiste sur le caractère transitoire du sé-
jour en classe relais : « Les classes relais ne sont pas des filières de relégation ; elles
ont comme objectif de recréer par un accueil spécifique temporaire les condi-
tions d’une réinsertion scolaire progressive. »
Le texte évoque la mise en place de six « projets pilotes » qui viseront à
« créer des centres d’accueil pour les jeunes de onze à quinze ans non scolarisés,
à les repérer et à les suivre, à les rescolariser progressivement. »
Septembre 1999 : un plan de développement des dispositifs relais
La circulaire de rentrée du 14 septembre 1999 annonce un important plan de
développement des dispositifs relais (classes et internats): « 250 classes relais
vont fonctionner au cours de l’année 2000 et, grâce à l’ouverture d’internats,
notamment urbains, le dispositif va se diversifier pour s’adapter aux besoins,
permettant d’accueillir près de 5 000 jeunes au cours de l’année scolaire. »
Le texte rappelle le fonctionnement des classes relais : « Elles proposent une
pédagogie différenciée, des parcours individualisés qui peuvent être fondés sur
l’alternance, un encadrement pédagogique et éducatif renforcé combinant les
compétences d’enseignants et d’éducateurs, en relation étroite avec les per-
sonnels sociaux et de santé. Toujours rattachées à un collège, elles ne sont pas
nécessairement situées dans les locaux de celui-ci. »
Le rôle des internats relais est défini: « Ils permettent l’accueil dans un
contexte éducatif favorable de jeunes qui connaissent des difficultés sociales ou
familiales pouvant les conduire à la déscolarisation ou à la violence : ils sont as-
sociés à une classe relais ou ils accueillent en semaine des jeunes qui poursuivent
leur scolarité dans leur collège. Ils s’appuient sur un partenariat avec la Protec-
tion judiciaire de la jeunesse, les collectivités territoriales (conseils généraux et
communes), le tissu associatif de proximité et les familles. »86 Chapitre III
Octobre 1999 : quelques précisions
La circulaire du 4 octobre 1999 complète et précise la circulaire du 12 juin
1998. Le texte rappelle que « la souplesse et la diversité des modalités d’accueil
et de fonctionnement des dispositifs sont des gages d’efficacité et que les classes
relais sont des lieux d’innovation qui doivent faciliter l’évolution des pratiques
dans le système éducatif. »
Il est indiqué que, dans le cadre de l’éducation à l’orientation, les élèves ins-
crits dans un dispositif relais peuvent participer à des visites d’information et des
séquences d’observation en milieu professionnel et également recevoir, au
cours des deux dernières années de scolarité obligatoire, une formation de type
alterné comportant des stages en milieu professionnel.
Février 2000 : cent cinquante classes relais accueillent trois mille élèves
En février 2000, on compte environ cent cinquante classes relais qui ac-
cueillent trois mille élèves pour une durée variant d’un mois à une année sco-
18laire au maximum . Les classes relais font partie des mesures phare de la
deuxième phase du plan de lutte contre la violence à l’école. Deux cent cin-
quante sont budgétisées en 2000.
Juin 2000 : pilotage et accompagnement des dispositifs relais
La circulaire du 8 juin 2000 concerne le pilotage et l’accompagnement des
dispositifs relais. Désormais, derrière l’expression « dispositifs relais », sont re-
groupés les classes relais et les internats relais, associés ou non à une admission
en classe relais.
La circulaire définit les fonctions et missions des correspondants acadé-
miques des dispositifs relais. Les correspondants académiques ont pour mission
d’assurer le suivi, l’accompagnement et la coordination des dispositifs relais,
d’organiser des échanges entre les acteurs des dispositifs et de mettre en place
des formations pour les éducateurs des dispositifs relais.
Elle apporte des précisions sur le pilotage départemental des dispositifs relais
en rappelant en particulier que l’admission en dispositif relais doit être pro-
noncée par l’inspecteur d’académie sur proposition du groupe de pilotage sous
réserve de l’accord de l’élève et du consentement de sa famille ou de son repré-
sentant légal et qu’en aucun cas les principaux de collège ne peuvent procéder
seuls à cette admission.
Parmi les missions du groupe départemental : veiller à la cohérence et à la qua-
lité des projets pédagogiques des dispositifs relais, susciter chez les personnels
enseignants et éducatifs des candidatures à l’exercice de fonctions dans les dis-
positifs relais.
18. « Les classes relais, une réponse alternative pour collégiens en perdition », in Le Monde, 21 février 2000, p. 8.Les classes relais: état des lieux 87
Les personnels permanents de ces dispositifs sont recrutés sur des postes à
profil, en fonction de leurs compétences ainsi que de leur capacité à travailler en
équipe pluriprofessionnelle.
Juillet 2000 : la relance des internats scolaires
La circulaire du 31 juillet 2000 relance les internats scolaires et distingue
entre internat ordinaire et internat relais.
Le texte rappelle que l’internat, qui de nos jours est largement tombé en dé-
suétude, a longtemps favorisé la scolarité des enfants de milieux populaires. Il
existerait aujourd’hui une demande de la part des jeunes et des familles de sco-
larités en internat. Le texte définit ainsi cette demande : « Le choix éducatif qui
conduit un jeune collégien à l’internat doit être entendu comme un choix po-
sitif, quelle qu’en soit l’origine : désir de faire sa scolarité dans des conditions de
travail favorables, nécessité de trouver ou de retrouver un cadre de vie et de tra-
vail stable, difficulté familiale ou sociale rendant souhaitable un éloignement
momentané, etc. » La vocation de ces internats est nettement distinguée de cel-
le des internats relais. À ce propos, il est précisé : « Il s’agit là d’un objectif diffé-
rent de celui des internats relais. Ceux-ci sont destinés à accueillir des jeunes qui
connaissent des difficultés pouvant les conduire à la déscolarisation ou à la
violence. Ces jeunes sont susceptibles de présenter des problèmes de compor-
tement et certains peuvent bénéficier de mesures éducatives. La présence de
quelques-uns d’entre eux dans un internat ordinaire peut leur être bénéfique,
mais ils ne sauraient y être accueillis en nombre sans que l’on se soit assuré de la
collaboration effective de personnels éducatifs spécialisés. C’est d’ailleurs pour-
quoi ces internats relais sont créés en collaboration avec la Protection judiciai-
re de la jeunesse et les conseils généraux qui disposent de personnels ayant les
compétences nécessaires. »
En fait, les chiffres annoncés l’année précédente pour les internats relais
sont revus à la baisse en même temps que se dessine la politique de relance de
l’internat scolaire : en février 2001 deux internats fonctionnent.
Au premier septembre 2000, l’intervention des personnels de la Protection ju-
diciaire de la jeunesse est estimée à soixante-quatre équivalents plein-temps. La
participation d’éducateurs des services des conseils généraux ou d’éducateurs re-
crutés sur une subvention du conseil général ou de la politique de la ville est es-
timée à vingt-cinq équivalents plein-temps.
Rentrée 2000 : un soutien pour les équipes des dispositifs relais
La circulaire du 4 septembre 2000 concerne le soutien aux dispositifs relais
(classes et internats) par les centres médicaux et médico-psycho-pédagogiques
(CMP et CMPP).
Le texte précise à nouveau quel est le profil des élèves admis dans les disposi-88 Chapitre III
tifs relais. « La quasi-totalité des élèves admis dans une classe relais le sont à cau-
se de problèmes d’absentéisme, d’incivilités, de refus scolaire, de démotiva-
tion dans les apprentissages. Plus de la moitié d’entre eux relèvent d’une mesu-
re judiciaire ou administrative. »
La circulaire reconnaît la nécessité d’un soutien pour les équipes en charge de
ces dispositifs car « elles sont en effet quotidiennement mises en difficulté par
des comportements agressifs ou violents, des conduites autodestructrices des
élèves qui vivent souvent des situations psychiques, familiales et sociales très
complexes. Ce soutien doit permettre aux équipes d’engager une réflexion
commune et distanciée sur les événements qui ont pu les affecter, de procéder à
une analyse des situations qu’elles rencontrent dans leurs pratiques en direction
des élèves, de bénéficier d’un soutien dans les moments de crise. »
Dans sa conférence de presse de la rentrée scolaire 2000, le ministre annonce
que les dispositifs relais seront développés et rend hommage au « travail souvent
extraordinaire des enseignants véritablement militants qui travaillent dans ces
petites structures ». Le 24 octobre 2000, les dispositifs relais sont présentés dans
le dossier du Comité national de lutte contre la violence, comme un des élé-
ments essentiels à la réflexion sur la lutte contre la violence en milieu scolaire.
Novembre 2000 : des indemnités sont allouées aux personnels
Le décret du 14 novembre 2000 (publié au Journal officiel de la République
française du 16 novembre 2000) alloue aux professeurs des écoles et institu-
teurs exerçant en classe relais relevant d’un collège l’indemnité spéciale attri-
buée aux instituteurs et professeurs des écoles affectés dans les écoles régio-
nales d’enseignement adapté (EREA), les sections d’enseignement général et
professionnel adapté (SEGPA) et au Centre national d’enseignement à distance
(CNED), ainsi qu’aux directeurs adjoints chargés de SEGPA, (taux annuel au
er1 décembre: 9420 F). Les instituteurs et professeurs des écoles bénéficient
ersoit de l’indemnité de fonctions particulières (taux annuel au 1 décembre
2000 : 5 043 F), soit d’une bonification indiciaire de quinze points.
Les enseignants du second degré assurant leur service en classe relais ou dans
d’autres classes destinées à des élèves déficients ou inadaptés, peuvent quant à
eux, bénéficier d’une indemnité forfaitaire pour sujétion spéciale d’un montant
annuel de 3 033 F et versée au prorata du temps d’enseignement en classe relais.
Les classes relais faisant partie intégrante des dispositifs de scolarisation du col-
lège, les enseignants qui y enseignent peuvent donc percevoir l’indemnité de
suivi et d’orientation (taux annuel : 7 248 F).
Par ailleurs les enseignants, qu’ils soient du premier ou du second degré, bé-
néficient, dès lors qu’ils exercent dans un établissement situé en réseau (REP) ou
en zone d’éducation prioritaire (ZEP), de l’indemnité de sujétion spéciale ZEP
er(taux annuel au 1 décembre 2000 : 6 984 F).LES ÉLÈVES DES DISPOSITIFS RELAIS ET LEUR DEVENIR
Les élèves des dispositifs relais ont fait l’objet d’enquêtes menées par le
Centre Alain-Savary (Institut national de recherche pédagogique) et par la di-
rection de la Programmation et du Développement (DPD du ministère de l’É-
19ducation nationale) ainsi que de recherches qualitatives . Ces enquêtes four-
nissent des aperçus sur le recrutement des élèves, leur profil et leur devenir.
Le recrutement et le profil des élèves des dispositifs relais
C’est à la suite d’une procédure d’admission conduite sous la responsabilité
théorique du groupe de pilotage constitué par l’inspecteur d’académie, que le
dispositif relais reçoit un jeune, sous réserve de son accord et de celui de sa fa-
mille. Dans les faits, d’après l’enquête de la DPD, « Il semblerait qu’actuellement
les équipes éducatives aient souvent à prendre des décisions d’admission sans
19. ENQUÊTES DU CENTRE ALAIN-SAVARY :
– Martin, E., Recueil de données sur les classes relais, Paris, Centre Alain-Savary – INRP, 1997, 127 p.
– Bazart, D., Bonnery, S., Martin, E., Les élèves des dispositifs relais, Enquête réalisée par le Centre Alain-Savary, à la
demande du ministère de l’Éducation nationale, auprès de jeunes ayant été scolarisés dans des dispositifs relais en
1997-1998, et analyse de cinquante entretiens avec des jeunes des dispositifs, Paris, Ministère de la Justice –
Ministère de l’Éducation nationale, n. d., 44 p.
– Martin, E., Les élèves scolarisés dans un dispositif relais en 1998-1999 : Que sont-ils devenus un an après ? Enquête réa-
lisée par le Centre Alain-Savary à la demande du ministère de l’Éducation nationale, Paris, Ministère de l’Éducation
nationale – Ministère de la Justice, 2000, 7 p.
ENQUÊTES DE LA DEP :
– Alluin, F., Benhaïm, J., Les classes relais 1999, collection « Les Dossiers », n° 116, juillet 2000, 84 p. Enquête par
questionnaires auprès des quatre-vingt-dix-huit classes relais répertoriées en 1999.., Benhaïm, J., « Les classes relais », in Note d’information, n° 00.28, septembre 2000, Ministère de l’Édu-
cation nationale.
RECHERCHE DE L’UNIVERSITÉ PARIS-X-NANTERRE :
– Pain, J. et al., op. cit.
Voir également la recherche-action commanditée par le rectorat de l’académie d’Amiens associant des classes
relais et une équipe du laboratoire de recherches en analyse institutionnelle, sous la direction de Gilles Monceau,
de l’université Paris-VIII; les comptes rendus sont disponibles sur le site Internet de l’académie d’Amiens:
http//www.ac-amiens.fr