Cours 1 : Cest quoi la littérature
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Description

Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la
Recherche Scientifique
École Normale Supérieure des Lettres
et Sciences Humaines
de Bouzaréah
Université de la Formation Continue
Programme de deuxième année
Module : Étude des genres I
Concepteur : Mr. BOUALILI Ahmed
Année universitaire : 2006-2007
1 Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr

Sommaire


– Cours 1 : Qu’est-ce que la littérature ?
– Cours 2 : Les genres
– Cours 3 : Les formes brèves : la maxime
– Cours 4 : Les formes brèves : le proverbe
– Cours 5 : Les formes brèves : l'épigramme
– Cours 6 : Les formes brèves : la gnômè
– Cours 7 : Les formes brèves : la sentence
– Cours 8 : le conte
2 Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr
Avant-propos
Le présent module est constitué comme *signalé de huit (8) cours. Il s’agit de retracer
pour tenter de les comprendre les formes dites « brèves » ou « simples ». Cette taxinomie ne
répond pas, à proprement dit, à une logique objective. En effet, le classement en genre mineur
et majeur dépend surtout de critères subjectifs. Ces critères seront abordés dans le deuxième
cours après la prise de connaissance de la définition de la littérature dans le premier cours.
Dans les cours 3, 4, 5, 6 et 7, nous aborderons quelques formes brèves à savoir
respectivement la maxime, le proverbe, l’épigramme, la gnômè et la sentence. Les ...

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Langue Français

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Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
 
École Normale Supérieure des Lettres
et Sciences Humaines
de Bouzaréah 
Université de la Formation Continue
Programme de deuxième année
Module : Étude des genres I
Concepteur : Mr. BOUALILI Ahmed
Année universitaire : 2006-2007
1
Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah
 Sommaire   
– Cours 1 :Qu’est-ce que la littérature ?
– Cours 2 :Les genres 
– Cours 3 :Les formes brèves : la maxime 
– Cours 4 :Les formes brèves : le proverbe 
– Cours 5 :Les formes brèves : l'épigramme 
– Cours 6 :Les formes brèves : la gnômè 
– Cours 7 :Les formes brèves : la sentence 
– Cours 8 :l e conte 
 
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boualili99@yahoo.fr
Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr
Avant-propos
Le présent module est constitué comme *signalé de huit (8) cours. Il s’agit de retracer pour tenter de les comprendre les formes dites « brèves » ou « simples ». Cette taxinomie ne répond pas, à proprement dit, à une logique objective. En effet, le classement en genre mineur et majeur dépend surtout de critères subjectifs. Ces critères seront abordés dans le deuxième cours après la prise de connaissance de la définition de la littérature dans le premier cours.
Dans les cours 3, 4, 5, 6 et 7, nous aborderons quelques formes brèves à savoir respectivement la maxime, le proverbe, l’épigramme, la gnômè et la sentence. Les deux premières attireront particulièrement notre attention dans la mesure où l’étudiant pourra acquérir les mécanismes de leur analyse et tenter de les appliquer à ses expériences personnelles. D’ailleurs, il sera constamment sollicité pour réaliser des exercices à même d’asseoir ces concepts théoriques.
Enfin, dans les derniers cours et pas des moindres, le conte sera étudier à travers deux approches : formaliste et psychanalytique. La première ne sera revisitée que pour rappeler à l’étudiant les fonctions de Propp susceptibles d’être déjà étudiées. Dans le cas échéant, un exercice d’appLication est proposé. La deuxième va constituer un bouleversement dans l’étude du conte dans la mesure où elle fait appel à la psychanalyse, discipline inconnue auprès de nos étudiants. Nous donnerons donc tous les outils nécessaires à ce type d’analyse qui fait sortir l’étudiant des sentiers battus de l’analyse structuraliste bridée et bridante.
 
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Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr
 Cours 1 : Qu’est-ce que la littérature ? Le sens du mot « littérature » est passé par plusieurs étapes pour arriver au sens que nous connaissons aujourd’hui. Son évolution va des connaissances de celui qui sait lire — surtout le clerc, au Moyen Age — à celles de l’ humaniste au XVI ème siècle. En effet, le mot littérature, du latin litteratura, a signifié tantôt « écriture », tantôt « grammaire, art du langage » ou encore « ensemble des lettres, alphabet ». Son sens tend aussi vers « connaissance réglée, érudition ». Enfin, littérature distingue langue savante par rapport au vulgaire. Jusqu’au XVIIème siècle le mot littérature est souvent rattaché à la lecture ou à la connaissance. Ainsi, quand Descartes écrit, dans leDiscours de la méthode, qu’il a été «nourri aux lettres dès[son]enfance» et que La Bruyère décrit les gens «d’un bel esprit et d’une agréable littérature», il s’agit, en fait, de « lectures », surtout de nature didactique. La valeur de « littérature » et de « littéraire » va changer au cours du XVIIème siècle. Elle vise non plus les lecteurs cultivés mais les écrivants. Vers le milieu du XVIIème siècle, « littérature » se met à désigner non plus un savoir, non plus des personnes, mais bien des textes (le sens est toujours utilisé dans par exemple « littérature linguistique ») et se précise en se limitant aux « ouvrages de l’esprit » (Sainte-Beuve) et en excluant les textes scientifiques et techniques (Voltaire,nnaire Dictio philosophique). La grande mutation du terme est celle qui fait passer le signifié majeur du mot littérature à activité créatrice. Elle fait passer le mot du point de vue du consommateur à celui du producteur et en même temps de la dominante « information, contenu assimilable et facteur de culture chez le lecteur » à la dominante « esthétique ». (évolution du mot « art » sous l’influence hégélienne 1830-1850). Aux XIXème et XXème siècles, « littérature » est souvent employée pour désigner les œuvres et leur production, l’ensemble des producteurs (écrivains) et leurs activités. Plus récemment, en français, « faire la littérature » équivaut, selon les contextes, à écrire, par exemple des romans, ou à être critique, à enseigner… Mais cette extension ne modifie pas la notion centrale. En revanche, une importante déviation extensive (vers les années 1930) fait passer outre l’étymologie le mot « littérature » pour inclure dans le concept
 
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Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr tous les usages esthétiques du langage, fussent-ils étrangers à la « lettre ». C’est ainsi que l’on peut, sans pour autant être accusé d’incohérence, parler de « littérature orale ». On remarque dans cette évolution un processus d’exclusion des autres « littératures » ayant permis l’émergence de littératures marginales, populaires, de paralittératures, d’infralittératures, etc. Cela montre que les spécifications objectives, les taxinomies génériques, culturelles sont parasitées par des hiérarchies dont les critères sont souvent niés. Synthèse
 Moyen-Age Début du Milieu du XIXème et Récemment XVIIème XXème Et XVII ème Renaissance siècle siècle siècles
LittératureÉcriture, Lecture Textes Activité Écrire, grammaire, art créatrice, être critique, du langage, œuvres et leur enseigner  ensemble des production, lettres, l’ensemble des alphabet, producteurs connaissance (écrivains) et réglée, leurs activités érudition.
Pour aller plus loin : Réfléchir à l’influence de Hegel sur l’évolution de la littérature au XIXème siècle.
 
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Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr  Cours 2 : Les genres Introduction Selon le Dictionnaire des littératures de langue française, dans son édition de 1987, le genre est «une catégorie qui permet de réunir, selon des critères divers, un certain nombre de textes.est déterminé à travers le format, le titre, le» Dans le cas du texte écrit, le genre sous-titre, l’arrangement typographique de la page. Toutefois, ces critères ne sont pas souvent déterminants (poèmes en prose, calligrammes, etc.) Le nombre de critères varie d’un genre à l’autre : l’épopée est sans doute le genre le plus sévèrement réglementé ; par contre, le roman, « l’épopée en prose », est le genre le plus libre. D’une manière générale, on peut constater que les critères sont plus nombreux et plus stricts pour les genres oraux et les genres populaires (oraison funèbre, conte de fées, roman policier) que pour les genres écrits, savants (essais, élégie). L’histoire des genres littéraires est celle de la mise en place puis de la transgression progressive des critères qui sont censés les spécifier. La transgression a eu lieu, grosso modo, en trois étapes :
1. La parodie Elle ne met en cause que la moitié, bien équilibrée, des critères (poésie burlesque, épopée héroï-comique) qui permet de rester à l’intérieur du système traditionnel global. Celui-ci a connu, depuis toujours, la mise en contraste des genres (haut/bas, noble/vulgaire, tragique/comique). 
2. Procédé de mélange Ce procédé tend à supprimer certains critères en les refondant. Il permet de contrecarrer toute tentative de « mise en contraste » (le drame, genre unique, prenant la relève des genres contrastés que sont la tragédie et la comédie) ce qui modifie considérablement, sans cependant l’abolir, le système traditionnel.
 
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Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr 3. Dépassement de la problématique des genres Cette révolution est initiée par les mouvements avant-gardistes du XXème siècle (le surréalisme, le nouveau roman, etc.) Ceux-là ont refusé toute tentative de classement et de subdivision. Classements et critères
1. La perspective historique De nombreux critiques, d’Aristote à nos jours, ont élaboré des classements plus ou moins identiques des genres littéraires. Ce qui a changé, c’est la justification théorique des classements.
Le classicisme Celui-ci a apporté dans l’ensemble une légitimation d’ordre rhétorique : les genres sont différents de manière « rétroactive », à partir du public envisagé et de l’effet qu’il s’agit d’obtenir. Les critères rhétoriques sont des critères psychologiques, sociologiques et idéologiques. L’effet produit par la tragédie (la catharsis), par exemple, fait partie des critères constitutifs du genre. Hobbes introduit un critère sociologique — fortem ent hiérarchisé — lorsqu’il assigne aux trois types possibles de communauté sociale trois genres : héroïque, comique et pastoral.
L’esprit baroque Pendant la période dite baroque, certains théoriciens ont cherché à rattacher tous les genres littéraires, sans exception, aux traditions épidictiques de l’éloge qui relève de la rhétorique. George Puttenham distingue en 1589 : 1) le genre de l’éloge des dieux, l’hymne ; 2) les genres permettant de faire l’éloge du prince (épopée, romance, épithalame, etc.) ou de le blâmer (tragédie) ; 3) les genres permettant de faire l’éloge du bourgeois (epigramma) ou de le blâmer (satire, comédie).
Le romantisme Il a rattaché le problème des genres à une conception particulière de l’histoire, à une philosophie de l’histoire qui assigne à chacun des grands genres lyrique, épique et dramatique
 
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une période de l’humanité, ainsi qu’une vision métaphysique (Hegel, Hugo). En revanche, le déterminisme scientifique du XIXème siècle finissant privilégie une perspective évolutionniste (Darwin) et comme la biologie, s’intéresse à la naissance et à la décadence des formes (Brunetière). Le XXème siècle voit d’abord une mise à mort de la notion de genre (Croce), puis une tentative massive de « réhabilitation » (les formalistes russes).
2. Les hiérarchies Au-delà des classements consacrant la supériorité d’un genre sur l’autre, on peut parler, à propos des genres littéraires, d’une hiérarchie de trois niveaux au moins. 1)classements qui mettent en évidence deux types de distinction. La On parlera de distinction vers/prose, qui, étant un critère strictement formel, n’est guère utilisée aujourd’hui, correspond cependant à une réalité à l’époque classique. En effet, le vers est supérieur, plus noble que la prose. L’autre distinction qu’il faut mentionner est celle des catégories lyrique, épique et dramatique. A ce niveau, on parle plutôt de catégories et de classes que de genres. 2) terme « genre » est réservé au deuxième niveau des hiérarchies. Il désigne, en Le fait, les subdivisions de la triade lyrique, épique et dramatique. Dans la catégorie dramatique, on trouvera la tragédie, la comédie et le drame ; dans la catégorie épique, les genres épopée, roman et nouvelle ; dans la catégorie lyrique, enfin, les genres hymne1, ode, élégie2. Les critères de distinction sont souvent d’ordre sociopsychologique (le contexte social détermine une attente). La littérature populaire peut aussi dépendre de cette hiérarchisation. Ainsi la chanson est-elle un genre lyrique, la ballade un genre dramatique, le conte de fées un genre épique. On peut signaler que le roman, négligé pendant des siècles par la critique officielle, est en train, depuis le XIXème siècle, de devenir, selon les termes de Bakhtine, un genre « omnivore ». En effet, il envahit triomphalement la littérature et en chasse les autres genres.                                                  
1vers d’un héros, sous forme épique ou lyrique.Glorification en 2Chant de deuil empreint de sentiments mélancoliques.
 
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3) bas de la hiérarchie, on retrouve les sous-genres qui dépendent surtout d’une En subdivision historique, voire géographique. Ainsi distingue-t-on le sonnet de la Renaissance, la tragédie grecque, etc. Le nombre de sous-genres est difficile à préciser, et certains critiques font de l’excès de zèle et mentionnent des « sous-sous-genres » (le sonnet amoureux de la Renaissance, etc.)
Nous constatons dans la civilisation moderne la disparition de bon nombre de genres littéraires strictement codifiés et la permanence de formes de discours non moins rigoureusement réglementées. Les genres littéraires s’effacent car la littérature ne fonctionne plus dans la collectivité (pourquoi ?) et l’art se proclame « inutile » (Th. Gautier) ou « autonome » (la critique moderne), ayant uniquement une valeur de snobisme, de « distinction » sociale (Bourdieu).
La disparition des genres est à lier, peut-être, à leur aspect traditionnel. Certains genres ne correspondent plus aux exigences (psychiques, sociales, métaphysique) de la société contemporaine. L’homme moderne ne vit plus dans un monde aussi réglementé et aussi hiérarchisé que l’homme des siècles passés.
Pour aller plus loin :
Pourquoi la littérature ne fonctionne-t-elle plus en collectivité ?
 
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Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr  Cours 3 : Les formes brèves : la maxime Introduction Il s’agit de recenser et de dégager un modèle d’analyse de ce qui est appelé formes brèves. Ce concept englobe aussi bien les formes comportant une phrase que celles représentées par des textes plus ou moins longs. Dans un premier temps, nous aurons à étudier les proverbes et les maximes qui constituent la manifestation d’une pensée et d’une sagesse populaire ou d’origine cultivée. Leur étude ne saurait se limiter à une analyse formelle mais toucherait également à leur usage, non seulement, quotidien, mais littéraire aussi, c’est-à-dire l’intégration de ces formes dans un genre littéraire « long » comme le roman. Dans un deuxième temps, nous aborderons quelques formes dites « simples », celles qui « procèdent d’un travail du langage lui-même, sans intervention, pour ainsi dire, d’un poète »3. Parmi ces formes nous trouvons la légende, le mythe, la devinette, le conte, etc. Deux formes retiendront notre attention, à savoir le conte et la fable.
1. Essai de définition Comme la littérature, les objets la constituant sont un casse-tête définitionnel. Les formes brèves, ne faisant pas exception, sont approximativement définies. Ainsi, au Moyen Age, on ne distinguait pas le proverbe de la sentence. A la Renaissance, le problème se posait avec acuité et il est vain de chercher des définitions rigoureuses et cohérentes des formes brèves. La Rochefoucauld parle de sentences et maximes, La Bruyère de caractères. Initialement, la maxime était lamaxima sententia, c’est-à-dire la sentence la plus grande. Terme juridique, la maxime est «un axiome du droit envers lequel aucune objection n’est possible.» La Bruyère définit les maximes comme «des lois dans la morale.» Par définition, la maxime se veut affirmation générale et incontestée, précepte ou règle de vie C’est la maxime qui fait les grands hommes », Bossuet).
                                                 3Einfache Formen (1930) :Formes simples, Le Seuil, 1972, p.18.
 
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Étude des genres I Boualili Ahmed/ENS Bouzaréah boualili99@yahoo.fr Par la suite, maxime, règle de vie d’une valeur absolue, a acquis une valeur universelle et générale et est liée à un savoir. Elle est parole emblématique, signe d’appartenance à une communauté de doctes et de croyants, d’allégeance à une morale, surtout humaniste. La maxime n’est pas une forme simple. Si la sagesse populaire, exprimée en dictons, offre des messages simples, affirmant soit une norme, soit un constat, la maxime associe à l’intention didactique une forme complexe, voire paradoxale qui peut rendre le message problématique ou même obscur. Elle sollicite les ressources du langage (prosodie, métrique, figures stylistiques, effet de symétrie ou de fermeture) à l’appui de la force et de l’évidence d’une pensée. A cet effet, La Rochefoucauld4 orienté l’écriture des maximes vers la a recherche de l’effet de surprise, du paradoxe et même de la provocation. La forme de la maxime est ainsi souvent critiquée. Pour Chamfort, « Le paresseux et l’homme médiocre […] d onnent à la Maxime une généralité que l’Auteur, à moins qu’il ne soit lui-même médiocre […], n ’a pas prétendu lui donner. L’homme supérieur saisit tout d’un coup les ressemblances, les différences qui font que la Maxime est plus ou moins applicable à tel ou tel cas, ou ne l’est pas du tout.» Chef-d’œuvre d’une société, la maxime devient un art complexe usant de la généralisation (toujours, jamais, nous, l’homme, le monde et non je, tel, quelques-uns), de l’association piquante du moral et du physique (« la flatterie est une fausse monnaie qui n’a de cours que par notre vanité », Maxime 158 ; « L’amour aussi bien que le feu ne peut subsister sans un mouvement perpétuel », Maxime 125). La maxime aime à rapprocher les contraires, car plus les termes sont éloignés, et plus le rapprochement est significatif (« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement », Max. 26; « L’esprit nous sert quelquefois à faire hardiment des sottises », Max.415). Parfois, on répète un mot dont on varie les constructions ou on rapproche des mots de même racine ou de même son (« La constance en amour est une inconstance perpétuelle », Max.175 ; « L’amour de la justice n’est que la crainte de l’injustice », Max.128). Les adjectifs, les constructions symétriques (« Les femmes qui aiment pardonnent plus aisément les grandes indiscrétions que les petites infidélités », Max.429) participent de cette recherche au niveau de la langue.
                                                 4Toutes les maximes qui seront étudiées ici sont extraites de l’ouvrage référence de La Rochefoucauld, François VI (1665) :Réflexions ou sentences et maximes morales, Claude Barbin, Paris.
 
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