De Seurat à Matisse
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De Seurat à Matisse

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Description

  • leçon - matière potentielle : des impressionnistes
  • cours - matière potentielle : l' année
  • exposé
Musée MarMot tan Monet P A R I S Musée Marmottan Monet Dossier de presse – Septembre 2011 20 octobre 2011 – 19 février 2012 Relations avec la presse Agence Catherine Dantan Cathia Chabre 7, rue Charles V – 75004 Paris Tél. : 01 40 21 05 15 De Seurat à Matisse et le néo-impressionnisme CrossHenri Edmond
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  • recherche d'harmonie
  • continuité des recherches menées par le chef de file de l'impressionnisme
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Musée Marmottan Monet
Dossier de presse – Septembre 2011
Henri Edmond
Cross
et le néo-impressionnime
De Seurat à Matisse
20 octobre 2011 – 19 février 2012
Relations avec la presse
Agence Catherine Dantan
Cathia Chabre
7, rue Charles V – 75004 Paris
Tél. : 01 40 21 05 15
cathia@catherine-dantan.fr
www.catherine-dantan.fr
M M M M
P ARISSommaire u
P.03 Communiqué de presse
P.04 Avant-propos de Jacques Taddei,
directeur du musée Marmottan Monet
P.06 Parcours de l’exposition
P.08 Seurat et les origines du néo-impressionnisme
par Claire Maingon
P.10 À la recherche d’harmonie
par Françoise Baligand
P.11 Matisse et Cross, une amitié de peintres
par Dominique Szymusiak
P.12 Henri Edmond Cross
Repères biographiques
P.18 Visuels disponibles pour la presse
P.20 Catalogue de l’exposition
P.21 Exposition du Cateau-Cambrésis
P.22 Informations pratiques
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011communiqué de presse u
Le musée Marmottan Monet présente du 20 octobre 2011 au 19 février 2012 une exposition
p.3 intitulée «  H enri Edmond Cross et le néo-impressionnisme. De Seurat à M atisse  ».
Cette exposition suit l’évolution chronologique de l’œuvre d’Henri Edmond
Cross (1856 – 1910) et la confronte à celle des autres néo-impressionnistes. Elle met en
évidence les liens tissés par le peintre, des années parisiennes durant lesquelles il côtoie
Seurat, Signac et les premiers « néo » jusqu’aux années 1892-1910 lorsque Cross s’établit
à Saint-Clair et Signac à Saint-Tropez, point de ralliement de toute une jeune généra-
tion où Matisse et les futurs fauves s’initieront à la « division ».
C’est au total une centaine de toiles et d’aquarelles en provenance de collections
particulières et de musées internationaux (Allemagne, Belgique, Japon, États-Unis….)
qui a pu être réunie, permettant ainsi de découvrir des œuvres inédites de la plus haute
importance pour l’histoire du néo-impressionnisme.
La première partie de l’exposition présente des toiles des artistes du premier groupe néo-
impressionniste (Cross, Signac, Dubois-Pillet, Pissarro, Luce, Van Rysselberghe), qui ont
mis en pratique la technique rigoureuse du courant, à travers le mélange optique, la divi-
sion de la touche, le contraste de tons et l’emploi des complémentaires. L’exposition se
poursuit par le parcours parallèle de Cross, Signac et Van Rysselberghe dont les toiles
témoignent d’une véritable révélation de la couleur, point de départ d’un « second néo-
impressionnisme » qui voit la touche s’élargir et la couleur devenir plus sonore. La
dernière partie met en évidence les liens entre Cross et les peintres de la jeune génération,
tels que Camoin, Manguin ou encore Matisse, faisant du peintre un jalon essentiel et
unique entre le divisionnisme de Seurat et le fauvisme de Matisse et Derain. Enfn,
l’exposition laisse une place privilégiée aux aquarelles de Cross, qui jalonnent sa carrière.
Organisée en partenariat avec le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis, une
partie de l’exposition du musée Marmottan Monet sera présentée au brésis
du 12 mars au 10 juin 2012.
Ces deux expositions, proposant un fonds commun d’œuvres, enrichies l’une et
l’autre de pièces inédites, donneront à l’œuvre de Cross un éclairage nouveau, dans le
but de favoriser sa reconnaissance internationale. En la singularisant parmi les artistes de
son époque, tels que Seurat, Signac, Luce, Van Rysselberghe, Camoin, Matisse…, elles
mettront ainsi en avant la nature poétique de son œuvre et démontreront son impor-
tance dans l’aventure de l’art moderne et son infuence déterminante.
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011avant-propos u
par jacques taddei
p.4 L’exposition sur les aquarelles d’Henri Edmond Cross organisée en 2008 par
Madame Françoise Chibret, dans sa galerie, a été déterminante pour la genèse
de ce projet. J’ai tout de suite été fasciné par ce peintre encore trop méconnu
du grand public et c’est pourquoi j’ai souhaité organiser une manifestation sur
cet artiste en le confrontant à d’autres peintres néo-impressionnistes dont certains
font partie de son cercle d’amis comme Paul Signac. Découverte pour certains,
redécouverte pour d’autres, la figure de Cross trouvera, je l’espère, la place
qui lui revient enfin au sein de l’histoire de l’art grâce à ces harmonieuses
mosaïques colorées.
Mêlant huiles et aquarelles, technique qui révèle à mon sens un autre aspect des
travaux de cet héritier des leçons des Impressionnistes, cette manifestation pré-
sente à travers plus d’une centaine d’œuvres l’un des thèmes de prédilection de
cet artiste, le paysage qui est étroitement lié à ses recherches sur la lumière et la
couleur. Il nous plonge ainsi dans une nature ensoleillée qu’il découvre dans le
Sud de la France, au Lavandou, dont il a été l’un des premiers peintres à vouloir
représenter l’atmosphère si singulière. On devine alors l’infuence fondamen-
tale que ses compositions contrastées aux couleurs éblouissantes ont eue sur les
peintres fauves dès les années 1905 et en particulier chez Henri Matisse qu’il
initie à la technique néo-impressionniste.
Les peintres représentés dans cette manifestation itinérante organisée conjoin-
tement par le musée Marmottan Monet et le musée départemental Matisse de
la ville du Cateau-Cambrésis comme Charles Camoin, Henri Edmond Cross,
André Derain, Albert Dubois-Pillet, Henri Matisse, Théo van Rysselberghe,
Georges Seurat ou Paul Signac furent constamment à la recherche de composi-
tions harmonieuses décoratives. Ils déployèrent alors un nouveau répertoire
chromatique issu de leurs recherches sur la vibration et sur les effets de lumière
sur la couleur grâce auxquelles ils ont acquis une identité et un style qui leur
est propre.
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011 avant-proposu
Au sein de notre institution où les œuvres impressionnistes ont pour sujet unique
la perception, cette manifestation, dédiée à Henri Edmond Cross et le néo-impression-
nisme, de Seurat à Matisse, s’insère parfaitement dans la continuité des recherches
menées par le chef de fle de l’Impressionnisme français, Claude Monet, qui tentait
de capturer lumière et couleur. Selon Félix Fénéon, l’un des ardents défenseurs
des néo-impressionnistes, qui donna son nom à ce groupe en 1886, « la méthode
néo-impressionniste exige une exceptionnelle délicatesse d’œil » (L’Art moderne,
« L’Impressionnisme aux Tuileries », 19 septembre 1886, p. 300-302) que l’on
retrouve d’ailleurs dans les œuvres présentées ici.
Le propos de l’exposition peut être ainsi mis en évidence par le critique Jean Ajalbert
qui affrmait à l’occasion de l’exposition de 1886 que ces artistes « se sont pour
p.5
ainsi dire refait une virginité de l’œil, oubliant les couleurs convenues, pour trou-
ver, par eux-mêmes, la note juste ». Nous vous proposons donc de voyager au gré
des sensations colorées décrites par ces artistes qui frent de ces paysages un « atelier
du regard », aux dires de Michel Draguet (Signac, Seurat, le néo-impressionnisme,
éditions Hazan 2011, page 36).
Jacques Taddei
Membre de l’Institut
Directeur du musée Marmottan Monet
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011parcours de l’expositionu
p.6 L’exposition Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme. De Seurat à Matisse
est présentée dans la rotonde des Nymphéas, au sous-sol du musée. Son parcours
suit l’évolution chronologique et permet la confrontation des œuvres de chacun
des peintres présentés. C’est au total une centaine de toiles et d’aquarelles en
provenance de collections particulières et de musées internationaux (France,
Allemagne, Belgique, Japon, États-Unis, Russie, Suisse) qui sont exposées.
Seurat et les origines du néo-impressionnisme (1885-1891)
Autour de Seurat, un premier groupe d’artistes – Cross, Signac, Angrand, Dubois-
Pillet, Pissarro, Luce et Van Rysselberghe – mettent en application la technique
rigoureuse du néo-impressionnisme : mélange optique, division de la touche,
contraste de tons, emploi des complémentaires. C’est l’époque pour Seurat de
La Seine à la Grande Jatte, 1885, Port-en-Bessin, 1888 ; pour Signac de Portrieux,
1888 ; pour Cross de Vendanges, 1891-1892.
La révélation de la couleur (1892-1903)
En 1891, année de la mort de Seurat, Cross quitte Paris et s’établit à Saint-Clair,
près du Lavandou, suivi l’année suivante par Signac qui débarque à Saint-Tropez
à bord de son voilier. Ils développent un second néo-impressionnisme nettement
différent du premier. La touche s’élargit, la lumière éblouit, la couleur devient
plus sonore. Bientôt rejoints par Van Rysselberghe, les trois amis entrent dans
une phase de création personnelle. Cross atteint la plénitude de son art avec
Bords méditerranéens, 1895, ou la Mer clapotante, 1903 ; Signac avec Les Tartanes
pavoisées, 1893 ; Van Rysselberghe avec L’Entrée du port de Volendam, 1896.
La tentation du fauvisme (1904-1910)
Matisse arrive à Saint-Tropez en 1904, suivi de Camoin, Manguin et Valtat ; ils
se retrouvent chez Signac ou chez Cross. Les rapports artistiques les plus féconds
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011 parcours de l’expositionu
interviennent entre eux. Matisse, déjà initié au néo-impressionnisme, découvre
auprès de Cross l’exaltation de la couleur qu’il mettra en application l’année sui-
vante dans Collioure, Rue du Soleil, 1905. Dans les dernières années, Cross, qui peint
en compagnie des futurs « fauves », laisse libre cours à sa fantaisie personnelle,
la couleur acquérant, comme chez ses compagnons, de plus en plus de liberté :
Le Bois, 1906-1907.
Les œuvres graphiques
Les œuvres graphiques d’Henri Edmond Cross sont présentées en marge des peintures.
Cross a pratiqué toute sa vie le dessin et l’aquarelle, trouvant dans cette technique
une spontanéité trop souvent refoulée. Utilisées soit dans un but documentaire,
p.7
soit comme œuvre à part entière, elles jalonnent sa carrière, des premières études
de 1892-1893 comme Bords de mer et voiliers, étude pour L’Air du soir, à celles saisies
hâtivement lors de son voyage à Venise en 1903. Posées d’un jet spontané et rapide
sur le blanc de la feuille, elles rendent merveilleusement la lumière et la clarté des
paysages méditerranéens.
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011seurat et les origines u
du néo-impressionnisme
p.8 La naissance du groupe
« […] Le nouveau Salon des Artistes Indépendants était un milieu moderne, com-
posé d’artistes refusant la méritocratie ordinaire dans les expositions offcielles.
Ici, le principe était clair : pas de jury, ni de récompenses attribuées aux partici-
pants. Seurat y rencontra Paul Signac, un jeune peintre au caractère bien trempé,
féru d’impressionnisme et peignant en autodidacte des vues de Paris et de sa
proche banlieue. Il y croisa aussi Henri Edmond Cross, que le Coin de jardin à
Monaco exposé au mois de mai 1884 avait nettement positionné comme un ama-
teur de la peinture claire et du plein-air. Odilon Redon, peintre symboliste un
peu plus âgé, et d’autres peintres opposés à l’académisme anémié, formaient
cette clique nouvelle. Ces «intransigeants», pour reprendre le nom donné par la
critique aux exposants du Salon des Indépendants, n’étaient pas très bien vus de
l’opinion publique. Perçus comme une masse d’artistes amateurs ou de fantai-
sistes, ils suscitaient la méfance ou l’hostilité, voire la moquerie. Claude Roger-
Marx, critique au Voltaire, proposait tout bonnement de «renvoyer sur les bancs
de l’école nombre de ces prétendus peintres qui méconnaissent les règles élé-
mentaires du dessin». Selon lui, quelques noms seulement émergeaient comme
des candidats sérieux à la dénomination d’artistes : Seurat, Signac, Guillaumin
et Angrand. Tous étaient venus à l’impressionnisme par des chemins différents,
et admiraient Monet. Les réunions de groupe frent naître des amitiés et des
échanges de conseils. Signac invita Seurat à nettoyer sa palette pour n’utiliser
que des couleurs pures, à la manière des impressionnistes les plus francs. Il lui
présenta Camille Pissarro, de la génération précédente, qui apporta un soutien
important à cette jeunesse et devint même l’un des pionniers de la nouvelle ten-
dance. La technique divisionniste, basée sur une touche fragmentée et pointillée,
nourrie de lectures pointues sur l’optique et la science des couleurs, prit forme
au cours de l’année 1885. Témoin de cette évolution, la Briqueterie peinte par
Pissarro montre l’adaptation de cette technique encore expérimentale à l’un de
ses thèmes fétiches, rural et issu de l’impressionnisme du plein-air. Quelques
années plus tard, Albert Aurier se souvenait que les premiers essais divisionnistes
de Pissarro n’avaient pas manqué de «dérouter la critique, d’épouvanter le public
et de désopiler les peintres bien pensants».
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011 seurat et les origines du néo-impressionnisme u
Le «père» Pissarro, qui exposait depuis 1874 dans le groupe des Impressionnistes,
esuggéra la présence de Seurat et de Signac dans la 8 Exposition du collectif emblé-
matique, organisée par Berthe Morisot et Eugène Manet en mai 1886. Cette
arrivée de nouveaux venus ft éclater de vives dissensions dans un groupe déjà
largement clairsemé. Monet et Renoir, notamment, n’y exposaient plus. Seurat
exposa son Dimanche à la Grande Jatte dans une ambiance confnée. Jugée tantôt
archaïque, tantôt japonisante, elle donna lieu à une fortune critique instantanée,
plus ou moins heureuse, qui retentit au-delà des frontières françaises. Rejetée
par la plupart, elle fut cependant perçue par quelques uns comme l’œuvre d’un
«messie» annonciateur d’un art nouveau, capable de rivaliser avec Gauguin.
Pour Félix Fénéon, l’heure était venue de dresser le bilan de la situation de l’im-
pressionnisme en 1886, afn de mettre en lumière la révélation manifeste d’une
p.9
nouvelle génération, d’une esthétique moderne résolument scientifque : le néo-
impressionnisme. […] »
Définition du néo-impressionnisme
« […] Réduire le néo-impressionnisme à la poursuite ou la fn de l’impressionnisme
ne serait pas lui rendre justice. Probablement fait d’ambivalence à son égard, de
continuités et de ruptures, ce mouvement se présente davantage comme le
dépassement de certaines problématiques attachées à la question du réalisme.
Le néo-impressionnisme promeut la notion d’harmonie à la place de celle de
ressemblance ; il cherche des équivalences avec l’art immatériel que la musique
représente. La spontanéité, l’immédiateté et l’intuition ne font pas partie de son
singulier dessein. Le néo-impressionnisme fait preuve d’une capacité d’abstrac-
tion – dans le sens de «soustraire à» – qui est un élément constitutif de sa modernité.
Il extrait du monde des formalismes, des archétypes universels, des sensations
de couleurs et de lignes qui en font le point de départ de nombreuses recherches
modernistes. Grâce à lui, les signes (tels que le point lui-même) ont fait une entrée
dans le monde de la peinture, ouvrant une phase nouvelle dans l’univers icono-
graphique occidental totalement dominé par le symbole. […] »
Claire Maingon
extrait du catalogue de l’exposition
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011à la recherche d harmonie ’u
p.10 « […] Avec la Plage de la Vignasse, Cross rejoint les recherches de Signac. La touche menue et
régulière affrme la planéité de la toile. Les trois zones colorées, séparées par les horizontales
de la plage et de la mer, renforcent l’impression de sérénité en application des théories de
Charles Henry. La lumière du soleil de l’après-midi accuse les couleurs chaudes des ocres
du premier plan, ponctués de bleus et de violets tandis qu’elle dissout le mauve de la mer
qui se fond dans l’orangé du ciel. Beaucoup plus contrastée, la Calanque des Antibois est
peinte sous la lumière crue du midi. C’est pour Cross l’occasion d’appliquer à la lettre les
théories néo-impressionnistes, il confesse ses incertitudes à Signac : «Et oui les contrastes,
je sens bien leur importance primordiale mais leur dosage est d’une diffculté inouïe».
Le point de vue en surplomb dégage l’immense plan d’eau fermé au loin par la silhouette
du Mont Faron. Tout se joue sur deux teintes : les rochers, multitude de points orangés
ponctués de touches bleues dans l’ombre et jaunes dans la lumière, et la mer d’huile d’un
bleu mélangé de blanc et mouchetée de touches rondes jaunes en écho aux rochers.
Pas une fgure, tout confère à traduire la torpeur de la plage à l’heure chaude de midi. […]
Durant les années 1892-1893, Cross et Signac adaptent la méthode de la division à leurs
propres aspirations. La lumière et l’ombre deviennent pour tous deux un thème de réfexion.
Cross qui puise son répertoire dans l’arrière pays et dans la vie de la campagne, entreprend
deux toiles du même sujet : La ferme, matin et La Ferme, soir, la première représente des
bouilleurs de cru s’activant dans la lumière froide du matin, la seconde une paysanne por-
tant un panier sur l’épaule à la tombée du jour. Même décor, la ferme, même registre, la vie
paysanne, qui sont pour l’artiste l’occasion d’étudier les modifcations chromatiques engen-
drées par les changements de la lumière solaire : gamme froide de verts et de violets mélangée
largement du blanc des fumerolles pour la lumière du matin, gamme famboyante d’oranges
et de pourpres pour la lumière du coucher du soleil. Dans les deux tableaux, Cross, infuencé
par le japonisme, privilégie l’aspect décoratif en introduisant l’arabesque dans les contours
des frondaisons. La même sérénité apparaît dans une œuvre contemporaine de Signac,
Place des Lices, saint Tropez. Le contraste violent entre les ors des parcelles ensoleillées et les
violets des troncs, les arabesques des platanes dont les silhouettes se détachent à contre-
jour, la solitude du vieil homme assis sur un banc, confèrent comme chez Cross à un sen-
timent d’harmonie entre l’homme et la nature. […] »
Françoise Baligand
extrait du catalogue de l’exposition
Musée Marmottan Monet – Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme Dossier de Presse – Septembre 2011

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