Défaillances de marché PROF _HL CP_
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  • exposé - matière potentielle : au risque
3. La coordination par le marché 3.4 Quelles sont les principales défaillances du marché ? Catherine Piarulli (Académie de Nice) Hugo Lapierre (Académie d'Orléans-Tours) I. Les défaillances allocatives : biens collectifs et externalités A/ Les biens collectifs B/ Les externalités II. Les asymétries d'information A/ L'anti-sélection B/ L'aléa moral Notions essentielles Notions complémentaires Asymétries d'information, externalités, biens collectifs, défaillances de marché Aléa moral, anti-sélection (ou sélection adverse), externalités positives, externalités négatives, biens communs, biens public, non- rivalité, non-exclusion Objectifs: être capable de...
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Langue Français

Exrait

3. La coordination par le marché
3.4 Quelles sont les principales défaillances du marché ?
Catherine Piarulli (Académie de Nice)
Hugo Lapierre (Académie d’Orléans-Tours)
I. Les défaillances allocatives : biens collectifs et externalités
A/ Les biens collectifs
B/ Les externalités
II. Les asymétries d’information
A/ L’anti-sélection
B/ L’aléa moral
Notions essentielles Asymétries d’information, externalités, biens collectifs, défaillances de marché
Notions complémentaires Aléa moral, anti-sélection (ou sélection adverse), externalités positives, externalités négatives, biens communs, biens public, non-rivalité, non-exclusion
Objectifs:être capable de... définir défaillance du marché, asymétrie d'information, alea-moral, sélection adverse, externalité positive et négative, biens collectifs, rivalité, non rivalité, exclusivité, non exclusivité d'illustrer par un exemple précis une défaillance du marché d'identifier dans une illustration d'un cas concret le type de défaillance du marché de donner des exemples de mesures ou de dispositifs visant à corriger les défaillances de marché de rédiger un paragraphe argumenté à propos des défaillances du marché
I. Des défaillances allocatives : biens collectifs et externalités
A/ La production de biens collectifs Activité 2 Imaginons un monde où (…) seules les entreprises produisent des biens et services. Dans une ville, les habitants ont besoin, pour leurs déplacements nocturnes, d’un éclairage public. Une entreprise propose donc d’installer des lampadaires et de gérer elle-même l’acheminement de l’électricité. Pour réaliser ce service, l’entreprise installe à l’entrée de chaque rue une sorte de « parcmètre », où les piétons doivent s’acquitter d’une certaine somme pour que les lampadaires s’allument et que la rue soit éclairée. Lorsqu’un habitant rentre chez lui de nuit, il paye le droit de voir la rue s’éclairer. Cependant, une fois que cet habitant a payé ce service, d’autres habitants de la rue en profitent pour passer eux aussi sans avoir à en payer le coût, qui a déjà été payé par le premier habitant. Ce dernier, voyant que les autres habitants « profitent » de son paiement, se dit que la prochaine fois, il ne paiera pas et attendra qu’un autre habitant paye ; il bénéficiera ainsi d’un effet d’aubaine. Renaud Chartoire, Nathan, 2005 Q1 : Pourquoi les habitants sont-ils tentés d’attendre que quelqu’un paie à leur place ? Si on paie l'éclairage, on pourra en bénéficier. Mais si on ne paye pas et que quelqu'un paie à notre place, on pourra également bénéficier de l'éclairage public. Il est donc tentant d'attendre que quelqu'un paye à notre place. Comportement de passager clandestin (free rider) : notion de science politique qu'on étudiera en terminale au (action collective) mais peut s'appliquer à diverses situations ; au sens large,un passager clandestin est quelqu'un qui bénéficie d'un avantage sans en supporter le coût(vouloir bénéficier de l'éclairage sans en payer le coût, en laissant les autres payer à sa place). Autre exemple: quelqu'un qui ne veut pas payer des impôts (fraude ou évasion fiscale) mais qui souhaite bénéficier des services publics. Q2 : Si tous les habitants raisonnent ainsi, le service peut-il être produit ? Le marché est-il efficace dans cet exemple ? Si tout le monde raisonne en passager clandestin, personne ne paiera l'éclairage public. Aucune entreprise ne souhaitera alors produire ce service (non rentable) et on peut craindre que ce service ne soit pas produit. Le marché n'est donc pas efficace pour produire ce type de service (pas de solution pour rendre cette activité rentable). L'Etat peut alors prendre en charge la production de ce service qui sera alors financé par les prélèvements obligatoires. A l'oral :est la différence lorsque l’on consomme une poire et l’éclairage d’une Quelle rue ? Si je consomme une poire, d’autres individus peuvent-ils consommer la même poire ? Les individus n’ayant pas payer la poire peuvent-ils la consommer ? Lorsqu’un individu consomme une poire cela empêche la consommation de cette poire par d’autres individus. On dit qu’il y arivalité.
Rivalité : il y a rivalité quand le fait qu’un individu consomme un produit empêche ou réduit la consommation de ce produit par d’autres individus. De plus, ceux qui n’ont pas payé pour avoir une poire ne pourront pas la consommer. On dit qu’il y aexclusion par les prix(ou excludabilité). Exclusion (excludabilité) : il y a exclusion par le prix quand un individu qui n’a pas payé pour un produit est exclu de la consommation de ce produit. Dans le cas de l’éclairage public, lorsque je paye pour être éclairé, les autres agents qui n’ont pas payé peuvent profiter de ce bien. Ainsi, des agents qui n’ont pas payé peuvent profiter d’un service : il n’y a pas d’exclusion par les prix, on ne peut pas exclure ceux qui n’ont pas payé. D’autre part, le fait que j’éclaire cette rue et que ce soit moi qui passe dans la rue n’empêche pas les autres individus de passer et d’être également éclairé : le fait qu’un individu le consomme n’empêche et ne réduit pas la consommation des autres ; il n’y a pas rivalité (non-rivalité). Dans ce cas, le coût marginal engendré par un utilisateur supplémentaire est nul. Activité 3 Trouver des exemples de produits pour chacun des cas du tableau suivant.  Exclusion Non exclusion RivalitéBiens communsBiens privés Ex :Ex : cornet de glace, routes sans péages mais vêtement, téléphone embouteillée, eau de source, portable... fruits sauvages, forêts, animaux sauvages…Non rivalitéBiens de club Biens collectifs purs Ex : séance de cinéma, coursde SES, programme TV, Ex : défense nationale, transport… (dans la limite éclairage public, police…des places disponibles) - S'il y a rivalité et exclusion, on parle debien privé: bien dont la consommation d’un individu empêche celle des autres et qu’on ne peut consommer sans en payer le prix. - S'il y a rivalité mais non exclusion, on parle debiens communs,on ne peut exclure ceux qui n'ont pas payé, mais la consommation des uns empêche ou limite celle des autres. - S'il y a non rivalité mais exclusion, on parle debiens de club: bien collectif dont la consommation collective est réservée aux usagers qui en ont payé le prix. - S'il y a non rivalité et non exclusion, on parle debien collectif pur: bien collectifs pour lesquels il n’y a pas d’exclusion par les prix. Q1 : Dans quels cas l'Etat doit-il intervenir ? Le marché est défaillant pour la production des biens collectifs purs (activité non rentable car non exclusion par les prix)L’Etat doit assurer la production des biens collectifs purs : un fondement de l’intervention de l’Etat.
Le marché conduit aussi à la sur-exploitation des biens communs (déforestation, espèces en voie d’extinction…) L’Etat doit également intervenir en fixant des quotas, ou en attribuant des droits de propriété. Rqtous les biens collectifs ne sont pas nécessairement pris en charge par les. : administrations publiques ; cela relève de choix politiques (Education). On parle de biens publics, ou biens tutélaires, lorsque leur production est prise en charge par l’Etat. B/ Les effets externes ou externalités Le marché ne prend pas en compte les externalités : celles-ci sont les conséquences positives ou négatives de l’activité économique de certains agents sur le bien être d’autre agents, les premiers n’en supportant pas les coûts (cas des externalités négatives) ou n’en retirant aucun gain (cas des externalités positives). Dans ce cas, l’optimum individuel ne coïncide pas avec l’optimum social. Par exemple, des entreprises polluant l’atmosphère par leurs rejets de gaz à effets de serre détériorent les conditions de vie sans en supporter le coût. N’intégrant pas dans leur calcul économique la désutilité provoquée par leur activité, ces firmes vont déterminer un niveau de production qui maximise leur bien être, mais qui est supérieur à celui correspondant au bien-être collectif. A l’inverse, des firmes pratiquant une politique de recyclage de leurs déchets contribuent à l’amélioration du bien être de la population sans bénéficier en retour d’un gain pécuniaire. Leurs efforts seront donc inférieurs au niveau qu’imposerait la maximisation de l’utilité collective. Serge D’Agostino, Cahiers français n°335, La documentation française. Activité 4 Une entreprise rejette ses déchets liés à la production dans la rivière qui se trouve à proximité. Les bêtes du fermier d’en face meurent après avoir trop souvent bu l’eau de la rivière. Q1 : Les mécanismes du marché incitent-ils l’entreprise à ne pas polluer la rivière ? Expliquer pourquoi. Les mécanismes du marché n'incitent pas les entreprises à ne pas polluer, car celle-ci n’a pas à supporter les coûts de cette pollution. En d’autres termes, elle n’a pas à « acheter » le droit de polluer la rivière. Q2 : Supposons que l’entreprise soit contrainte de payer un certain coût lié à la pollution que son activitégénère. Ce coût est-il susceptible de modifier son activité de production ? Oui, si l’entreprise était contrainte de payer un certain coût lié à la pollution que son activité entraîne, elle serait incitée à moins produire (le coût marginal atteindrait la recette marginale pour un niveau de production inférieur) ou à produire des biens moins polluants. Q3 : Le marché est-il efficace dans cet exemple ? Pourquoi ? Cet exemple montre que le marché n'est pas toujours efficace car il peut conduire à engendrer des nuisances (ici la pollution). En effet, les mécanismes du marché, qui sont sensés attribuer un prix à tous les échanges, garantissant l’avantage mutuel de ceux-ci, ne fonctionnent pas dans cet exemple puisque « l’échange » de pollution (avec tous les membres de la collectivité qui la subissent) ne donne pas lieu au paiement d’un prix.
Activité 5 Un apiculteur (éleveur d’abeilles) et un arboriculteur (qui cultive les arbres, les fleurs, …) sont voisins. Q1 : En quoi la proximité de l’apiculteur et de l’arboriculteur leur est-elle profitable ? Un apiculteur ne peut pas élever ses abeilles si celles-ci ne peuvent pas butiner ; réciproquement, la présence d'abeilles va faciliter la pollinisation. Les activités d'apiculteur et d'arboriculteur sont donc mutuellement profitables. Q2 : Sont-ils contraints de payer pour ce service rendu ? L'apiculteur ne paye pas à l'arboriculteur le service rendu et réciproquement. Q3 : Le marché prend-il donc en compte ce service rendu ? Le marché ne prend donc pas en compte ces conséquences positives de l'activité d'un agent économique sur un autre agent. Ces deux exemples montrent que les différentes activités économiques ne sont pas nécessairement indépendantes mais peuvent être interdépendantes. L'activité d'un acteur économique peut avoir des conséquences positives ou négatives sur un autre acteur économique. Or, le marché ne prend pas en compte ces conséquences. Externalité (ou effet externe): c’est laconséquence d’une activité économique qui n’est pas prise en compte par le marché, c’est-à-dire qui n’implique pas le paiement d’un prix déterminé par le marché ; on parlera d'externalité positive si les conséquences sont positives et d’externalité négative si les conséquences sont négatives.
On dit qu’il y a externalité quand le comportement individuel crée un gain ou une perte pour les autres individus. On parle d’externalité positive dans le cas d’un gain, d’externalité négative dans le cas d’une perte. Exemple : la pollution a des externalités négatives parce qu’elle impose des coûts de dépollution à la collectivité, l’éducation a des externalités positives parce que le rendement de l’économie est plus fort quand la main d’œuvre est plus qualifiée.
Le problème vient de ce que le marché ne permet pas d’imposer un coût aux externalités négatives, ni d’attribuer un gain en cas d’externalités positives. Ainsi, le libre fonctionnement du marché incite à produire des biens à externalités négatives puisque leur coût est minimisé, et n’incite pas à produire des biens à externalités positives puisque leur valeur est minimisée.
(A l'oral) Donner d'autres exemples d'externalités positives et négatives. Positives: l’augmentation de la valeur d’un terrain suite à la création d’une activité économique (station de sports d’hiver de La Colmiane ou de ce lycée par exemple) est un effet externe positif ; la création d'une ligne de TGV a des effets positifs pour les activités économiques voisines de la ligne (plus facilement desservies) ; une nouvelle sortie d'autoroute permettant à un restaurant d'accroitre sa clientèle, éducation, recherche…
Négatives: la pollution est l'effet externe négatif le plus évident ; la fermeture d'une gare ou d'un bureau de poste ont des externalités négatives sur les autres activités de la localité, nuisances sonores, olfactives, visuelles… En cas d’externalités, le système de prix et donc le marché ne guide plus les agents vers des décisions socialement optimales et il en résulte des formes d’inefficacités dans l’organisation des activités de production et de consommation. Par exemple, la demande de certains biens dont la production augmente la pollution de l’environnement peut s’accroitre car il n’existe aucun prix de marché de l’environnement qui entre en compte dans le calcul économique des producteurs et qui les incite à réduire leur production. Il y a donc dans ce cas défaillance du marché et nécessité d’une intervention des pouvoirs publics.Q4 : Comment l’Etat peut-il faire pour que les agents économiques prennent en compte dans leurs calculs les effets externes de leur activité ? Par exemple, dans le cas de l’industriel qui pollue la rivière ? Dans l’exemple de l’apiculteur ? ère - 1 possibilité : L’Etat vataxer les activités qui ont des externalités négatives pour que les agents économiques prennent en compte le coût qu’ils impliquent à la collectivité. D’autre part, l’Etat va encourager les activités qui ont des effets externes positifs par des subventions. ème - 2 possibilité :encadrer les activités par desnormes et des règlementations (interdire les activités polluantes, certains matériaux dangereux ème - 3 possibilité :prendre en charge tout ou partie des coûts: élargissement des routes par exemple, financement partiel ou intégral des activité d’éducation ou de recherche, nettoyage des plages polluées par la marée noire… Rq. : les biens collectifs sont source d'externalités positives (une fois construite, la route profitera à tous bien que personne n'ait intérêt à la construire). On appelle celal’internalisation des externalités: l’action de l’Etat consiste à réintroduire l’effet externe dans le calcul économique des agents mise en place d'un processus qui fait qu'un acteur supporte le coût ou retire des bénéfices de l'effet externe.
II. Les asymétries d’information
A/ L’anti-sélection (ou sélection adverse)
Document 1
Généralement, le prix est un signal de la qualité. Si l’information est asymétrique, il peut ne plus jouer ce signal, ce qui crée des disfonctionnements. On parle d’anti-sélection pour montrer que l’agent victime du manque d’information risque de sélectionner uniquement les mauvais produits. En 1970, G. Akerlof étudie le marché du véhicule d’occasion. Il postule qu’un acheteur ne peut connaître la qualité du véhicule qui est en vente ; il ne peut savoir si ce véhicule est
fiable où s’il s’agit d’un « lemon ». Akerlof suppose que le vendeur a au contraire les moyens de connaître la qualité réelle des automobiles qu’il vend. Le consommateur mal informé, mais néanmoins rationnel, veut acheter son véhicule à un prix plus bas pour compenser sa probabilité de tomber sur un « lemon ». Mais à ce prix, les vendeurs de bons véhicules hésitent, voire refusent de se porter offreur de leur véhicule qui a une valeur supérieure. La probabilité d’acheter un mauvais véhicule augmente donc et les acheteurs exigent de nouvelles baisses de prix. Progressivement, les mauvais véhicules envahissent le marché et les exigences de baisse des prix des consommateurs ont pour conséquence de faire totalement disparaître les bonnes voitures du marché. L’anti-sélection a donc tendance à chasser les bons produits et peut même entraîner la suspension des échanges M. Montoussé, I. Wacquet,Microéconomie,Bréal, 2008 Q1 :Qu’est-ce qu’une asymétrie d’information ?
L'asymétrie d’informationest une situation dans laquelle certaines caractéristiques d’une transaction sont connues d’une partie et ne peuvent pas, sans coût supplémentaire, être découvertes par l’autre partie soit avant (ex ante) ou après l’établissement du contrat (ex post) entre les parties. Q2 :Quelles sont les conséquences de cette asymétrie d’information sur le marché des automobiles d’occasion ? Les agents en manque d’information (ici les acheteurs), incertains de la qualité exacte des véhicules, n’accepteront pas de dépasser un certain niveau de prix, pour compenser le risque d’acheter un mauvais véhicule. Les vendeurs proposant un véhicule dont la valeur est supérieure à ce niveau de prix se retireront du marché ce qui aura pour conséquence directe d’augmenter la probabilité pour l’acheteur d’acquérir un mauvais véhicule. Pour compenser la hausse de ce risque, les acheteurs baisseront le prix qu’ils ne souhaitent pas dépasser ce qui aura de nouveau pour conséquence de pousser les véhicules de meilleures qualités à ne plus être vendues… ce mécanisme ce poursuivant jusqu’à la suspension éventuelle de tous les échanges. La plupart des voitures échangées seront des « lemons » tandis que les bonnes voitures risquent de ne plus être mises sur le marché. Les « mauvaises » voitures ont tendance à chasser les bonnes » ce passage illustre bien le fait que les conséquences directes de l’asymétrie d’information sont d’exclure les voitures en bon état au profit de celles en mauvais état. Q3: Que peuvent faire les consommateurs pour se prémunir contre ce risque d’anti-sélection ? Acheter un véhicule avec garantie, ou dans un réseau ayant la réputation de vendre des véhicules de bonne qualité.(label :occasion du lion…)
Q4: Connaissez-vous un dispositif légal obligeant les vendeurs de véhicule d’occasion à révéler une partie des informations sur la qualité du véhicule ?
1 Expression américaine désignant une voiture de mauvaise qualité.
Contrôle technique de moins de trois mois obligatoire pour toute cession de véhicule d’occasion.
Q5: Proposez une définition du phénomène d’anti-sélection:
Processus résultant d’une situation d’asymétrie d’information qui conduit à éliminer les produits et/ou les agents économiques de meilleure qualité.
Note : Le concept d’antisélection est particulièrement utile pour analyser le marché du crédit (où les taux d’intérêt élevés dissuadent les agents les plus solvables d’emprunter) et le marché de l’assurance(où les primes élevées dissuadent les agents les moins exposés au risque de s’assurer)
B/ L’aléa moral
Document 2 :
Afin de mieux cerner notre propos, commençons par une définition du risque moral (moral hazard en anglais) dans le cadre d’asymétrie d’information. Le risque moral (encore appelé aléa de moralité) est le second concept induit par une situation d’information asymétrique. Mais, à la différence du risque d’antisélection, il s’agit d’un risque postérieur à la conclusion du contrat (« ex-post »). Le fait de conclure un contrat avec un agent risque de provoquer de sa part un comportement négatif (peu « moral ») susceptible d’aggraver a posteriori les conditions de la partie principale qui s’est engagée. L’exemple classique est fourni en matière d’assurance. Le contrat est par nature aléatoire, c’est-à-dire que l’assureur couvre un risque dont il ne peut qu’estimer la probabilité de survenance. Or, le fait d’être garanti peut accroître la prise de risque de la part de l’assuré. En supposant qu’une compagnie d’assurance accepte d’assurer les automobilistes contre les amendes et frais liés aux excès de vitesse, le risque est grand pour l’assureur de voir ses assurés rouler encore plus vite (et donc de devoir payer plus d’amendes) en raison même de l’assurance. www.économie-finance.com
Document 3 :
« Les pompiers ne sont pas contents. En effet ceux qui ont pris des risques pour secourir récemment un spéléologue, coincé dans une grotte dans la Drôme, estiment que le contribuable n'a pas à payer pour sa négligence. Et pour la première fois, un service départemental d'incendie et de secours a déposé plainte contre le spéléologue secouru, lui reprochant d'avoir «mis en danger» les sauveteurs. Dans le cas présent, le sauvetage d'un spéléologue expérimenté a nécessité l'intervention de 17 sapeurs-pompiers et 55 sauveteurs, dont quatre plongeurs. Le spéléologue, en situation d’aléa moral, est incité à prendre des risques inconsidérés puisqu’il ne sera pas le seul à être sanctionné par son inconscience et il a même toutes les chances d’être sauvé. Il peut s’attendre à ce que les pompiers viennent à son secours pour le sauver. De plus, il ne paiera pas la facture » « Sauvetage de spéléologues, Economie et Aléa Moral » David MOUREY Pontault-Combault 2007
Q1 :Quel est le point commun entre la situation de l’automobiliste du document 2 et du spéléologue du document 3 ?
Certitude d’être couvert contre le risque quel que soit le comportement adopté.
Q2 :En déduire une définition de l’aléa moral.
Situation qui survient après la signature d’un contrat dans laquelle l’un des deux agents signataires est en mesure de désavantager l’autre en raison de l’asymétrie d’information qui existe entre ces deux agents. Q3 :Que peuvent faire les compagnies d’assurance pour inciter les assurés à la prudence et se prémunir contre l’aléa moral ? Bonus/malus, franchises L’aléa moral résulte du fait que l’un des deux contractants adopte un comportement opportuniste car l’autre n’est pas en mesure d’observer son comportement (modèle du tire-au-flanc, assurances) ou de déterminer si ce comportement est approprié aux circonstances (services d’experts)
Synthèse : En quoi les différentes défaillances de marché constituent-ils une limite à la métaphore de la « main invisible » formulée par A. Smith ?
La métaphore de la main invisible postule que les individus, en poursuivant leur intérêt personnel, concourent de la manière la plus efficace possible à l’augmentation du bien-être collectif. Le corolaire de cette proposition est que le marché est la modalité d’allocation des ressources et de coordination entre agents la plus efficace, puisqu’il permet la réalisation d’échanges de manière décentralisée à des prix mutuellement avantageux et reflétant les préférences des agents. Pourtant, les défaillances de marchés constituent des situations dans lesquelles la régulation marchande se révèle impossible ou sous-optimale.
Par exemple, les asymétries d’information conduisent à des défauts de coordination entre agents, comme dans les situations d’antisélection et d’aléa moral, dans lesquels l’impossibilité d’accéder à toute l’information nécessaire pour un agent conduit dans un cas à éliminer les produits ou agents de meilleures qualité et dans l’autre à des comportements opportunistes en mesure
de désavantager l’agent en situation de carence informative. Ces situations, bien que résultant du fonctionnement du marché, ne conduisent donc pas à la maximisation du surplus collectif.
En outre, l’existence d’externalités, c'est-à-dire de gains ou de pertes non prises en compte par le marché, résultant des comportements individuels, conduit à une allocation sous-optimale des ressources puisque les agents à l’origine d’effets externes négatifs n’en subissent pas le coût, et ceux à l’origine d’effets externes positifs ne sont pas rémunérés pour ceux-ci. Enfin, le marché ne permet pas la production de biens collectifs, pourtant indispensables au bien être collectif, et ne permet pas non plus la préservation des biens communs.
Ces défaillances de marché constituent donc bien des limites à l’efficacité de la régulation marchande, illustrée par Smith à travers la métaphore de la main invisible.
Défaillances de marchés : situations dans lesquelles marchande se révèle impossible où sous-optimale
la
régulation