DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO JUSQU AU 15 ...
303 pages
Français

DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO JUSQU'AU 15 ...

-

Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
303 pages
Français
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

  • cours - matière potentielle : des dernières décennies
  • leçon - matière potentielle : la comparaison
— 3 — DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30 SOMMAIRE ___ Pages INTRODUCTION.............................................................................................................. 9 SYNTHÈSE ...................................................................................................................... 15 I.– LA PERFORMANCE DES POLITIQUES SOCIALES EN EUROPE : QUELS ENJEUX, QUELLES RÉPONSES POLITIQUES ?............................................................. 23 A.– L'ÉVALUATION DE L'EFFICACITÉ DE LA DÉPENSE SOCIALE : UN EXERCICE DÉLICAT MAIS ESSENTIEL ..................................................................................... 23 1. Les objectifs de l'évaluation .............................................................................. 23 a) La définition de la performance : une notion multidimensionnelle reposant sur trois principaux critères................................................................................... 23 b) La mesure de la performance : un impératif pour nourrir le débat public et éclairer le décideur.......................................................................................... 27 c) La comparaison de la
  • groupe d'opposition
  • dépenses sociales au titre de l'assurance chômage
  • développement de la négociation collective dans le champ de l'articulation entre vies familiale
  • performance des politiques sociales
  • politiques publiques
  • politiques publique
  • politique publique
  • condition
  • conditions
  • groupe de travail
  • groupes de travail
  • evaluations
  • évaluations
  • évaluation
  • evaluation
  • emplois
  • emploi

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 58
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

— 3 —




DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS
EMBARGO JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE
12H30

SOMMAIRE
___

Pages
INTRODUCTION.............................................................................................................. 9
SYNTHÈSE ...................................................................................................................... 15
I.– LA PERFORMANCE DES POLITIQUES SOCIALES EN EUROPE : QUELS
ENJEUX, QUELLES RÉPONSES POLITIQUES ?............................................................. 23
A.– L’ÉVALUATION DE L’EFFICACITÉ DE LA DÉPENSE SOCIALE : UN EXERCICE
DÉLICAT MAIS ESSENTIEL..................................................................................... 23
1. Les objectifs de l’évaluation .............................................................................. 23
a) La définition de la performance : une notion multidimensionnelle reposant sur
trois principaux critères................................................................................... 23
b) La mesure de la performance : un impératif pour nourrir le débat public et
éclairer le décideur.......................................................................................... 27
c) La comparaison de la performance : un « benchmarking » pour repérer des
bonnes pratiques et concourir à la coordination des politiques en Europe ....... 32
2. Les précautions à prendre du fait de certaines limites des analyses
comparatives...................................................................................................... 33
a) La nécessaire prudence dans l’interprétation d’indicateurs en nombre
croissant.......................................................................................................... 34
b) Les défis de la mesure de l’impact propre d’une politique publique, a fortiori
en période de mutations économiques .............................................................. 37
c) La question de la « transférabilité » et l’importance de la prise en compte des
contextes socio-culturels .................................................................................. 38
3. La méthodologie retenue par le groupe de travail.............................................. 39
a) L’identification préalable des principaux objectifs des politiques sociales et
des indicateurs communs au niveau européen .................................................. 39
b) La démarche de l’évaluation ............................................................................ 42
c) La mobilisation de plusieurs outils d’investigation et d’évaluation.................... 44
B.– L’ANALYSE DU POSITIONNEMENT DE LA FRANCE EN EUROPE AU REGARD
DES PRINCIPAUX INDICATEURS SOCIAUX ET DES ÉVALUATIONS
RÉALISÉES .............................................................................................................. 45
— 4 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
1. Un niveau de dépenses sociales particulièrement élevé ............................... 46
a) Un effort financier important en faveur de la protection sociale correspondant
en grande partie, comme dans d’autres pays, aux pensions et à la santé .......... 46
b) Une progression des dépenses au cours des dernières décennies, qui apparaît
supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE.................................................. 51
2. Une comparaison faisant apparaître plusieurs points forts du modèle
social français mais aussi des résultats plus contrastés................................ 55
a) Une revue des principales évaluations : forces et faiblesses du modèle
français ........................................................................................................... 55
b) La performance du système de santé français comparée aux autres pays :
l’exemple de l’évaluation réalisée par l’OCDE en 2010................................... 62
c) Des faiblesses en matière d’emploi par rapport à d’autres pays et aux
objectifs européens .......................................................................................... 65
3. Des transferts contribuant significativement à la réduction de la pauvreté,
qui constitue un objectif central des politiques sociales................................. 69
a) Un objectif devenu central au niveau européen................................................. 69
b) En France, un taux de pauvreté inférieur à la moyenne des pays européens
mais une évolution préoccupante pour certains publics fragiles ....................... 78
c) L’accès à l’emploi : un enjeu stratégique pour lutter efficacement contre la
pauvreté........................................................................................................... 81
C.– LE DÉPLOIEMENT D’INSTRUMENTS ET D’UNE GOUVERNANCE RÉNOVÉS
POUR RENFORCER LA PERFORMANCE DES POLITIQUES SOCIALES .............. 91
1. Des instruments de l’Europe sociale susceptibles d’être confortés ou
mieux exploités .................................................................................................. 91
a) Mieux exploiter le Fonds social européen (FSE) en France et dans l’Union
européenne ...................................................................................................... 92
b) Conserver un dispositif européen d’aide alimentaire aux plus démunis après
2014 ................................................................................................................ 96
2. Le développement de l'expérimentation et de l'évaluation pour un meilleur
pilotage des politiques sociales......................................................................... 99
a) Renforcer le rôle du Parlement.......................................................................... 99
b) Adopter une conduite pragmatique des réformes, comme en Suède notamment,
en développant l'expérimentation et l'évaluation................................................ 101
c) Encourager les échanges de bonnes pratiques entre les départements et
améliorer l’évaluation des politiques sociales locales ...................................... 106
II.– QUELS FACTEURS DE PERFORMANCE DES POLITIQUES DE L’EMPLOI EN
EUROPE ? ......................................................................................................................... 110
A.– EN REMARQUES LIMINAIRES : DES ENJEUX TRANSVERSAUX POUR LES
POLITIQUES DE L’EMPLOI...................................................................................... 110
a) Le poids des cotisations sociales sur le coût du travail ..................................... 110
b) La nécessité d’une politique de croissance........................................................ 112
— 5 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
B.– UNE APPROCHE : L’ÉVALUATION COMPARÉE DE CINQ POLITIQUES
D’ACCOMPAGNEMENT DES DEMANDEURS D’EMPLOI EN EUROPE.................. 114
1. Des dépenses importantes mais des pratiques évaluatives inégalement
développées ....................................................................................................... 114
a) Des dépenses élevées en faveur de l’emploi, dont l’efficacité est aujourd’hui
questionnée...................................................................................................... 114
b) Des efforts d’évaluation comparée par les organisations internationales mais
un développement inégal des pratiques évaluatives au niveau national ............ 120
c) Des évaluations qui semblent peu exploitées par les décideurs publics.............. 124
2. Des enjeux communs et des logiques convergentes élaborées au sein
des organisations internationales..................................................................... 125
a) La logique de guichet unique : vers un service commun à tous les demandeurs
d’emploi .......................................................................................................... 126
b) L’activation des revenus de remplacement........................................................ 127
c) Les « droits et devoirs » d’un parcours individualisé vers l’emploi ................... 131
3. Des modalités de mise en œuvre spécifiques, révélatrices du poids des
contextes nationaux........................................................................................... 135
a) Des modèles de gouvernance contrastés ........................................................... 135
b) Des modes de gestion des ressources financières et humaines différents
suivant les pays................................................................................................ 138
c) Des conceptions variées de l’accompagnement individualisé et une palette de
prestations d’aide au retour à l’emploi propre à chaque pays étudié................ 141
C.– LES LEÇONS DE LA COMPARAISON : DES ENSEIGNEMENTS ROBUSTES À
DIFFUSER ET DES PROPOSITIONS CONCRÈTES À METTRE EN ŒUVRE EN
FRANCE ................................................................................................................... 145
1. Des enseignements peu nombreux mais robustes sur l’efficacité des
politiques de l’emploi ......................................................................................... 145
a) Les exonérations de cotisations sociales sur les salaires des moins qualifiés
suscitent des questionnements .......................................................................... 145
b) L’accompagnement personnalisé et renforcé des demandeurs d’emploi est
efficace ............................................................................................................ 148
c) La formation professionnelle ne facilite le retour à l’emploi que dans
certaines conditions 152
d) Les prestataires externes ne sont pas plus efficaces que l’opérateur public....... 155
e) Les contrats aidés ne doivent pas se substituer à des emplois normaux mais
peuvent être utilisés de façon ciblée ................................................................. 156
2. Des propositions pour améliorer l’accompagnement des demandeurs
d’emploi en France ............................................................................................ 159
a) Renforcer l’accompagnement personnalisé et adopter une approche globale
du demandeur d’emploi ................................................................................... 159
b) Renforcer les compétences et l’autonomie des conseillers de Pôle Emploi ........ 163
— 6 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
c) Être plus à l’écoute des usagers........................................................................ 166
III.– L’ÉVALUATION DE LA PERFORMANCE COMPARÉE DE DEUX POLITIQUES
SOCIALES À DESTINATION DES FAMILLES DANS CINQ PAYS EUROPÉENS ............ 171
A.– DES POLITIQUES SOCIALES SUSCEPTIBLES DE CONTRIBUER À
L’AMÉLIORATION QUANTITATIVE ET QUALITATIVE DE L’EMPLOI EN EUROPE 171
1. Les politiques familiales au sein de l’Union européenne : des finalités
variées, l’émergence de défis communs ......................................................... 171
a) La diversité des objectifs assignés aux politiques familiales dans les États
membres .......................................................................................................... 172
b) L’investissement en faveur des familles : un effort significatif en France et des
formes diverses selon les pays.......................................................................... 178
c) Le rôle croissant de l’Europe, à travers notamment les orientations visant à
accroître les taux d’activité ainsi que la qualité de l’emploi............................. 183
2. L’articulation entre le travail et les responsabilités familiales : des enjeux
majeurs pour les politiques sociales ................................................................ 187
a) Un levier de performance économique ayant un impact sur la croissance et
les finances sociales, mais aussi au niveau des entreprises............................... 187
b) Un facteur de performance sociale à travers l’amélioration des conditions de
travail et la prévention des risques psychosociaux ........................................... 189
c) Un vecteur d’égalité entre les hommes et les femmes ........................................ 191
3. Le champ de l’étude confiée à l’équipe de KPMG/Sciences Po et le choix
des cinq pays européens sous revue .............................................................. 194
B.– LES POLITIQUES PUBLIQUES VISANT À FAVORISER LA CONCILIATION
ENTRE VIE FAMILIALE ET VIE PROFESSIONNELLE ............................................. 197
1. Un objectif bien identifié des politiques publiques au niveau national .......... 197
a) Un des quatre objectifs définis par le programme de qualité et d’efficience
« Famille » annexé au projet de loi de financement de la sécurité sociale ........ 198
b) Un objectif contractualisé avec la Caisse nationale des allocations familiales
(Cnaf) dans le cadre de sa convention avec l’État............................................ 203
c) Un aspect important de la résolution sur l’égalité entre les femmes et les
hommes adoptée par l’Assemblée nationale en mars 2011 ............................... 204
2. Une comparaison européenne faisant apparaître plusieurs spécificités
des politiques de conciliation en France.......................................................... 206
a) Un système socio-fiscal moins individualisé que dans certains autres pays....... 206
b) Une très bonne prise en charge des enfants en âge préscolaire, mais un
manque de places d’accueil pour les moins de trois ans................................... 208
c) Un congé parental très féminisé, plus long et moins bien rémunéré que dans
certains pays, en particulier en Suède et en Allemagne .................................... 213
3. Plusieurs enseignements à tirer de la tentative d’évaluation de la
performance comparée des politiques de conciliation ................................... 216
— 7 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
a) Les limites rencontrées pour évaluer la performance comparée des politiques
de conciliation ................................................................................................. 216
b) De bons résultats dans certains domaines, en particulier la natalité et
l’insertion professionnelle qui se fait plutôt à temps plein ................................ 218
c) Mais des voies d’amélioration afin de favoriser l’égalité des genres et
l’emploi des mères et de mieux répondre aux difficultés parfois exprimées par
les parents ....................................................................................................... 221
C.– LES POLITIQUES PUBLIQUES CONCERNANT LES FAMILLES
MONOPARENTALES ............................................................................................... 224
1. Des familles en nombre croissant, le plus souvent des mères seules, qui
sont particulièrement exposées au risque de pauvreté en France et en
Europe................................................................................................................. 225
2. De multiples leviers d’action reflétant, comme pour les politiques de
conciliation, les différentes figures contemporaines de l’État social ............. 231
a) Entre ciblage et universalisme : deux grandes catégories de pays, selon que
les parents isolés constituent ou non une cible spécifique des politiques
publiques ......................................................................................................... 232
b) Du « maternalisme » à l’activation : des formes de protection sociale
évoluant progressivement................................................................................. 238
3. Quels instruments apparaissent les plus performants pour lutter contre la
pauvreté et favoriser l’accès à l’emploi des parents isolés ?......................... 242
a) L’absence d’un réel modèle de réussite, même si la Suède et la France
apparaissent plutôt mieux positionnées ............................................................ 242
b) Le caractère rémunérateur de la reprise d’un emploi, comme c’est le cas en
France avec le revenu de solidarité active (RSA) ............................................. 244
c) L’importance d’un accompagnement adapté, de la prise en compte des
difficultés liées à la garde d’enfants et de l’accès à des emplois de qualité....... 249
d) L’importance des politiques universalistes visant à promouvoir l’emploi des
mères en général.............................................................................................. 251
D.– PRÉCONISATIONS : CRÉER LES CONDITIONS D’UN MEILLEUR ÉQUILIBRE
DES TEMPS PROFESSIONNELS ET FAMILIAUX ET AMÉLIORER
L’ACCOMPAGNEMENT DES FAMILLES MONOPARENTALES .............................. 253
1. Réformer le congé parental pour favoriser l’accès ou le retour à l’emploi
et promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes............................... 254
a) Fixer le cap d’une réforme allant progressivement vers un congé parental
plus court et mieux rémunéré, en prévoyant en son sein une période réservée
pour l’un des parents ....................................................................................... 254
b) Apporter un accompagnement renforcé vers la formation et l’emploi aux
bénéficiaires du complément du libre choix d’activité ...................................... 261
2. Poursuivre le développement et la diversification de l’offre d’accueil de la
petite enfance..................................................................................................... 263
3. Encourager le développement de la négociation collective et des bonnes
pratiques en milieu de travail............................................................................ 268
— 8 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
a) Encourager le développement de la négociation collective dans le champ de
l’articulation entre vies familiale et professionnelle ......................................... 268
b) Favoriser le développement des bonnes pratiques en entreprise ....................... 270
4. Apporter un accompagnement professionnel et social adapté aux parents
isolés pour mieux répondre aux situations de vulnérabilité, tout en
soutenant l’emploi des parents en général...................................................... 279
a) Améliorer l’information, concernant les aides aux familles et le dispositif du
revenu de solidarité active (RSA), et progresser en matière d’accès aux droits. 279
b) Procéder à l’évaluation de l’accompagnement par les travailleurs sociaux et
des conditions d’accès aux crèches pour les bénéficiaires de minima sociaux..... 282
c) Pour mieux répondre aux situations particulières de vulnérabilité, renforcer la
coordination entre les acteurs et envisager un accompagnement spécifique........ 285
RÉUNION DU COMITÉ DU 7 AVRIL 2011 : POINT D’ÉTAPE.................................. 293
RÉUNION DU COMITÉ DU 15 DÉCEMBRE 2011 : EXAMEN DU PROJET DE
RAPPORT D’INFORMATION ........................................................................................ 303
LISTE DES ANNEXES.................................................................................................... 305
ANNEXE N° 1 : LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES 2 : COMPTES RENDUS DES TABLES RONDES
ANNEXE N° 3: RÉPONSES DES AMBASSADES AU QUESTIONNAIRE ADRESSÉ
PAR LES RAPPORTEURS
ANNEXE N° 4 : RÉPONSE DES PARLEMENTS EUROPÉENS AU QUESTIONNAIRE
ADRESSÉ PAR LES RAPPORTEURS
ANNEXE N° 5 : LISTE DES SIGLES DES NOMS DE PAYS 6 : ÉTUDE COMPARÉE CONCERNANT LA POLITIQUE DE L'EMPLOI
DANS PLUSIEURS PAYS EUROPÉENS RÉALISÉE PAR EURÉVAL
ANNEXE N° 7 : ÉTUDE COMPARÉÉ RÉALISÉE PAR LE GROUPEMENT
KPMG/SCIENCES PO, L'OFCE ET LE LIEPP SUR LES POLITIQUES
D'ARTICULATION ENTRE VIE FAMILIALE ET VIE PROFESSIONNELLE ET LES
POLITIQUES ENVERS LES FAMILLES MONOPARENTALES





— 9 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
INTRODUCTION


« L’évaluation des politiques publiques est une discipline d’importance
décisive. Discipline au double sens du mot : à la fois une véritable technique
(1)professionnelle et une exigence qu’une démocratie moderne doit s’imposer ».

Lors de sa réunion du 21 octobre 2010, le Comité d’évaluation et de
contrôle des politiques publiques (CEC) a décidé d’inscrire à son programme de
travail l’évaluation de la performance des politiques sociales en Europe,
à l’initiative du groupe UMP.
Conformément aux dispositions prévues par l’article 146-3 du
(2)Règlement de l’Assemblée nationale , un groupe de travail a été constitué,
associant des représentants de différentes commissions permanentes concernées :
– Mme Anne Grommerch (UMP), désignée par la commission des
Affaires européennes ;
– M. Michel Heinrich (UMP), désigné par la commission des Affaires
sociales ;
– M. Régis Juanico (SRC), désigné par la commission des Affaires
culturelles et de l’éducation et par la commission des Affaires européennes ;
– M. Jean Mallot (SRC), désigné par la commission des Affaires sociales
et membre du CEC ;
– M. Pierre Méhaignerie (UMP), président de la commission des Affaires
sociales et membre du CEC.
Au sein de ce groupe, le Comité a désigné ses deux rapporteurs :
M. Michel Heinrich (UMP), membre de la commission des Affaires sociales, et
M. Régis Juanico (SRC), membre de la commission des Affaires culturelles et de
l’éducation et de la commission des Affaires européennes, qui ont pu engager
leurs travaux communs à compter du 12 janvier 2011.

(1) Préface du président de l’Observatoire de la dépense publique de l’Institut de l’entreprise, M. Yves
Cannac, L’évaluation des politiques publiques. Les notes de benchmarking international, Mme Sylvie
Trosa, Institut de l’entreprise (novembre 2003).
(2) Celui-ci dispose que « Chaque commission concernée par l’objet d’une étude d’évaluation désigne un ou
plusieurs de ses membres pour participer à celle-ci. Le Comité désigne parmi eux, ou parmi ses propres
membres, deux rapporteurs, dont l’un appartient à un groupe d’opposition. »
— 10 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
« Alors que nous devons surmonter de lourdes contraintes et relever de
nombreux défis », comme l’a souligné le président Pierre Méhaignerie, à l’origine
de l’inscription du sujet au programme du CEC, « l’exigence de performance
(1)constitue un impératif : une évaluation régulière doit la mesurer ».
Pour être effectivement essentielle, au regard notamment de ses enjeux
majeurs pour l’amélioration du pilotage de l’action publique, l’évaluation de la
performance des politiques sociales en Europe n’en constituait pas moins un
véritable défi, pour le moins ambitieux, sinon audacieux.
Aux difficultés liées au champ particulièrement large des politiques
publiques concernées, se sont effet ajoutées celles relatives au nombre de pays
relevant du champ de l’investigation, soit a minima les 27 États membres de
l’Union européenne, sans compter notamment la Norvège et la Suisse. En outre, la
question de la « performance » de diverses politiques sociales ne pouvait manquer
de faire naître un certain nombre d’interrogations épistémologiques (que peut-on
connaître et apprendre ?), méthodologiques (de quelle façon ?) et instrumentales
(à quelles fins ?) concernant les conditions selon lesquelles il convenait de
procéder à cette évaluation. Les travaux du groupe de travail devaient par ailleurs
être conclus au plus tard douze mois suivant la désignation des rapporteurs,
conformément aux dispositions prévues par le Règlement de l’Assemblée.
Dès lors, il est apparu nécessaire de définir une démarche évaluative et des
angles d’étude permettant tout à la fois d’envisager cette question dans sa
globalité, mais aussi de tenir compte de l’ensemble des contraintes précédemment
évoquées, ainsi que de l’intérêt qu’il pouvait y avoir à examiner de manière plus
approfondie quelques politiques plus ciblées dans un nombre limité de pays, en
vue notamment d’identifier des bonnes pratiques.
Le Comité a validé, lors de sa réunion du 7 avril 2011, les grandes lignes de
la démarche que lui ont proposée les rapporteurs lors de la présentation d’un point
(2)intermédiaire
Dans cette perspective, le présent rapport comporte, tout d’abord, plusieurs
éléments d’analyse transversale sur la performance des politiques sociales en
Europe, en vue d’en cerner les enjeux, mais aussi d’identifier les principales
caractéristiques du modèle social de la France et de son positionnement en Europe,
ainsi que les leviers possibles d’amélioration de la performance, en termes
notamment de gouvernance et d’évaluation des politiques (I). Un second volet –
thématique – du rapport a pour objet l’évaluation de la performance comparée des
politiques d’accompagnement des demandeurs d’emploi, d’une part (II), et de
deux politiques sociales à destination des familles, d’autre part (III), dans cinq
pays européens.

(1) « Évaluer la performance sociale », Revue française des affaires sociales (janvier-juin 2010).
(2) Dont le compte rendu figure en annexe.
— 11 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
Pour la préparation de ce rapport, 80 personnes ont été entendues par le
groupe de travail, au cours de 40 auditions et tables rondes, dont la liste est
présentée dans l’annexe n° 1. Les rapporteurs se sont également rendus en Suède,
à Bruxelles, au Royaume-Uni et en Allemagne, entre mai et novembre 2011.
Parallèlement, des questionnaires ont été adressés aux postes diplomatiques et aux
(1)parlements dans quinze pays européens . Les rapporteurs ont par ailleurs
souhaité bénéficié du concours de prestataires extérieurs pour réaliser, avec
l’accord du Comité, deux études sur les thèmes plus ciblés évoqués plus haut,
lesquelles sont publiées en annexe du présent rapport. Ces prestataires
(groupement KPMG-Sciences Po et KPMG-Euréval), ont été sélectionnés après
mise en concurrence sur appel d’offres, au titre de l’accord-cadre dont bénéficie le
CEC pour la réalisation d’évaluation de politiques sociales.
Que toutes les personnes entendues par les rapporteurs, les deux équipes
de prestataires ainsi que les services des ambassades – en particulier celles des
pays visités par les rapporteurs, soit, dans l’ordre chronologique, les postes de
Suède, du Royaume-Uni et d’Allemagne – et de la Représentation permanente de
la France auprès de l’Union européenne soient ici remerciés pour leur aide
précieuse à l’élaboration du présent rapport et, plus largement, leur contribution à
nourrir un débat qui, loin d’être épuisé par ce rapport, a vocation à se poursuivre
régulièrement au sein de notre Assemblée.
*
À titre liminaire, que recouvre précisément le terme de « politiques
sociales » ? Avant que de chercher à évaluer et comparer la performance des
politiques sociales, il importe en effet de commencer par préciser leur périmètre
ou, tout du moins, de mettre au jour les questionnements qu’il suscite, dans la
mesure où ce terme ne désigne pas un ensemble clairement délimité de politiques
publiques.
● Au sens strict, les politiques et les dépenses sociales renvoient le plus
souvent au champ de la protection sociale.
Les politiques de protection sociale visent à protéger les personnes contre un
certain nombre d’événements ou de risques sociaux, par exemple la maladie, la
vieillesse ou le chômage. Elles recouvrent ainsi traditionnellement :
– les régimes de base de sécurité sociale (assurance), qui en constituent le
« noyau dur » et assurent la couverture des risques relatifs à la vieillesse, à la
maladie, à l’invalidité, aux accidents du travail, aux maladies professionnelles et à
la famille ;
– l’assurance complémentaire ou surcomplémentaire (prévoyance) ;

(1) Voir la liste des pays et les réponses aux questionnaires, présentées dans les annexes n° 3 et 4 du présent
rapport.
— 12 —
DOCUMENTS SOUMIS AU CEC - SOUS EMBARGO
JUSQU'AU 15 DÉCEMBRE 12H30
– l’indemnisation du chômage ;
– les dispositifs d’aide sociale, qui repose sur le principe d’une solidarité en
faveur des plus démunis (assistance). À défaut d’autre protection, l’aide sociale est
allouée aux personnes qui se trouvent dans l’impossibilité financière ou physique
de pourvoir à leurs besoins quotidiens. L’aide sociale peut revêtir des formes
variées en fonction de la situation du bénéficiaire et est le plus souvent financée
par l’impôt, et non par les cotisations sociales.
● Le champ des politiques sociales peut toutefois apparaître beaucoup plus
large et évolutif et inclure, en particulier, les questions relatives à la formation
professionnelle, au travail et à l’emploi.
(1)Dans un ouvrage de référence sur les politiques sociales , Mme Marie-
Thérèse Join-Lambert, inspectrice générale des affaires sociales, a défini le champ
des politiques sociales comme correspondant « dans leur ordre d’apparition, aux
politiques du travail (conditions de travail et relations collectives entre employeurs et
salariés), à la protection sociale (aide sociale, politiques d’assurances puis de
sécurité sociale, vieillesse, santé, famille, indemnisation du chômage), aux politiques
de la formation professionnelle et de l’emploi, ainsi qu’aux différentes politiques
dites " transversales " plus récentes : revenu minimum et politiques locales
d’insertion qui lui sont liées, intégration des immigrés, politique de la ville… ».
De fait, il apparaît difficile de circonscrire précisément le périmètre des
politiques sociales, dès lors notamment que l’on considère qu’elles visent non
seulement à couvrir ou à réparer un risque social (soit le « social réparateur »),
mais aussi à prévenir sa survenue (par exemple, les politiques de l’emploi pour
prévenir le chômage, et donc les dépenses sociales au titre de l’assurance
chômage). Par un « effet domino », on pourrait ainsi considérer que les questions
relatives à l’éducation et à la formation, du fait notamment de leur impact en
termes d’accès à l’emploi, ou encore les questions fiscales, eu égard à la
dimension redistributive des prélèvements obligatoires, relèvent également, entre
autres, du champ social. Celui-ci peut ainsi s’avérer très extensif, comme l’a
(2)notamment souligné Mme Annie Fouquet , inspectrice générale des affaires
sociales et ancienne présidente de la Société française de l’évaluation (SFE), et ce
d’autant plus que les politiques sociales interagissent étroitement avec les politiques
économiques.
Pour les investigations du groupe de travail, cette définition du champ des
politiques sociales présentait toutefois l’avantage d’embrasser un plus large spectre
d’analyse et, en particulier, de permettre l’analyse des politiques visant à

(1) Politiques sociales, sous la direction de Mme Marie-Thérèse Join-Lambert, avec la collaboration de
Mmes Dominique Méda, Christine Daniel et Anne Bollot-Gitler et de M. Daniel Lenoir, Presses de la
Fondation nationale des sciences politiquesDalloz, deuxième édition (1999).
er(2) Audition du 1 février 2011.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents