DOSSIER PEDAGOGIQUE
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  • mémoire - matière potentielle : des victimes anonymes
  • cours - matière potentielle : la vie
  • exposé
Le Parvis centre d'art contemporain Service éducatif DOSSIER PEDAGOGIQUE Exposition MESURE DU DESORDRE Œuvres du Centre national des arts plastiques 23 juin – 3 octobre 2009 Vue générale de l'exposition Mesure du dé sordre au Parvis à Ibos L'exposition collective montre des oeuvres de plusieurs artistes : Au premier plan Robert Barta Rosso Corsa, 2007 sur le mur à gauche Olivier Millagou Sans titre, 2005, ensemble de six cartes postales sur le mur à droite Etienne Chambaud, Le comble, 2007, peinture magnétique sur toile acrylique sur papier, aimants sur le mur du fond Cyprien Gaillard, Desnianski Raion, 2007, vidéo couleur avec son, 30' Photo : Alain
  • envers de l'envers
  • jeu de transposition
  • associations d'images incongrues et de glissements de sens
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Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Le Parvis centre d’art contemporain
Service éducatif




DOSSIER PEDAGOGIQUE



Exposition
MESURE DU DESORDRE
Œuvres du Centre national des arts plastiques
23 juin – 3 octobre 2009


Vue générale de l’exposition Mesure du désordre au Parvis à Ibos
L’exposition collective montre des oeuvres de plusieurs artistes : Au premier plan Robert Barta Rosso Corsa, 2007 sur le mur à gauche Olivier
Millagou Sans titre, 2005, ensemble de six cartes postales sur le mur à droite Etienne Chambaud, Le comble, 2007, peinture magnétique sur toile
acrylique sur papier, aimants sur le mur du fond Cyprien Gaillard, Desnianski Raion, 2007, vidéo couleur avec son, 30’
Photo : Alain Alquier SOMMAIRE
I. Présentation de l ’exposition au Parvis......................... p °3
Le Centre national des arts plastiques .........................................p °4
Pourquoi une exposition collective ?............................................p °5
Th ématique de l ’exposition...........................................................p °6
Pr ésentation des artistes et des œuvres à Ibos ...........................P °7
• Les œuvres produisant une vision fragment ée....................... p°7
Davide Balula, Follow Venice
Adel Abdessemed,Nuit 1et Nuit2
• Les œuvres relevant d’accidents............................................ p°8
Robert Barta,RosoCorsa
Julien Discrit,Clockwork
• Les œuvres proc édant de l’effacement .................................. p°9
Olivier Millagou, Sans titre
Olivier Babin,Noescape
Etienne Chambaud, Le comble
Cyprien Gaillard, DesnianskiRaion
Pr ésentation des artistes et des œuvres à Pau ..........................p °1 6
• Les œuvres prenant la trajectoire de la chute ....................... p°1 6
Marie Denis, Floralies
Jordan Wolfson, Infinite melancholy
• Les œuvres jouant du mouvement apparition/disparition ....... p°1 8
Laurent Montaron, What remains is future
Joao Onofre, Untitledversion(Isee a darkness)
II. Avec la classe - p réparer la visite le autour de la th ématique
du d ésordre ............................................................ p °20
Un a priori n égatif.........................................................................p °2 1
Les figures mythologiques du d ésordre .......................................p °22
Grand autel de Pergame, frise orientale
Le d ésordre au Moyen-Age : la repr ésentation de l ’enfer ............p °23
Tympan de l ’abbatiale de Conques, Le Jugement dernier
Le d ésordre dans l ’art classique...................................................p °2 4
Nicolas Poussin, Les Bergers d ’Arcadie
Le d ésordre dans l ’art romantique................................................p °2 5
Joseph Malord William Turner, Temp ête de neige
D ésordres au XX ème si ècle.........................................................p °2 6
George Groz, Metropolis
Tony Smith, Die
! Lexique ..............................................................................p °2 8
III. Les ateliers organi sés autour de la visite ................... p °2 9
IV.
Atelier de cr éation : l ’envers de l ’envers est-ce l ’endroit ? ...........p °30
Atelier des images : les oppositions.............................................p °3 1
! Conditions de visite et contacts......................................................................p °32
ère1 partie
Présentation de l’exposition


Premier plan Robert Barta, Rosso Corsa, 2007. Second plan Etienne Chambaud, Le comble, 2007. Photo : Alain
Alquier
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Mesure du Désordre
Dossier Pédagogique

LE CENTRE NATIONAL DES ARTS PLASTIQUES

Le Centre national des arts plastiques (Cnap) est un établissement public, créé en
1982, sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. Il a pour mission de
soutenir et promouvoir la création contemporaine dans tous les domaines liés aux arts
visuels : peinture, sculpture, photographie, installation, vidéo, multimédia, design… Outre
ses fonctions de formation des publics et des professionnels, les aides financières
apportées aux artistes et aux lieux qui les soutiennent, ou encore ses missions de
commandes publiques, le Cnap est aussi un collectionneur public acquérant pour le
compte de l'État des œuvres qui seront inscrites sur les inventaires du fonds national
d'art contemporain (Fnac) dont il assure la garde et la gestion.
Le Fnac est l'une des plus importantes collections de l'État. Créé en 1976, il émane
de la volonté de l’Etat collectionneur d’œuvres d’art depuis deux siècles. Ce fonds
regroupe 90 000 œuvres des sculptures, peintures, installations, photographies et vidéo ;
ainsi que des objets et mobiliers design.
Le Fnac ne possède pas d’espace d’exposition propre. Sa principale mission est
de diffuser la collection dans différents lieux publics comme les musées, centres d’art, les
institutions, les mairies. Cette collection prestigieuse appartient donc à tous.
Les expositions comme celle que vous pouvez voir au Parvis jusqu’au 3 octobre
sont alors l’occasion de découvrir un patrimoine exceptionnel.












Vernissage de l’exposition Mesure du désordre, Richard Lagrange, directeur du Cnap présente les missions de son institution
au public. De gauche à droite : Richard Lagrange, directeur du Cnap, Magali Gentet, responsable du centre d’art contemporain du
Parvis et Sébastien Faucon, chargé de diffusion des œuvres du Fnac et commissaire de cette exposition.
Photo : Laurent Pascal
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Mesure du Désordre
Dossier Pédagogique

POURQUOI UNE EXPOSITION COLLECTIVE ?

Une exposition collective consiste à regrouper dans un même espace des œuvres
d’ artistes différents, de les faire dialoguer tout en multipliant diverses approches, des
ouvertures autres sur une même question, un même sujet comme nous allons le voir au
Parvis.
Au Parvis, Sébastien Faucon, qui travaille au Cnap pour assurer la diffusion des
œuvres du fonds national d’art contemporain auprès du public le plus large a assuré le
commissariat de l’exposition.
Le commissaire d’exposition est l’organisateur de l’exposition. Cest lui qui
sélectionne les œuvres et les artistes exposés. Il supervise l’accrochage de l’exposition,
en ce sens il est un peu comme un chef d’orchestre.







Sébastien Faucon procédant à l’accrochage des œuvres d’Olivier Millagou pendant le montage de l’exposition.
Photo : Sara Zubizarreta
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Mesure du Désordre
Dossier Pédagogique

THÉMATIQUE DE L’EXPOSITION

Sébastien Faucon a choisi de nous montrer des œuvres de jeunes artistes
(moyenne d’âge 25 ans) qui portent toutes la marque d’une certaine mélancolie. Sortes
de natures mortes modernes, elles nous donnent à considérer une vision du monde fait
de fragmentation, d’accidents, de disparition et rappellent l’aspect transitoire de
l’existence. Le titre de l’exposition “Mesure du désordre” ressemble aussi à un accident
de langage : autant la mesure évoque l’idée d’équilibre et d’harmonie, autant le désordre
est son exact contraire.
On associe souvent l’art, du latin ars -habileté, métier, connaissances techniques-,
aux notions d’agencement, de disposition et de construction. Or les arts, en littérature,
dans les arts plastiques, le théâtre ou la danse, se sont beaucoup intéressés à la notion
de désordre perçue comme un déplacement ou un dérangement troublant propre à
révéler le contraste entre l’ordre du monde et le chaos de l’univers. Comment apparaît le
désordre dans l’exposition et comment les artistes, au travers de leurs œuvres, l’ont ils
mis en œuvre ?

Dès l’entrée de l’exposition, le calme de l’espace et son aspect plutôt vide nous
saisissent. L’ensemble apparaît froid et asseptisé : les murs et les lumières sont blancs
et les œuvres jouent sur une gamme de monochromies variant du blanc au gris. Elles
semblent se fondre ou disparaître dans cet environnement. Seules quelques touches de
couleur ainsi que des sons viennent ponctuer une scénographie très mesurée. Cette
dernière répond à la disposition voulue par le commissaire qui a ordonné les œuvres
dans l’espace selon un agencement régulier ; ceci provoque la circulation d’une œuvre à
l’autre permettant un dialogue entre elles. Mais rien n’indique à première vue le désordre
annoncé dès l’entrée de l’exposition !
Et pourtant, on peut trouver dans chacune des œuvres présentées la notion du
désordre. On va voir au cours de notre visite comment les artistes ont su, chacun à leur
manière, induire du désordre dans leurs œuvres sans jamais le représenter et en
utilisant, au contraire, les signes de l’ordre et de la mesure.




L’entrée de l’exposition à Ibos. Un désordre
apparement très mesuré…
Les artistes n’ont pas créé leurs œuvres
spécialement pour cette exposition . C’est
Sébastien Faucon, commissaire de
l‘exposition, qui les a regroupées ici, tels
des grains de sable dans un ordre apparent
des choses et une représentation bien
huilée du temps. Il nous propose un regard,
une reflexion du monde qui nous entoure
empreint d’une certaine mélancolie pour
tout ce qui nous échappe mais aussi d’une
petite pointe d’humour pour tout ce que
nous tentons de retenir !
Photo : Alain Alquier
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Mesure du Désordre
Dossier Pédagogique

PRÉSENTATION DES ARTISTES ET DES ŒUVRES À IBOS

Dans l’exposition, nous allons découvrir des sculptures, des photographies, des
peintures et des vidéos. Différentes les unes des autres, tant par leurs formes que par la
pluralité des techniques utilisées, elles ont en commun une facture minimaliste, une
économie de moyens et une fragilité certaine. Sans ostentation aucune ni effets
particuliers, d’une sobriété parfois radicale pour certaines, ces oeuvres développent
toutefois des glissements, des dérapages, des accidents et des effacements introduisant
la notion de désordre et rappelant l’aspect transitoire de l’existence et la fragilité de nos
certitudes. En ce sens, les oeuvres de l’exposition Mesure du désordre se situent dans la
tradition des Vanités ou Memento Mori.

On peut regrouper les œuvres de l’exposition en 3 catégories dont le sens est
induit dans la notion de désordre :
 Les oeuvres produisant une vision fragmentée
 Les oeuvres relevant d’accidents
 les oeuvres procédant de l’effacement


 Les oeuvres produisant une vision fragmentée :

Davide Balula
Follow Venice, 2008, miroirs double face, inox et laiton chromé, 196 x 146 x 80 cm




















Photo : Alain Alquier

Dans l’exposition, nous découvrons un objet insolite qu’on a du mal à identifier au
premier abord : est-ce un paravent, un store, un miroir ou un gigantesque hachoir ?
Composée de lames de miroirs inclinées à différents degrés, la sculpture reflète tout
l’espace environnant et donne des points de vue insolites sur le plafond, les néons et le
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Mesure du Désordre
Dossier Pédagogique
sol tout en les confondant. Le regard est à la fois arrêté par la surface striée et passe en
même temps au travers, provoquant des jeux de perspective très amusants. En se
rapprochant de la sculpture, nous découvrons que le reflet de l’espace d’exposition mais
aussi le notre, sont totalement déconstruits renvoyant une image fragmentée voire
mutilée de notre corps.
Pour Davide Balula, qui utilise les lois de la physique dans son travail, avoir une vision
claire et définie de la réalité est une chose impossible. C’est pourquoi son œuvre pertube
notre manière habituelle et ordonnée de voir et de comprendre les choses. Brouiller les
pistes, déranger le regard ordonné que l’on porte sur ce qui nous entoure, déconstruire
et multiplier les perspectives, c’est bien là une expérience du monde retourné, en
désordre. Questionner les limites du perceptible et du pensable c’est aussi remettre en
cause la réalité de notre propre perception.

Davide Balula est né en 1978 à Annecy. Il vit et travaille à Paris.

Adel Abdessemed
Nuit 1 et Nuit 2, 1997, photographies couleur, C-print contrecollé sur dibon, 50,1 x 75,1
cm






















Photo : Sara Zubizarreta

Deux plaques, que l’on prend d’abord pour du métal, sont placées face à face dans
l’exposition, dans une sorte de vis-à-vis ou de confrontation, telles des cibles. Il s’agit de
deux photographies de plaques de métal trouées par des impacts de balles.
Qu’ont à nous livrer ces images ni belles, ni spectaculaires mais dramatiquement
anodines malgré la violence qu’elles exposent au visiteur, de quelle expérience du
regard et du monde retournent - elles ?

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Mesure du Désordre
Dossier Pédagogique
A première vue, il s’agit de fragments d’images, des détails de toles perforées
d’impacts de balles. Mais à mieux regarder, se dessinent des sortes de constellations,
lumineuse pour Nuit 1 et éteinte pour Nuit 2 .
Ce diptyque a été réalisé en 1997 pendant la vague des assassinats effroyables en
Algérie. Pour en témoigner, Adel Abdessemed n’a pas photographié les corps des
populations locales massacrées. Il a demandé à un groupe de chasseurs situés aux
abords de Paris de tirer sur un ensemble de plaques métalliques qu’il a ensuite placé au
plafond d’un couloir éclairé par le haut. Les impacts deviennent alors des étoiles,
lumineuses ou noires, que l’artiste a photographiées pour nous les donner à voir. Par ce
geste radical et poétique à la fois, l‘artiste exprime la violence des armes à feu et en
même temps honore la mémoire des victimes anonymes où qu’elle se trouvent dans le
monde.
Adel Abdessemed est un artiste engagé dont les œuvres, politiques et critiques,
s’attachent à donner une forme aux violences infligées aux hommes et aux femmes dans
une société régie par l’ordre et l’économie.

Adel Abdessemed est né en 1971 à Constantine (Algérie). Il vit et travaille à Paris.



 Les œuvres relevant d’accidents:

Robert Barta
Rosso Corsa, 2007, vernis laque rouge sur acier, 80 x 420 x 55,5 cm





















Photo : Laurent Pascal


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Mesure du Désordre
Dossier Pédagogique
Rosso Corsa est l’œuvre que l’on voit en premier dans l’exposition : elle est rouge,
grande et est placée au centre en plein dans l’axe d’entrée de l’exposition ; on ne peut
pas la “rater”. Et pourtant, la sculpture évoque elle-même un ratage, un dérapage plutôt,
un renversement de codes, un bouleversement de valeurs. Il s’agit d’une glissière de
sécurité d’autoroute acccidentée laquée rouge Ferrari. On comprend très bien le jeu de
transposition, comme un jeu de mots : lors de l’accident la glissière a pris quelque chose
de l’engin automobile, sa couleur inimitable symbole glamour, de luxe et de vitesse. Or
ici, ces valeurs sont retournées, d’autres notions ont pris leur place : danger, sang, mort.
Il est bien question ici de l’absurdité du cours de la vie, de sa fragilité et de sa briéveté.
Cette sculpture agit comme une “Vanité contemporaine”.
Robert Barta est un artiste gourmand des signes et des codes qui fondent les
cultures et les sociétés modernes. Ses œuvres, qui sont comme des jeux de
renversement de pensées logiques et de mots, procèdent de légers décalages,
d’associations d’images incongrues et de glissements de sens. L’ordinaire du monde qui
nous entoure, envisagé sous un point de vue insolite, devient troublant.

Robert Barta est né en 1975 à Prague. Il vit et travaille à Berlin.


Julien Discrit
Clockwork, 2006, vidéo, 8’ en boucle



























Ohoto : Alain Alquier

A première vue, le vidéo de Julien Discrit ne semble pas relever de l’accident. Sur
un moniteur placé en hauteur, on voit un balancier de puits de pétrole filmé dans son
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