Etude d'œuvre : La Chartreuse de Parme de Stendhal

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Etude d'œuvre : La Chartreuse de Parme de Stendhal

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Ajouté le 21 juillet 2011
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Langue Français
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1. Unroman du sublime 2. Natureet élévation 3. Lespersonnages 4. Laquête de soi
Un roman du sublime
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FRANÇAIS
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Etude d’œuvre : La Chartreuse de Parme de Stendhal
Dans l’œuvre de Stendhal,on se plaît souvent à distinguerLa Chartreuse de Parmedes autres romans.Ainsi, MauriceBardèche fait deLa Chartreuse de Parmeun miracle,Gilbertun événement qui ne s’est produit qu’une seule fois dans la carrière du romancier. Durand lui aussi, dansLe Décor mythique de La Chartreuse de Parmefait de ce roman le couronnement de l’œuvre de Stendhal. Et, en effet, comment nierque le dernier grand roman de Stendhal soit un des sommets de l’art de l’auteur,et même de la littérature en général ? Stendhal l’écrit d’une traite pendant les derniers mois de 1838 : il rédige, dicte, corrige, enfermé dans son appartement du 8 rue Caumartin, ne laissant entrer personne chez lui afin de n’être pas distrait. Il réussit le miracle deLa Chartreuse de Parme, «texte clos,se suffit à lui-mêmefermé, parfait, qui», selonBéatrice Didier, et cependant «essentiellement ouvert et [qui] semble, pour la durée de la lecture,délivrer le lecteur de la pesanteur du temps et du destin». Comment, sinonexpliquer, dumoins comprendre une telle réussite ?La Chartreuse de Parmeréunit une écriture à la fois maîtrisée et libre, un sens de la composition et du rythme inégalés ainsi qu’une bonne partie des thèmes chers à Stendhal. On retrouve ainsi la figure du jeune héros,Fabrice del Dongo,qui prend naturellement place aux côtés de Julien Sorel ou Lucien Leuwen dans le « panthéon » stendhalien ;le schéma du « roman d’initiation », les lieux stendhaliens,comme l’Italie,la prison,l’eau paisible des lacs, mais aussi les figures du père substitutif,des deux amantes « rivales »,et même la politique. La Chartreuseet la notion qui résume le mieux les différents aspects dese situe donc dans la continuité de l’œuvre stendhalienne, cette continuité est celle du sublime.Le mot en lui-même se retrouve sans cesse sous la plume de Stendhal,et dansLa Chartreuseplus que jamais. Balzac, dans le grand article qu’il a consacré àLa Chartreusene s’y est pas trompé puisqu’il introduit son propos par ces mots :«a écrit un livre où le sublime éclate de chapitre en chapitreM. Beylela fin de son article,aussi, àque le livre n’a pas». Il note «le cachet d’irréprochable beautéle caractère de perfection,» qui définissent selon lui les livres de Chateaubriand et de De Maistre ; ce trait est plus remarquable qu’il n’y paraît.Le sublime stendhalien est en effet presque contradictoire avec la rigueur et la beauté « classique » des livres que Balzac cite en exemple.
Qu’est-ce que le sublime ? Que désigne exactement le terme « sublime » ? Il sert d’abord à qualifier des lieux,des paysages,des sites ou des phénomènes naturels aussi bien que des productions de l’homme (des bâtiments,des œuvres d’art). Mais il sert aussi à qualifier un état d’esprit particulier, une « grande âme » (mots que Stendhal applique volontiers à ses personnages),voire un mouvement de l’esprit particulièrement remarquable. Enfin, le substantif « sublime » désigne d’une part ce qui est le plus haut dans la hiérarchie des valeurs ou par le mérite (c’est la définition duPetit Robert) et, d’autre part, ce qui relève du « sentiment du sublime ». Le sublime apparaît comme une forme d’idéal entre le fini et l’infini, qui trouverait sa concrétisation dans la figure mathématique de l’asymptote,puisque le sublime est une tension vers un « autre »,vers un « au-delà ».Grâce à lui, l’homme est « plus que l’homme »,ou plutôt cherche à être plus que l’homme quand «[…] s’abîme elle-même, et se[son] imagination atteint son maximum et dans l’effort pour le dépasser, faisant est plongée dans une satisfaction émouvante».
Le sublime chez Stendhal Les préromantiques,dont Madame de Staël, se sont emparés de cette notion en la transformant, mais c’est surtout Stendhal qui reprend le terme et le détourne quelque peu de son sens originel.Lui-même est d’ailleurs devenu une source pour des auteurs qui récupèrent la notion de sublime, parmi lesquels on peut citer Giono (avec notammentLe Hussard sur le toit,Angelo,Le Bonheur founotion véhiculée par le regard et les actions d’un ou de plusieurs individus.). C’est uneLe personnage romanesque est ainsi le vecteur idéal pour ressentir le sublime.Le sublime stendhalien est à la fois un idéal vers lequel les personnages doivent tendre,une
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