La franc-maçonnerie (tome 2
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LA CITÉ ANTICHRÉTIENNE A U X I X e S I È C L E PAR D . P . B E N O I T D O C T E U R E N P H I L O S O P H I E ET E X T H É O L O G I E A N C I E N D I R E C T E U R D E S É M I N A I R E II TOME SECOND P A R I S SOCIÉTÉ G É N É R A L E DE LIBRAIRIE CATHOLIQUE VICTOR PALMÉ, DIRECTEUR GÉNÉRAL 76, rue des Saints-Pfrcs, 7G B R
  • apparition de jésus-christ sur les bords du jourdain
  • bords du gauge
  • maçonnerie
  • prison môme de la bastille
  • origine aux sectes
  • signes de passe et de reconnais­ sance
  • moyen-âge
  • moyen âge
  • sociétés
  • société

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Langue Français
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Exrait

LA CITÉ ANTICHRÉTIENNE
A U XIXe SIÈCLE
PAR D. P. BENOIT
DOCTEU R EN PHILOSOPHIE ET EX THÉOLOGIE
ANCIE N DIRECTEUR DE SÉMINAIRE
II
LAFRANC-MAÇONNERIE
TOME SECOND
PARI S
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE LIBRAIRIE CATHOLIQUE
VICTOR PALMÉ, DIRECTEUR GÉNÉRAL
76, rue des Saints-Pfrcs, 7G
GENÈV E BRUXELLE S
SOCIÉTÉ BELGE DE LIBRAIRIE HENRI TREMBLEY, ÉDITEUR
13, rue de* Paroissiens, 12 4, rue Corratene, 4
138 6 DEUXIÈME DIVISION
ORIGINE DES SECTE S MAÇONNIQUES
692. Quelle est Vorigine des sociétés secrètes (1)? i»Opinions
vc sesL a plupart des maçons prétendent à une origine £ i> s
an
l0ancienne. Les uns vénèrent leurs ancêtres dans les &<*.
ouvriers qui bâtirent la tour de Babel, dans ceux qui
élevèrent les pyramides d'Egypte, et surtout dans
ceux qui construisirent le temple * de Salomon*.
D'autres remontent plus haut encore.
« La franc-maçonnerie se perd dans la nuit des
temps, ou plutôt elle commence'avec les hommes mêmes.
Dès quil y a eu des êtres souffrants, il y a eu des
maçons pour les protéger; dès qu'il y a eu des hommes
(t) Nous croyons être pour le fond dans le plus comple
accord sur l'origine des sociétés secrètes avec le P« Des­
champs et M. Claudio Jannet. Nous nous permettons de
renvoyer de nouveau le lecteur à leurs si remarquables
travaux.
FRANC-MAC. II 1 2 LA FRANC-MAÇONNERIE
injustes, il y a eu des maçons pour réparer les torts; dès
qu'il y a eu des fourbes, des oppresseurs, il y a eu des
maçons pour les haïr, les combattre et diminuer les
maux dont ils désolaient la terre (1). » « La Maçonnerie
vient des époques les plus reculées » ; elle a traversé
tous les âges, « en s'ussimilant le bon et le bien de
toutes les époques de la civilisation humaine (2). »
« Quelques enthousiastes se persuadent que la pre­
mière loye a été tenue dans le paradis terrestre, lorsque
Dieu apparut ci Adam et à Eue (3), »
« Pour se donner un air antique qui leur attiré des
respects, les maçons s'associent ci tous ceux qui se sont
distingues dans l'antiquité par quelque ouvrage mémo­
rable, tels que Hiram, Adonhiram, Salomon, Noè, Adam;
quelques-uns même ne craignent pas de s'élever jusqu'à
Dieu, et de le prendre pour le maître de leur art, dont
il a donné des leçons en formant la voûte des deux (4). »
« Il en est qui font remonter l'origine de la franc-
maçonnerie à l'apparition de Jésus-Christ sur les
bords du Jourdain, lorsque les trois personnes de la
sainte Trinité rendirent témoignage à sa mission divine;
c'est pour cette raison que la féle de saint Jean-Baptiste
est si célèbre dans tout l'ordre maçonnique (5). »
693. D'autres se contentent de faire remonter lètirs
sociétés à ces* corporations d'ouvriers maçons qui,
au moyen âge, couvrirent le sol de l'Europe de cathé­
drales et d'autres monuments, spécialement à ceux
qui élevèrent le dôme de Strasbourg. Un grand
(1) Précis historique do Tordre do la franc-maç; Discours,
e
tome II , p. 307.
(2) Maçonnerie pratique ou Cours d'enseignement supérieur
de la franc-maçonnerie, tome I"', p. 197.
(3) Le voile levé pour les curieux, 1791, p. 2ô.
(4) Ibid., p. 6.
(5) Ibid p. 25. MLA FRANC-MAÇONNERIE 3
nombre se donnent comme les héritiers de ces
croisés qui en Asie se firent initier aux mystères,
comme les descendants des Albigeois en général, des
Templiers en particulier,
« Jacques Molay, disent quelques-uns, a créé, avant
son supplice et dans la prison môme de la Bastille,
quatre Loges Mères : Naples pour l'Orient, Edimbourg
pour l'Occident, Paris pour le Midi et Stockolm pour
le Nord. »
Beaucoup font venir la franc-maçonnerie des
mystères d'Eleusis, de ceux de l'Egypte, du culte
des Druides, et en général des mystères païens.
« Ceux qui font profession de cultiver les sciences
abstraites, de découvrir les connaissances mystérieuses,
cachées sous les allégories et les emblèmes, font remonter
l'origine de la franc-maçonnerie à Misraim ou Menés,
à J/io-, Hermès ou Mcrcurc-Trismcgisle (1). »
A entendre celui-là, la franc-maçonnerie est née
en Perse où « Zoroastre, il y a dix-neuf siècles,
répandit la dofctrine qui consiste à soumettre toute
croyance à la raison humaine (2). » D'après celui-ci,
« la franc-maçonnerie est venue de l'Inde et des
bords du Gauge; de ces peuples et de ces climats
où la vertu et la science ont été enseignées de
tout temps d'une manière si éclatante et pratiquée
avec une constance si noble, un enthousiasme si beau,
qu'ils sont devenus ii jamais (surtout par l'adoration
du lingam ou de la déesse-raison), la merveille et
l'exemple de tous les siècles (de tous les maçons) (3). »
Quelques-uns en attribuent l'origine à la Cabale.
(1) Le voile levé pour les curieux, 1791, p. 25.
(2) Maçonnerie pratique, ou Cours d'enseignement supé­
rrieur , tome l« , p. 31
(3) Précis historique de Tordre de la franc-maç. Discours*
tome Ile, p. 312. LA FRANC-MAÇONNERIE 4
Il est peu de francs-maçons qui donnent leur insti­
tution comme récente.
694. Quant aux chefs, « peu curieux de retrouver la
vraie origine de l'ordre, ils laissent volontiers leurs
subalternes libres de choisir telle origine qu'ils veulent
adopter > pourvu quun voile épais couvre leurs secrets 9
desseins. « Il est libre à chacun de supposer à la franc-
maçonnerie l'origine qui lui plaira, de la tirer de l'Inde
ou de l'Egypte, de la faire naître de telle guerre^ de
telle secte, de telle révolution, de tel système astrono­
mique ou religieux. Les chevaliers Kadosch » et tous
les purs sectaires « abandonnent les plaisirs de Véru­
dition pour des avantages beaucoup pius grands : je veux
dire l'application des principes de la Maçonnerie (3). »
G95. On trouve la môme diversité de sentiments chez
les auteurs qui ne sont pas membres des sociétés
secrètes.
Un grand nombre prétendent que la franc-maçon-
nerie ne date que d'un siècle et demi. Quelques-uns
en font remonter l'origine aux sectes les plus avancées
de la réforme, principalement à celle des Sociniens,
ou à celle des Puritains. Fauste-Socin, Cromwel ou
quelques autres sectaires du môme genre en ont
été, disent-ils, les premiers organisateurs.
Un plus grand nombre encore la font descendre
des Templiers et des autres manichéens du moyen
âge.
Plusieurs en attribuent l'institution aux Juifs.
Il en est peu qui regardent les maçons cons­
tructeurs du moyen âge comme de véritables
ancêtres des francs - maçons actuels, en ce sens que
les anciens maçons professaient déjà les doctrines
des sectaires modernes.
(4) Ibid. Discours dans la confédération des Kadosch,
tome 11°, p. 340. LA FRANC-MAÇONNERIE
La plupart pensent que le manichéisme a exercé
une influence considérable dans l'établissement des
sectes maçonniques.
696. Que faut-il penser de ces diverses opinions? Division de l0
I a ucstionIl n'est peut-être pas facile de démêler la vérité «i -
avec une entière certitude; mais nous croyons qu'il
n'est pas impossible d'arriver à des conclusions très
probables. Nous allons proposer modestement notre
sentiment.s le ferons avec d'autant plus de con­
fiance, que nous le voyons partagé par les auteurs
les plus éminents.
Nous distinguons la substance de la franc-maçon­
nerie, et sa forme actuelle. Dans sa forme actuelle, elle
est moderne; dans sa substance, elle est ancienne.
« La franc-maçonnerie, dirons-nous avec Lessing
etFindel, existe de temps immémorial, » ou du moins .
reiùonte à une très haute antiquité; « mais Tordre
maçonnique^ dans son organisation et quant à sa
eforme, ne date que du xvni siècle (1). » C'est ce que
nous allons chercher à expliquer.
CHAPITRE I
Origine de la franc-maçonnerie dans sa forme
présente
697. Nous disons donc en premier lieu que la franc- i° Nouons
0maçonnerie, dans sa forme présente, est une institution tjons ouvn?rcs
de date récente. g Ä,Tt g
698.Aumoyenâgelesouvriersdesmêmesprofessions sur celles des
17 " * francs - maçons
en particulier,.
(i) Findel, Les principes de la franc-maçonnerie dans la
vie des peuples, p. 3, 6 LA FRANC-MAÇONNERIE
formaient des associations distinctes : il y avait les
corporations des orfèvres, des serruriers, des libraires,
dos charpentiers, dos menuisiers, etc.; il y avait en
particulier les corporations des maçons. Chaque
corporation avait son organisation, son gouvernement
et ses privilèges. Partout où un membre allait, il
trouvait dos frères prêts à l'accueillir et à l'aider.
Les corporations des maçons étaient très nom­
breuses et couvraient toute l'Europe. Comme elles
rendirent d'immenses services dans la construction
des édifices publics, spécialement des églises, elles
furent favorisées de beaucoup d'exemptions et de
franchises; de là le titre de francs-maçons.
Les maçons, comme la plupart des ouvriers du
moyon âge, étaient, suivant leur habileté dans leur
art, distingués on apprentis, en compagnons et en
maîtres. Les droits variaient avec le grade.
Les maçons avaient, comme les ouvriers des autres
corporations, des signes de passe et de reconnais­
sance, qui leur permettaient de se reconnaître entre
eux dans toutes les contrées du monde. Bien plus,
chaque classe avait ses signes propres; par exemple,
les maîtres pouvaient se reconnaître à des signes
inconnus des apprentis et des compagnons.
699. Pendant longtemps, nul ne pouvait entrer dans
une corporation sans exercer la profession de ses
membres. Mais h la lin du moyen Age, les corpora­
tions furent insensiblement envahies par des hommes
étrangers au métier qui s'y exerçait. Dès lors beau­
coup de personnes entrèrent dans les corporations
des maçons, tout en ignorant les premiers principes
de Fart des constructions et sans avoir l'intention de
les apprendre ni de les pratiquer, en vue des exemp­
tions et des privilèges, pour recueillir certains hon­
neurs, trouver des moyens de communication au
loin, etc.

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