la Révolution russe 2- Octobre
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la Révolution russe 2- Octobre

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  • exposé
  • cours - matière potentielle : des événements
Léon Trotsky (1879-1940) [1932] (1967) Histoire de la Révolution russe 2- Octobre Traduit du russe par Maurice Parijanine. Un document produit en version numérique par Claude Ovtcharenko, bénévole, Journaliste à la retraite près de Bordeaux, à 40 km de Périgueux Courriel: Dans le cadre de la collection: Les classiques des sciences sociales Site web: Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi Site web:
  • formation achevée des groupements politi- ques
  • masses agissantes
  • histoire de la révolution
  • déviations de l'aiguille
  • sérieuse garantie de la solidité scientifique des conclusions
  • masse
  • masses
  • classiques des sciences sociales

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Léon Trotsky (1879-1940)

[1932] (1967)



Histoire de
la Révolution russe
2- Octobre

Traduit du russe par Maurice Parijanine.





Un document produit en version numérique par Claude Ovtcharenko, bénévole,
Journaliste à la retraite près de Bordeaux, à 40 km de Périgueux
Courriel: c.ovt@wanadoo.fr


Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"
Site web: http://classiques.uqac.ca/

Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque
Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi
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Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 2


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Jean-Marie Tremblay, sociologue
Fondateur et Président-directeur général,
LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES. Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 3

Cette édition électronique a été réalisée par Claude Ovtcharenko,
bénévole, journaliste à la retraite près de Bordeaux, à 40 km de Péri-
gueux.

Courriel: c.ovt@wanadoo.fr

à partir de :

Léon TROTSKY

HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION RUSSE.
2- OCTOBRE.

Traduit du russe par Maurice Parijanine. Paris : Les Édi-
tions du Seuil, 1967, 768 pp. Collection Politique.



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Pour le texte: Times New Roman, 12 points.
Pour les citations : Times New Roman, 12 points.
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Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word
2004 pour Macintosh.

Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)

Édition numérique réalisée le 12 février 2010 à Chicoutimi, Ville de Saguenay,
province de Québec, Canada.

Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 4

Léon TROTSKY

HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION RUSSE.
2- OCTOBRE.



Traduit du russe par Maurice Parijanine. Paris : Les Éditions du Seuil, 1967,
768 pp. Collection Politique. Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 5




Table des matières



Préface

23. Les « Journées de Juillet » : la préparation et le début
24. Les « Journées de Juillet » : le point culminant et l’écrasement
25. Les bolcheviks pouvaient-ils prendre le pouvoir en Juillet ?
26. Le mois de la grande calomnie
27. La contre-révolution relève la tête
28. Kerensky et Kornilov
29. La conférence d’État à Moscou
30. Le complot de Kérensky
31. Le soulèvement de Kornilov
32. La bourgeoisie se mesure avec la démocratie
33. Les masses exposées aux coups
34. Marée montante
35. Les bolcheviks et les soviets
36. La dernière coalition
37. La paysannerie devant Octobre
38. La question nationale
39. Sortie du préparlement et lutte pour le congrès des soviets
40. Le comité militaire révolutionnaire
41. Lénine appelle à l’insurrection
42. L’art de l’insurrection
43. La prise de la capitale
44. La prise du palais d’Hiver
45. L’insurrection d’octobre
46. Le congrès de la dictature soviétique

Conclusion

Appendices

1. Des particularités du développement de la Russie
2. « Le réarmement du parti »
3. Le congrès des soviets et la manifestation de juin Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 6




Histoire de la Révolution russe.
2- Octobre (1930)

PRÉFACE

Léon Trotsky, 13 mai 1932.
_______








Retour à la table des matières
La Russie a accompli si tard sa révolution bourgeoise qu’elle s’est trouvée
forcée de la transformer en révolution prolétarienne. Autrement dit : la Russie
était tellement en retard sur les autres pays qu’elle a été obligée, du moins dans
certains domaines, de les dépasser. Cela semble absurde. Cependant, l’histoire est
pleine de ces paradoxes. L’Angleterre capitaliste a tellement devancé les autres
pays qu’elle s’est trouvée forcée de céder le pas. Les pédants se figurent que la
dialectique est un vain jeu d’esprit. En réalité, elle reproduit seulement le proces-
sus de développement qui vit et se meut dans des contradictions.
Le premier tome de cet ouvrage devait expliquer pourquoi le régime démocra-
tique, tardivement arrivé dans l’histoire à remplacer le tsarisme, se trouva abso-
lument non viable. Le tome présent traite de la conquête du pouvoir par les bol-
cheviks. Le fond de l’exposé est ici encore constitué par une narration. Le lecteur
doit trouver dans les faits mêmes une base suffisante pour les déductions.
L’auteur ne veut pas dire par là qu’il évite les généralisations sociologiques.
L’histoire n’aurait point de valeur si elle ne nous enseignait quelque chose. Le
puissant déterminisme de la révolution russe, l’enchaînement de ses étapes,
l’invincibilité de l’élan des masses, la formation achevée des groupements politi-
ques, la netteté des mots d’ordre — tout cela facilite extrêmement la compréhen- Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 7

sion de la révolution en général et, par conséquent aussi, de la société humaine.
Car on peut estimer, prouvé par toute la marche de l’histoire, qu’une société, dé-
chirée par des antagonismes internes, dévoile complètement non pas seulement
son anatomie, mais aussi son « âme », précisément dans une révolution.
Plus immédiatement, le présent ouvrage doit aider à comprendre le caractère
de l’Union soviétique. Notre thème est d’actualité non point en ceci que
l’insurrection d’octobre s’est produite sous les yeux d’une génération encore vi-
vante — ce qui, bien entendu, ne manque pas d’importance — mais en ceci que le
régime issu de l’insurrection est vivant, se développe et pose à l’humanité de nou-
velles énigmes. Dans le monde entier, le problème que présente le pays des so-
viets reste constamment à l’ordre du jour. Or, on ne peut concevoir ce qui est,
sans avoir élucidé préalablement comment ce qui existe s’est formé. Les grandes
évaluations politiques exigent une perspective historique.
Pour huit mois de révolution, de février à octobre 1917, il a fallu deux volu-
mes. La critique, en règle générale, ne nous a pas accusé d’être prolixe. L’ampleur
de l’ouvrage s’explique plutôt par la façon de considérer les matériaux. On peut
donner la photographie d’une main : cela prendra une page. Mais pour exposer les
résultats d’une étude microscopique des tissus de la main, il faut un tome.
L’auteur ne se fait aucune illusion au sujet de la plénitude et du fini de la recher-
che accomplie par lui. Néanmoins en bien des cas, il a dû employer des méthodes
qui sont plutôt celles du microscope que de l’appareil photographique. A certains
moments, quand il nous semblait que nous abusions à de la longanimité du lec-
teur, nous biffions largement des dépositions de témoins, des aveux de partici-
pants, des épisodes secondaires ; mais, ensuite, fréquemment, nous rétablissions
beaucoup de ce qui avait été biffé. Dans cette lutte pour les détails, nous étions
guidés par l’intention de montrer le plus concrètement possible le processus mê-
me de la révolution. Impossible notamment de ne pas tenter d’utiliser à fond cet
avantage que cette histoire a été écrite sur le vif, d’après nature.
Des milliers et des milliers de livres sont, chaque année, jetés sur le marché
pour présenter une nouvelle variante d’un roman personnel, le récit des incertitu-
des d’un mélancolique ou de la carrière d’un ambitieux. Telle héroïne de Proust a
besoin de plusieurs pages raffinées pour arriver à sentir qu’elle ne sent rien. Nous
pensons que l’on peut, au moins à droit égal, réclamer de l’attention pour des
drames collectifs qui, dans l’histoire, sortent du néant des centaines de millions Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 8

d’êtres humains, transforment le caractère des nations et s’insèrent pour toujours
dans la vie de l’humanité.
L’exactitude des références et des citations du premier tome n’a été contestée
jusqu’à présent par personne : au surplus, cela eût été difficile. Les adversaires se
bornent le plus souvent à des considérations sur ce thème que la partialité person-
nelle peut se manifester dans une sélection artificielle et unilatérale des faits et des
textes.
Indiscutable en soi, cette considération ne dit rien du présent ouvrage et enco-
re moins de ses procédés scientifiques. Or, nous nous permettons d’insister réso-
lument sur ce point que le coefficient du subjectivisme est déterminé, limité et
contrôlé non point tant par le tempérament de l’historien que par le caractère de sa
méthode.
L’école purement psychologique, qui considère le tissu des événements com-
me un enchevêtrement des libres activités des individus ou de leurs groupements,
laisse la plus grande marge à l’arbitraire, même en admettant les meilleures inten-
tions du chercheur. La méthode matérialiste institue une discipline en vous obli-
geant à partir des faits dominants de la structure sociale. Les forces essentielles du
processus historique sont pour nous les classes ; sur elles s’appuient les partis
politiques ; les idées et les mots d’ordre apparaissent comme la petite monnaie des
intérêts objectifs. Toute la marche de l’étude conduit de l’objectif au subjectif du
social à l’individuel, de ce qui est capital à la conjoncture. Ainsi, à l’arbitraire de
l’auteur, s’opposent de rigoureuses limites.
Si un ingénieur des mines, dans un rayon non prospecté, découvre, par un
sondage, du minerai de fer magnétique, on peut toujours supposer que c’est un
heureux hasard : il n’est pas encore indiqué de creuser un puits. Si le même ingé-
nieur, se basant disons, sur les déviations de l’aiguille aimantée, en vient à conclu-
re que la terre doit receler des gisements de minerai, et si, ensuite, en divers en-
droits de la même région, il découvre effectivement du minerai de fer, même le
sceptique le plus pointilleux n’osera plus parler d’un hasard. Ce qui est convain-
cant, c’est le système qui met à l’unisson le général et le particulier.
Les preuves de l’objectivité scientifique doivent être recherchées non dans les
yeux de l’historien ou dans les inflexions de sa voix, mais dans la logique intime
de la narration même : si les épisodes, les témoignages, les chiffres, les citations Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 9

coïncident avec les indications générales de l’aiguille aimantée de l’analyse socia-
le, le lecteur a la plus sérieuse garantie de la solidité scientifique des conclusions.
Plus concrètement : l’auteur est exactement fidèle à l’objectivité dans la mesure
où le présent ouvrage découvre effectivement l’inéluctabilité de l’insurrection
d’octobre et les causes de sa victoire.
Le lecteur sait que, dans une révolution, nous recherchons avant tout
l’intervention directe des masses dans les destinées dé la société.
Derrière les événements, nous essayons de découvrir les modifications de la
conscience collective. Nous écartons les allégations grossières, concernant un
mouvement des « forces élémentaires », allégation qui, dans la plupart des cas,
n’explique rien et n’enseigne rien. Les révolutions s’accomplissent d’après certai-
nes lois. Cela ne signifie pas que les masses agissantes se rendent clairement
compte des lois de la révolution ; mais cela signifie que les modifications de la
conscience des masses, au lieu d’être fortuites, sont subordonnées à une nécessité
objective qui est sujette à un éclaircissement théorique et crée par là une base pour
les prévisions et pour la direction.
Certains historiens soviétiques officiels ont essayé, si inattendu que soit le fait,
de critiquer notre conception comme idéaliste. Le professeur Pokrovsky insistait
par exemple sur ce point que nous aurions sous-estimé les facteurs objectifs de la
révolution : « Entre Février et Octobre s’est produite une formidable désorganisa-
tion économique » ; « pendant ce temps, la paysannerie… s’est soulevée contre le
gouvernement provisoire » ; c’est précisément dans ces « déplacements objec-
tifs », et non pas dans les processus psychiques variables qu’il conviendrait de
voir la force motrice de la révolution.
Grâce à une louable netteté dans sa manière de poser les questions, Pokrovsky
dévoile au mieux l’inconsistance d’une explication vulgairement économique de
l’histoire que l’on fait assez fréquemment passer pour du marxisme. Les change-
ments radicaux qui se produisent au cours d’une révolution sont provoqués, en
réalité, non point par les ébranlements épisodiques de l’économie qui ont lieu au
cours des événements mêmes, mais par les modifications capitales qui se sont
accumulées dans les bases mêmes de la société pendant toute l’époque précéden-
te. Qu’à la veille du renversement de la monarchie, de même qu’entre Février et
Octobre, le désarroi économique se soit constamment aggravé, entretenant et ai- Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe. 2- Octobre [1932] (1967) 10

guillonnant le mécontentement des masses, c’est absolument incontestable et nous
n’avons jamais détourné de cela notre attention. Mais ce serait une très grossière
erreur de penser que la deuxième révolution s’est accomplie, huit mois après la
première, parce que la ration de pain avait été diminuée pendant ce temps, passant
d’une livre et demie à trois quart de livre.
Dans les années qui suivirent de tout près l’insurrection d’Octobre, la situation
des masses, au point de vue ravitaillement, continua à empirer. Pourtant, les espé-
rances des politiciens contre-révolutionnaires dirigées vers une nouvelle insurrec-
tion subissaient à chaque coup un échec. Le fait peut sembler énigmatique seule-
ment à celui qui se figure le soulèvement des masses comme un mouvement des
« forces élémentaires », c’est-à-dire comme l’émeute d’un troupeau habilement
utilisée par des meneurs. En réalité, les privations ne suffisent pas à expliquer une
insurrection — autrement, les masses seraient en soulèvement perpétuel ; il faut
que l’incapacité définitivement manifeste du régime social ait rendu ces privations
intolérables et que de nouvelles conditions et de nouvelles idées aient ouvert la
perspective d’une issue révolutionnaire. Ayant pris conscience d’un grand des-
sein, les masses se trouvent ensuite capables de supporter des privations doubles
et triples.
L’allusion faite à un soulèvement de la classe paysanne comme deuxième
« facteur objectif » accuse un malentendu encore plus évident. Pour le prolétariat,
la guerre était, cela se comprend, une circonstance objective, dans la mesure où,
en général, les actes d’une classe deviennent des impulsions extérieures pour la
formation de la conscience d’une autre classe. Mais la cause immédiate de
l’insurrection paysanne même fut en des modifications dans l’état d’esprit de la
campagne ; un des chapitres de ce livre est consacré à rechercher la nature de ces
modifications. N’oublions pas que les révolutions sont accomplies par des hom-
mes, fût-ce par des anonymes. Le matérialisme n’ignore pas l’homme sentant,
pensant et agissant, mais l’explique. En quoi d’autre peut être la tâche de
1l’historien ?

1 La nouvelle de la mort de M. N. Pokrovsky, avec qui nous avons eu l’occa-
sion de mener plus d’une fois une polémique dans cet ouvrage, nous est par-
venue lorsque notre travail était achevé. Venu au marxisme du camp libéral
quand il était déjà un savant complètement formé, Pokrovsky a enrichi la litté-
rature historique contemporaine de travaux et d’initiatives précieuses, mais il