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  • cours magistral - matière potentielle : scientifique
  • cours magistral - matière potentielle : vont
Il y a toujours plusieurs possibilités de lectures dʼune oeuvre dʼart, il faut donc tenter dʼidentifier les principaux scénarios de sens en identifiant lʼopposition fondamentale. Il faut toujours commencer par une ekfrasis, elle est un moment obligé de la lecture scientifique. Les cactus dans les années 20-30. Cactus en fleur, Lenk Franz, 1931 Il date de 1931 et de lʼépoque de la nouvelle objectivité. ? Ekfrasis Le cactus est en pot avec une fleur de couleur blanche à tendance jaunâtre et quelque nuance de vert au centre.
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Travaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
Il y a toujours plusieurs possibilités de lectures dʼune oeuvre dʼart, il faut donc tenter
dʼidentifier les principaux scénarios de sens en identifiant lʼopposition fondamentale.
Il faut toujours commencer par une ekfrasis, elle est un moment obligé de la lecture
scientifique.
Les cactus dans les années 20-30.
Cactus en fleur, Lenk Franz, 1931
Il date de 1931 et de lʼépoque de la nouvelle
objectivité.
" Ekfrasis
Le cactus est en pot avec une fleur de couleur
blanche à tendance jaunâtre et quelque nuance de
vert au centre. Le pot est dans un lieu indéterminé
seulement défini par son obscurité, la lumière
provient de la gauche et va vers la droite, lʼombre
est plus marquée du côté droit que du côté gauche
du pot. La fleur se trouve au bout dʼune tige assez
longue.
" Opposition fondamentale
Le fond est totalement neutre et indéterminé en
opposition à la figure qui est déterminée et très
détaillée.
La figure est éclairée et le fond est obscur.
Lʼopposition fondamentale est donc entre le fond et
la figure.
" Lecture subjective
- Scénario pessimiste
On a une atmosphère extrêmement pesante avec la fleur isolée donnant une nature
étrange. La fleur est vue comme une émanation de lʼobscurité.
- Scénario optimiste
On peut considérer que lʼopposition est remporté par la fleur semblant triompher de
lʼobscurité. La fleur semble sublimer le corps du cactus en lui-même, elle peut-être
considérée comme la partie féminine de lʼoeuvre de par sa grâce, etc contrairement au
cactus qui est agressivement fermé sur lui-même.
On peut noter que tel quʼil est représenté ici, le cactus est souvent ressentis comme une
plante menaçante et étrange. La structure de la plante est assez étrange pour un végétal,
il nʼa pas la structure typique il est à la fois semblable à certains égards à un minéral, le
corps du cactus est dur et luisant. On est au niveau de la chose et non de lʼimage.
Dans lʼoeuvre, il y a toute une série de marqueurs signifiant renforçant les potentialité
anxiogène du cactus.
- Lʼobscurité renvoie à la mort
On a un sentiment de nuit glaciale, de silence assourdissant. On ne discerne rien dʼautre,
il nʼy a pas de bruits visuels.
Debongnie Déborah - 1 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
- La clarté de la fleur
Elle ne suffit pas à vaincre lʼobscurité ambiante mais peut-être vue comme la promesse du
jour.
Lʼopposition entre le fond et la forme culmine dans la fleur car la fleur est le lieu du
contraste le plus fort. La fleur fonctionne comme un signal visuel qui ici est très fort. La
fleur nous semble jaillir du tableau car il y a une impression de facialité de la fleur, elle est
en perspective.
La composition est asymétrique ce qui est renforcé par le fait que la fleur est à gauche et
donc est au début du sens de lecture. On a lʼimpression du surgissement de la fleur et
donc le surgissement peut paraître comme un mouvement agressif.
" La fleur, une entité agressive sautant vers nous.
- Les pétales
Ils sont extrêmement effilé et pointus. La manière dont la fleur se découpe sur le fond
renforce la connotation agressive de la plante. Visuellement, on a une forme hérissée de
pointes menaçantes.
- La couleur
La couleur a une connotation cadavérique. Lʼopposition des couleurs entre la figure et le
fond est une opposition qui est la même au niveau symbolique.
On a un renversement des attributs, du fait que la part féminine du cactus de par son
visuel et la métaphorique qui condense la majeure partie du négatif du tableau.
Nb. Un élément nʼest signifiant que sʼil est redondant.
Produire le sens dʼun message nʼest éclairé que par les intentions de lʼauteur. On apprend
que ce tableau a pour but un scénario optimiste.
Dans plusieurs oeuvres, on retrouve ce contraste entre un ciel sombre et une scène
éclairée ce qui donne un sentiment dʼétrangeté, dʼoppression.
Le château dʼeau de Brême, Radziwill Frank
On a pas dʼombre projeté, on peut penser quʼon est à lʼheure
de midi. Cela sʼoppose au ciel noir orageux. Les deux jardiniers
semblent perdus.
Le salon de Dieu, Magritte
Le ciel est un ciel nocturne en opposition à la scène qui est
une scène de jour.
Paysage avec la maison de lʼartiste, 1930, Radziwill Frank
Le ciel est très sombre mais la partie inférieure est très
éclairée. Le caractère oppressant est renforcé par une seule
figure humaine dont on ne sait pas donner lʼâge.
Debongnie Déborah - 2 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
Chute de lʼavion de Karl Buchsträtter, Radziwill Frank
On a un tableau renvoyant au mythe dʼIcare. La partie inférieure
est de nouveau fortement éclairée mais dʼune lumière étrange,
lunaire avec des ombres extrêmement tranchée. On a une route
coupant les rails de chemin de fer dont les barrières sont
relevées indiquant lʼavion. Le joueur dʼorgue de barbarie marche
sur la route et porte son orgue sur le dos, il est plié et ne peux
voir lʼavion chutant.
Nature morte avec base et boîte à thé rouge, Kanoldt Alexander
Lʼambiance lumineuse est beaucoup plus marquée, on sait
dʼoù provient la lumière car les ombres sont plus marquées.
Le cactus dans le tableau de Leng est un personnage tandis
quʼici, le cactus nʼa pas une présence spécifique. Le cactus
est situé dans lʼespace tandis que le cactus de Leng nʼest
pas situé.
On est face à une nature morte des plus classique même si
lʼambiance est un peu triste, sombre, etc. On trouve une
expression de la lumière lunaire. Le cactus est un objet et
non un personnage.
Cactus et pichet jaune, Viegener Eberhard
On a un jeu de courbe et de forme entre le cactus et le pichet
• Rimes plastiques, entre la feuille, et lʼanse, ainsi quʼavec
la coupelle brune.
• Harmonie des couleurs (vision formaliste du cubisme
synthétique)
• Formes fermées (>< arbres, bouquets), pas de
fantastique inquiétant.
Debongnie Déborah - 3 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
Cactus et sémaphore, Scholtz Georg
Ici, encore le tableau nʼest pas inquiétant comme celui de Leng.
" Ekphrasis.
Il y a 8 cactus, 7 sur la table et 1 sur le rebord de la fenêtre. Avec les 7 cactus, on retrouve
2 ampoules.
On se trouve dans un intérieur de maison dont le mur opère un contre jour avec la fenêtre
qui possède un fin voil mais sans doute pas de vitres.
Au fond de la composition, on devine lʼexistence dʼun chemin de fer car on retrouve 3
sémaphores se trouvant derrière des arbres eux-mêmes bordant une prairie.
" Opposition fondamentale
On a un premier plan occupé par la table qui est éclairé ensuite on retrouve un second •
plan en contre jour et enfin un troisième à nouveau éclairé. On a donc une opposition
entre intérieur et extérieur.
Entre les ampoules et les cactus qui ont une forme similaire. On a un règne de la •
diversité, du vivant sʼopposant à un règne de lʼinertie, de lʼidentité totale, de lʼartificiel. Ils
sʼopposent comme
- Lisse et rugueux
- Transparence et opacité
- Artificiel et naturel
- Inerte et vivant
- Couché et debout (Le cactus prend sa position de lui-même, il est vivant et
sʼenracine tandis que lʼampoule dépend de lʼhomme pour avoir une position.)
- Diversité et similitude (Rien ne distingue les deux ampoules entres elles alors que
même si les cactus ont une forme semblable, ils sont tous différent les uns des
autres.)
Debongnie Déborah - 4 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
Lʼopposition entre les sémaphores et la végétation est la même que celle entre les •
ampoules et les cactus. Les arbres sont au sémaphore ce que les cactus sont au
ampoules. On a de nouveau la même identité entre les objets techniques sʼopposant à al
diversité évidente des arbres.
On a une redondance dans le tableau ce qui rend la relation entre les ampoules et les
cactus non fortuite et donc permet de confirmer la relation entre les ampoules et les
cactus.
" Scénario possible
Dans lʼopposition, on met en évidence la supériorité du naturel sur les objets produit par
lʼhomme. On a dʼune part la pauvreté des objets techniques et dʼautres part les cactus qui
même sʼils sont domestiqués ils gardent une capacité à se diversifier.
Lʼobjet artificiel réalise une perfection idéale en opposition à la diversité imparfaite du
monde végétal avec ses irrégularités. On a une certaine supériorité de lʼartificiel sur le
naturel.
Le motif du cactus dans les années 20-30
On peut sʼinterroger sur comment lʼépoque sʼest intéressé aux ustensiles les plus
quotidiens mais aussi sur le sentiment suggéré par la peinture et lʼintention du peintre.
Heidegger a montrer quʼordinairement, lʼobjet quotidien se dissout dans son usage à
lʼexception de certains moments ou cette présence apparaît et crée un sentiment
dʼétrangeté. On a un étant en tant que tel et lʼangoisse peut facilement surgir. Les peintres
de la ʻNouvelle Objectivitéʼ allemande se sont intéressé à cet usage de lʼobjet quotidien.
Lʼinquiétante étrangeté de Freud est le propre de la situation et se retrouve chez certains
peintre comme Lenk. On a donc toute une palette avec des oeuvres ayant un plus ou
moins grand taux de unrilikhein. Finalement on arrive à une paranoïa avec des objets
observant.
Conclusion
Les observations étaient une lecture rapprochée de lʼimage comme telle. Il y avait dʼabord
lʼekfrasis et ensuite le moment où lʼon rentre dans lʼimage comme image. On ne se
contente plus du premier degré, on tente de dire ce que lʼimage contient et comment elle
le transmet. Toutes constatations est ramenées à des marqueurs précis sans généralités.
Le moment de lʼekfrasis est le moment du regard spontané et de la sensibilité mais il faut
aussi jouer sur un tableau beaucoup plus rationnel et objectivant.
Lʼintellectualité et la théorie ne doit pas étouffer le contact avec lʼimage mais il ne faut pas
non plus sublimer le coté charnel et subjectif.
La lecture est à chaque fois productive et totalisante.
Elle est productive car lʼimage avant et après lʼexercice de lecture est différente et nʼest
plus la même, lʼimage dʼaprès est plus riche.
Elle est totalisante car il y a des relations quʼil faut pouvoir mettre en perspective entre
elle.
La productivité de la lecture est déjà observée dans lʼekfrasis car ils essaient dʼaugmenter
la lisibilité du discours pour perspectiver lʼimage. Les auteurs dʼekfrasis essayait dʼattirer
lʼattention du lecteur sur un certains nombre de choses qui ne sont pas visibles du premier
coup dʼoeil.
Lʼekfrasis permet de voir des concepts inaccessible pour un spectateur “non-scientifique”.
Debongnie Déborah - 5 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
On passe dʼune temporalité à une autre. On passe de la temporalité de la perception
visuelle très rapide à une temporalité beaucoup plus lente qui consiste à relever et
verbaliser les observations.
La première temporalité est presque instantanée, lors des premières secondes de
contacts avec lʼimage on observe une quantité dʼéléments. La possibilité de saisir le
contenu dʼun tableau dépend de son contenu mais même lorsque la situation visuelle est
assez complexe, on se rend compte quʼen une seconde on peut enregistrer un certains
nombre de perceptions. Il y a donc une rapidité essentielle de la perception visuelle.
On a un ensemble de perception instantanée qui vont devoir être transposée dans une
autre temporalité qui est celle de la perception systématique et celle de la critique qui
consiste à ordonner ces observations dans un langage clair et adéquat. Il faut donc
réfléchir et prendre son temps.
Peinture suprématise, Kasimir Malevitch
" Ekphrasis
On est face à une surface plane rectangulaire vue en
perspective fuyant de la gauche vers la droite sur un fond de
blanc cassé et avec un corps postérieur sʼestompant.
On est face à un quadrangle irrégulier de couleurs jaunes
orrangé se détachant sur un fond blanchâtre présenté sur un
axe oblique ascendant dont le bord inférieur est décalé vers la
droite, le bord droit sʼestompe et les coins sont presque
contigus au champ pictural.
Dans lʼanalyse, il faudra expliciter les impressions, la manière
de situer lʼoeuvre et donc détailler un ensemble dʼimpressions
perçue de manière instantanée alors quʼelles tiennent à un
certains nombre de ressort formels devant être étudié chacun
pour eux-mêmes.
Le premier effet est lʼeffet de perspective.
Objectivement, on a devant nous un quadrilatère irrégulier mais subjectivement, on voit un
quadrilatère régulier inscrit dans une perspective. La forme présente 4 côté mais les côtés
supérieur et inférieur ne sont pas parallèles et on a donc lʼimpression dʼun
parallélogramme inscrit dans un espace; on interprète le plan comme un espace
tridimensionnel. La manière de lire la forme est fonction dʼhabitude culturellement acquise
dans la lecture dʼune image car le plan dans lequel le peintre travail correspond à une vitre
derrière lequel un monde en profondeur se dessine. On lit les images en fonction de
lʼillusionnisme spatial. De ce fait, si nous cherchons à percevoir ce que simplement nous
voyons de manière objective, il faut un effort énorme pour ramener la figure dans le plan
dans lequel elle se trouve objectivement, faire abstraction de lʼillusion spatiale est presque
impossible.
Le deuxième effet est lʼimpression dynamique
On nʼa pas le sentiment de voir un paralléllipipède en profondeur immobile, on a tendance
à la doter dʼun mouvement et la faire se déplacer en profondeur dans lʼespace dans lequel
elle se situe. Elle se déplace dans un espace le long de son axe et on a le sentiment ou
que la forme sʼéloigne de nous en disparaissant dans la brume ou alors elle sort de cet
espace brumeux et quʼelle sʼavance vers nous.
Debongnie Déborah - 6 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
Sur un tableaux, lu à la manière occidentale, la diagonale est ascendante partant du coin
inférieur gauche vers le coin supérieur droit et sa parallèle donnant un axe oblique
ascendant.
Lorsque lʼimage est retournée on a toujours ce sentiment de dynamique et on applique à
la forme le parcours que construit notre esprit dans sa lecture de lʼimage.
Les effets visuels peuvent êtres activés ou désactivés on a donc un ensemble de potentiel
esthétique. Les effets se déclenche en fonction de lʼendroit dʼoù on lit le tableau.
La notion de gradient
On a deux éléments de variation graduelle.
Le premier est le gradient perspectif, on a un rapprochement graduel des côtés supérieur
et inférieur du quadrilatère. Il a pour effet de nous faire lire la forme comme décalée dans
lʼespace. En fonction de son inclinaison, la fuite est plus ou moins forte.
Le deuxième gradient est lʼestompage de la forme et donc lʼopposition entre la figure et le
fond. Le fond à une couleur blanche et la couleur de la figure se mêle progressivement à
celle du fond de manière à se dissoudre complètement dans le fond. Lʼespace est
atmosphérique et pas absolument vide ce qui permet de voir la dilution de la forme dans
lʼespace. (cfr. Boites de Fisher). Le gradient induit un mouvement dans la forme.
Wolfin, lecture du côté gauche et droit
Cfr. Madone de Saint Sixte, Raphaël in Chapelle Sixtine
Il y a une ligne notionnelle, elle attrait à ce quʼon sait et non ce quʼon voit, qui part du
regard de Saint Sixte vers la Vierge ainsi que la diagonale dessinée par le dos de Saint
Sixte. La figure de la Vierge est le sommet de la composition et la tenture confirme ce
regard. Le vent gonfle le manteau et le voile de la Vierge de la gauche vers la droite et ce
vent renvoie au Souffle Divin/à lʼesprit Divin.
On a une diagonale courte descendante sʼamorçant avec la tenture de droite et Sainte
Barbe dirigeant son regard vers le bas. De cette manière le périple visuel est clos par le
vide du nuage.
Si le tableau est retourné, on perd toute la figuration voulue par le peintre.
Debongnie Déborah - 7 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
Le derby dʼEpsom, Géricault, 1821
Il livre ici une représentation dont la volonté est de conférer une interprétation dynamique
très forte et ils sʼest écarté de la construction dynamique du cheval.
Il représente le galop à la manière du galop volant de lʼAntiquité car il le juge apte à
traduire dans les termes de lʼimage fixe se mouvement ne pouvant pas être transposé telle
quel.
Le mouvement des chevaux et le sens de lecture sont opposés et contradictoire mais cela
nʼatténue pas lʼimpression dynamique que Géricault voulait obtenir. Cet effet nʼest possible
que parce que le peintre a choisi une certaine manière de représenter.
Nb. Dans certains cas le sens du mobile et le sens de lecture vont ensemble et dans
dʼautres le peintre choisit une autre option, les deux pouvant fonctionner.
Dans le sens inverse, on commence par une lecture de pattes arrières et une indistinction
entre les chevaux et le fond alors que dans le sens original, on retrouve la tête du cheval
traduisant lʼénergie de la course et se détachant fortement du ciel clair. Dʼemblée le mobile
et son environnement sont bien distingué tandis que dans lʼoeuvre inversée on a une
indistinction dans la lecture.
Debongnie Déborah - 8 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
Lenine à la tribune, Aleksandr Guerassimov, 1930
" Ekphrasis
Lénine est là en tant que penseur du parti soviétique et porte une chemise blanche, une
cravate foncé, un gilet et un costume noire. A la main il a une casquette et en dessous de
lui se trouve le drapeau soviétique (étoile-laurier-faucille-marteau jaune sur fond rouge)
représenté deux fois. On a un fond noir avec une partie plus claire autour de Lenine. Il
harangue une foule avec de multiples drapeaux soviétiques. On voit des monuments au
fond.
" Regard analytique
Le fond est noir mais devient clair autour de Lénine et sa chemise blanche fait ressortir sa
tête. En chaque point de la figure de Lénine, on crée une zone de contraste maximale par
un fond clair tout autour de sa tête sauf au sommet du crâne qui est à fond noir.
La superposition du manteau de Lénine sur le drapeau crée un lien et insiste sur la
connexion entre Lénine et le parti Soviétique.
Le drapeau est fait de toute une série de diagonale ascendante. Toute lʼattitude corporelle
de Lénine participe à ses diagonales.
On a une rime formelle entre le pouce de Lénine et la pointe du drapeau. On a une
opposition marquée entre la foule représentant le collectif et Lénine, individualisé car il
donne la direction. Les drapeaux dans la foule sont comme des émanations du drapeau
du premier plan. Il y a un mouvement du bas vers le haut qui est celui de la révolution en
marche, de lʼétat Soviétique avançant.
Debongnie Déborah - 9 - History of arts and ArcheologyTravaux dirigés en lecture dʼoeuvre dʼart - Exercices
La parabole des aveugles, Brueghel lʼAncien,
Cette parabole se réfère aux évangiles et est présente chez Mathieu où le contexte est le
suivant : on a la confrontation entre le Christ et les Pharisiens (communauté se
caractérisant par son respect de la tradition). Ils reprochent aux disciples du Christ de ne
pas assez respecter la tradition et le Christ leur reproche de respecter trop la tradition et
donc dʼêtre idolâtres. Le Christ dit à ses disciples que ce sont des aveugles conduisant
des aveugles et quʼils tomberont tous dans un trou. Ici, Brueghel sʼinspire de Mathieu plus
que de Luc.
" Ekphrasis
On voit 6 aveugles avançant à la chaine en se suivant mutuellement et en sʼaccrochant
les uns aux autres par le bâton et la main sur lʼépaule du précédent. Le paysage est le
paysage dʼun village. Ils marchent sur un petit pont, le bord dʼun fossé avec un étang/un
ruisseau en contrebas qui les a conduit à tomber dedans.
" Description analytique
On a une diagonale descendante matérialisée par le toit de la maison puis le long des
épaules qui a un moment donné est prise en relais par le bâton. Les lignes du pont font
rappel de la diagonale des personnages. Le mouvement descendant correspond au
cheminement du groupe dʼaveugle. On a une représentation des différentes phases du
mouvement de la chute :
- Le premier personnage est dʼaplomb sur lui-même et il tient un bâton dont il se
sert comme une canne.
- Le deuxième à sa main posée sur lʼépaule de son prédécesseur.
- Le troisième tient un bâton quʼil est presque entrain de lâcher, sa cape est tirée
vers lʼarrière contrairement aux précédents qui ont leurs capes droites, son corps
est cassé en avant, ses jambes sont placées de manières à avoir lʼimpression quʼil
ne tient que sur une jambe, sa tête est davantage levée vers le haut, sa bouche
est ouverte et il est encore plus aveugle que les deux premiers qui ont lʼair
presque normaux.
Debongnie Déborah - 10 - History of arts and Archeology