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Les lions d'Afrique

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LES LIONS D'AFRIQUE Le potentiel de croissance des nouvelles économies du continent ‘‘Les investisseurs et les sociétés internationales ne peuvent plus se permettre d'ignorer l'immense potentiel du continent. Une stratégie pour l'Afrique doit devenir une partie de leurs stratégies de planification sur la longue période''. C'est la conclusion du rapport ‘‘Lions en mouvement: les progrès et les potentialités des économies africaines'' (Lions on the move: the progress and potential of African economies), réalisé par le McKinsey Global Institute (Mgi), un institut de recherche du groupe McKinsey, un des principaux groupes internationaux de consultation économique et financière.
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LES LIONS D’AFRIQUE
Le potentiel de croissance des nouvelles économies du continent
‘‘Les investisseurs et les sociétés internationales ne peuvent plus se permettre d’ignorer
l’immense potentiel du continent. Une stratégie pour l’Afrique doit devenir une partie de leurs
stratégies de planification sur la longue période’’.
C’est la conclusion du rapport ‘‘Lions en mouvement: les progrès et les potentialités des
économies africaines’’ (Lions on the move: the progress and potential of African economies),
réalisé par le McKinsey Global Institute (Mgi), un institut de recherche du groupe McKinsey, un
des principaux groupes internationaux de consultation économique et financière.
La position du groupe McKinsey n’est certainement pas isolée et, au contraire, on pourrait dire
que jamais comme aujourd’hui l’Afrique semble jouir de tant de crédit et confiance dans le
monde de la grande économie et finance internationales.
Une opinion similaire à celle contenue dans le rapport qui a inventé le terme ‘‘lions d’Afrique’’
(qui rappelle l’expression ‘‘tigres asiatiques’’ avec laquelle dans le passé ont été indiquées les
économies orientales les plus dynamiques) a été exprimée dans les mois derniers par d’autres
groupes américains de consultation prestigieux et célèbres: du Boston consulting group à
Goldman Sachs.
C’est Goldman Sachs, dans son dernier rapport sur l’Afrique publié le 14 octobre dernier, qui fait
un clair éloge du continent: ‘‘désormais de plus en plus de groupes étrangers regardent
attentivement aux opportunités que l’Afrique offre; ce que nous devons comprendre (et ce que
souvent nos clients nous demandent) c’est quand les africains connaîtrons un futur aussi brillant
1que celui des brésiliens, des russes, des indiens ou des chinois’’ .
Après cette considération des analystes et des économistes du Goldman Sachs Asset
Management, il est clair que la grande économie internationale ne s’interroge plus sur la
possibilité de l’Afrique d’arriver à un développement économique selon les standards
occidentaux, mais sur combien de temps il faut au continent africain pour y parvenir.
A confirmer l’optimisme qui entoure le futur économique de l’Afrique contribuent les données
diffusées dans les dernières années par les deux principales institutions financières
internationales: la Banque mondiale et le Fond monétaire international (Fmi).
Selon les dernières estimations du Fmi diffusées en octobre, les pays de l’Afrique sub-saharienne
auront une croissance économique de 5,9% en 2011, une des plus rapides au monde, tandis qu’on
confirme une très bonne croissance de 5% dans l’année qui vient de terminer.
1 N. B. : il s’agit des pays qui font partie du groupe Bric, auquel appartient aussi, dès fin 2010, l’Afrique du Sud.
1C’est un développement obtenu grâce à une croissante demande de pétrole et de matières
premières de l’extérieur, mais aussi (et cela est une des données les plus intéressantes pour le
futur) grâce à l’augmentation de la consommation à l’intérieur des pays africains.
Abebe Selassie, un économiste du Fmi, a récemment déclaré que ‘‘l’Afrique est le continent qui,
après l’Asie, a connu la plus forte croissance économique au monde’’.
Une analyse similaire a été faite par les économistes de la Banque mondiale qui, dans le
document ‘‘Perspectives économiques globales’’, publié le 14 janvier 2011, soulignent que, avec
un taux de croissance de 4,7% en 2010, les économies africaines sont retournées au niveau de
croissance économique de 5% par an, enregistré avant la crise économique et financière de 2008.
Une crise qui a secouée toutes les principales économies occidentales et qui en Afrique a
provoqué un ralentissement de la croissance, descendue à 2% en 2009, mais pas une contraction.
Plusieurs personnes attribuent l’impact limité de la crise économique et financière internationale
sur l’Afrique à la marginalité des marchés africains par rapport aux circuits de la grande finance
et de la grande économie internationale; toutefois, dans ces derniers mois les principales études
du secteur et plusieurs experts se sont retrouvés d’accord à dire que la résistance du continent
noir aux secousses économiques de 2009 soit à imputer aussi aux bonnes politiques économiques
des gouvernements africains, à la croissance de la demande interne et au dynamisme démontré
par les secteurs naissants des télécommunications et du système bancaire.
A part les considérations sur les raisons qui expliquent la tenue africaine pendant la crise,
presque tous les experts semblent être d’accord sur le fait que le retour rapide aux taux de
croissance précédents la crise de 2008 représente une démonstration du fait que l’Afrique est
désormais prête pour un développement accéléré qui, dans les prochaines années (20 ou 40, selon
les différentes prévisions), semble destiné à dessiner un nouveau futur pour le continent, avec
beaucoup de pays africains prêts à se transformer dans ce que dans les derniers 20 ans sont
devenus des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.
Les modalités avec lesquelles les pays africains sont sortis de la crise et les priorités indiquées
par un nombre croissant de gouvernements, unies à la volonté politique de croissance et
d’autonomie exprimée par l’Union africaine (UA), confirment que, malgré les nombreux défis
qui pèsent encore sur le continent, l’Afrique est sur la bonne route pour obtenir le développement
longtemps rêvé.
1) Les lions d’Afrique
‘‘L’économie africaine, en général, a eu une croissance très faible dans les dernières années du
vingtième siècle’’. A un certain point, cependant, à la fin des années ’90, le continent a
commencé à se relever. Le produit intérieur brut (PIB) a commencé à croître et puis à bondir
2toujours plus en avant, en augmentant toujours plus rapidement jusqu’à tout 2008. Aujourd’hui,
tandis que les économies des tigres asiatiques continuent à se répandre rapidement, nous
prévoyons une croissance potentielle des lions économiques du futur africain’’. C’est ainsi que
commence l’introduction du rapport du McKinsey Global Institute qui, au contraire d’études
similaires publiées dans les derniers mois, présente une intéressante analyse des motivations qui
expliquent les excellents résultats macroéconomiques africains des dernières années, en
individuant dans plusieurs de ces causes les mêmes raisons pour lesquelles les entreprises, les
industries, mais aussi les gouvernements, doivent parier sur l’Afrique et sur son futur.
Selon ce rapport, le PIB africain est en réalité augmenté de 4,9% par an de 2000 jusqu’en 2008,
une donnée qui est plus que le double du taux de croissance des années ’80 et ’90, tandis que
dans les dernières années les secteurs avancés (comme les télécommunications, le secteur
bancaire et celui du commerce) ont commencé à fleurir, le secteur des constructions est en train
d’enregistrer un véritable boom et les investissements étrangers augmentent.
Les experts ont répété plusieurs fois que, quand on parle de l’Afrique, il est nécessaire de
rappeler que chaque pays africain va naturellement suivre son propre parcours de croissance et
qu’il y a, soit du point de vue politique, soit du point de vue économique, des différences
énormes d’un pays africain à l’autre.
Selon les experts du Mgi, ‘‘toutefois, si des mauvaises politiques gouvernementales, des guerres
et d’autres événements imprévisibles peuvent créer des problèmes à la croissance de certains
pays, nos analystes croient que les perspectives économiques du continent soient, à long terme,
assez fortes, au point que le monde des affaires internationales ne peut pas se permettre d’en
ignorer le potentiel’’.
Malgré plusieurs défis encore ouverts (la pauvreté répandue, les maladies et les hauts taux de
mortalité infantile), il faut rappeler que le PIB africain, fixé en 2008 à 1.600 milliards de dollars,
est désormais presque l’équivalent de celui du Brésil et de la Russie.
2) Pas seulement des ressources
Il n’y a pas de doute que l’Afrique, dans les dernières années, ait énormément bénéficié de la
croissance des matières premières sur les marchés internationaux.
Les économies du continent, plusieurs desquelles sont encore fondées sur l’exportation des
matières premières (agricoles, minérales ou énergétiques), ont grandi avec la croissance des prix
des biens exportés sur les grands marchés internationaux.
Le pétrole, par exemple, est passé d’environ 20 dollars par baril en 1999 à plus de 145 dollars en
2008.
3Les prix des minéraux, du blé et d’autres matières brutes ont augmenté à des rythmes similaires,
grâce à l’augmentation de la demande sur les marchés internationaux (à cause du développement
accéléré d’ex-pays en voie de développement come l’Inde et la Chine).
Le boom des prix des matières premières, toutefois, explique seulement en partie la croissance
des économies africaines. Selon les experts du McKinsey les ressources naturelles ont contribué,
de 2000 à 2008, en ‘‘manière directe’’ à la croissance du PIB seulement pour le 24%. Un
pourcentage qui monte à 32% si on considère la contribution ‘‘indirecte’’ à la croissance, surtout
en prenant en examen les campagnes gouvernementales d’investissements venant des entrées
obtenues avec la vente des matières premières.
Les raisons essentielles qui peuvent expliquer la croissance africaine doivent être recherchées
dans ‘‘une stabilité politique et macroéconomique améliorée et dans les reformes
microéconomiques apportées’’.
Quand on parle d’Afrique, une donnée qui souvent échappe aux grands médias occidentaux (et
donc aussi à la perception des opinions publiques européenne et américaine) est la diminution
drastique des guerres et des conflits enregistrée dans la dernière décennie.
La diminution du niveau de conflictualité (et des fois même une situation de paix) a été la
condition sine qua non qui a permis de créer la stabilité politique nécessaire à commencer à poser
les bases d’une croissance économique à long terme.
Ce n’est pas un cas que l’Union africaine (UA), peu après sa naissance en 2002, quand elle prit la
place de la vielle Organisation pour l’unité africaine (OUA), archiva le principe de non-
ingérence dans les affaires internes des pays africains, au nom de cette paix maintes fois
invoquée pour le continent et sans laquelle, comme on l’a répété à plusieurs reprises dans les
premières années de vie du nouvel organisme panafricain, il ne serait pas possible de poser les
bases d’un développement solide et sérieux.
A cette nouvelle stabilité environnementale, les économistes unissent une croissance ‘‘plus
saine’’ des économies africaines, avec des gouvernements engagés à lutter contre l’inflation, à
contenir la dette publique et à couper les déficits budgétaires.
A cela il faut ajouter les politiques adoptées par les gouvernements africains pour donner des
énergies nouvelles à leurs marchés: privatisation des entreprises publiques, réduction des
barrières commerciales, diminution des taxes aux entreprises et consolidation des systèmes
légaux et de régulation.
Même si les progrès faits par beaucoup de pays africains sont encore considérés par les experts
comme des ‘‘premiers pas’’, plusieurs personnes sont d’accord à dire que ces décisions ont
permis la naissance d’un secteur commercial privé émergeant.
4Ce sont des changements structurels, qui ont alimenté une révolution dans la productivité
africaine, en aidant plusieurs entreprises à obtenir des économies d’échelle plus grandes, à
augmenter les investissements et à devenir plus compétitives.
Ce n’est pas un cas si, après une diminution constante dans les années ’80 et ’90, la productivité
du travail en Afrique est retournée à monter, avec une forte croissance moyenne d’environ 3%
par an de 2000 à 2008.
3) Perspectives à long terme
Toutefois, la question que tous les experts se font est si la croissance africaine des dernières
années représente une phase positive passagère et liée à une conjoncture internationale
exceptionnelle ou si elle représente vraiment, enfin, le décollage économique du continent.
Déjà le boom pétrolifère des années ’70 avait poussé la croissance économique de plusieurs pays
africains, mais avec la diminution des prix du pétrole et d’autres matières premières dans les
deux décennies successives, la croissance avait rapidement diminué.
Aujourd’hui, tant les analystes du Fond monétaire international que les experts des centres
internationaux de consultation sont d’accord à dire que, tandis que certaines économies
africaines sont encore exposées à souffrir des coûts d’arrêt plus ou moins longs, les perspectives
de croissance du continent semblent être stables et permanentes, poussées soit par les tendances
externes de l’économie globale, soit par les changements internes en cours dans les sociétés et
dans les économies du continent.
3.1) Ressources
L’Afrique continuera à profiter de la croissante demande de pétrole, gaz naturel, minéraux,
nourriture, terre arable et d’autres ressources naturelles. Le continent est assis sur une abondance
de richesses unique dans la planète: le 10% des réserves mondiales de pétrole (et des nouveaux
gisements sont individués presque chaque mois dans chaque coin du continent), le 40% des
réserves mondiales d’or, le 80% du chrome et le 90% du groupe des métaux du platine.
La demande de matières premières, surtout de minéraux, continue (et continuera) à augmenter de
plus en plus rapidement dans les économies émergeantes de la planète (de l’Inde à la Chine au
Brésil, pour ne citer que les plus connus), qui déjà aujourd’hui constituent la moitié des échanges
commerciaux africains.
L’émergence sur les marchés internationaux de ces nouveaux acteurs politiques et économiques
a poussé toujours plus de gouvernements africains à signer des nouveaux types de partenariat,
5qui unissent aux paiements directs les investissements en infrastructures et le partage de
technologie et techniques de gestion des nouveaux systèmes. Les investissements directs en
Afrique sont passés de 9 milliards de dollars en 2000 à 62 milliards en 2008. Un flux
d’investissements qui, en proportion aux relatifs PIB, est presque l’équivalent de celui-là qui
concerne la Chine.
3.2) Changements sociaux et démographiques
A indiquer la possibilité d’une croissance à long terme de l’économie africaine contribuent, en
outre, certains changements dans les tendances démographiques et sociales africaines. Ce sont
des changements capables de créer des nouveaux moteurs pour la croissance intérieure. Le
premier de ces changements concerne l’urbanisation croissante enregistrée en Afrique.
Si en 1980 seulement le 28% des africains vivaient en ville, aujourd’hui le 40% du milliard
d’africains qui vivent dans le continent habite dans les centres urbains. Selon les estimations,
dans les prochains 20 ans ce pourcentage dépassera le seuil historique du 50%. Aujourd’hui il y a
52 villes africaines qui ont plus d’un million d’habitants.
Et avec l’augmentation du transfert de millions d’africains des campagnes aux villes, les entrées
venant du travail urbain sont en train d’augmenter, en dessinant la naissance d’une grandissante
classe moyenne. Les études internationales soulignent qu’en 2008 quatre-vingts millions de
familles africaines ont eu des entrées supérieures aux 5.000 dollars qui est, selon les experts, le
seuil au-delà duquel on commence à dépenser environ la moitié de son revenu en biens que ne
sont pas des produits alimentaires.
Selon les données agrégées, le nombre de familles avec un bon pouvoir d’achat est destiné à
augmenter de 50% dans les prochains dix ans, en atteignant presque 130 millions de familles. Ce
fait augmentera le volume des achats dans les marchés intérieurs du continent. Selon le rapport
du McKinsey group, avant 2030 les principales 18 villes du continent pourront avoir un potentiel
de dépense de presque 1.300 dollars.
3.3) Les travailleurs
Entre-temps, le nombre de travailleurs du continent continue à augmenter et, aux rythmes de
croissance actuels, en 2040 ce nombre est projeté à atteindre le chiffre de 1,1 milliards de
travailleurs, en dépassant les chiffres de la Chine ou de l’Inde. Si l’Afrique, le continent le plus
jeune de la planète, sera capable de fournir à ses enfants l’éducation et les compétences
6nécessaires, ce nombre énorme de travailleurs sera une partie considérable de la production et de
la consommation mondiale.
4) Une classification pour une croissance à différentes vitesses
Si les perspectives globales de croissance de l’Afrique à moyen terme semblent toujours plus
concrètes, les ‘‘trajectoires’’ suivies par les différents pays seront très diversifiées.
En synthétisant bien l’opinion exprimée par le Fond monétaire international, par la Banque
mondiale, mais aussi par d’autres centres internationaux de consultation, le McKinsey global
institute a compilé une intéressante classification des 31 principales économies africaines, sur la
base des différents niveaux de diversification économique et d’exportation, en essayant ainsi de
faire comprendre les différentes routes que les pays en question devront et pourront prendre, afin
d’exploiter leurs respectives opportunités de croissance.
Dans ce contexte, les pays du continent peuvent être insérés dans un de ces quatre groupes:
- Economies diversifiées.
- Exportateurs de pétrole.
- Economies en transition.
- Economie en pré-transition.
Les experts soulignent que, si les pays insérés dans chaque catégorie présentent des
caractéristiques parfois très différentes, ils doivent tous faire face à des structures économiques et
à des défis semblables.
4.1) Economies diversifiées
Les quatre économies les plus avancées du continent (Afrique du Sud, Egypte, Maroc et Tunisie)
peuvent déjà conter sur des importantes industries manufacturières et sur un considérable secteur
des services. Dans les derniers dix ans, les secteurs des services, des constructions, des banques,
des télécommunications et du commerce ont déjà compté pour plus du 70% de la croissance des
respectifs PIB. Même sur le front des tendances démographiques et sociales, ces pays semblent
solidement aller vers une croissante modernisation: augmentation considérable et constante des
habitants des villes, croissance des dépenses réelles des consommateurs entre le 3 et le 5% par an
et 90% des familles avec un pouvoir d’achat relativement bon. Ces économies présentent une
croissance du PIB plus solide par rapport à celle des autres pays et semblent destinées à
bénéficier considérablement de leurs liaisons croissantes avec l’économie mondiale. Parmi les
7défis qui attendent ces pays, les principaux sont identifiés dans l’expansion des exportations, soit
à niveau mondial, soit dans les marchés régionaux, dans l’amélioration de l’éducation, nécessaire
pour créer des travailleurs spécialisés pour les industries les plus avancées et dans la construction
des infrastructures nécessaires pour soutenir la croissance.
4.1.1) L’Afrique du Sud dans le Bric
‘‘Le plus beau cadeau de Noël’’: c’est ainsi que la ministre pour les relations internationales et la
coopération de l’Afrique du Sud, Maite Nkoana Mashabane, a défini l’invitation officielle avec
laquelle en fin décembre le gouvernement chinois a formellement invité l’Afrique du Sud à
entrer dans le groupe ‘‘Bric’’, l’association qui regroupe les principales économies émergentes
de la planète et qui doit son nom à l’acronyme de Brésil, Russie, Inde et Chine.
‘‘Nous serons une très bonne porte d’entrée pour les pays du Bric. Même si nous avons une
population faible du point de vue numérique, nous ne parlons pas seulement pour l’Afrique du
Sud, mais nous parlons pour l’Afrique entière’’, a ajouté la ministre sud-africaine, en faisant
référence à des considérations avancées par des critiques de cet accord.
Si les presque 50 millions de sud-africains sont peu de chose par rapport à plus d’un milliard de
chinois et si le produit intérieur brut sud-africain ne représente qu’un quart de celui de la Russie
(le plus petit parmi les membres du Bric), l’Afrique du Sud est de plus en plus identifiée comme
le pays leader (soit du point de vue économique, soit du point de vue politique) du continent
africain en général et de l’Afrique sub-saharienne en particulier.
Sa présence au G20, comme unique pays africain, a aussi donné à la nation arc-en-ciel le rôle de
porte-parole de l’Afrique dans les plus importantes conférences internationales de politique et
d’économie. Malgré une croissance économique non exceptionnelle en 2010 (seulement le 3%),
l’Afrique du Sud est encore la première économie du continent: elle est de plus en plus utilisée
comme porte d’entrée pour consolider la présence des industries en Afrique, qui espèrent ainsi
d’un côté d’exploiter mieux les immenses richesses minérales africaines et de l’autre de jeter les
bases pour accéder à ce milliard d’africains qui, selon tous les observateurs, représenteront le
plus grand marché de nouveaux consommateurs des prochains 20 ans.
4.2) Exportateurs de pétrole
Les exportateurs de pétrole et de gaz du continent présentent les plus hauts PIB par tête de
l’Afrique mais, au même temps, sont les économies les moins diversifiées. L’augmentation du
prix du pétrole a fait monter considérablement leurs entrées. Les trois principaux producteurs
(l’Algérie, l’Angola et le Nigéria) ont gagné 1.000 milliards de dollars des exportations de
pétrole dans la période 2000-2008, par rapport aux 300 milliards dans les années ’90.
8C’est justement la manne pétrolière qui est indiquée, toutefois, comme le frein principal à la
naissance et au développement d’une industrie manufacturière ou d’un secteur des services qui,
dans un pays riche en hydrocarbures, reste une composante relativement petite de l’économie, en
influant en moyenne seulement sur un tiers de la richesse produite.
Mais si ces pays commenceront à utiliser réellement les richesses venant du pétrole ou d’autres
hydrocarbures pour financer un plus grand développement de leurs économies, les perspectives
de croissance seront immenses.
L’expérience d’autres pays en voie de développement (l’Indonésie, par exemple) démontre que
ce parcours est possible. En ce moment, c’est l’Angola qui semble être la plus intentionnée à
suivre cette route, tandis que le Nigéria, après avoir compté pendant des années seulement sur les
puits de pétrole du delta du Niger, a commencé dans les dernières années une série de
programmes qui visent à ramener l’agriculture au centre des politiques nationales. Avec 5,5
millions d’hectares de terres arables non utilisées (et seulement 4.000 hectares doués de systèmes
d’irrigation), le gouvernement nigérian est en train de parier sur la naissance dans les prochains
20 ans d’une florissante industrie agricole, dont la croissance pourrait être obtenue rapidement en
utilisant même seulement une partie des richesses venant des hydrocarbures.
Le défi majeur pour les pays exportateurs de pétrole, tant en Afrique que dans d’autres zones de
la planète, est la constante nécessité d’investir (tant en infrastructures qu’en formation) pour
diversifier leurs économies.
4.3) Economies de transition
Les économies africaines de transition (parmi elles le Ghana, le Kenya et le Sénégal) présentent
des PIB par tête plus bas par rapport aux deux groupes précédents, mais leurs économies sont en
train de grandir rapidement et, surtout, dans des domaines différents des secteurs classiques, y
compris certains secteurs avancés, comme les télécommunications, le système bancaire, etc.
Même si l’agriculture et les ressources naturelles comptent pour le 35% des PIB et pour les deux
tiers des exportations, ces pays ont déjà commencé, depuis quelques années, un procès de
développement d’industries manufacturières très actives soit dans les marchés intérieurs, soit
dans les exportations vers d’autres pays, surtout africains. Parmi les produits de plus grand
succès il y a des combustibles raffinés, des produits alimentaires, des chimiques, de
l’équipement technique et des cosmétiques. Pour ce type de pays, la croissante expansion du
commerce interafricain – favorisé et poussé par l’Union africaine (UA) et par les principales
organisations sous-régionales du continent: Communauté de développement de l’Afrique
australe (SADC), Communauté économique des Etats de l’Afrique occidentale (CEDEAO),
Communauté de l’Afrique orientale (EAC) – représente la principale clé à travers laquelle
obtenir un développement plein et soutenir la croissance dans les prochaines années.
9La découverte de nouveaux gisements de ressources pétrolières et minérales, en outre, concourt à
donner force au développement de certains de ces pays. Le Ghana et l’Ouganda, par exemple,
pourront ajouter aux politiques de diversification déjà commencées les ressources venant des
exportations de pétrole attendues dans les gisements qui viennent d’être découverts. Les
prévisions économiques du Ghana, pour être clair, parlent d’un 2011 qui va s’achever avec une
formidable croissance économique de 14%.
4.4) Economie en pré-transition
Ce groupe comprend les économies les plus faibles, avec un PIB par tête d’environ 353 dollars,
mais parmi les pays qui en font partie il y en a certains qui sont en train de grandir très
rapidement et qui, surtout, semblent avoir tout le potentiel nécessaire pour obtenir un
développement solide. Trois des principaux pays de ce groupe (République démocratique du
Congo, Ethiopie et Mali) ont eu une croissance moyenne de 7% par an, par rapport a une
croissance zéro dans les années ’90. La croissance de ces pays, toutefois, n’a pas été constante et
risque de le rester même dans le futur, si ne seront pas garantis certains éléments fondamentaux,
comme la présence de gouvernements forts et stables, des conditions macroéconomiques
meilleures et un développement agricole plus soutenable. Dans ce groupe, l’Ethiopie semble le
pays destiné à passer, avant les autres, dans le groupe des économies en transition, grâce aux
tentatives, faites dans les dernières années, de financer son propre développement et le
développement des services, outre à diversifier son économie, même si sur le front politique il y
a encore beaucoup d’incertitude.
5) Quel est le pari du monde des affaires?
Un nouveau et grandissant marché de consommateurs, un potentiel infini de développement
agricole (pour la production de nourriture ou de biocarburants), la plus grande concentration de
ressources minérales de la planète et infrastructures qu’il faut construire a partir de zéro: ce sont
les quatre principaux secteurs, individués par les groupes internationaux de consultation
économique comme les principales opportunités d’affaire en Afrique.
C’est justement la croissance économique de plusieurs pays du continent (et leur volonté de
diversifier leurs économies) qui pourrait ouvrir, selon les analystes, toute une série
d’opportunités économiques jusqu’à présent ignorées par les grandes sociétés internationales.
5.1) Les africains comme nouveaux consommateurs
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