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Philosophie de l'Education - Cours complet

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Chaire de Pédagogie Cours 97/98 Professeur G. Avanzini Y. Pellissier
  • scientifique de la psychologie enfantine
  • intention éducative
  • enseignement directif
  • éducabilité du sujet
  • ordre par le progrès
  • éducation scientifique
  • education scientifique
  • psychologie
  • éducation permanente
  • education permanente
  • éducation
  • education
  • éducations
  • éducateurs
  • éducateur
  • éducatrices
  • educateur

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Chaire de Pédagogie
Cours 97/98
Professeur G. Avanzini
Y. Pellissier














3KLORVRSKLH GH O pGXFDWLRQ
G. Avanzini
(Professeur Guy Avanzini - Université Lyon 2 - 16 quai Claude Bernard - 69005 Lyon)
$ /D3KLORVRSKLH ϕ
4XHVWFH TXH OD ϕ"
Les 2 grandes caractéristiques de la ϕ: - implique une certaine méthode
- porte sur un style de problèmes
• La ϕ est la démarche d'une volonté d'une argumentation rigoureuse, rationnelle et logique (cohérence), d'une
démarche non définitive et sans conclusion finale. Il y a toujours une critique possible. Ce n'est pas une
démonstration.
• La ϕ est l'ensemble des problèmes de signification, épistémologie. C'est l'étude du sens de la vie.
4XHVWFH TXH OD ϕGH OpGXFDWLRQ"
L'homme relève de l'éducation, ie il en a besoin et il en profite. Pourquoi ? ˝ question pour la ϕ de l'éducation.
•ϕ éduc = argumentation rigoureuse sur la signification de l'éducation.
4XHVWFH TXH OLQWHQWLRQpGXFDWLYH "
L'intention éducative varie selon les auteurs: - educare : nourrir
- eduquere : conduire
• L'intention éducative est la pratique pour nourrir le sujet en vue d'un certain but, type d'idéal. Cela inclut ou
non la réflexion. Il y a réflexion quand cette pratique échoue: pertinence des moyens, fins visées, révisions
des buts, quelle méthode adopter,... Cela amène une attitude critique.
/pGXFDWLRQ"
L'éducation est un processus pratique, une activité délibérée ou non. C'est aussi le résultat d'un processus
éducatif.
La notion de pédagogie (réflexion sur la pratique) ≠ la notion d'éducation (pratique)
• la pratique (éducation) donne une réflexion (pédagogie) quand un dysfonctionnement est détecté et donc
substitue une nouvelle éducation en argumentant.
L'éducation est une pratique nécessaire...
L'éducation est une pratique nécessaire, indispensable, qui ne peut ne pas être. C'est une nécessité biologique
pour la survie et l'humanisation de l'homme, dépourvu d'instincts. C'est une donnée anthropologique.
Inconvénients : dépendance de l'homme vis-à-vis de l'éducation
Avantages : - on doit à l'éducation ce qu'il y a de meilleur en nous
- réception des choses, expériences des anciens
˝ l'éducation est une chance et un risque.
...universelle...
L'éducation est une pratique universelle, liée à toute société. L'éducation est d'ordre pratique, moral, social,
religieux, intellectuel; ses modalités d'application fluctuent avec le temps et le lieu et la société concernée, mais
la pratique même reste toujours présente. Une société se doit d'être éducatrice de ses membres, même si elle ne le
veut pas, sans quoi elle meurt d'elle-même. L'éducation est aussi la transmission codée, ritualisée, accélérée de la
culture, dont la vitesse dépend de la société dans laquelle elle est appliquée, en fonction des délais de maturation
de cette société. L'éducation est l'instinct de conservation de toute société. Toute société se doit d'essayer de
transmettre, même si elle n'y arrive pas toujours.
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G. Avanzini
Rem: Mendel ¯ conflit de génération : le fils veut la place du père, l'héritage
crise de génération : le fils ne veut pas la place du père, son héritage, les
traditions, les valeurs usuelles,... Le fils veut et doit créer
quelque chose de nouveau.
...ordonnée à...
Transmettre la tradition sans être sûr d'y arriver.
C'est un processus aléatoire, avec ± jamais le résultat voulu, pour deux raisons:
- toutes les données de la société, de l'éducation ne sont pas maîtrisées et donc les paramètres sont variables et
imprévisibles.
- liberté de réactions du sujet.
L'éducateur espère favoriser l'adhésion à ses valeurs, sans les imposer, mais il risque de souffrir si elle n'a pas
lieu.
...rendre autrui...
l'éducation est valable durant toute la vie de l'homme.
...autonome...
l'éducation est indispensable pour l'homme. Son objectif est de supprimer les dépendances de l'homme, avec une
intention émancipatrice, à l'automatiser. L'éducation a donc pour but de se rendre elle-même inutile.
Le problème reste dans le quand et comment effectuer cette émancipation...
...et capable d'intérioriser...
L'éducateur propose des valeurs et désire que le sujet les comprenne et les applique sans craintes.
Adhérence à des valeurs et non conformisme à ces valeurs. Différence dressage/éducation.
...des valeurs estimées prioritaires et principales de l'éducateur.
Dans toute éducation il y a des valeurs, pas forcément conscientes, mais changeantes selon les époques,...
***
La bonne foi de l'éducateur le sauve dans ses démarches, et ses comportements ne sont pas forcément en relation
avec ses intentions éducatrices.
/ pGXFDWLRQ HVW XQH SUDWLTXH QpFHVVDLUH XQLYHUVHOOH RUGRQQpH j UHQGUH DXWUXL DXWRQRPH HW FDSDEOH
G LQWpULRULVHU GHV YDOHXUV HVWLPpHV SULRULWDLUHV HW SULQFLSDOHV GH O pGXFDWHXU
% &RPPHQW VWUXFWXUHU ODFWH pGXFDWLI "
La qualité de l'éducateur ne dépend pas forcément de ses connaissances.
1. Finalités
Doubles rôles:
- rôle dynamogène, d'impulsion
- rôle régulateur, référentiel de conduites
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Triples origines:
- théologique:
• la conception de la destinée humaine perçue par les religions amène la finalité de l'éducation.
• les grandes religions sont à l'origine de doctrines et principes pédagogiques.
- philosophique:
• la philo donne la conception de l'homme, de la vie et la pédagogie enseigne cette conception. La conception
philosophique s’apprend et s'enseigne en même temps qu'elle se conçoit.
• les grands courants philosophiques arrivent à une pédagogie et les grandes doctrines pédagogiques arrivent à
une certaine philosophie.
- politique:
• toute doctrine de l'organisation de la cité conduit les personnes à la compréhension de la cité.
• toute doctrine politique va essayer, pour prouver son bien-fondé, d'avoir des répercussions sur l'éducation.
Ces origines sont ± liées au fil des siècles. Oppositions aussi possibles.
Les manifestations de ces finalités se retrouvent dans les programmes scolaires qui reflètent la vision de l'homme.
En fonction de ce que la société en cours veut obtenir elle modifie les finalités et valorise ce qu'il faut pour
compléter ses manques et pour arriver aux buts fixés.
2. Structures des contenus
Les programmes varient selon les finalités. Une fois un programme arrêté, on se soumet à la structure et la
logique interne de la branche, discipline choisie.
La progressivité didactique est en fonction des exigences de la branche et des structures des contenus.
3. Représentation du sujet (biologique, sociologique, ethnologique, philosophique,...)
Eduquer quelqu'un suppose une certaine représentation, même confuse, de ce qu'il est, ce qui entraîne une
certaine attitude d'éducation de plus en plus complexe et personnalisée.
Il faut combiner trois composantes, variantes dans le temps:
- valorisation pour le développement
- nouvelles structures
- notion piagétienne des sujets
S'il y a échec, il faut revoir l'ordre des composantes, sans pouvoir déduire la manière exacte de combinaison.
Pour ce faire il faut inventer des manières de combinaisons en créant :
a. institutions
Il y a, en permanence, invention puis modification des institutions.
• l'école est un lieu à fréquentation contrôlée et obligatoire, avec des adultes spécialisés dans la transmission
des savoirs.
• les internats, JOC, JEC, scoutisme,...
2. méthodes
Il y a constamment une invention didactique.
• classes pour l'enseignement (J.-B. de la Salle,...)
• enseignement individuel, personnalisé
• groupes de niveaux
• travaux de groupe
• enseignement directif
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G. Avanzini
EN BREF
Situation systématique et interdépendance des finalités, structures, représentations, institutions et méthodes.
Les doctrines de l'éducation statuent sur toutes ces données qui complexifient et contribuent à la remise en
question systématique de l'éducation, car elles créent des incertitudes.
& ’\QDPLTXH GH ODFWH pGXFDWLI HW pWDSHV GH OD SUDWLTXH pGXFDWLYH
a. volonté d'éduquer
C'est la condition préalable pour éduquer. Au plan social, la volonté d'éducation est variable et peut être:
minimale: transmission des techniques, savoirs pour en conserver l'usage; le moins à moins de gens possible,
secrets,...
maximale: le plus possible à plus de gens possible; éduquer tous à tout, toute la vie.
L'ambition d'éduquer va croissante, notamment avec l'éducation permanente, mais cela engendre quand même
quelques problèmes (illettrisme, analphabétisme,...), car une volonté seule ne suffit pas, il faut les moyens pour y
arriver.
b. postulat de l'éducabilité
On suppose que les sujets sont éducables, perfectibles et alors seulement on peut entreprendre l'éducation.
L'éducation progresse quand on part du postulat qu'un sujet supposé inéducable est éducable.
Il y a deux fondements:
1. fondement logique
on ne peut éduquer que s'il y a un résultat possible, sinon cela ne sert à rien.
2. fondement éthique
l'éducateur suppose qu'il y a toujours quelque chose de mieux dans l'autre, même si on ne le voit pas; il y a
reconnaissance de l'existence d'un potentiel supposé, toujours perfectible.
Exemples:
1. Don Bosco dit que les chenapans sont des pervertis, donc éducables avec de l'affection, et non des pervers
constitutionnels, exclusivement tournés vers le mal.
2. l'effet Pygmalion: X devient ce que je pense de lui.
3. le rejet de l'éducabilité => accepte la peine de mort
l'acceptation de l’éducabilité => rejette la peine de mort
4. l'éducabilité des filles par Jeanne de Lastegnac (et si elles sont veuves...), Fennlon (elles ont plus de besoins
que les gars et sont plus éducables), Sophie Barra (même programme pour filles et gars).
5. l'éducabilité des handicapés ?
6. l'éducabilité des adultes "étrangers" ?
REMARQUES:
* même si on a une grande volonté d'éduquer, mais que le sujet n'est pas éducable, ça ne sert à rien.
* même si on postule que le sujet est éducable, mais que l'on n'a pas la volonté d'éduquer, ça ne suffit pas.
Pour toute entreprise éducative, il faut donc que la volonté d'éduquer et l'éducabilité du sujet soient
indépendantes mais solidaires, devenant performantes et efficaces l'une pour l'autre.
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c. l'inventivité
Cette alliance de la volonté d'éduquer et de l'éducabilité du sujet amène à une inventivité multipliant les tentatives
différentes pour tenter d'éduquer et de trouver des nouveaux moyens si les précédents furent des échecs.
Mais cette inventivité est toujours aléatoire. Il y a le risque de l'acharnement pédagogique (volonté d'éduquer
poussée à la limite, perfectionniste, impatiente et donc facteur d'échec, car décourageante).
L'inventivité doit donc être ingénieuse et savoir doser la volonté d'éduquer.
d. l'évaluation
Il s’agit ici de l’appréciation de la mise en oeuvre, des résultats. Il y a deux issues:
1. issue positive (réussite)
L'éducateur est satisfait et doit faire en sorte que l'éduqué le soit aussi. Les deux sont méritants. L'éducateur doit
avoir 3 qualités: postulation d'éducabilité, patience, modestie.
2. issue négative (échec)
Les résultats ne sont pas obtenus, en fonction de
a. l’incapacité à éduquer renvoi avant volonté d'éduquer
b. l’inéducabilité du sujet renvoi avant le postulat
c. des techniques d'éducabilité pas au point renvoi avant l'inventivité
e. retentissement théorique du succès
Lorsque les autres phases sont une réussite, il y a modification de la représentation du sujet, voir un rejet, et ainsi
pour en construire une autre plus exacte, plus équitable.
Il y a deux types de sujets: ceux qui ne comprennent rien et ceux qui réussissent le test d'intelligence de Binet et
sont donc éducables.
Pour ceux qui ratent. Soit on ne peut rien en faire, soit on peut les placer en institutions. Invention de l'orthopédie
mentale. Puis nouveaux concepts (au lieu d'anormaux d'hospice et scolaires):
- le débile, scolairement éducable
- l'imbécile, inéducable, mais peut communiquer par la parole.
- l'idiot, pas de communication par le langage.
Pour tout cela, il y a encore la différence léger et profond.
Remarques de synthèse:
Etre éducatif ? - tout ce qui instruit, contribue à accroître les connaissances, apporte la maîtrise de techniques.
- tout ce qui autonomise, supprime les dépendances, formant le jugement.
- tout ce qui accroît la polyvalence
- tout ce qui favorise l'intériorisation des valeurs, à leur adhésion et compréhension
- tout ce qui aide quelqu'un à trouver les raisons de vivre
- tout ce qui socialise
L'éducation est la relation avec les personnes dans une institution. C'est un fait social, avec deux contraintes:
- réglementaire (garantie par la force publique)
- psycho-social (désir de conformisme)
car elle est obligatoire et subit des pressions d'opinion.
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G. Avanzini
’ /(GXFDWLRQ FRPPH REMHW GH FRQQDLVVDQFHV
Il y a deux approches du phénomène éducationnel :
1. approche normative
L'éducation est toujours liée à des valeurs et aspire à leur assimilation. Il faut légitimer ces valeurs, de deux
manières:
a. empirique
discussion sur les objectifs par les éducateurs de base.
b. méthodique
approche systématisée, avec réflexion plus profonde impliquant des origines théologiques,
philosophiques et/ou politiques. Il y a pédagogie, éducatologie.
Doctrine: - justification des finalités de l'éducation
- statuts sur des normes, formes de l'éducation
- présentation d'un système global
- annonce de ce qui doit être, et comment
2. approche descriptive
étude du fonctionnement des processus éducatifs actuels. C'est un constat.
a. empirique
discussions, constatations.
b. scientifique
manière méthodique, systématique, arrivant aux sciences de l'éducation.
Déroulement cyclique et autonomie des deux approches, avec cependant quelques relations. Passage de l'une à
l'autre, dans n'importe quel sens, mais en général de descriptif à normatif.
( ’pPDUFKHVGHO
(GXFDWLRQ
• la plus fréquente: approche normative, au travers des grandes doctrines politiques de l'éducation
• Roussens: approche normative encore acceptée, mais introduction d'idée nouvelle: l'approche descriptive
scientifique de la psychologie enfantine: pour mieux atteindre les normes, cet idéal, il faut connaître l'enfant.
ème
• au 19 , Auguste Conte veut un rétablissement socio-politique qui doit avoir les exigences d'ordre et de
progrès, sans en favoriser l'une ou l'autre. C'est assurer le progrès par l'ordre et garantir l'ordre par le progrès.
Il faut donc des législations et des gens compétents pour l'éducation. Création de la sociologie qui doit faire
connaître ces nécessités. Il y a approche descriptive scientifique de la sociologie pour l'amélioration en
fonction de l'approche normative politique. (pour arriver à atteindre les normes fixées, il faut piger leur fonctionnement au
point de vue psychologique, sociologique,...)
• dès 1880, développement de la Science de l'Education: pour améliorer l'éducation, il faut piger comment elle
fonctionne, à tous les points de vue. Durkheim: il n'y a pas de lien entre l'idéal statué par les théoriciens de
l'éducation et sa réalisation. Il faut donc étudier le fonctionnement scientifique pour piger les problèmes, les
manques et les corriger.
Ainsi La Science de l'Education apparaît, mais il y a quand même quelques heurts et confusions:
- controverse sur ce qu'elle est et sa nature: - sociologie et donc introduire des réformes pour l'idéal
- psychologie et connaître l'enfant
- païdologie (science de l'enfant) et mélange psychologie, biologie et
sociologie
- terme équivoque, qu'est-ce qui relève de la science ?
- connaître. Etudier l'éducation par une étude scientifique.
- objet : découvrir et prescrire scientifiquement l'éducation.
- élaborer une éducation scientifique, avec procédés garantis
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G. Avanzini
Or par ceci l'éducation deviendrait fabrication et l'homme serait standardisé, ce qui est contraire à sa nature. Ceci
contribua à la perte de terme La Science de l'Education.
En 62-67 réflexion par Debesse, Château, Mialaret et réforme de l'enseignement supérieur et création de : Les
Sciences de l'Education, car évaluation du savoir en France après la deuxième guerre mondiale et il y a eu
beaucoup d'échecs et donc il faut favoriser la réussite par un développement technique et une ébauche de
l'éducation des adultes...
Terminologie
• pas seulement pédagogie, car cela implique la seule approche normative. Or cela est aussi descriptif,
notamment par l'éducation des adultes...
• ce terme de Les Sciences de l'Education n'est quand même pas satisfaisant, car peu précis, fourre-tout et à
consonance purement descriptive.
• équivoque nouvelle sur la nature des Sciences, quand il y eut essais de répertoriation et de classification de
ces sciences...
Classification
1. sciences de l'éducation: philosophie, théologie, sociologie, politologie,... mais pas toutes les sciences
(classification qui s'imposera).
2. liste des sciences, sans philosophie, théologie et ne comportant que des disciplines dites
scientifiques.
Pour éviter cette équivoque, on utilisera le terme d'éducatologie, d'anthropogogie,...
) $SSURFKH pSLVWpPRORJLTXH VXU /HV 6FLHQFHV GH O(GXFDWLRQ
Réflexion sur la validité de la connaissance.
Plusieures sciences sont nécessaires pour l'étude de l'éducation. Est-ce alors une simple juxtaposition, avec
indifférence ou haine, des diverses sciences ou la rencontre et la collaboration de ces diverses approches ?
1. pluri ou inter-disciplinarité ?
Peut-on coordonner les différentes approches sociologiques, psychologiques, philosophiques,... ou non ? Les
spécialistes ne vont-ils pas se renfermer sur eux-mêmes ? Il y a beaucoup d'émergences, avec les mêmes
problématiques, de nouvelles sciences (de la famille, de la communication,...). Attention, pluri-disciplinarité ne
veut pas dire obscurantisme, confusionnisme au rabais.
2. le rôle de l'éducateur
Le rôle de l'éducateur est de pouvoir survoler toutes ces disciplines et d'arriver à les appliquer, tout en gardant un
peu de créativité.
La formation du corps enseignant doit informer, éduquer, responsabiliser l'éducateur.
3. les visées des Sciences de l'Education
• en tant que sciences: acquisition de savoirs nouveaux, méthodologiquement avéré et crédibles
scientifiquement et surtout incontestables.
• praticité, utilité pratique.
De nouveau, il ne faut pas verser que dans l'une ou l'autre de ces visées, il faut toujours faire un mélange des
deux.
4. visions de l'éducation
Quelle sont les visions de l'éducation, de son approche, de ses aspects pouvant influencer, modifier, garantir les
résultats.
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3KLORVRSKLH GH O pGXFDWLRQ
G. Avanzini
3DUWLH ,,
’LYHUV 5DSSHOV GX FRXUV ,
’\QDPLTXH G pGXTXHU :
- volonté d'éduquer
- postulat d'éducabilité
- invention techniques
- évaluation positive ou négative
- réinterprétation de la vision du l'éduqué en fonction des résultats obtenus
6WUXFWXUHVGHVDFWHVpGXFDWLIV :
- visée, finalités (idéaux, conceptions,...) => contenus, programmes de connaissances,...
- prise en compte des exigences, des contenus.
- représentation du sujet
Ce qui amène la création d'institutions, puis de méthodes.
0pWKRGHVG pWXGHV :
- 2 approches, orientations sur la recherche éducative:
- approche QRUPDWLYH, éduquer sur la base de normes.
Menées empiriques, réflexions systématiques.
- approche GHVFULSWLYH, éduquer sur la base de moyens.
Menées empiriques, scientifiques, par l'expérience (manières d'atteindre les fins fixées).
Développement jusqu'au 19ème siècle de l'approche normative, puis descriptive. D'ou l'appellation LES Sciences
de l'éducation.
)LQ GHV UDSSHOV
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3KLORVRSKLH GH O pGXFDWLRQ
G. Avanzini
/HV ) RQFWLRQV PDMHXUHV GH OD 3KLORVRSKLH GH O (GXFDWLRQ
1. fonction épistémologique
2. fonction élucidatrice
3. fonction prescriptive
1.1. Fonction épistémologique
Il s'agit d'une réflexion sur la validité des savoirs, des connaissances de l'éducation. La philosophie joue un rôle
épistémologique au vu de toutes les sciences. Elle procède à l'identification des démarches. A faire la distinction
entre la démarche argumentatrice (recherche de la vérité, sans y arriver et avec un approfondissement constant de
la question) et celle démonstrative (quête de vérité définitive, Maths par exemple).
%876:
- valider les 2 types de savoir, normatif et descriptif.
- toujours mettre en garde contre les tentations positivistes, c'est-à-dire des regards simplistes,
superficiels.
- toujours se demander si les solutions proposées sont judicieuses ou non et les approfondir si besoin est
(par colloques, conférences, assemblées,...)
- toujours avoir un regard critique et méfiant vis-à-vis des résultats obtenus, et ce par souci de véracité.
Exemple 1: la pédagogie expérimentale
On compare 2 moyens d'enseignement, l'efficacité des techniques d'apprentissage. On aboutit à un résultat qui
peut être l'objet d'une interprétation scientiste; le rôle de la Philo est donc ici d'évaluer la pertinence et la
persistance des résultats. Cela implique de s'occuper des relations entre les théories de la connaissance et de
l'apprentissage: comment faire pour apprendre ce que l'on veut enseigner ? les modalités d'enseignement sont-
elles les mêmes pour tous, pour toutes les populations ?
Exemple 2: problèmes spéciaux, dyslexie.
Comment va-t-on articuler les apports des différentes sciences de l'éducation sur des problèmes précis ? Le
traitement de la dyslexie par exemple: elle provient de quoi exactement. Il y a plusieures approches (biologique,
physiologique, psychologique, sociologique,...) qui toutes donnent réponses, mais qui ne sont point
complémentaires. Ici donc le rôle de la Philo est de prendre du recul, de s'interroger sur la validité de toutes les
approches, de les compléter et des les synthétiser, ce pour passer d'une pluridisciplinarité à une
interdisciplinarité.
1.2. Fonction élucidatrice
L'activité éducative et la réflexion sur l'éducation durent depuis bien longtemps, avec toujours une certaine mise
en oeuvre. La fonction de la Philo est ici de chercher, dans des systèmes éducatifs existants, ou ayant existés, le
sens, les significations, c'est-à-dire les finalités, les représentations, la volonté d'éduquer, la conception de
l'éducatibilité, des idéaux éducatifs,... et de les comparer dans le temps et l'espace et en élucider les sens,
orientations, valeurs proposées peu claires. Cette fonction peut être tenue à l'écart des concepts.
%87: - élucidation des sens
Exemple 1: réflexion sur notre propre éducation
Quelles sont les finalités visées ? Quel est mon idéal, ma conception du bien, des autres, de mes parents vis-à-vis
de moi ? Qu'est-ce que visent les institutions éducatives comme JEC, Scoutisme...
Exemple 2: étude des manuels
Etude des manuels scolaires pour voir quelle en sont les finalités, les valeurs morales qui ont été transmises
depuis x années. Quelle est l'orientation des changements, des modifications apportées ?Les auteurs sont en
général imprégnés par les idéologies en cours, de leurs temps; ils n'ont pas forcément d'idées précises de leurs
finalités.
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